‹ Histoire du Lycée BonaparteChapitre 3 sur 6 · HI8T01EB · texte numérisé non relu

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massant lui-même la lettre compromettante qui a servi de principale pièce de conviction dans le procès fait à la République représentée par ces républicains. M. Allaire, pourvu d'une autre chaire, la quittait sans demander son reste, pour devenir à Claremont sousprécepteur du comte de Paris. M. Schlesinger, agrégé, prenait la place de M Bacharach. M. Bouteville, comme suppléant, montrait également l'allemand, après avoir été mis en disponibilité par M. Carnot, comme maître de rhétorique et de philosophie à Nantes. M. Witcomb suppléait M. Spiers.

D'autres professeurs, dont les titres honorables ne figurent pas tous sur leurs états de service, ne tardèrent à prendre part à la direction des exercices du Lycée : MM. Bigourdan, Tombeck et Vacquant, pourles mathématiques pures et appliquées ; M. de Luynes, pour la physiq ue ; M. Doyère, pour l'histoire naturelle; M. Roussel, pour l'histoire ; M. Perrens, pour la troisième, et ces deux derniers noms nous rappellent des hvres que nous serions fâché de n'avoir pas lus avec attention.

Les professeurs en 1862. — Ventéjol, ma- (hématiques spéciales; Desboves, Bigourdan, Tombeck et Mauduit, mathématiques pures et appliquées; Maiié-Davy, Troost et Fargues de Taschereau, physique et histoire na-

turelle; Lenioiiie, logique; Wciss, Koussel , Desjardins et Bonncfonl, histoire \ Durand, Girard, Dellour et Perrens , rhétorique; Herbeltc, Helleu et Gaucher, seconde; Manuel, Résume, Cucheval et Gidel, troisième; Valatour, Legouez et Bary, quatrième ; Romlain, Bouillon et Debout, cinquième; Masiinbart, Evral et Pasquei, sixième; Spiers, anglais; Charles, allemand; Robert elDebray, classes élémentaires ; Chazal, dessin; Deligny, ^mvaiix graphiques.

Élèves de la première période : — Camusat, postérieurement notaire, lequel a obtenu le premier prix de version latine en rhétorique au concours général , année 1803; Hippolyte Honoré, prix unique de mathématiques transcendantes, même année; l.apipe, prix de mathématiques au concours de 1806; Laimand, contrôleur en chef de la marine beaucoup plus tard; Pinel, né en 1797; de la Malle, né en 1791; Ferrère, prix de version au concours, 1806; Godard, accessit, id.; Coiffier, Ménétrier et Moure-Maillard, qui ont remporté des succès du même genre l'année suivante; Lebeau, lauréat en 1808, classe de belles-lettres; Hercule Cadet de Gassicourt, très-fort en grec, professeur au même collège, puis juge ; de Metz, qui a quitté ensuite une position élevée dans la magistrature pour se mettre à la tête de la colonie de Mettray; Dupond, plus tard maire de Corbeil ; Margueron, Lavoine et de la l-erté, lauréats en 1809, ainsi qu'Antoine Prumier, maître^ ensuite de mathématiques, puis de harpe au f'onservatoirc; Daussy, devenu ingénieur hydrographe

en clief, astronome du bureau des longitudes; Doyen ; Raiset; Aubernoii frères, l'un pair de France dans la suite, le Mis de Saint-Mars, neveu du général ; de Mendoza, dont la famille tenait un rang élevé en Portugal, réduit sous la Restauration à une place dans une pension ; les frères Marey-Monge; Mas de Saint- Maurice, postérieurement capitaine de port à l'île Bourbon; Vte de Cornudet, maintenant membre du conseil général de la Creuse; Labat, vétéran de rhétorique en 1811; Dannery, Américain: Cotignie et Déculleville, même époque; Giraudeau, négociant, père d'élève; les deux Troupenas, musiciens, éditeurs de musique; Favier, inspecteur général des ponts et chaussées; Arthur Féline, beau-père de M. Girod (de l'Ain); Mallet, régent de la Banque, ou son frère ou tous deux, suivis de fils et de petits-fils au même lycée; trois Maison, fils du maréchal, dont un est devenu colonel, un autre préfet; Harrouard, rhétoricien de 1812; Buret ou Burel, faisant à la même date sa 2® année de gi-ammairc; André Haussniann, en mathématiques élémentaires, toujours la même année; Rogier, id., puis ambassadeur du roi des Belges à Paris, et Duchayla, en classe supérieure, élève de l'Ecole polytechnique en 1814, ultérieurement chef de bataillon du génie; Duflos et de Rihouet, de la Cour des comptes; le Cte de Neufchâteau, fils du ministre: lePce Théodore de Bauffremont; Dutrey, ensuite professeur au Collège, puis inspecteur d'Académie, président officiel de la distribution des prix en 1855; Lacasse, notable entrepreneur de bâtiments, dont le fils a suivi les cours du même lycée ; Rougevin, architecte des Invalides, et père d'élève également; le colonel Pontécoulanl, astronome; Hua, juge ; Garât, secrétaire général de la Banque ; les deux Jurrien , celui-ci con-

DU liYCÉK BONArARTK. lOO

seillei a l;i cour, celui-là directeur des services ad ministratifs Ji la Marine; le Ctc du Barry deOraiidval, pair avant juillet 1830; le baron Silvcstre; (alisier, chef do division à l'Assistance publique; Biling, ani bassadeur; Jauge, banquier de la duchesse de Berry, et ayant eu depuis ses deux fils au Collège; les deux Philippe, l'un traducteur de l'^rt d'aimer d'Ovide, l'autre colonel; Riault, procureur générale l'île Bourbon; Anfray, magistral au Mans; Alexis Woll", général; Fouché, duc d'Otranto, fils du ministre de la police, mari d'une jolie duclies-^e, qui a brillé sans lui dans la Chaussée-d'Antin ; Douvillc , garde-du-corps sous la Restauration ; le duc d'Abrantès, fils de Junol ; les trois Cerf béer, le premier colonel et député, le second bien placé dans l'administration, le troisième capitaine d'artillerie, puis auteur dramatique et commanditaire de rOpéra-Comique, .'■ans compter les Cerfbeer de la génération suivante, qui ont suivi les mêmes classes; le Mis de Strada, écuyer-cavalcadour de Charles X, écuyer de Louis-Philippe ensuite, et dont le fils fut aussi des nôtres; les trois Boucly, l'un l^f président de la Cour d'appel de Rennes ; le Bon Denois, consul à Mi ■ lan; Carpenlier, architecte; Emile Desages, chef du bureau politique au ministère des Affaires étrangères, cl son frère ; Jacquemin, commissaire de police à Paris ; Morard de Galles, fils de l'amiral; de Vitt, le descendant du célèbre pensionnaire; Sépolina, consul de Belgique à Naples; Adrien Moncey, fils du maréchal; Barbary, chef du bureau du génie au ministère de la Guerre ; le colonel d'état-major Leroux, littérateur; Beaudemoulin, ingénieur en chef des ponts et chaussées; Jamet^ Rousseau, spirituel viveur, qui a écrit avec moins de succès; Grétu, employé supérieur du ministère de la Guerre, fils de Crétu , directeur de» Variétés, et de

Mme Crélu, actrice brillante à l'Opéra-Comique; Marcelin do Frcsne, secrétaire général de la préfecture de la Seine, puis conseiller d'Etat; L. A. Ricliy, corres pondant littéraire d un journal belge, et enlin Perpigna, ce père d'un autre élève, cet auteur du Manuel des Inventeurs et des Brevetés, qui jadis obtenait en philosophie le prix d'honneur du Lycée, bien qu'il eût composé en latin et tout le reste de la classe on français. Plus de la moitié des élèves que nous venons de passer si rapidement en revue ont cessé de vivre. Évoquons d'autres noms qui ne se rattachent pas moins à ce (ju'ont peut appeler l'histoire ancienne du Lycée.

RiNN.— De tous les pauvres locataires que la Révolutionavaitlogésdausle ci-devant cloître des capucins, un seul parvint à conserver un j2,îte dans le nouveau lycée, en s'y faisant garçon de classe. Ce brave homme, qu'on appelait Jacob, fut attaché par Lakanal au bureau de l'économat, bien qu'il eût à reconduire, comme Michel et les autres garçons, les élèves que les prolcsseurs renvoyaient par punition pendant la classe, service qui rap[)ortait six sous par élève feiivoyé à la caisse commune desdils garçons. L'enfant de Jacob avait moins de sept ans, lors de l'ouverture du Collège, et sa figure annonçait une intelligence qu'il eiU été cruel de ne pas développer par l'ins- Iruclion; les [trofesseurs, atin de consacrer par une bonne action la destination nouvelle

(lu local, adoptèrent en fjuehjue sorte le petit Rinn, fils de Jacob, et puis le placèrent à leurs frais dan«; la pension Hintot. Ce grain. trop bien semé pour ne pas porter fruit, produisit au Lycée neuf moissons plantureuses de nominations au concours, depuis 1808 justfu'à 1816, et la principale gerbe de la dernière récolte était un prix d'honneur.

Rinn entra à l'Ecole normale, fut professeur à Orléans, à Sainte-Barbe-RoUin, maître de conférences à l'Ecole,, suppléant de M. Le Clerc à la Faculté, pour le cours d'éloquence latine, professeur de rhétorique à Louis-le-Grand, proviseur à Versailles, puis à Louis-le-Grand, et c'est dans son appartement de proviseur que mourait le père de Rinn, bien qu'il n'eût cessé d'être garçon de classe au collège Bourbon que du temps de M. Alexandre.

D'AuDiFFRET. — Deux frères s'asseyaient sur les bancs du Lycée, le jour même de l'ouverture : le plus jeune qui, l'année suivante, était le plus fort de sa classe en discours français, devint avec le temps receveur général à Nantes; la présence officielle de l'autre, maintenant membre de Tlnslitut, président honoraire de la Cour des comptes et sénateur, à la disiribution des prix de 1861, rappelait sa qualité de membre du comité de haut pa-

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Ironage dci Lycée, institué par lu ministre en 1855. Le marquis d'Audiffrel, d'une famille Irés-ancienne du Daupliiné, entra à 18 ans dans l'administration des finances, sous les auspices du comte Mollien. Les Cent-Jours n'ébranlèrent pas sa prédilection pour le gouvernetnenl de la Restauration, et qui s'en douterait aujourd'hui ? Mais la révolulion de Juillet a laissé des illusions, auxquelles une autre révolution a porté ensuite le coup de grâce. De premier commis des finances, d'Audiffret passait président à la cour des comptes en 1829 ; huit ans après il devenait pair de France. Le plus important de ses ouvrages a pour titre: Système financier de la France.

Lacave, — représentant du peuple et maire d'Orléans, appartenait au parti de l'ordre sous la dernière république, llavait fait de bonnes études, et il était entré à l'Ecole polytechnique, pour devenir ingénieur des ponts-etchaussées. Son père, comédien ordinaire de l'empereur, comme Talma et Mlle Mars, était pourtant d'une médiocrité a indisposer le public chaque fois qu'il entrait en scène.

Berryer. — Paris a donné le jour à Pierre- Antoine 13erryer le i janvier 1790. Son père, jurisconsulte distingué, lui a fait faire la moitié de ses études à Juilly, et l'autre à Bo-

naparte : chez nous les plus liantes classes. Enrôlé en 1815 parmi les volontaires royaux, l'élève (lu lycée Bonaparte était dés lors sincèrement libéral, car le roi rendait la parole au parlement et à la presse, et ce volontaire royal n'a pas laissé de mettre son talent d'avocat au service du maréchal Ney, du général Dibelle et de Cambronne. Il a plaidé aussi pour Michaud, de la Quotidienne, M. Decazes étant ministre, et contre les rédacteurs de la Gazette de France dans le procès La Chalotais. Ah! si la liberté n'a pas d'autre adversaire que l'éloquence, ses affaires vont au mieux. La parole qui sait persuader et passionner exerce peu d'empire quand l'auditoire n'est pas nombreux ; arme hier, bouclier demain, elle perdrait la moitié de sa force à ne suivre qu'un parti pris, et jamais elle ne grandit qu'en abaissant l'orgueil, en démasquant la perfidie, en honorant le dévouement, en résistant à l'oppression et en sauvegardant une idée, un sentiment ou une gloire ! L'orateur politique Berryer, tout en demeurant l'avocat d'une dynastie exilée, est depuis longtemps une gloire nationale. L'Académie française, en 1854, lui a décerné le fauteuil de M. de Saint-Priest.

Augustin Giraud et Savalette. — Les <leux prix de version et les deux prix de thème au

concours général firent du bruit en 1806. Deux lauréats, qui se les partageaient, étaient au lycée Bonaparte les élèves de M. Barbié- Weymar, rédacteur de VHermes romanus, journal en latin. On accusait ce professeur, qui avait été de service lors des deux compositions, d'avoir fait choisir des sujets traités en devoirs et corrigés quelques jours avant dans sa classe. Aussi bien le nom des vainqueurs fut proclamé au milieu de> murmures ; les autres lycées protestaient. La quatrième proclamation fut surtout très-mal accueillie et fit dégénéier les bruits sourds en vacarme ; néanmoni.-< la couronne de chêne, à laquelle l'opinion ajoutait des épines, fut maintenue par le président sur le front de l'élève nommé : le jugement était sans appel. L'un des deux lauréats s'appelait Savalette ; il est mort chef de division aux finances. Deux frères, qui lui ont survécu, ayant été élèves du même collège, sont devenus : le premier, conseiller-maître à la cour des comptes, et le second, entrepreneur du pavage de Paris. L autre élève de Barbié-Weymar était Augustin Giraud, maire d'Angers, destitué par M. Mole et rétabli par M. Duchâtel, souvent en lutte avec M. Freslon dans le sein du conseil municipal. Giraud qui fut, en outre, député et Duis représentant du peu-

DT' LYOÉE BONAPARTK. llfî

[)le, a donné de jolis bals à ses compalriotes.

LÉTANG. — Le ^'énéial baron de Lélan.i;, sénatenr, était déjà sous-lientenant de cavalerie en 1807, et déjà il avait suivi les cours de MM. Poinsol et Delacroix an Lycée. Les faits d'armes de Dresde et de Leipsick lui valurent le grade de chef d'escadron, et il arriva plus tard colonel en Afrique, pour en sortir lieutenant-général. Le frère du sénateur a souventécril dans les journaux, et quelquefois pour le théâtre, sous le nom de Marville.

Brusard. — A qui donc fut donné le premier pensum du Collège? A Brusard, par M. Dumouchel , que cet ancien élève de l'école des Quatre-Nations avait appelé VApostal. Un économe intérimaire du même nom, et qui pouvait bien ne pas être autre, a fait le service de M. Lakanal, que les plus mauvaises langues surnommaient la Canaille, avant l'installation oflicielle de M. Rendu.

Charlet, — fils d'un dragon de Sambreet-Meuse, fut dans les cancres au Lycée, et au lieu de passer notaire, professeur ou ingénieur, comme la plupart des lauréats, il s'ouvrit un autre champ d'études au bout duquel il arriva célèbre. Le bureau du recrutement, à la mairie du I^ arrondissement, était son premier atelier j il y croquait tous les cons-

crits dont il avait à prendre le signalement, en sa qualité d'emiiloyé. Charlet, en 1814, combattit bravement à la barrière de Clicliy, et il perdit sa place, comme bonapartiste, à la seconde rentrée des Bourbons. C'est alors qu'il entra dans l'atelier de Gros. 11 n'eut besoin, pour se faire connaître, que d'une lithographie : La garde meurt, et ne se rend pas. Géricault devint son ami. Les gamins, les enfants de troupe et les grognards de cet autre Callot, dont l'ironie elle-même est un éloge, composent une galerie de types populaires qui ont fait créer le mot chic. Ses héros avaient existé, et il est allé les rejoindre en 1846.

Lassagne, — né en 1792, entra des premiers au lycée Bonaparte; il en sortit pour faire des vaudevilles qu'il signait Hippolyte, notamment les Singes, au Vaudeville, et il eut Désaugieis parmi ses collaborateurs. Il fit aussi La Noce et l'Enterrement en société avec Alexandre Dumas, pièce en trois actes, à couplets, jouée sous la Restauration au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Lassagne, attaché aux bureaux de la maison du duc d'Orléans, devint, après 1830, sous-secrétaire du cabinet du roi.

Anceac et DouY, — lauréats de 181 1 et de plusieurs autres années, sont entrés du même

DU LYCÉE BONAPARTE Ul

pas d'abord dans rUniversilé, comme prolesseurs au Collège. Mais le premier est mort dix ans plus tard au lycée de Versailles. Le second, professeur à Bayeux et à Cahors, n'avait pas mis assez d'eau dans son vin : il est devenu prote.

F. Ragon, — élève de la pension Hix, y rapporte six fois du concours général et du Lycée couronnes et mentions honorables, avant de suivre la carrière de renseignement, qui le ramène pour longtemps au berceau même de ses éludes. Vingt-trois ans professeur d'histoire et de rhétorique à Bourbon, il n'en quitte à la fin les classes que pour reparaître, plus tard, comme proviseur intérimaire, bien que déjà inspecteur-général. Des ouvrages de Ragon sont un peu partout, soïlV Abrégé de Phistoire des temps modernes, soit les autres précis d'histoire qu'il a écrits, soit sa traduction de Florus, soit enfin de ses vers, ses Poésies bibliques, la traduction d'Horace, celle d'un poëme de Byron ou celle du Camoëns. Son homonyme et son parent, ancien élève d'un temps plus rapproché, brillant officier en Crimée, est aide de camp du prince Napoléon.

Paul de Bolrgoing. — Fils d'un ambassadeur, qui l'initiait lui-même à l'étude des languésétrangèresetà la science ethnographi-

que, il débuta comme officier des tirailleurs de la garde et fit la campagne de Russie. Diplomate sous les règnes suivants, et ambassadeur à Madrid en 1850, le baron de Bourgoing est actuellement sénateur, comme il a été pair de France.

Magnan. — Un des élèves du premier jour, qui eut pour condisciple son frère, blessé à Waterloo, exilé volontaire ensuite, est aujourd'hui le maréchal Magnan, grand-veneur de l'empereur, commandant supérieur du I" arrondissement militaire. Il naquit à Paris en octobre 1791, s'engagea en 1809, fut en Espagne soldat, sous-officier, sous-lieutenant, lieutenant et capitaine, sous les généraux Ney, Masséna, Marmont, Reille et Soult; entra dans la garde impériale, et déjà officier de la Légion d'honneur, pour y faire la campagne de Waterloo; dans la garde royale, capitaine adjudant-major; chef de bataillon dans la ligne en 1817; au GO' régiment, comme lieutenant-colonel en 1822; en Espagne de nouveau, en 1823, aux ordres du maréchal Moncey, et il y gagna la croix de Saint-Louis; colonel au 49*, où il fut nommé commandeur, et cité pour la troisième fois à l'ordre du jour de l'armée, pour sa conduite à la bataille de Staoùli et sous les murs de Bone. Quelle filière honorable

de belles actions et de services assidus, a fait passer le soldat général en 1839, et à la tête d'une division en 1845 seulement!

Cette magnifique feuille d'états de service n'a pas de couleur politique, el c'est pourquoi il n'a pas fallu moins de 3G ans pour la remplir, sans que la faveur y ait tracé une ligne. Il est vrai que Magnan a des opinions libérales, mais comme le général Foy et Royer-Collard, Martignac, Laffitte, Casimir-Périer. A Lyon, en 1831, ne perd-il pas un commandement, pour avoir apaisé, au lieu de la punir, une première émeute dans cette ville, émeute amenée au surplus par une question de salaire dont les brouillons ont profité pour arrêter le travail des canuts? Il est, quelques années après, à la tête d'un corps d'armée belge, en vertu d'une mission, et c'est pendant qu'il tient tête glorieusement aux Hollandais, qu'on lui confère en France le titre de maréchal-decamp. La belle occasion pour Magnan de s'afficher comme bonapartiste, lorsque son témoignage est demandé à l'occasion de l'échauflourée de Boulogne ! Mais il ne transige pas avec les idées d'ordre, qui lui vaudront jusqu'à l'estime du prince contre lequel il dépose d'une voix ferme.

Le ^4 février, il se trouve à Paris, après une longue tournée d'inspection départe-

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