CHAPITRE VIIL
Procès et mort du comte de Strafford, Conspirct-. tion découverte pendant le cours des débats. Acte pour assurer la durée du parlement. Quelques mots sur la concession des parlemens triennaux y' faite dans le mois de février pré^ cèdent.
Un plus grand acteur parut alors sur la scène ^ Thomas Wentworth , comte de StrafTord , lieutenant d'Irlande , homme trop important pour qu'on le laissât échapper^ et aussitôt arrêté qu'accasé , de manière à ce qu'il ne pût échapper à son procès (i).
(i) Malgré l'étendue qu'a donnée May au récit du procès de Strafford, il a supprimé, quelquefois dans une intention partiale , beaucoup de détails iraportans et de l'iotérét le plus dramatique. M. de Lalli-Tolendal et M. Macdiarmid les ont recueillis dans les deux ouvrages que nous avons déjà indiqués. Mais la nature de notre collection nous fait un devoir de les présenter dans leur forme originale et tels que nous les ont transmis soit Whitelocke qui fut président du comité de la chambre des communes chargé de dresser l'acte d'accusation de Strafford , soit Clarendon , l'histoire parlementaire , et d'autres dbcumens contemporains. Le récit de Whitelocke est cir* constancié , exact , animé et assez impartial , car il fut très-
Si je considère la gravite des charges intentées contre lui , l'éclat et la solennité du procès , sa longue durée , Tinoportance du temps qui y fut consacré , et enfin de quelle immensité devaient en être les résultats^ je puis dire hardiment qu'aucun sujet en Angleterre, et peut-être en Europe, n'a jamais donné au monde un tel spectacle. Ce procès fut si grand qu'à peine peut-on l'appeler le procès du comte de StrafTord, Les sentimens du Roi envers son peuple et le parlement, les succès futurs du parlement lui-même, les espérances des trois royaumes , tout était en débat quand Strafford était accusé.
Beaucoup de sujets en Europe avaient joué sur le théâtre du monde un rôle plus bruyant, aucun n'en sortit jamais àyec plus de fracas ; la matière de son accusation n'intéressait pas seulement un royaume ; trois royaumes étaient ses accusateurs, et poursuivaient avec âpreté , dans la mort d'un seul homme, la vengeance de tous leurs griefs; en sorte que nous pouvons dire de son procès , comme Claudien de Ruffin :
frappé luHméme de la grandeur d'âme que déploya l'accusé, et de l'illégalité de plusieurs procédés des accusateurs» On le trouvera à la fin de ce volume , dans les éclaîrcisse" mens et pièces historiques , et nous y avons joint tous les détails qui nous ont été conservés sur ce qui se passa entre la condamnation de Strafford et son exécution , ainsi que sur l'exécution même. ( Not. de VÉdit, )
Offensis Ruffinum dwide terris.
Dix jours après l'ouverture du parlement, le comte de Strafford, récemment amvé du nord, siégeait dans la chambre des pairs, lorsque M. Pym, homme d'une expérience consommée dans les débats parlementa ires, et d'un attachement éprouvé aux intérêts de spn pays , se rendit à cette chambre , el^aunomdesCommunesd'Angleterre, accusa Thomas, comte de Strafford, lord-lieutenant d'Irlande, de haute trahison , demandant à leurs seigneuries qucleditcomtefûtexclusduparlementetenvoyéen prison. Il les informa aussi que, sous peu de jours^ les communes adresseraient à leurs seigneuries les motifs et articles détaillés de cette accusation.
IjO comte fut invité à se retirer : après un débat il fut rappelé et remis à la garde de l'huissier de la chambre; aussitôt après, le i5 novembre , un sergent d'armes fut envoyé en Irlande y pour arrêter sir George Ratcliffe, favori du comte, et qui sous ses ordres avait beaucoup contribué à l'oppression de l'Irlande , homme habile et très-^ versé dans les lois, car il avait étudié au Temple et pris le grade de docteur.
Le 4 décembre , sir George arriva , et se remit lui-même entre les mains de l'orateur , d'où il passa dans une prison. Quatre, jours après , les lords du parlement envoyèrent le comte de Strafford à la Tour, enjoignant au lieutenant de placer auprès de lui une garde attentive.
La multiplicité et rimportance des afiaires du parlement Tobligèrent de mettre beaucoup d'intervalle entre les divers actes du procès du comte de Strafford. Cependant, avant la fin de janvier, on lut dans la chambre des communes une longue accusation contre lui , et un message fut bientôt après envoyé à la chambre des lords , pour demander qu'on le suspendît de ses fonctions et dignités en Angleterre et en Irlande.
Les charges portées contre lui s'élevaient à neuf articles qui, sur une nouvelle accusation, furent ensuite augmentés jusqu'au nombre de vingthuit. On les peut voir en entier dans les registres; mais, pour la satisfaction du lecteur, je donnerai ici en abrégé une idée de leur contenu. Le premier et le second article avaient beaucoup de ressemblance; ils étaient relatifs à la manière arbitraire dont il avait gouverné l'Irlande et les parties de l'Angleterre où il avait exercé son autoririté , ainsi qu'aux atteintes portées par lui , dans ses fonctions, aux lois fondamentales du royaume, dont il avait cherché à opérer le renversement. Il était de plus accusé, 5". d'avoir retenu une partie des l'evenus du Roi, sans en rendre un compte légal ; 4*"- d'avoir abusé de son pouvoir pour l'accroissement et l'encouragement du papisnîe; 5°. de s'être malicieusement appliqué à exciter la guerre entre l'Angleterre et l'Ecosse; 6**. d'avoir , en sa qualité de lieutenant-général de l'armée du nord.
souffert volonlaîrement que les Écossais défissent les Anglais à Newburne , et prissent Newcastle , afin que, par cette perte et ce déshonneur, les Anglais se trouvassent engagés contre les Écossais dans une guerre nationale et implacable; 7". d'avoir travaillé à détruire les parlemens, et à irriter le Roi contre eux, afin d'éviter les comptes qu'il avait à leur rendre ; 8*; enfin, d'avoir fait toutes ces choses pendant la durée de son pouvoir en qualité de lord député d'Irlande, et de lieutenantgénéral des armées du nord de l'Angleterre,
Les communes se réservant la liberté de nouvelles accusations contre ledit comte, le sommèrent de répondre légalement à celles-ci.
L'accusation subséquente, consistant en vingthuit articles , fiit en grande partie le développement de la première : on y insistait plus en détail sur les actes de tyrannie exercés en Irlande contre diverses personnes , et au mépris des lois. On est obligé de renvoyer pour ces particularités aux registres du parlement, leur étendue ne permettant pas de les insérer ici.
Le comte de Strafford fut conduit le 28 février devant les lords pour donner sa réponse , ce qu'il fit. Le Roi fut lui-même présent à la lecture.
Cette réponse fut très-étendue , et lorsqu'elle fut finie, on le renvoya à la Tour, pour y demeurer jusqu'à nouvel ordre.
Un comité fut nommé pour examiner cette af- I. 12
lyS HISTOIRE
faire : le 4 niars suivant^ ce comité fit un rapport par lequel la chambre déclarait vouloir soutenir et suivre contre lord Strafford l'accusation de haute trahison : le comité ne jugea pas à propos de répliquer à la réponse du comte ^ et pensa qu'on devait aussitôt commencer son procès.
On tint donc une conférence avec les lords ^ relativement à ce procès et à quelques-unes des formes qu'on croyait devoir y employer.
Les commissaires d'Ecosse portèrent aussi une accusation contre le comte de Strafford , relativement aux injures que leur nation et leur royaume pensaient avoir reçues de lui. Mais le fond de cette accusation se trouvait contenu, dans les articles dressés contre lui par le parlement d'Angleterre , et dont nous avons parlé ci-dessus.
Le 22 mars 1641 commença ce mémorsible procès du comte de Strafford.
On choisit, pour le lieu des séances , la salle de Westminster, où l'on éleva, des deux côtés, des amphithéâtres composés de neuf rangées de gradins ; sept de ces gradins furent destinés aux membres de la chambre des communes, tous réunis en comité. Les deux degrés supérieurs furent occupés par les commissaires d'Ecosse et les lords d'Irlande , qui devaient s'y rendre.
Dans le milieu, sur dçs degrés moins élevés, siégeaient les pairs d'Angleterre, le comte d'Arun-
del^ lord-grand-maitre delà maison du Roi ^ et le comté de Lindsey, lord-grand-connétable* Une trône y fut aussi place pour le Roi y qui assista en effet à tout le procès sans manquer un seul jour; mais il se tint toujours , a\ec la Reine et plusieurs autres dames , dans une galerie fermée ^ disposée à cet effet , et là , il prenait lui-même des notes par écrit*
Le comte de Strafford répondit tous les jours à la barre y chacun des membres de la chambre des communes ^ qui s'était formée en comité ^ ayant k liberté de l'accuser lorsqu'il le jugeait à propos. Mais 9 quoique plusieurs d'entre eux par-^ lassent quelquefois dans ce procès , l'accusation fat particulièrement conduite par MM. Glynn et Maynard , jurisconsultes expérimentés , et tous deux membres de la chambre.
Chaque jour apportait contre le comte la preuve de quelque odieux délit; mais^ de quelque délit qu'il se vît chargé^ les principaux efforts de son éloqueoce , et il en avait beaucoup ^ tendaient à écarter l'accusation de haute trahison : il niait plusieurs faits , excusait et atténuait les autres avec une grande habileté , ayant toujours en vue d'établir ce seul point : u que quels que fussent le « nombre et la gravité des délits^ on ne pouvait^ c( eu les réunissant 9 en construire le crime de « trahison 3^ s'il ne s'en trouvait, en particulier, w quelqu'un qui le contînt. »
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Durant toute la première semaine^ du lundi au samedi^ sans interruption^ le comte fut chaque jour amené de la Tour à la salle de Westminster, et tenu à la barre plusieurs heures de suite, et le résultat de la séance de chaque jour était, dans toutes lés compagnies, le principal sujet des conyersations et des disputes.
Car, dans ce temps, on commença à se diviser d'opinion. La généralité du clergé s'était éprise d'affection et d'admiration pour le comte, à tel point, qu'on en avait presque entièrement oublié l'archevêque de Cantorbéry . Les courtisans l'exaltaient , et les femmes , dont la voix a beaucoup d'influence sur quelques portions de la société , étaient excessivement portées pour lui. Les principales dames de la cour remplissaient les galeries» de la salie de Westminster, et on semblait prendre beaucoup de plaisir à voir autant de Sempronie , munies de plumes , d'encre et de papier, prenant des notes , et discourant sur les principes des lois et du gouvernement. Toutes étaient prononcées en sa faveur, soit qu'elles y fussent disposées par la compassion naturelle à leur sexe , ou par l'ambition d'être crues capables d'apprécier les talens du prisonnier. Tels étaient l'intérêt et l'affection qu'elles témoignaient ouvertement pour lui, que quelques personnes ne purent s'empêcher de rappeler à leur mémoire ces vers :
DU LONG PARLEMENT. i8t
Nonformosus erat, sed erat facundus UIj-ssgs , Et tamen œquoreas torsit amore deas (i).
Le procès dura de cette maDière , et avec trèspeu d'interruptions y depuis le ^b mars jusqu'au 22 avril suivant. Le comte répondit en personne pendant quinze jours.
Après ce long examen , la chambre des communes mit en discussion un bill d^aitaînder contre le comte, et le déclara coupable de haute trahison, sur plusieurs chefs de l'accusation portée contre lui, particulièrement pour une opinion émise devant le Roi, dans un conseil secret, et dont on découvrit la trace dans quelques notes de sir Henri Vane, alors conseiller-privé. Il était .rapporté, dans ces notes, que le comte de Strafford avait dit au Roi , qu'il avait en Irlande une armée que Sa Majesté pouvait employer à réduire ce royaume à l'obéissance.
Sir Henri Vane, fils aîné du susdit sir Henri, dit à la chambre qu'il avait trouvé ces notes dans le cabinet de son père , et les avait produites à son insu; ce qui parut causer au père une grande colère contre son fils.
Je rapporte ceci très au long , parce que ce fut la première occasion où, comme on le verra, la chambre des communes fut visiblement aban-
(i) Ulysse n'était pas beau, mais il était éloquent , et il . enflamma d'amour les déesses de la mer.
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donnée d'un de ses membres les plus éminens 5 lord Digby. Il s'opposa à ce vote , ainsi que quel*» ques autres.
On nomma néanmoins un comité^ pour dresser le bill à^attairider , qui fut lu à la chambre des communes le 21 avril. Le comte fut de nouveau déclaré coupable de haute trahison , à une trèsgrande majorité , car il n'y eut d'opposans que cinquante-neuf membres , au nombre desquels fut lord Digby, qui prononça, à cette occasion, un discours très-élégamment composé, mais très-> désagréable à la chambre.
Le bill d^attainder fut envoyé à la chambre des lords où sa lecture causa une grande division ; plusieurs lords s'y opposèrent fortement.
Mais M. St.-John , procureur-général du Roi et membre de la chambre des communes , fut chargé, peu de jours après, de soutenir la légalité du bill , et d'en convaincre les lords; ce qu'il fit le 29 avril , dans la salle de Westminter , le lord Strafford présent à la barre , et le Roi avec la Reine à leur place accoutumée.
M. St. John développa le bill dans ses différentes branches , Tappuya sur les précédens statuts et autres autorités de la même nature , de manière à convaincre pleinement presque tous ceux qui l'entendirent (i).
(1) La partialité de May se révèle clairement ici , malgré
DU LONG PARLEMENT. l85
Cependant le Roi ne se crut pas autorise , ea conscience, à condamner Straflbrd comme coupable de haute tï*ahison. Il s'en expliqua en ce sens aux chambres deux jours après , et leur déclara qu'aucune crainte ou conside'ration que ce pdt être ne lui ferait ai)andonnet* une résolution fondée sur sa conscience. Il avoua toutefois qu il regardait les méfaits du comte comme si grands, qu'il le tenait désormais pour inhabile à tout emploi , de (juelque genre que ce fût, et ajouta plusieurâ autres expressions Ae la même nature. Le discours du Roi fut asse^ désagréable aux chambres ; mais le peuple de la Cité perdit
la réserve et la froideur de son langage. Les bills à^attam~ der ne sont en eut-mémes et n'ont jamais été en Angleterre que des proscriptions violentes ^ un procédé révolutionnaire employé, à défaut de moyens légaux, par une faction dominante pour se débarrasser ^e ses ennemis. Telle fut la condamnation du comte de Strafibrd , et tous les actes de la chambre des communes , dans le cours de ce grand procès , sont empreints de ce fougueux esprit de parti qui cherche' la vengeance, non la justice , et brise toates les lois, toutes les formes lorsqu'elles font obstacle à ses desseins. Strafford s'était rendu coupable , à notre ans , de véritables crimes et envers l'État et envers plusieurs individus. Mais toutes les lois , positives et morales , furent violées dans son procès , et ses accusateurs commireat contre lui presque toutes les iniquités qu'ils lui reprochaient.
{Not. de VEdit.)
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patience^ et^ quatre jours après ^ cinq mille personnes environ se portèrent à Westminster , demandant à grands cris qu'on fit justice du comte de StrafFord. Le peuple suivit les lords avec beaucoup de clameurs , disant qu'on était ruiné , et que le commerce tombait par défaut d'exécution de la justice (i).
Les lords donnèrent de bonnes paroles^ et promirent de porter ces plaintes au Roi ; mais elles se renouvelèrent le jour suivant de la même manière. Les craintes étaient fort augmentées par des bruits de tentatives faites pour tirer le
(i) May ne fait connaître ici ni Tétendae de ces désordres populaires , ni le refus tacite que fit la chambre des communes de les réprimer en aucune façon. Un rassemblement d'environ 6000 individus , dit Whitelocke , se forma pendant plusieurs jours aux avenues de la chambre des pairs ; ils étaient armés d'épées , de couteaux , de bâtons , se rangeaient en haie et somiliaient violemment les lords , à mesuré qu'ils arrivaient en voiture, de faire justice. Ils s'adressèrent surtout avec les plus vives clameurs au comte d'Arundel qui descendit de voiture, et chapeau bas , entouré de quelques autres lords , leur promit de parler au Roi pour que justice fut faite selon leurs désirs. Les prédicateurs , du haujt de la chaire , fomentaient de tout leur pouvoir pes piouvemens. Le 3 mai , le Roi envoya un message aux lords pour demander que les chambres prissent ces désordres en considération et avisassent aux moyens de maintenir la paix publique. Le 4 9 la chambre des lords eut à ce sujet une conférence avec un comité de la chambre des commune ; le lord garde-du-sceau-privé y 'exposa que les pairs
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comte de sa prison ; ce qui fit qu'on envoya plusieurs lordis pour garder la Tour, et assister en cas de besoin le lieutenant.
Cependant, et bien. que les juges eussent dans cet intervalle donné leur opinion dans la chambre des lords , relativement au comte de Strafford ; bien que \es lords l'eussent déclaré coupable de haute trahison sur le quinzième article , pour avoir fait en Irlande des levées d'argent à main armée, et sur le dix-neuvième, pour avoir exigé des sujets d'Irlande le serment qu'ils ne protesteraient contre aucun des ordres du Roi , la résolution du Roi fut trèsr-diffîcile à ébranler.
•A la fin , fatigué de ces plaintes , il assembla à Whitehall un conseil privé qui dura , lui présent, une grande partie de la journée. Il fit aussi appeler les juges, pour qu'ils exprimassent devant lui leur o pinion sur l'affaire du comte. Il
occupés à terminer la grande affaire du comte de StrafFord étaient tellement assiégés par la multitude qu'on pouvait dire qu'ils ne seraient pas libres tant que ces gens-là ne seraient pas obligés de rester tranquilles chez eux ; leurs seigneuries réclamaient donc quelque mesure qui prévînt ces rassemblemens tumultueux. A cela le comité des communes dit qu'il ne pouvait répondre sur-le-champ , qu'il rendrait compte de l'affaire à la chambre , et qu'elle enverrait sa réponse en temps et lieu. Aucune réponse ne fut envoyée, et. l'on ne trouve, dans les procès-verbaux des deux chambres, aucune trace de quelque délibération sur ce sujet. ( Hist, pari. , t. 2 , col. 766 , 778. ) ( Note de VÈdit. )
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eaToya chercher quatre ëvéques pour lever se* scrupules de conscience. Après quoi il délivra au comte d'Arundel , lord du sceau-privé , et à deux lords chambellans^ une commission pour signer le bill de l'exécution du comte de Straffbrd. Elle fut fixée à trois jours de là , le mercredis 2 mai 1 64 1 > et eut lieu le jour désigné^ sur Téchafaud de Tower-Hill.
Telle fut la déplorable fin du comte de Straffbrd. Nous pouvons dire avec vérité que^ comme sa vie et ses conseils avaient jusqu'alors influé^ d'une manière très-importante, sur le sort de l'État, il en fut malheureusement de même de son procès et de sa condamnation.
Les divisions et les désordres qu'avait pu faire naîtresa vie, n'ont pas surpassé ceux qu'occasionna sa mort.
Âppien a observé du dictateur Sy lia que, comme son pouvoir pendant sa vie priva le sénat de sa liberté, ainsi firent encore ses funérailles; car elles furent suivies d'un, si grand nombre de ses vieux soldats et satellites, que les sénateurs qui y étaient présens n'osèrent exprimer librement leurs pensées sur son compte, mais furent contraints de le flatter mort comme ils l'avaient fait vivant (i).
(i) Ce ne fut point sur le compte de Strafford , mais sar le compte de ses accusateurs et de ses juges qu'il fut impossible de s'exprimer librement après sa mort ; et loin que la flat-
Je ne saurais dire avec certitude jusqu'à quel points durant sa yie, le comte de Strafford y ainsi qu'on le spécifia dans l'accusation portée contre lui y arait aliéné le ïloi de ses peuples et de son parlement ; mais îf est certain y et c'est ce qui m'a engagé à m'y arrêter si long -temps, il est certain que son procès et sa mort élevèrent en ce genre des divisions qui, malheureusement entretenues et augmentées par les événemens subséquens, ont presque amené la ruine des trois royaumes (i).
terie l'accompagnât au delà du tombeau , la persécution atteignît quiconque osa se montrer bienveillant envers sa mémoire. En voici une preuve irrécusable : M. Taylor , membre de la chambre des communes , s'étant permis de dire qu'on avait commis un meurtre avec le glaive de la justice et que , peur le monde entier ^ il ne voudrait pas avoir sur la conscience le sang versé dont répondraient les auteurs du bill à^attainder , non seulement on le contraignit de s'excuser à genoux devant la chambre , mais il fut exclus , déclaré incapable de jamais siéger dans le parlement , envoyé à la Tour pour y restef aussi long- temps qu'il plairait à la chambre , conduit à Windsor dont il était député, avec ordre d'y rétracter publiquement ses paroles, et remplacé immédiatement. ( Histoire parlementaire ^ t. 2 , col. 81 5.) Les hommes qui se portaient à des actes si tyranniques n'étaient pas , à coup sûr , bien rassurés eux-mêmes sur la légitimité de leur conduite envers un ennemi vaincu.
( Note de FEdit, )
(1) Ceci a été écrit en 1647.
Digitizèd by VjOOQ IC
La longueur du procès, dans un temps où deux armées étaient sur pied, paye'es à grands frais, et où d'importantes affaires e'taient en souffrance , excita, chez quelques esprits impatiens, une sorte de me'contentement contre le parlement. La forme de la condamnation amena des dissentimens dans le sein du parlement lui-même , et Tâpreté avec laquelle on poursuivit la mort du comte fit naître ou éclater, entre le Roi et le parlement, de déplorables causes d'éloignement.
Cinquante - neuf membres de la chambre des communes se séparèrent des autres dans le vote du bill à^attainderj et le lendemain quelques personnes qu'on doit au moins taxer d'imprudence, bien qu'on n'ait jamais su qui elles étaient, ni par qui elles furent informées , affichèrent dans le marché les noms de ces cinquante-neuf, avec ces mots en tête de la liste : Noms de ces hommes quiypour sauuerun traître y poudraient livrer leur pays (i).
Ceux qu'on avait ainsi stigmatisés supposèrent que la chose avait été faite par quelques membres de la chambre ou à leur instigation, en furent extrê-
(i) Cette liste , telle qu'on la trouve imprimée dans V Histoire parlementaire (tom. 2 , col. 766), ne porte que cinquante-six noms , nombre conforme à celui qu'indiquent plusieurs mémoires.
( Note de l'Editeur, )
menient irrites, et se séparèrent par degrés de la cause parlementaire. Non pas tous cependant, car il y avait parmi eux dés hommes très-sages et très-instruits ; mais la plupart d'entre eux , dans la malheureuse querelle qui eut lieu environ un an après , abandonnèrent tout- à -fait le parlement.
Ce fut sur ce mêmebill d!atfainderqyielord Digby prononça le discours dont on a déjà parlé , et que la chambre , comme il Tavait livré à Fimpression , fit brûler par la main du bourreau ; ce qui détermina lord Digby à quitter le parlement, et à jouer dans l'autre parti le rôle important qu'on lui verra dans la suite.
Mais la plus fâcheuse conséquence de toute cette affaire fut de montrer le Roi complètement séparé du parlement.
Pour prévenir la mort du comte de Strafford on avait préparé les moyens de le faire évader de la Tour. Dans ce dessein, et aussi pour dompter le parlement par la force des armes , une grande conspiration fut ourdie «par beaucoup de gens de qualité . les principaux étaient M. Henry Percy , frère du comte de Northumberland , M. Henri^ Jermyn , favori de la Reine , auprès de laquelle il remplissait la charge de grand écuyer , M. Goring, fîïs aîné de lord^Goring, M. Wilmot, fils aine de lord Wilmot , le colonel Ashburnham, le capitaine Pollard, sir John Suckling, Oneal ,
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papiste irlandais^ et beaucoup d'autres d'un rang inférieur^ qui n'étaient instruits que de certaines portions du projet; car il parait^ par les interrogatoires^ que leur plan avait diverses ramifications f et qu'ils n'étaient pas tous coupables des mêmes crimes.
Ce qui affligea le plus les honnêtes gens et les fit presque désespérer du bonheur qu'ils s'étaient promis de ce parlement, ce fut la découverte de la participation du Roi à ce complot ; participation attestée par l'interrogatoire du colonel Goring, et par une lettre de M. Percy à son frère le comte de Northumberland , où il rend compte de ses entretiens avec le Roi , et du soin que prenait le Roi de leur donner pour associés tous les hommes qu'il jugeait capables de concourir au succès (i).
(i) La participatioa du Roi fut prouvée par la pétition même que les conspirateurs firent circuler dans rarmée pour la faire revêtir d'un grand nombre de signatures. Charles avait écrit au bas , de sa main , les deux lettres G. R. ( Carobis rex ) , pour que personne né pût douter qu'elle avait son approbation. Clarendon nie cependant qu'il y eût aucun complot, m Le projet de pétition et toutes les au- « très démarches , dit-il , n'avaient d'autre but que de cons- « tater publiquement le dévouement de l'armée au Roi et « d'empêcher qu'elle ne fût séduite par ses ennemis. » {Hist. de la Rébcll, , tom. 2 , p; i32 — 149O La lettre de M. Percy et l'interrogatoire de Goring ne permettent pas d'adopter cette explication ni de douter de la réalité du complot. II
DD LOiNG PARLEMENT. 191
Les conspirateurs s'e'taient réciproquement engagés par serment au secret le plus profond. Le rapport fait au parlement par les comités chargés d'interroger les divers prévenus , fit connaître toutes les parties du plan.
Us se proposaient de s'emparer de la tour de Londres en y introduisant des soldats; sir John Suckling et quelques autres conspirateurs ^ sous prétexte de lever des troupes pour le Portugal , avaient enrôlé à Londres des gens qui devaient se rendre maîtres de la Tour.
est également hors de doute que le parti populaire saisissait avec joie toutes les occasions que lui fournissaient les menées de la cour, pour entretenir les alarmes publiques et exagérer les périls du parlement. Telle était, à ce sujet, la disposition des esprits que les plus étranges absurdités obtenaient créance et donnaient lieu aux scènes les plus ridicules. Le. 5 mai 1641 9 par exemple, le bruit courut qu'il y avait un complot pour faire sauter la chambre des communes. Sir Walter Erle en parla le jour même à la chambre ; pendant son discours , M. Middleton et M. Moyle , remarquables par leul* corpulence , se levèrent pour le mieux entendre; dans ce mouvement une planche craqua avec grand bruit : « la chambre saute ! » s'écria-t-on de toutes parts , et sir John Wray dit qu'il sentait l'odeur de la poudrç. Plusieurs membres sortirent en désordre et répandirent l'effroi dans la foule qui fit irruption dans la salle en criant , « la chambre saute ! on égorge les membres de la chambre! >» La confusion était au comble quand sir Robert Mansel tira son épée , s'écriant que c'était i;ne honte , et prenant sur lui d'ordonner à tout
Le lieutenant sir William Balfour reçut du Roi Tordre d'admettre ces soldats dans l'intérieur ; mais^ démêlant qu'il y avait un complot pour l'évasion du comte de Strafford , il désobéit à cet ordre : ce fut ainsi qu'il le déclara dans son interrogatoire.
On y voit également que le comte offrit sa fille en mariage avec 2,000 livres sterling au fils du lieutenant , s'il voulait favoriser sa fuite.
Une autre partie du projet , et la plus grave , c'élait de faire arriver l'armée anglaise qui était dans le nord, non encore licenciée, et del'enga-
le monde de se tenir tranquille , car il n'y avait là ni ennemis , ni danger pour le parlement. On se calma ; mais quelques-uns des plus zélés avaient déjà répandu l'alarme au dehors ; on battit le tambour dans les rues , et un régiment de milice se mit en marche , avec beaucoup de volontaires , pour aller sauver le parlement qui avait repris ses délibérations. {Hist, parlementaire , tom. 2 , col. ^83. ) Cette ridicule épreuve ne changea point , comme il arrive toujours , les dispositions de l'esprit public ; et il paraît que les meneurs du parti populaire continuèrent aies exploiter avec le même succès ; car cinq jours après (10 mai ) le bruit se répandit de nouveau que les salles de Westminster étaient minées , qu'on voulait faire sauter la chambre , et un comité fut chargé de visiter soit les caves, soit toutes les maisons adjacentes , pour dissiper ces craintes que , par un effet infaillible , l'attention qu'on leur accordait entretenait et redoublait toujours. {Hist, parlementaire ^ tom. 2,
col. 788. )
( Note de VEdit, )
DU LONG PARLEMENT. igZ
ger contre le parlement , afin d'obtenir des chambres , par crainte , plusieurs concessions relatives à la prérogative royale, et aussi pour maintenir répiscopat. Ces faits résultaient de la lettre de M. Percy.
Pour assurer le succès du complot, une armée française devait débarquer à Portsmouth , et cette ville devait être mise dans les mains de M. Jermyn. L'armée d'Irlande, forte de huit mille hommes, presque tous papistes, devait, après l'évasion du comte de Strafford , être transportée en Angleterre , sous ses ordres , et employée au même dessein.
Tels furent les aveux contenus dans les divers interrogatoires.
Le parlement fut profondément afiligé de voir le Roi engagé si avant dans cette entreprise, et on se rappela alors que, le 128 avril précédent. Sa Majesté avait dit aux chambres que, par des motifs qu'elle seule pouvait connaître , elle ne voulait pas consentir au licenciement de Tarmée d'Irlande.
La conspiration ayant été découverte, du moins en partie, Percy, Jermyn et Suckling prirent la fuite le 6 mai, veille du jour où ils devaient être interrogés , et passèrent en France , oii Suckling mourut peu après.
Mais bientôt, le 14 juin, sur la communication faite à la chambre d'une lettre écrite de I. i5
France par M. Percy, à son frère le comte de Northumberland , Wilmot , Ashburaham et Pollard ^ tous trois membres de la chambre^ et nommés dans cette lettre comme associés au complot^ reçurent l'ordre de se retirer; rappelés ensuite et interrogés l'un $tprès l'autre^ iU furent envoyés, Wilmot à la Tour^ Ash})urpham k la prison du banc du Boi 3 et Follard à Gate-Mouse y d'oii ils sortirent peu après sous cautiou^ nVyant pas paru aussi coup^jles que d'autres conspirateur».
Goriug % dans son iuterrogatoire , s^expliqua si franchemeut avec la cbs^mbre^ et se justifia si bien de toute mauvaise intention y que le parlement ne le lit point emprisonner.
Oneal^ le plus coupable de tou»^ car c'était lui qui avait fornpié le dessein de f^ire marcher l'armée auglaisç contre le parlement y fut arrêté et envoyé à la Tour, d'où on pensait en général qu'il ne sortirait que pour subir suu procès et son supplice ; mais il s'échappa.
Le parlement commençait à rencontrer de grands obstacles dans son dessein de. rétaliHr l'ordre dans l'État ; Içs couspjratioqs naissaient de toutes parts ; il é^it plein de dcmtea sur la sincérité des protestations du ^jok , et considérait aussi la prodigieuse d^p^use qu'il fallait iaire pour la solde de deux arm.ée^s, et les autres chargées du gouvernemeut^ san^ autre moyen pour y suffire que d'emprunter sur la foi publique. Il
DU LONG PARLEMENT. igS
se détermina donc y du commun accord des deux chambres , à proposer au Roi un bill destiné à assurer la dui^e du parlement^ et déclarant qu'il De serait point dissous sans le consentement dea deux chambres y ni avant que les grie& publics ne lussent pleinement redressés (i).
(i) On se servit , pour ameaer ce biil décisif > d'un argument très -propre à agir puissamment sur le public. Il nV avait pour suffire aux dépenses de Tentretien des deux armées , aucun autre moyen que de faire des emprunts dans la cité de Londres , en recourant au crédit de quelques riches négocîans. Les hommes chargés de cette affaire vinrent dire qu'il devenait impossible d'emprunter dans la cité car les prêteurs n'avaient d'autre garantie que la bonne foi des chambres ; et ils. commençaient à s'apercevoir que cette garantie serait illusoire si les chambres étaient dissoutes. L'inquiétude gagna ceux qui avaient déjà prêté de fortes sommes ; on demanda de toutes parts quelque mesure qui pût dissiper de telles craintes, et fonder le crédit public soit pour le passé , soit pour l'avenir. Un chevalier du comté de Lancaster , poussé sans doute à cette démarche par les meneurs du parti, offrit de procurer au Roi 65o,ooo liv. ster. en attendant la levée des subsides , s'il voulait s'engager à ne proroger , ajourner, ni dissoudre les deux chambres sans leur consentement. ( il!fd>w^/re# de Whitelocke , pag. 43.) La motion en fut faite le jour même dans la chambre des communes. « La faveur qu'elle obtint, dit €larendon fut « incroyable; on nomma sur-le-champ un comité chargé « de préparer à ce sujet un bill fort court; en moins d'une « heure , le comité rentra dans la chambre ; le projet de bill « fut immédiatement lu deux fois avec une rapidité inouïe
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Lie bill fut rédigé selon ces bases ^ et le lo iuaî 1641 j jour où le Roi adopta le bill pour Texécution du comte de Straffbrd, il signa également celui-ci.
Le i5 février précédent , le Roi avait signé le bill qui lui fut alors présenté par les deux chambres pour la tenue d'un parlement , tous les trois ans; le lord-garde-du-sceau et le lord-chancelier du duché devaient s'obliger^ par serment^ à envoyer , chaque troisième année , les writs de convocation , et , à défaut d'exécution de ce serment , ils devaient perdre leurs places.
Le même jour^ dans l'après-midi^ les deuz chambres conférèrent ensemble sur les remercîmens à adresser au Roi. Il fut arrêté que tout le parlement se rendrait vers le Roi à Whitehall ,
« dans le parlement ; et , adopté le lendemain à quelques M voix près , il fut envoyé à la chambre des pairs. » Les pairs voulurent y faire quelques amendemens, et surtout restreindre le bill à un temps limité ; ils demandèrent ^ dans une conférence , que cette interdiction de la faculté de dissoudre le parlement sans son aveu , ne subsistât que pendant deux ans. Mais les communes prirent fort mal la proposition. « Com- « ment pouvait-on imaginer, dirent-elles, que les membres « des deux chambres qui abandonnaient leurs maisons et « leurs propres affaires pour le service public , s'obstineraient « à siéger plus long-temps que ne l'exigerait la nécessité ? » Les amendemens furent donc rejetés , et le bill retourna aux lord« qui se décidèrent à l'adopter. {Histoire de laRé^ èellion, t. 2 , pag. 161. ) ( Note de l'Editeur, )
Cl que le lord-garde-du-sceau , parlant au nom des deux chambres , exprimerait leur reconnaissance à Sa Majesté ; ce qui eut lieu comme il était convenu.
Cette soirée fut consacrée, dans Londres , par ordre du parlement, à des témoignages d'allé*gresse ; on sonna les cloches , on fit des feux de joie , et toutes les choses usitées en pareille occasion.
Toutes les histoires nous apprennent combien , dans les monarchies limitées, comme celle d'Angleterre, les Rois peuvent, par degrés, empiéter sur les droits et les privilèges du peuple. . Ainsi beaucoup de choses que , par la constitution de l'État, il pourrait, à juste titre, réclamer comme son dû, tombent en désuétude par le laps du temps, et sont ensuite regardées comme des grâces extraordinaires, dont la concession attire au prince de grands remercîmens.
Tel fut le cas pour ces parlemens triennaux : aussi, lorsque ensuite de leurs malheureuses divisions , le Roi reprocha aux deux chambres cette faveur qu'il leur avait accordée, elles furent pleinement en droit de lui répondre que ce n'était pas même tout ce qu'elles pouvaient légalement requérir, puisque deux statuts encore en vigueur leur accordaient un parlement chaque année.
Le Roi cependant ne put s'empêcher de leur dire ^ en accordant ce parlement triennal , qu'il
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les obligeait en cela d'une manière qu'elles n'a- Taîent guère méritée : a car ^ pour parler franu chement^ dit-il^ rien jusqu'ici n'a dâ. beau- « coup m'encourager à vous faire cette concession , i< et , en considérant votre conduite extérieure , i< plutôt que le fond de tos intentions y yt pource rais mettre en doute si je dois tw»s l'ae* « corder. »
Quant à la concession que fît le Roi , par le biU du lo mai, relatif à la eoBtinuation du parlement, non-seulement il la reprocha ensuite amèrement aux chambres, mais elle fut blâmée, dans les entretiens particuliers , par beaucoup de gens qui n'aimaient pas le parlement, et par toute la faction épiscopaie , comme passant les pouvoirs du Roi.
Lors de la grande rupture , et quand la guerre vint à éclater, le parlement , dans ses différentes déclarations, répondit aux discours et aux écrits de ces hommes :
« Que bien que le bill semblât apporter quelce ques restrictions au droit qu'a le Roi de disc< soudre les parlemens, il n'otait point réellement « ce droit à la couronne, mais qu'il en suspendait ce seulement l'exercice pour cette fois ; ce qui était ce tellement nécessaire à la paix publique , que , ce sans cette suspension , le parlement n'aurait pu ce entreprendre aucune des grandes tâches qu'il ce s'était imposées, mais aurait abandonné les
ir deux araiees ail désordre et à la coofustoa , et « le rojaaiae entier au satigeil à la ruioe. »
Pour payer les armées et subtenir aui autres charges nécessaires , ii fallait eti efl^t emprunter sur la £9i publiée , qui aurait été nulle si ce parlement avait pu être dissous à la yolonté du Roi.
Et lorsqu'on objecta qu'aueuu Boii n'atait jamais rien accoiiilé de pareil , ii fut répondu que , manifestetnent^ aiicuti Roi^ jusqu'alors ^ n'atait aiis le parkment dans une telle liëeessité de le demander j que y d'ailleurs ^ daas là constitution du gouTfirnement d'Angleterre ^ les législateur^ n'avaient jamais entendu acdorder a«L Roi le pouvoir de dissoudre le parlemeiit peadàiit là discussion des grandes affaires du R6yà¥lme> et que^ bien quelles Rois eussent usé de ce pouvoir^ il n'en était pas moins illégal.
Les Écossais^ dans leur remontrance de 1640^ s'étaient plaints au Roi de ce qu'il avait violé leurs lois^ en prononçant la dissolution de leur parlement y sans le consentement de cette assemblée ; et il est tout-à-fait entendu , parmi les hommes versés dans les lois des deux nations ^ que les parlemens anglais ont possédé originairement la même liberté (i).
(i) Cette allégation est complètement fausse. Jusqu'à celte époque , le droit du Roi de dissoudre ou de proroger le parlement anglais n'avait jamais été mis en question.
( Noie de rÈdiéeur. )
Cependant tout le monde fut d^opinion ^ en ce temps ^ que le Roi n'aurait probablement pas consenti au bill y si le yif sentiment que le peuple commençait à concevoir de ses griefs , et la re'cente découverte de Fodieuse trahison qui devait faire marcher une armée contre le parlement^ ne lui eussent rendu trop dangereux de le refuser. Cette opinion fut entièrement confirmée par la conduite que tint ensuite le Roi, lorsque le temps et Finconstance de quelques membres de • la haute et moyenne noblesse lui eurent donné un parti , et lorsque ne pouvant plus défaire par les lois le nœud une fois formé, il entreprit de le couper par Tépée : le fait a été relevé dans les déclarations du parlement»
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