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HISTOIEE

mentale, et il va se ranger sous le commandement du général RuHiière : il accompagne ainsi, en uniforme, la duchesse d'Orléans jusqu'à la Chambre, et il ne se sépare de la princesse qu'à l'entrée de cet hémicycle où, pour entrer, il faut être député, minisire, membre de la famille royale, ou la Révolution. Le gouvernement provisoire envoie donc, par disgrâce, l'officier-général commander en Corse une division sans soldats. Mais M. Arago, ministre, le rappelle, et lui confie la troisième division d'infanterie de l'armée des Alpes : division qui fait 120 lieues en sept jours au mois de juin 1848. L'année suivante, une semaine avant la bataille de Novare, Charles-Albert fait offrir le commandement en chef de son armée à notre général ; mais cet honneur, qu'il a sollicité plus tôt, il doit à son grand regrette refuser, tant il est dangereux de mener au combat une armée qui connaît à peine le nom de son chef ! De nouveau, Lyon s'insurge la même année, et cette fois, comme tant d'autres, il faut nécessairement recourir à la force pour mettre fin au plus affreux désordre. Magnan, pendant l'absence du maréchal Bugeaud, est à la tête de 55,000 soldats ; il les va mettre avec abnégation, et pour que l'unité préside aux mesures à prendre, sous les ordres du

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général Gémeau qui commande le terriloiro. Le maréchal aditàMagnan : En cas d'insurrection à Lyon, je m'étais réservé l'attaque de la Croix-Rousse ; prenez mon rôle. Donc il a une route tracée, et il la suit, lui, général en chef, comme il s'est conformé, soldat, à la consigne. La Croix-Rousse cède après 400 coups de canon ; sur d'autres points les barricades sont prises, el 200 insurgés se rendent. Cette rapide victoire, dont Paris lui sait gré, vaut 150,000 voix au gé»néral, qui est élu représentant. A la même date, il se voit investi du commandement d'une nouvelle armée de 30,000 hommes , envoyée aux frontières du Rhin.

Puis, général en chef de l'armée de Paris, le représentant démissionnaire a pris la plus grande part au coup d'Etat qui a réduit les factions au silence, après quatre ans d'une surexcitation tellement vive, il faut en convenir, qu'on était las de toutes les libertés.

Magnan fils, que son père s'est bien gardé de mettre dans un collège différent, en fera sans doute autant pour les enfants que son mariage récent fait espérer.

Bbauvau. — Charles de Beauvau,, prince du Saint-Ejnpire et grand d'Espagne, recevait en 1810 une sous-Ueutenauce dans la cavale-

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rie. D'une autre génération, le prince Marc de Beauvau, député de la Sartho au Corps législatif, estdesnôtresdepuis moinslongtemps.

LuBBERT — dut à la protection de son oncle Garât, le sénateur, un emploi d'inspecteur de la loterie; mais il dut également à Garât, le chanteur, le goût de la musique, et il en composa, il voyagea, il devint l'ami de Rossini : Amour et Colère, dont il avait écrit la partition, fut joué à Feydeau. Directeur de l'Opéra pour le compte de l'État en 1827, Lubbert y monta Guillaume Tell. Quelques années plus tard il prenait l'Opéra-Comique à ses risques et périls : l'entreprise ne réussit pas. On le revit ensuite à la Renaissance. Puis quel fut le nom, s'il vous plaît, du directeur des Menus-Plaisirs du pacha d'Egypte? Emile-Timothée Lubbert.

Lévis. — Après toutes les expériences que les révolutions et les restaurations nous ont fait faire depuis 89, il n'est permis d'avoir des préférences pour une forme de gouvernement qu'à la condition de respecter les prédilections opposées. C'est pourquoi le duc de Lévis doit inspirer à tout le monde beaucoup d'estime pour son caractère et beaucoup d'admiration pour son dévouement inaltérable à la cause d'un proscrit, dont Téloignement ne sauraît faire un paria.

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La poésie de l'exil et du martyre a décerné, en d'autres temps, une véritable apothéose au grand capitaine désarmé qui avait tout sacrifié à la gloire, et trois rois ont subi successivement une comparaison qui n'élait à leur avantage que par les concessions libérales de la Charte. Depuis la chute du premier empire, d'autres vides se sont creusés, se sont approfondis, sans engloutir le souvenir d'une race trop ancienne dans l'histoire de France pour que son rejeton direct n'ait pas emporté avec lui un peu du sol de la patrie.

La fortune du duc de Lévis assurait son indépendance; mais il a quitté son hôtel et son château volontairement pour se contenter, à Kirchberg, des deux pièces mansardées dont son appartement se composait chez le comte de Chambord. La résidence de Frohsdorff, plus spacieuse, avait pourtant suffi antérieurement à la veuve de Joachim Mural.

Gaston de Lévis, né une année après la mort de Louis XVI, recevait sous TEmpire un brevet de sous-lieutenant, comme d'autres héritiers d'un grand nom. Le duc d'Angouléme l'avait pour aide-de-camp en 1814, et il faisait là campagne d'Espagne en 1823, celle de Morée en 1828, avec le grade de colonel.

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Pair de France démissionnaire en 1830, il avait épousé, neuf ans auparavant, M de la Feuillade.

Le duc de Lévis assistait aux réunions annuelles d'anciens élèves du Collège, qui eurent lieu cheï Champeaux pendant dix ou douze ans.

Gaspard de Pons — publiait dernièrement un nombreux recueil de vers, qu'il avait longtemps hésité à réunir. L'indécision paraît être son défaut : a-t-on le droit de lui en vouloir dans une époque versatile comme la nôtre? Il n'appartient résolument à aucune des opinions de ce temps-ci ; il blâme à tour de rôle tous les partis : l'histoire n'en fera pas d'autres. Dans le monde, où souvent nous avons rencontré ce vétéran du bel esprit, que de fois il ouvrait la bouche, comme pour prendre la parole, beureux quand on la lui coupait ! Mais il écoutait avec tant d'animation, avec une pantomime si expressive, et il souriait si à propos, il tournait si bien les talons quand on parlait pour ne rien dire, qu'il prenait part au dialogue sans donner prise à la réplique. La seconde moitié de sa vie aura été probablement la contre- partie de la première. Le Mercure du XIX^ siècle et VOriflamme ont eu du comte de Pons un courrier de Paris, intitulé Sabbat, qui parais-

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saille samedi, et d'autres articles spirituels. Le plus goûté de ses livres, sous la Restauration, était Charles d'Albret ou l'Êcw/er du connétable de Bourbon. L'auteur avait été précédemment capitaine d'infanterie et fort en grec au lycée Bonaparte.

BiGNAN, — né à Lyon le 3 août 1795, est entré au Lycée à 13 ans, comme externe libre; il y a pris Thabitude des couronnes. L'Académie française n'a pas eu trop de quatre grands prix pour répondre à ces vers corrects et bien tournés qui ont fait corps ensuite avec des Poésies en deux volumes. Le même auteur a traduil en vers bien carrés V Iliade ,V Odyssée et tous les petits poèmes qu'on attribue à tort ou à raison au géant de la poésie grecque. Notre célèbre lauréat a publié encore des poëmesévangéliques et divers romans historiques très-bien écrits, tels que Une Fantaisie de Louis XIV, Louis XV et Fleury, Le dernier des Carlovingiens; il a inséré des articles de critique littéraire dans le Moniteur et les Débats. Notre critique, quant à nous, s'est bornée, dans une édition précédente, à une observation soumise au traducteur d'Homère : il est classique, remarquions-nous, et cependant il est imbu d'une idée ,des plus romantiques lorsqu'il veut que le poëte; au lieu de fouler des roses

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sous ses pas, aille s'atteler au char de rÉtat. Nous avons vu à rœu\re, sous la dernière république, le plus grand poêle lyrique des lemps modernes, et nous n'avons trouvé en lui ni un pilote parlementaire, ni un prophète politique. Bignan, selon nous, a eu tort, en 1845, de comprendre la mission du poète au xix* siècle de la manière que voici :

La lyre est aujourd'hui le fanal populaire Qui, dominant de haut sur de libres chemins,

Doit à sa clarté séculaire Vers un autre avenir diriger les humains. Que la Muse enhardie aspire aux grandes choses! Les ans ont desséché les myrtes et les roses

Que les jeux semaient sous sas pas ; Les rois flattés par elle ont vu briser leur trône; Qu'elle chante le peuple, afin qu'il la couronne

De palmes qui ne mourront pas I

L'école nouvelle accablait de ses mépris un poète généreux, qui pardonnait sans récriminations, mais qui sortait vainqueur des tournois réguliers de la littérature, non-seulement à Paris, mais encore à Cambrai, à Liège, à Lyon, à Avignon et à Toulouse. La province, comme on le sait, avait moins de confiance que Paris dans un romantisme effréné qui a fini par s'y mettre aux affaires.

Que si Bignan a pris une couleur politique, ce n'est pas dans les rangs de ce qu'on consi-

dère comme le parti rétrograde. En iaul-il une preuve? la voilà :

De vertus, de raison, de talents susceptible, S'il n'est pas né parfait, l'horanoe est né perfectible, Et voit, à chaque siècle, un nouveau grain jeté Sur le sol du qénie et de la liberté.

Si ce ne sont pas là de très-beaux vers, c'est qu'il vous les faut creux.

Sans la chute de Charles X, queVictor Hugo et Bignan avaient couronné de leurs vers, celui-ci avant celui-là aurait été un des quarante. Heureux les poètes quand ils ne prévoient pas une catastrophe politique ! Est-ce que Ronsard et Charles IX lui-même, en échangeant de jolis vers, avaient songé à la Saint-Barthélémy ? D'où vient-il , au contraire, que le moins littéraire de tous les règnes ait suivi l'avènement au trône du plus grand homme des temps modernes? Règne plein de vie et d'éclat ! Mais pas un écrivain un peu bien inspiré n'y croyait au lendemain. La révolution de Juillet n'aurait pas arrêté l'essor académique de Bignan , sans la consistance impérieuse que prenait à la même époque la nouvelle école littéraire. Part est faite, et trèslarge part, aux novateurs de ce temps-là, et les questions soulevées par eux avec audace, avec talent, ne passionnent plus âme qui vive.

Ces considérations nous ont fait dire : Pourquoi l'Académie ne renouerait-elle pas la chaîne des temps, en rappelant dans son sein Tenfant sublime de ses anciennes prédilections?

M. Houssaye a bien parlé d'un quarante et unième fauteuil, qui nous paraît un fauteuil à bascule, et il y a fait asseoir Hégésippe Moreau, Béranger et Gérard de Nerval, pour lui tenir la place chaude. Mais ces trois poètes, quel que soit leur mérite, ont-ils jamais rien eu d'académique? Molière lui-même, premier génie du monde, el Piron, et Jean-Jacques Rousseau étaient populaires de bonne heure : pour le péage académique ce n'était pas la somme qui leur manquait, c'était l'appoint, payable en une monnaie qui n'a pas cours chez tous les écrivains. Si vous voulez un Panthéon vivant, ne fra[>pez pas uniquement a la porte de cette illustre compagnie, dans laquelle Richelieu a fondé un conservatoire. Alexandre Dumas, par exemple, a voulu en franchir le seuil , dans les meilleures années de sa vie littéraire, el il fait encore quarantaine au lieu de passer quarantième : est-ce à dire que Dumas manque d'élévation comme auteur dramatique , d'imagination comme romancier, el d'esprit à tout bout de champ? La loi sdique a'esl pas la seule raison qui

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tiendra toujours éloigiK'^e du même sanctuaire Mme Sand, bien qu'elle réunisse ailleurs tant de. suffraj^es au scrutin secret! 11 ne suffit donc pas d'un beau nom littéraire pour être cautionné par la majorité qui fait les académiciens : il faut au candidat des ancêtres littéraires qui l'apparentent avec la compagnie, ou de nombreux disciples qui l'aient fait maître. Dans ce dernier cas seulement il peut enlever d'assaut une place défendue par des traditions qui ne doivent résister à l'introduction de traditions nouvelles que comme une fille honnête résiste à l'inconnu qu'elle adore peu de temps après. L'habitaux palmes vertes, qui ne sied pas à tout le monde, est aussi, à certains égards, une affaire d'étiquette et de cérémonies ; ceux qui le portent sont les gardes-du-corps de la langue el de l'esprit qui régnent en France et qui gouvernent le monde. Est-ce que les grands écrivains sont toujours disposés, d'une part, à payer ainsi de leur personne, et, d'autre part, à abdiquer en quelque chose leur personnalité au profit d'un ordre moins libre, communauté rétrospective, arrière-garde des idées et des mots dont elle fixe la valeur? Le génie, au contraire, peut dédaigner isolément, et même avec afifectation, ces prétentions, cette vigilance et ce décorum héréditaires, dont on a

toujours pris à cœur de perpétuer la tradition variable, mais infiniment moins prompte à se déjuger que l'opinion publique. L'institution plusieurs fois séculaire perpétue, en revanche, l'empire intellectuel exercé par l'esprit français. Tout doit être permiii au génie, sans que l'Académie française bouleverse sa raison d'être, aréopage supérieur qui ne retient aucun élan à sauvegarder toutes les conquêtes. Les quarante sénateurs de la république des lettres seraient bien moins autorisés s'il ne se pressait pas autour de leur enceinte un nombre illimité de littérateurs elde lettrés, qui osent davantage, qui s'aventurent à loisir par l'inspiration surmenés, et qui discutent sans contrôle jusqu'aux votes de la compagnie. L'opinion générale, ajoutions-nous, désigne depuis longtemps aux suffrages de l'élection académique le poète Bignan, bien qu'il ne les ait pas brigués.

P. S. En ces termes nous parlions d'un poêle dont le courage, pour être relevé, avait encore besoin d'éloges; mais il suffit de quelques lignes ajoutées à cette notice pour en faire tout à coup un article nécrologique.

On a lu dans le Journal des Débats du 28 novembre 1861 :

« Nous recevons à l'instant de Pau, par le télégraphe, une bien triste nonvelle : notre collaborateur, no-

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tre ami, M. Bignaii, vient d'y succombL-r aux suiles d'une maladie du larynx. Il >'t''tail fuit un nom trèsdistingué dans les let res ; la société avait pour lui autant d'oslimc que d'affection. Les quelques mots de souvenir que nous lui consacrerons plus tard seront, nous en sommes certains , devancés par les regrets universellement donnés à sa mémoire. »

Paul Ddport. — Cet auteur dramatique a fait jouer ^e^//t/, composée avec M. Duvert; Une Dame de f Empire, avec Ancelot; le Chaperon, avec Scribe, l'Auteur et l'Avocat, en trois actes et en vers au Théâtre-Français ; Marie Mignot , Dieu vous bénisse et 20u autres actes. Il signait d'abord ses ouvrages du nom de Paulin; mais le directeur du Gymnase fit imprimer son vrai nom sur l'affiche le lendemain de la première représentation de la Fille de PAvare, et comme l'auteur s'en plaignait : — Faites-moi un procès, lui dit l'impressario... Au même théâtre Duport donna la Vendéenne, pour le début de Mlle Rachel, avec le Prix de Rome^ pour le début de Mlle Davenay. Ces deux jeunes actrices, dès les premières répétitions, avaient été jugées aussi mauvaises l'une que l'autre. Il avait pourtant fallu disputer au Théâtre-Français Mlle Savenay, qui avait joué chez M. de Castellane, et qui plus tard passa au Cirque : personne élégante , mais de

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glace! Quant à l'autre débutante, on ne la jugeait bonne qu'à jouer à la fayousse.

Né le 22 avril 1790, Duporl avait pour père un auteur dramatique et pour oncle un danseur fameux. 11 a d'abord écrit des Essais sur Shakspeare, et il gardait pour soi le feu sacré de la haute littérature tout en brochant des vaudevilles lucratifs. A l'entendre lire à haute voix, on reconnaissait un élève d'Andrieux, dont il avait peut-être suivi les leçons au Collège même, bien qu'il eût fait plus de classes à Charlemagne qu'à Bourbon. Toutefois il était sur nos bancs lorsque le roi de Rome vit le jour. Au vingt-unième coup de ce canon qui annonçait un héritier à la Couronne et un congé à l'Université, tous les élèves se levèrent à la fois, et aucune classe ne put être terminée .

Gide — est le fils d'un libraire du passage des Panoramas. La librairie, heur ou malheur, s'attache fréquemment plusieurs générations de la même famille. Casimir Gide, bien qu'éditeur d'ouvrages importants, a une autre corde à son arc. De sa composition est la musique du ballet la Tentation, et de plusieurs romances qui ont fait les délices des salons. Son neveu, peintre d'histoire, n'a suivi qu'une partie des classes au même lycée.

Edouard Alletz, — né à Paris en 1798,

devait le jour à un commissaire de police, auteur d'un Dictionnaire de la Police. Alletz lit des vers, bien des vers, en sortant de pension : par exemple, Walpole, poëme dramatique en trois chants; la Nouvelle Messiade, poëme encore; V Institution du jury en France, poëme quand même. Ce rédacteur en chef de l'ancienne Revue européenne, écrivit aussi dans d'autres recueils périodiques. L'Académie française décerna un prix de 4,000 francs à son ouvrage intitulé De la Démocratie nouvelle, ou des Mœurs et de la puissance des classes moyennes en France. Les Aventures d'Alphonse Doria, roman, et Essai sur Vhomme, ou Accord de la philosophie et de la religion, sont des productions du même auteur; mais voici son chef d'œuvre : Esquisses de la souffrance morale. M. Guizot nomma Edouard Allelz consul à Venise; la révolution de Février le révoqua de ses fonctions, et le journal Le Pays l'eut pour rédacteur assidu ; enfin le prince-président le renvoya, comme consul, à Livourne. Il mourut là.

Vivien. — Avocat à Paris et procureur-général à Amiens, membre du conseil d'État et puis de l'Institut, il a éclairé par un traité particulier la législation en matière de théâtre. Bien que le dernier roi l'ait nommé pré-

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tet de police et garde-des-sceanx, il a marqué, comme député, par l'indépendance de ses votes. R('|)résentant du peuple ensuite.

Greslan,— né àl'île de la Réunion en 1799, est lait prisonnier par les Anglais à Tâge de 8 ans; son éducation commence parla boxe au milieu d'enfants plus âgés, et il devient de force à restituer un peu plus tard à d'autres jeunes Anglais, ses condisciples au lycée Bonaparte, les coups de poing de la captivité. Le comte du Greslin, qui a eu des prix au concours, est mousquetaire en 1814; il fait son droit ensuite, et il franchit dans son pays plusieurs degrés de la hiérarchie judiciaire, en traduisant pour son plaisir et Horace et Anacréoii. Magistrat démissionnaire en 1848, il se fait rédacteur en chef d'un journal du cru, organe libéralement contraire aux idées révolutionnaires, et le profit le plus clair qu'il en tire consiste en plusieurs coups d'épée sur le terrain. Il présente sa candidature de représentant colonial à l'Assemblée; ses concurrents répandent parmi les noirs qu'il travaille un projet de loi pour le rétablissement de la traite, ce qui met en danger sa vie. Mais sa profession de foi l'emporte, et le nouvel élu s'embarque.

Paresseux comme une couleuvre quand il n'est pas vif comme la poudre, le créole à

Paris élonne beaucoup de monde : on se demande comment une existence aussi active que la sienne a pu être compalible avec les habitudes d'un genlilhomme qui se lève toujours aprèf; riieure oii l'Assemblée entre en séance, et qui y grelotte à sa place, quand ses collègues ont tropcbaud ! Néanmoins l'ancien mousquetaire et quelques autres volontaires du même corps, devenus également représentants du peuple, sont a leur poste, les jours de grande mêlée, avant que la montagne et le centre gauche se soient coalisés contre le parti catholique, et parfois leurs efforts suprêmes rappellentencore qu'une bataille n'est jamais perdue tant que la maison du roi n'a pas donné. Greslan, qui interrompt souvent, n'est pas ravi qu'on lui rende la pareille. Un jour qu'il a pris la parole, et qu'un interrupteur de l'extrême gauche la lui a coupée plusieurs fois en des termes très-médiocrement parlementaires, l'orateur après la séance rencontre cet adversaire dans un couloir et lui dit poliment : — Faites-moi donc le plaisir, monsieur, de m'apprendre quel est votre nom. — Je m'appelle un bon bougre, répond l'autre sans porter la main à son chapeau. — Ma foi, monsieur, réplique le créole en lui tirant une profonde révérence, j'aime bien mieux que ce soit vous que moi.

Un antre jour, le citoyen Pelletier, représentant connu comme peu lettré, récite un discours énergique, et la montagne d'applaudir à outrance, pour le dénouement de la pièce. On se croirait à la Porle-Saint-Marlin, quand Frederick Lemaître y joue le Chiffonnier. Le député des colonies, pour augmenter l'illusion, crie à tue-tête : L'auteur, l'auteur?... Un de ses voisins donne alors le secret de la comédie, en répondant du même ton : — Félix Pyat !

Un ancien pion, membre de l'Assemblée, dit à Greslandans une autre circonstance : — Vous l'avez tous saluée celte République aujourd'hui détestée ! — Si je l'avais saluée, répond le comte, ce serait à recommencer; mais je lui ai toujours gardé cette marque de déférence pour la fin.

Le nom de Greslan figure effectivement sur le tableau de la commission consultative, nommée par le prince-président après le coup-d'Etat.

Chégaray. — Antoine-Amédée Chégaray et Charles Chégaray ont été presque condisciples. Ce dernier, procureur du roi à Lyon, procureur-général à Rennes, avait une parole facile et pleine de lucidité, comme on a pu en juger à la Chambre de 1837 à 1848. Chégaray, on se retirant dans sa propriété

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près de Bayonne, sur la roule de Sainl-Jeande-Luz, vit son arrondissement administré, après les journées de juin, par deux souspréfelsà li fois : le dernier venu était envoyé par un nouveau minisire, M. Dufaure, qui avait oublié de révoquer le fonctionnaire nommé par son prédécesseur, M. Sénarl.

Bellangé. — Né sous le Consulat, fils d'un fabricant de meubles, Joseph-Louis-Hippolyte Bellangé quitte les bancs du Lycée pour entrer dans l'atelier du baron Gros, où il se retrouve avec Charlel. L'élève y dessine des académies, tout en recevant d'autre parties conseils de Saint, peintre en miniature. Géricault et Horace Vernet deviennent aussi les parrains de ce talent, moins heurté, moins tranchant que celui de Charlet, mais d'une touche i)lus élégante jusque dans les scènes familières. Des lithographies de Bellangé paraissent dans la Silhouette, dans l'Artiste et dans la Caricature, avant que sa peinture, donnant le dernier mol de ses progrès, s'immatricule au musée de Versailles. Les bonshommes de sa création n'ont, en général, que six pouces, et derrière eux s'étale la campagne et se carre l'intérieur d'une ferme, ou s'alignent des soldats, des tentes, quand il s'agit -d'une scène miliiaiiie. Le Retour de l'île d'Elue, la Veille de la bataille de la

Moskowa, et une Charge de cavalerie dans les blés, ne sonl-co pas des chefs-d'œuvre ?

Ghampesme. — Quel drôle de corps (|ue le docteur Ghampesme, nous disait un de ses anciens condisciples en 1851 ! Figurez-vous, mon cher historiographe, qu'il y a environ trente ans, un pass3-droit fit recevoir avant lui, bien que sa thèse fût la meilleure, un candidat plus homme du monde, plus élégant, plus insinuant, recommandé par la dauphine, et que l'étudiant distancé en devint aussitôt d'une misanthropie cynique. Il jura de ne plus s'habiller que comme un poète dénué de patronage; il jeta par la fenêtre avec malédiction son miroir , son peigne et sa brosse; il leva les deux mains au ciel, en promettant de ne plus les laver, et cela fait il prit la fuite. Lisfranc, qui avait pour Ghampesme de l'estime et de l'affection, l'avait invité à diner, et bien qu'il réunît à sa table des sommités de la science, il y laissait ordinairement la place d'honneur à son obscur ami ; pour cette fois la place resta vide, et le grand praticien apprit le mois suivant que l'absent était retourné dans son village, au département de la Creuse. Ge village, prés de Pontarion, n'était même qu'un hameau avant l'installation complète de Ghampesme, héiitier de

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son père et du son oncle. 11 y pratique avec une grande autorité la médecine et la chirurgie : on prétend même (ju'il emploie contre la pierre un vinaigre dont il a retrouvé la recette, et qui servait à fendre les rochers des Alpes du temps d'Annibal. Des aubergistes se sont établis dans le voisinage du docteur, qui reçoit tous les samedis 300 malades étrangers au canton, et qui conserve dans de vastes glacières une ample provision de simples. Il met à un prix très-élevé ses herbes médicinales et ses services, quand les bourgeois y ont recours, et d'abord il ne répond pas à leur a{)pel hors de chez lui, s'ils ne lui ont pas envoyé une voiture pour le déplacement. Beaucoup d'argent entre donc chez Champesme, outre qu'il a de la fortune. Seulement une bienfaisance inépuisable attire chez lui tous les pauvres, qu'il ne se contente pas de soigner sans frais, et lorsqu'il en voit un encore plus dépenaillé que lui-même, sacrifiant moins encore à l'idolâtrie du miroir et à la tyrannie des ablutions, il éprouve une satisfaction inespérée à le choyer. L(ï médecin de campagne, quand il reparaît à Paris, y rappelle Chodruc-Duclos. C'est pourtant là qu'il s'est marié un jour, à l'église Saint-Roch, M. Olivier étant curé. Mais il ne fait pas allusion à un fruit de cette union, qui n'a pas

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eu de conséquences heureuses, lorsqu'il dit : — Ma fille coniple sur moi, et je lui fais une pension... La presse démocratique est la fille adoptive du docteur Champesme, qui la subventionne de son mieux.

Bertin de Vaux, — général, est fils unique d'un des directeurs du Journal des Débats , mort pair de France en 1842. 11 a été otficier d'ordonnance du comte de Paris.

Théodore Gldin. — Les cours du lycée Bonaparte étant suivis par les deux fils d'une maîtresse couturière, qui les élève du fruit de son travail, la même vocation pousse ensuite les deux jeunes gens dans l'atelier de Girodet. Théodore s'embarque isolément à bord d'un bâtiment marchand; sa brouille avec le capitaine le fait rester en Amérique un peu plus qu'il ne le voudrait. Au retour il travaille encore près de son frère Louis, que déjà un tableau d'histoire signale à l'attention publique : Dubois à l'ambulance. Par malheur un triste accident vient les séparer pour jamais. Ils font un jour une promenade en canot, avec un aspirant de marine, et ils naviguent entre le quai d'Orsay et les Tuileries, lorsqu'un violent coup de vent les assaillant, la frêle embarcation chavire. On recueille Théodore sur la rive, mais sans connaissance, tant il a fait d'ellorls pour porter secours a son

frère, (lue la Seine rejette seulement trois jours après au pont d'AsHitTes !

Le survivant travaille pour deux, ol sa gloire n'en souffrira pas. Notre grand peintre de marine a cent tableaux au Musée de V^ersailles, qui ne représentent que douze ans de sa carrière admirablement laborieuse. Que s'il a beaucoup retenu, c'est la preuve qu'il a beaucoup vu. La plupart de ses toiles rappellent autant de voyages. Dans un canot, pendant le siège d'Anvers, l'artiste n'a-l-il pas dessiné sous le feu même des batteries? La mer sera toujours le maître de cet élève infatigable, et les secrets qu'il lui dérobe pour reproduire ses aspects innombrables, semblent eu élargir encore les boiizons illimités.

Une fois, Gudin s'était cassé la jambe en tombant de cheval, et comment faire, à peine convalescent, pour assister au milieu de la foule à l'ouverture de l'exposition? Une voiture de la cour et un fauteuil roulant ont été misa sadisposition, par une attention délicate de Louis-Philippe, et il a pu visiter le salon, en même temps que la famille royale. Louis- PhiUppe, dont le règne demeurera marquant dans l'histoire des lettres et des iirts, rendait justice à notre artiste, et lui avait donné un ateher ,au Louvre. Gudin a si bien fait les honneurs de cet ateher, par un beau jour, a

lord Shey, pair d'Angleterre, et à sa fille, nièce de Wellington, filleule de la reine Amélie, que cette noble visiteuse est devenue Mme Gudin.

L'hôiel de Gudin, rue Balzac, est l'ancien pavillon du financier Beaujon, le fondaleur de l'hôpital voisin : des peintures à fresque y ont été reprises par M. Charles Muller. De grandes fêles se sont données dans cette jolie résidence, que l'empereur Napoléon III a honorée de sa visite à l'heure où le peintre travaille.

J. J. Ampère. — Le savant géomètre et physicien, quia été aussi l'homme de France le plus sujet aux distractions, en a commis une fort heureuse en donnant le jour à un poète, journaliste, philologue, archéologue, professeur de littérature française au Collège de France. M. de Loménie, suppléant de ce professeur souvent absent, a donné en 1847 la biographie deM. Ampère père, inventeurd'une science, la cœnolbologie, qui se proposait pour objet la félicité générale, et qui nous eût é[>argné, mieux connue, d'aventureuses expériences du socialisme, science encore moins exacte. Nous avons à parler, pour nous, de Jean- Jacques Ampère, lequel a obtenu au concours général un prix de discours français en rhétoriciue et un prix de philosophie. Honorable

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sortie de collège! Mais un ami du père insère

bientôt dans une lettre ces quelques mots :

« L'J fils de M. Ampère le désole ; il écrit, dit-on,

des tragédies et une comédie en trois actes et envers. »

Nous en devons conclure que le savant résiste à la vocation impérieuse du littérateur, et toutefois ce fils unique^, avec une tragédie de Rosemonde sous le bras, est présenté à Talma par son père. Celte tragédie et une autre, intitulée Racket, demeurent inédites; seulement ne nous en prenons qu'au Saint-Esprit, car le père, par distraction, n'a fait qu'une seule et même personne avec le fils, pour soustraire Rosemonde aux peines éternelles de l'oubli.

Le jeune homme gagne l'Italie en 1823, altéré d'une soif d'inspirations nouvelles que n'a pas étancliée son admiration pour les génies des siècles précédents. A son retour, il écrit dans le Globe, et il est assidu aux représentations des Petites-Dmiaîdes de la Porte- Saint-Martin, auxquelles son père ne cherche à l'arracher qu'en y perdant lui-même un préjugé de plus. Ampère fils part avec 600 fr. , dont Paris n'aurait fait qu'une bouchée , et il passe en Allemagne, au moment où Goethe et Schlegel attirent l'attention de la France littéraire sur des doctrines qui ne sont pas d'accord avec les Iradilionsfrançaises,

et d'où va naître le romantisme. Ampère, qui compte un des premiers avec les deux grands esprits germaniques, s'installe à Bonn pendant six mois, s'y naturalise étudiant en coiffant la casquette jaune ou verte des universités allemandes, et il lient la presse parisienne au courant de ses découvertes. Lorsqu'il se sent de force à se présenter devant Goethe, il se rend à Weymar, et quel accueil flatteur l'y attendait! L'auteur de F«M5^, des qu'il apprend son nom, lui donne connaissance d'un article que lui-même vient de traduire, et dont le titre est Go^/^e, la signature. Ampère.

Que de voyages font suite à ces voyages ! Le génie de l'écrivain y gagne une imposante universalité. Il se trompe une fois de bateau à vapeur, en voulant remonter le Rhin, et au lieu de se raviser au débarcadère le plus proche, pour reprendre son itinéraire et pour revoir la flèche de Strasbourg, il ne met tout à fait pied à terre qu'à Stockolm. De là un beau travail sur la Scandinavie. Mais toutes les latitudes ne paient-elles pas à Ampère un tribut de notions imprévues en échange d'aperçus qui les francisent? Le théâtre chinois n'est plus loin, depuis qu'il nous y fait entrer par la grande porte et par celle des coulisses. Presque tous les ouvrages de cet explorateur, avant

DU LYCÉE BONAPARTE Uf)

(le paraître en volumes, oui ete des articles delà Revue des Deux-Mondes, nom de Journal qu'il a du inventer. Qu'on trouve donc un professeur qui en dise autant dans sa chaire ! Le romantique des premiers jours n'a pas eu à se démentir; mais il a reconcilié la résistance avec le mouvement, en franchissant de bien autres distances!

Dans l'enseignement oral Ampère a débuté avec éclat à l'Athcnée de Marseille, et M. Cousin l'a nommé professeur de littérature étrangère à l'Ecole normale. C'est en 1833 qu'il est entré au Collège de France, comme successeur d'Andrieux, et son vieux père est venu l'y entendre avec Chateaubriand. La vie nomade de notre écrivain a donc eu ses temps de repos, et il est devenu l'un des hôtes du salon de Mme Récamier, sous les auspices de l'auteur à'Antigone. L'académie des Inscriptions et belles-lettres lui a ouvert ses portes en 1842. Le fauteuil que lui a donné cinq ans après l'Académie française doit être un fauteuil à roulettes. Les jetons de présence de l'académicien marquent des points le moins possible, puisque la malle de l'auteur de VHisloire Romaine à Rome est toujours faite, même pour la postérité.

Élèves de la seconde période : — Cle de Cholet ; Eugène Sala, quelque temps propriétaire du bazar

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Bonne Nouvelle; de B llegarde, receveur général ; A. de Roissy ; A. Leroy; Albert Jourdan, fabricant de châles; Salleron; CliarlesLaffitte, député et banquier; de Dalmas, directeur des affaires civiles et du sceau au ministère do la Justice, et de Dalmas, député, suusclief du cabinet de l'empereur; J. Charpentier, marchand de bois et de charbons; Magnicr, arbitre; los doux Delalleau, d.mt le père était député sous la Restauration, l'un des deux peintre; le Cte de Chabrillan; Amédée Palmery, longtemps maUre-clerc de notaire, après avoir remporté des succès dans toutes sesclasses; Falempin, directeur de la partie artistique de l'Illustration; G. A. Lenioine ; L. Delestrée, maître de pension, puis préparateur aux deux examens de baccalauréat ; Dassailly, Couture, Boselli et Brault, magistrats ; Chauveau-Lagarde, maintenant juge honoraire, ancien membre du conseil des avocats de la Cour de cassation, fils de Chauveau-Lagarde, le défenseur de Marie-Antoinette, de la princesse Elisabeth et de Charlotte Corday ; A. P. Méry ; Monod, chirurgien ; A. Bourdon, négociant; Garnerin, fils de l'aéronaute ; Alphonse Pépin, signataire d'une brochure attribuée à Louis-Philippe, avec ce titre: Dix ans de règne, -G'xon, juge de paix ; Bastrèche, receveur général ; trois Duméril, dont l'un avocat général à Caen en 184S; deux Marchais (Alphonse, chef à la Marine, et André, président de la société Aide-toi, le ciel t'aidera^ puis préfet en 18i8); Duroc, fils du maréchal; feu Léon deLaborde, lieutenant-colonel de la2« légion de la garde nationale; Bary; les deux Méchin , préfets; Charié-Marsaines, inspecteur général des ponts et chaussées ; Armand Dumcsnil , littérateur, attaché au ministère de l'Instruction publique; Ernest Siinons, admihi'^trateur du chemin de fer de Strasbourg; Mathieu fi ères, banquiers

D' Subervie, fils du général; Caussin de Perceval et Jaubert , conseillers à la Cour de cassation; Vuïsso , président de chambre à la même rour; Frémy, frère du gouverneur du Crédit foncier ; Bon-Louis Berlholin , magistrat ; Desclozcaux , id.; Renaud , fils d'un commissaire de police , bibliothécaire du conseil d'Etal, auteur de l'jfftsfojre du Conseil d' Etat ; Casinùr Broussais, mort médecin en chef de l'armée d'Afrique ; Paul Huet, paysagiste; A. Régnier, artiste lithographe; le général Dumas, aidc-de-camp de Louis-Philippe; Bodin ; Fabre d'Olivet, romancier qui a été rédacteur de V Illustration et sous-chef à l'Hôtel-de- Ville; Pinsard, avoué à Vouziers ; C. G.Zacharie; F. Michelet; Giraudeau, négociant; Justin, élève souvent couronné , puis organisateur de la loterie du Lingot d'or et restaurateur au Dîner de Paris; Morisset , graveur sur bois, de qui bien des rébus ont paru dans ri??wstraaon; de Saint-Hilaire, blessé au service du roi Don Miguel; Barillon, avocat, mari d'une consine de la reine de Portugal et parent de la famille Bonaparte. Avec ces noms ont été accolés, sur les listes des professeurs , les noms qui suivent :

RoGUET. — Le général comte Roguet, sénateur, un des aides-de-camp de l'empereur, est fils d'un lieutenant-général et père d'un député enlevé jeune aux plus brillantes espérances, ainsi qu'à l'affection d'une autre génération de camarades. Le plus illustre membre de cette famille a figuré parmi les bons élèves de M. Binet, bien qu'il soit entré de bonne heure au prytanée de Saint-Cyr, puis dans les pages de l'empereur aux Cent-Jonrs,

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puis à l'École polytechnique. Ses grades ont été gagnés en Afrifjie, et Louis-Napoléon, |)résidentde la République, n'a pas eu d'autre aide-de-camp. Mme Roguet, grande et belle personne, née Ladoucetle, aidait alors son mari à faire les honneurs des réceptions de l'Elysée, dans lesquelles beaucoup d'imprévu jetait une animation que n'ont plus celles des Tuileries. Lesofficierssupérieurs,fraîch(;ment arrivés d'Afrique, le général les présentait au prince, et dans un monde où tout s'improvisait, ils étaient quelquefois assez dépaysés pour aller aux informations. Un soir l'un d'eux prend Roguet par le bras, en lui posant la question que voici : — Pourrais-tu me dire quel est le grenadier superbe qui est en train de parler à ma femme, tout là bas en face de nous? — Très-volontiers, répond le général, et je t'apprendrai même qu'il prie ta femme à dîner pour demain. — Ah ça mais, général, et de quelle part? — De la mienne, mon ami, attendu que tongrenadier s'appelle ordinairement Mme Roguet.

Filon — (Charles-Auguste-Désiré), est né à Paris en 18CÛ. Aucun élève n'a été plus souvent couronné, et aucun n'a fait parvenir de meilleurs vers latins jusqu'au roi Louis XVIII, qui a gratifié Filou d'un Horace et d'un Virgile, avec des reliures armoriées. Se destinant

d'abord au barreau, il fit son droit; mais il entra,enl823dansrUniversilé,commeagrégé reçu pour les classes supérieures; il se voua après cela à renseignement spécial de l'histoire, et la professa successivement à Louisle-Grand , à Bourbon , à Charlemagne , à Henri IV, à l'Athénée, à Saint-Louis, à TÉcole normale. Que si nous ne pûmes être personnellement qu'une seule année Télève de M. Filon, voilà ses livres pour nous en consoler : Narrations françaises, Éléments de rhétorique, Histoire comparée de France et d'Angleterre, L'Europe au seizième siècle, Histoire du Sénat romain et Traité du pouvoir spirituel dans ses rapports avec l'État^ ouvrage couronné par l'Académie française. M. Filon prononça un discours à la fin d'une année scolaire; cette œuvre de moins longue haleine est aussi moins connue. On oublia peut-être d'y remarquer que plusieurs remontrances à l'adresse des Grecs conviendraient non moins aux Français.

« Ce qui domine toujours, disait M. Filon, c'est le génie inné des Grecs, le besoin d'agir par soi-même et à son gré, la crainte de courber sa volonté devant une volonté étrangère. De là ces variétés d'opinions, causes de guerres publiques et privées, celte mobilité d'impressionâ, trait distinctif des Grecs, dont ils ont été trop punis. »

150 HISTOIKE

De Charencey. — Charles-Léonce Gouhier de Charencey et son frère, également ancien élève, étaient fils d'un député de la Restauration : les classes leur ont valu des nominations, particulièrement en 1817. Son droit fait, Léonce est avocat; juge-auditeur en 1828, juge-suppléant en 1830, et substitut du parquet de Paris de 1838 à 1848. Destitué par M. Crémicux, il n'en reste pas moins conseiller général du département de l'Orne, qui l'envoie à la Constituante avec 40,000 voix ; à la Législative avec 43,986. Enfin Charencey est au nombre des représentants qui protestent contre le coup d'Etat du 2 décembre.

Les trois Pèdre-Lacaze. — Un d'eux a été député ; un autre, jeune magistrat sous la Restauration, député et puis pair de France sous Louis-Philippe, enfin représentant à. la Législative, et partisan de l'ordre avec la liberté.

Charma, — professeur de philosophie, auteur d'ouvrages qui se rattachent à l'objet de son enseignement, faisait partie de l'Ecole normale lors du licenciement de 1822. M. Cousin^ après 1830, le plaça au collège de Caen.

Duc, — architecte des lycées et collèges de Paris, est entré à l'école des Beaux-Arts en 1821, et il a remporté quatre ans après le

grand prix d'architecture : le plan d'un hôlelde-ville pour Paris était le sujet du concours. Duc est l'auteur de la colonne de Juillet.

Ravignan, — le célèbre prédicateur, qui s'est éteint il y a peu d'années, n'avait fait au Lycée que peu de classes. Substitut à Paris en 1823, il ne renonça au monde qu'en parfaite connaissance de cause, et après avoir mesuré comme magistrat les abîmes de la fortune etde l'honneur. Par des avances d'hoirie il se débarrassa d'un bien héréditaire, et il en tenait compte comme d'un dépôt que l'on eût fait entre ses mains ; il entra ensuite au séminaire Saint-Sulpice, puis dans la maison professe de Montrouge. Le néophyte ne reçut pas la tonsure des mains de M. de Frayssinous sans que cet orateur sacré ne devinât en lui un successeur. La première conférence publique du nouveau membre de la compagnie de Jésus eut lieu à Notre-Dame le 12 février

Aohenzollern-Hechingen. — La défunte pension Butet a fait suivre les cours du lycée Bonaparte à un jeune prince allemand, qu'elle hébergeait dans une chambre particulière, près de celle de son précepteur. S. A. notre ancien camarade, qui a succédé à son père Frédcrîc-Hermann-Othon, prince régnant de Aohenzollern-Hechingen, duc de Lagen, le

13 septembre de l'année 1838, porle dans l'almanach de Gotha les prénoms deFrédéric- Guillaume-Hermann-Constanlin. Le prince que son éducation a francisé était né le 16 février 1801 ; sa femme, Eugénie-Hortense de BeauUarnais, né en 1808 et fille du prince Eugène duc de Leuchtenberg, à cessé de vivre le 1" septembre 1848. Constantin, cousin du roi de Prusse, a reçu dans sa principauté de Aohenzollern-Hechingen, quelques-uns de ses anciens condisciples, et la garde de son palais leur a rendu les honneurs militaires, par surcroit de gracieuseté hospitalière. Mais ce n'était qu'une garde d'honneur, et le prince, bon chasseur, causeur aimable, joueur aux quilles remarquable, dînait quelquefois à l'hôtel vis-a-vis du palais, comme un simple baron allemand, sans aide-de-camp et sans incognito. En 1848, Constantin a quitté sa principauté, pour y rentrer en même temps que le roi à Berhn ; puis un arrangement de famille a remis entre les mains de ce dernier l'exercice du pouvoir, dans les Etats de son cousin.

ViTET. — Son père, médecin à Lyon, y enseigna l'anatoniie et la chimie, et fut ensuite maire de cette ville, puis membre du conseil dont le général Bonaparte jeta l'autorité par les fenêtres à Saint-Cloud. Le fils, né en 1802,

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était admis dans sa lO" année à l'Ecole normale; il fit pourtant son droit et il passa ensuite maître des requêtes, secrétaire général du ministère du Commerce, membre et vice-président du conseil d'Etat, inspecteur des monuments historiques, etc. On pourrait dire aussi que ce député de Fécamp avait écrit dans le Globe, un journal libéral, école des doctrinaires. Mais aurait-on raison de ne voir dans Vitet qu'un fonctionnaire public et un homme politique? Il s'est souvent rasé avant le jour, pour passer une cravate blanche, et quand il a cessé de sonner matines chez les amis, chez les personnages influents qu'il ne craignait pas d'éveiller, il a donné audience, comme protecteur h son tour et comme ami, à la même heure. La première fois qu'on lui rendait visite, la dignité était son bouclier contre une ouverture indiscrète ou inopportune ; mais prévenant à la seconde vue, quand il avait à qui parler, il devenait bientôt un Mécène. Le temps gagné sur la journée était donné aux travaux remarquables qui ont fait de leur auteur, déj<à membre de l'Institut, le successeur d'Alexandre Soumet à l'Académie française. Avec M. Cave il a écrit les Soirées de Neuilly, ouvrage plein d'esprit. On distingue également parmi les livres de Vitet, des drames qu'il n'a pas composés pour la

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scène, mais qui ont donné le signal de Témancipalion du théâtre moderne.

FoRNiER DE Saint-Lary, ~ représentant des Hautes-Pyrénées, colonel d'état-major et chef du cabinetdu ministère de la Guerre en 1851, avait été condisciple de Ragon.

Félix et François de Bourqueney. — L'un des deux, à la fin de sa rhétorique, a lu un discours latin de sa composition avant qu'on proclamât les prix et accessits dans lesquels il avait sa part. Félix de Bourqueney, dont le fils a suivi les traces comme élève, remplissait encore il n'y a pas longtemps les fonctions de receveur- particulier à Paris. Le baron François de Bourqueney, illustre diplomate, a été envoyé d'abord aux États-Unis, en Suisse et puis à Londres, où il a partagé volontairement en 1824 la disgrâce de M. de Chateaubriand, pour devenir au Journal des Débats un des collaborateurs de Berlin de Vaux. Nommé ambassadeur à Constantinople en 1843, il a de nouveau donné sa démission après le 24 Février, et il n'est rentré en fonctions que pendant la guerre de Crimée , comme ambassadeur à Vienne, où il a si bien réussi à éviter un rapprochement enh'c l'Autriche et la Russie. Plénipotentiaire de France au congrès de Paris en 1856, il signait deux années plus tard un autre traité de paix à

nu LYCÉE BONAPARTE. l65

Zurich. Le nom de Boiirquency appartient à rhistoiie.

Adolphe Garnier — s'est fait recevoir avocat en 1822; puis il a remonté le courant du droit à la philosophie, qui en est la source éternelle, plus limpide que l'embouchure, et à la suite d'un concours il a été nommé professeur de philosophie à Versailles, plus tard à Saint-Louis. Suppléant de M. Jouffroy, son premier maître, et de Royer-CoUard à la Faculté, il y est depuis longtemps professeur titulaire, et ses leçons à l'Ecole ont formé d'autres professeurs. L'Académie française a couronné en 1851 son Traité de morale sociale, qui venait contribuer au raffermissement d'une société bien démoralisée, et il donnait l'année suivante son Traité des facultés de l'âme. La Psychologie et la Phrénologie comparées sont aussi un très-grand service rendu par Adolphe Garnier à la doctrine de l'Université. Il est membre de l'académie des Sciences morales et politiques.

Maret de Bassaîso. — Le ministre qui a signé un décret relatif à la fondation du lycée Bonaparte, y a placé ses fils, le duc et le marquis actuels. Né en 1803, le duc de Bassano, diplornate, sénateur et grand chambellan de l'empereur, ne pouvait manquer d'être membre du comité qui patronne le Lycée.

Ernest de Girardin, — marquis, sénateur, ancien représentant du peuple, a débuté sur la scène parlementaire comme député. Siégeant à l'extrême gauche sous le gouvernement de Louis-Philippe, il s'est trouvé, sans changer d'opinion, de l'autre côté dans les rangs de TAssemblée. Nul n'a mieux indiqué par ses votes où finissent les plus libérales tendances de l'opposition raisonnable et où commence l'esprit de vertige révolutionnaire.

Adolphe Adam. — Louis Adam, pianiste, professeur au Conservatoire, n'est mort qu'en 1848; son fils, Alphonse-Hippolyte, qui était peintre, a cessé de vivre en 1855, et Adolphe Adam, son autre fils, a été enlevé subitement, au mois de mai de l'année suivante, après avoir perdu lui-même sa femme et son fils presque en même temps que son père. Cette hécatombe humaine dont une seule famille faisait les frais, mettait le crêpe sur le crêpe. L'illustre Adolphe Adam, ainsi que son frère, avait fait ses classes au Lycée, et peu de semaines encore avant de quitter ce monde, il contribuait à la fondation d'un déjeûner annuel d'anciens élèves, dont la tradition se maintient, sans faire concurrence au dîner de l'Association amicale, instituée postérieurement.

De 1809 à 1814 Adam fut des pensions Hix

et Butet, rivales l'une de l'aulrc au lycée Bonaparte. Quoique très-paresseux, il faisait déjà des élèves : lorsque les versa soie cachés dans son pu|iître ne donnaient plus, il y alimentait des cocbons d'Inde. 11 passa chez le sieur Gersin, maître de pension à Belleville, où ses rencontres avec M. Deleuze le convertirent au magnétisme, et puis il rentra comme externe au collège Bourbon, où le suivit son frère dont il était l'aîné. Mais une fois au Conservatoire il travailla d'arrache-pied, étudia les grands maîtres de l'art, en devenant luimême un homme de talent.

Musique vive et spirituelle, essentiellement française, que celle d'x\dolphe Adam ! La Reine d'un jour, le Chalet, le Postillon de LonjiimeaUyle Toréador eiSi fêtais roi, chefsd'œuvre de ce compositeur, ne l'ont pas empêché de faire la musique de bien d'autres opéras-comiques et de plusieurs ballets.

De plus, il a été musicographe dans ses moments perdus. Les catastrophes politiques font entonner la Marseillaise, mais déchanter à l'unisson les musiciens de profession, tant qu'on parle plus haut dans la rue qu'au théâtre. C'est pourquoi la révolution de Juillet à forcé Adam, la première, à recourir aux minces profils d'une collaboration improvisée. Il écrivait dans V Impartial et dans la Ga-

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zette musicale, vers le commencement d'un règne dont la fin fut pour lui encore plus désastreuse.

Le privilège de l'Opéra-National ne lui avait été procuré par une coterie influente qu'à la condition de verser 100,000 francs dans la caisse d'un nouveau journal ministériel, à une époque où la presse était libre de se vendre ou de rester pleinement indépendante. Pourtant l'entreprise dramatique n'est devenue une mauvaise affaire que grcâce à Favénement de la République, trois mois après l'ouverture du théâtre. Les pièces jouées les premières avaient été Castilbeha, de M. Maillart, et les Monténégrins, de M. Limnander, qui donnaient une idée favorable de l'avenir du troisième théâtre lyrique. On avait promiS;, autant qu'on peut promettre l'argent des contribuables sous un gouvernement représentatif, une subvention annuelle de 100,000 francs à l'Opéra-National, pour le moment ou deux compositeurs entièrement nouveaux, y auraient mérité les suffrages du public ; mais la révolution, mais la révolution ! Elle fit tomber la moyenne des recettes à 1,200 francs par jour au-dessous des frais, au lieu de GOO francs de bénéfices qu'avait réalisés chaque soirée, l'une dans l'autre, depuis le 27 novembre jusqu'au 24 février.

Si bien qu'en mars 18i8 Viînprcssario dans la déconfiture devait 90,000 francs, outre qu'il en avait perdu 80,000 de mise de fonds. Les droits d'auteur du musicien, bien que devenus presque nuls, étaient frappés d'une retenue par saisie; un bail l'enracinait dans un appartement de 1,000 écus, qui n^en valait plus que le tiers, et sa famille alors était nombreuse. Pour tout potage il avait 1,200 francs de traitement, comme membre de l'Institut. M. Véron, dans cette extrémité, offrit à Adam 50 francs d'une notice sur Donizetti, pour le Constitutionnel ; d'autres feuilletons du même auteur parurent dans le même journal et dans V Assemblée nationale.

L'Institut, en octobre 1848, rendit officiellement visite au général Cavaignac, et c'est alors que le chef du pouvoir exécutif fit nommer le musicien, quelque réactionnaire (|u'il se montrât, professeur de composition au Conservatoire. Dans la messe en musique d'Adam, composée sous la république, il n'y avait pas eu de Domine, salvam.

De Salles. — Il est des noms maintenant si connus comme inséparables d'un grade élevé ou d'un litre, qu'on ne les reconnaît pas à première vue en les trouvant ainsi ramenés à la petite tenue de collège. Le général comte de Salles, sénateur, entrait en 1822 à

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Sainl-Gyr. Les campagnes d'Afrique et le siège de Sébastopol l'ont fait une des gloires militaires de nos jours.

Valette, — enfant-prodige comme virtuose, à l'âge de 9 ans , et élève du Conservatoire, fut pourtant envoyé au lycée de Versailles, et de là à Bourbon, puis à l'École de droit. Une brochure contre l'hérédité de la pairie, qu'il fit paraître en 1831, trahissait sur d'autres questions des principes plus avancés. Cependant il s'engageait magistralement, deux ans après, dans la carrière qu'il a suivie avec persévérance, en ajoutant à l'autorité de sa parole l'influence plus durable des leçons tracées dans les ouvrages de droit qui lui sont dus. Le professeur n'en demeurait pas moins un excellent musicien, et ses opinions politiques ont trouvé lieu de se manifester à l'Assemblée, ou il représentait le département du Jura de 1848 à 1851.

SiDNEY Renoue — « Mon cher monsieur Desportes, je vous prie de remercier en mon nom M. Sidney Renouf de l'empressement avec lequel il a accueilli ma réclamation Les réflexions dont il l'a fait précéder sont pleines de noblesse et de vérilé. Je suis heureux de penser que la presse compte parmi ses membres un homme aussi estimable et si digne du rôle de rédacteur en chef, rôle si important et si rarement compris, a Louis Napoléon B. »

Nous pourrions vous citer d'autres lettres

DU LYCÉE BONAPARTK. IHl

que nous avons là, de la môme écriture ferme et fine à la fois et de la même date à peu près que la brochure faite par le prince, en réponse à M. de Lamartine, brochure dont la Patrie^ rédigée par Sidney, avait rendu compte la première. Le prisonnier de Ham n'était donc pas toujours réduit à la correspondance qu'il entretenait avec les écrivains de l'école socialiste, qui devint ensuite im parti. 11 est d'un prisonnier d'écrire beaucoup, et d'un prisonnier politique de savoir gré de toutes les sympathies de la presse ; il appartient enfin à un prince, né sur les marches d'un trône qu'il veut relever, d'ajouter aux remerciements quelques-uns de ces mots plus personnels qui annoncent ou remplacent une croix d'honneur. Le neveu de l'empereur écrivait dans la forteresse de Ham, en parlant de la Patrie :

« Journal que j'ai toujours lu avec grand plaisir, et dont l'habile et patriotique rédaction a su ra'inspirer de profondes sympathies. »

Et cependant alors la Patrie avait 'pour mission expresse de représenter les principes et les tendances du parti politique désigné et reconnu sous la dénomination d'opposition constitutionnelle de gauche.

Ainsi ptirlait l'acte de société signé par une centaine de députés, et qui fut pour

Sidney un titre de noblesse. C'est la seule fois qu'un grand parti ait abdiqué exclusivemenl en faveur d'un seul homme, lui ait donné mandat écrit, lui ait confié une direction sans en réserver les tendances. Il est vrai que déjà Renouf avait participé en 1836, avec MM. Guillemot et Dutacq, à la fondation du Siècle, feuille qu'il avait quittée pour le Messager, acheté par M. Boulé et puis revendu aux ministres. La Patrie elle-même, lorsqu'elle passa au service du pouvoir, dut se priver du concours de Renouf, et, s'il vous plaît, Renouf fut regretté tout haut, comme confrère, par M. Félix Pyat, dans le Charivari, et par M. Marrast, au National, à plus forte raison par d'autres. Il a, pour ainsi dire, une spécialité, celle de la retraite opportune : attaché au Journal de Rouen en 48, il n'a pas plus voulu faire de l'opposition l'année suivante à l'élu de tous les anciens partis, si maltraité par les nouveaux, qu'il n'avait consenti à être ministériel avant le 24 Février. C'était un premier accessitque l'élection du 10 décembre avait donné au prince-président ; la couronne était réservée pour une autre distribution, que devait précéder une composition, mais dont le jour a été avancé par les menaces des fruits-secs de tous les concours précédents. Quant aux succès de Renouf au Lycée, ils

datent de l'époque où son père était chef du secrétariat-général du conseil d'État. Son frère, qui a fait des vaudevilles, est mort jeune.

Becquet^ — Tauteur de ce fameux article « Pauvre roi ! pauvre France! » par lequel fut inaugurée dans les Débats la révolution de Juillet, fit partie du Collège, ainsi que ses deux frères : leur père était adjoint au maire du IP arrondissement. La nouvelle du Mouchoir bleu avait attiré l'attention sur ce vif esprit. Restituons à Etienne Becquet un des jolis mots que Scribe lui a empruntés : — Mon père, qui me reproche de devoir à Dieu et au diable, cite justement là les deux seules personnes de ma connaissance auxquelles je n'aie jamais rien emprunté.

SÉVESTE FRÈRES. — Lcur père, en 1818, fondait dans la banlieue ces théâtres où de jeunes acteurs trouvent encore leur premier engagement, et dont le répertoire s'alimente, comme celui des théâtres de province, par la reproduction, bien que l'extension de Paris les ait englobés. Jules Séveste, né en 1803, a étudié en droit, après avoir occupé dans ses classes le premier rang, et il a succédé depuis, comme directeur, à son père. Il a épousé 'une actrice, dansant dans la Sylphide, jouant aussi dans la Chercheuse d'es-

prit, et qui, à force de chercher ce qu'elle avait cependant sous la main, a déployé des ailes qu'enflait le souffle d'une séparation judiciaire. L'aîné, Edmond Séveste, en sortant du Lycée, (!st entré dans l'intendance militaire, il a fait la campagne de France et a vu de près Waterloo. Jusqu'en 1820, époque où il est devenu l'associé de son frère et de son père, il a voyagé pour le commerce ; mais, comme membre du conseil, il a rendu de bons offices à la municipalité de Montmartre, et il a mérité aussi la croix d'honneur, par les preuves de dévouement qu'il a données pendant le choléra dans l'arrondissement de Saint-Denis. Sur ce, en 1840, les grenouilles du Théâtre-Français demandent un roi ; Edmond se présente quatrième. Mais le ministre, M. de Rémusat, à force de s'engager par des promesses envers chacun des quatre candidats, ne peut plus se tirer d'affaire qu'en les écartant à la fois, et en rendant force de loi au décret de Moscou, dû à l'iniliative de son père. Séveste a tout le temps d'étudier un projet de chemin de fer du centre, et de songer ensuite à relier Montmartre et Saint-Ouen par un tunnel. Une grotte de PausiUppe allait être creusée artificiellement aux portes de Paris ; mais la révolution de Février en fait abandonner

le plan loul étudié. M. Lockroi est nommé directeur du Théûlre de la République, par le crédit de M. Etienne Arago, auteur des Aristocraties, de Mlle Sarali Félix, dit- on, et d'un des tyrans provisoires qui font si bien regretter la monarchie constitutionnelle. Survient M. Sénart qui, en sa qualité de républicain de la veille, sait de reste combien il importe d'empêcher une société de se gouverner à sa guise; il nomme près dudit théâtre Edmond Sévestecommissairedu gouvernement, en l'investissant d'un pouvoir exceptionnel. Séveste est installé; 48 heures s'écoulent, pendant lesquelles M. Dufaure succède à M. Sénart : Séveste est disgracié. Les sociétaires lui offrent cependant, et il accepte, la direction des affaires pour leur compte, avec ce titre : régisseur-général. De son temps, rue de Richelieu, sont joués ou mis à l'étude le Testament de César, le Caprice, Adrienne Lecouvreur et Gabrielle. Mais une grande tragédienne, qui a chanté la Marseillaise dans un théâtre comblé la veille encore des faveurs de la famille précipitée du trône, a des passions que rien n'entrave. Mlle Rachel, pour laquelle plaide M« Delangle contre les sociétaires, dont M« Marie est l'avocat ; Mlle Rachel a une envie qui presse, une envie de femme en procès. Elle veut faire un direc-

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leur, ni plus ni moins que sa sœur Sarah. Pour changer, il le lui faut blond, et un peu poëte, pas beaucoup : un brin d'herbe de plus dans les Sentiers perdus, et l'auteur n'y retrouverait plus celui qui mène en plein Théâtre-Français! Il aura sous ses ordres, si tant est qu'un blond donne des ordres à un compère qu'il ne peut regarder sans rire, l'éblouissant auteur de Fortunio. Le style oriental de ce mamamouchi du xix« siècle amuse l'œil, exhibe des images, jongle adroitement avec des mots, à la porte de la pensée; mais le soleil, dont le mamamouchi prend le clinquant pour un rayon, y fane vite la soie et les glans d'or de sa robe et de son turban. Un directeur fourbu de l'Odéon complétera la trinité de la combinaison Rachel, et tous les feuilletons du lundi, ou peu s'en faut, seront écrits par ces trois personnages et leurs amis. Aussi bien les actrices de la rue de Richelieu jouent presque toutes un grand rôle à la ville, tant que dure la République, tant que tous les salons non-officiels demeurent porte close. L'une de ces comédiennes, autorisées par l'expérience de l'ancien répertoire et par l'influence gracieuse de leurs avantages personnels, proclame dès les premiers jours de l'ère nouvelle, que les anciens partis, usés jusqu'à la corde, en-

traînent dans leur déchéance les danseuses de rOpéra et les chanteuses de couplets; mais que Melpomène et Thalie ont voix consultative, par droit de conquête, à la Constituante et à l'Académie française. Une autre de ces dames ne se flattera-t-elle pas, un peu plus tard, d'avoir mis en une seule année quatre ministres de l'Intérieur dans l'obligation de lui être agréables? Rien d'étonnant que vers le même temps, trois hommes de bonne volonté aient été introduits dans le sanctuaire de l'art dramatique par la grande-prêtresse de ce culte ! Une autre combinaison a avorté, dédaigneusement traitée d'intrigue de coulisses par les protégés de la tragédienne. Donc, un beau soir, Thuissier Guillaume annonce l'entrée en fonctions de M. Arsène Houssaye, qu'il a fait asseoir au foyer, et il s'écrie à différentes reprises, en courant dans les corridors : — Toutes ces dames au salon!... Ainsi la Comédie-Française perd Edmond Séveste, auquel on accorde, en mai 1851, le privilège de l'Opéra-National, depuis Théâtre-Lyrique. A la tête de ce théâtre, Séveste meurt; son frère ne lui survit qu'un ou deux ans.

De,Corcelles, — fils d'un député de Lyon qui figurait sous la Restauration dans les rangs de l'opposition , fut député lui-même sous

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Louis-Philippe, puis membre des Assemblées conslituanlc et légative, chargé d'une mission près du pape en 1848.

LiMAYRAC , — dont le père fut préfet de la Haule-Garonne, fit son droit et devint substitut. Le comte de Limayrac appartenait, comme réprésentant du peuple, au parti catholique , ainsi que

PosTEL, — réprésentant de l'Ille-et-Vilaine, ancien avocat à Vitré.

GoDELLE,— notaire à Guise, puis membre du conseil général de l'Aisne, représentant du peuple, est maintenant conseiller d'État.

Vogué, — né a Paris , le 4 mai 1805, souslieutenant de cavalerie à 18 ans, agriculteur ensuite, et industriel, bien que marquis, fit partie delà Constituante et de l'Assemblée législative de 1848 à 1851.

Requin. — Un prix de vers latins au grand concours annonçait-il un savant professeur à la Faculté de médecine? Apollon, dieu de la poésie, l'a vaitété aussi de la médecine. De plus, lorsque la poésie dévoile la nature et les symptômes du mal moral, ne se rapproche-t-elle pas de la pathologie? Le général Requin avait laissé si peu de fortune àson fils que celui-ci fut obligé , pour défrayer ses études médicales, de donner des répétitions dans une pension du Collège. 11 sortit d'un concours en 1829

DU LYCÉE BONATARTR. 109

professeur agrégé , et puis il fil un cours de physiologie et d'hygiène à l'Alliénée, avant de reprendre, comme suppléant, celui d'hygiène et de thérapeutique à la Faculté, et de passer en 1851 professeur de pathologie interne. Auteur de bon nombre d'articles dans V Encyclopédie nouvelle , il avait publié ses Leçons cliniques de M. Chomel sur le rhumatisme et ses Eléments de pathologie. D'autre part. Requin avait rempli une mission pendant le choléra dans le déparlement de Vaucluse, et un vote spécial du conseil-général témoignait des services qu'il y avait rendus. Médecin en litre de l'Hôtel-Dieu , de la maison Dubois et puis de la Pitié, il était doué d'une constitution qui prometlait encore de longs services : à la force physique était due sa nomination de porte -drapeau dans la II* légion. Néanmoins une de ses thèses démontrait pourquoi les médecins n'occupent pas le premier rang sous le rapport de la longévité, dans les tables de la statistique , et jusqu'à quel point l'exercice de leur profession est compatible avec les exigences de la gérocomique. Malheureusement un exemple de plus à l'appui de ses arguments a été donné par Requin, qui n'a vécu qu'un demi-siècle et un petit nombre d'années avec.

Lherminier et Rosseeuw-Saint-Hilaire. —

no HISTOIRE

En 1819, au banquet de la Saint-Gharlemagne, M. Planche chante son couplet, des élèves récitent des vers de circonstance, on vide un verre de Champagne à la santé du roi, et tout se passe en bon ordre au collège Bourbon. Mais il n'en est pas de inême à Louis-le-Grand, où trente élèves refusent de porter le toast royal, et l'exclusion de ces élèves en fait passer quelques-uns dans nos classes, notamment Eugène Lherminier et Eugène-François-Achille Rosseeu\v-Saint-Hilaire.

Le premier, comme publiciste, a débuté dans les colonnes du Globe, et il ne s'est pas même séparé de cette feuille libérale quand les saint-simoniens l'ont achetée ; mais il a reculé devant la prise d'habit dans l'espèce de monastère fondé pour les deux sexes par le père Enfantin. 11 a écrit dans le Bon-Sens, journal démocratique, et il est monté au Collège de France dans la chaire de législation comparée, le front ceint d'une couronne de popularité qui n'avait pas encore d'épines. Le cours de Lherminier a été publié. Toute la presse a retenti des protestations tumultueuses qu'a soulevées en 1839 un revirement dans ses opinions, attribué à la vénalité, et qui ont rendu impossible la reprise de ses leçons, même après la révolution de Février.

LUerminier n'en a pas moins laissé derrière lui, car il n'existe plus, des livres et des articles dans la Revue des Deux-Mondes , et le jurisconsulte y devient souvent un philosophe, analysant les facultés humaines avec une clarté assez rare dans l'école de Condillac.

Né en 1 802, un an avant son camarade, Rosseeuw a également contribué à la rédaction du Globe, et il a pubhé une belle Histoire d'Espagne. Nommé à la chaire de rhétorique d'Ajaccio en 1825, professeur au collège Bourbon deux ans après, puis suppléant à la Faculté des lettres, pour y devenir titulaire de la chaire d'histoire ancienne, il a aussi donné des leçons d'histoire à Henri IV et de littérature à l'Ecole polytechnique.

Charles Lucas, — membre de l'Institut, auteur d'ouvrages sur le système pénitentiaire, qu'il a contribué à rendre cellulaire, et sur la peine de mort, pour l'abolition de laquelle il s'est prononcé, naquit le 9 mai 1802. Il composa, étant encore élève, des vers sur la naissance du duc de Bordeaux, et le proviseur les fit mettre sous les yeux du roi, ainsi que d'autres pièces sur le même sujet, parmi lesquelles il y en avait une signée par '

Amédée Pommier. — Ce nom ne nous rap-

pelle-l-il pas une publication périodique, comme on a tort de n'en plus faire, VEssor ? Cent vingt jeunes gens de 20 à 35 ans, donnaient ou promettaient 6 francs par mois pour fournir aux dépenses matérielles de cette feuille littéraire; et là ont fait leurs premières armes Molé-Gentilhomme, Gonzaiès, Lurine, Paulin Limayrac, Eugène Labiche et beaucoup d'autres. Le plus jeune de la bande n'était pas Amédée Pommier, déjà ■ connu comme auteur de VExpédition de Russie, ode couronnée à Toulouse, et d'un Hymne à la mémoire du général Foy et de beaucoup d'autres vers réimprimés depuis. Le même poète, plusieurs fois lauréat de l'Académie française , a remporté le prix d'éloquence, en 1849, avec son Eloge d Amyot. La nature de son talent lui interdit les succès populaires, et il en tombe d'accord dans les Colifichets, nouveau recueil de vers, où il sourit à tout ce que la vie lui a présenté d'agréable, et où il improvise jusqu'à de nouveaux rythmes, audacieusement lancés dans la circulation. Quand il se pique d'originalité, ce gaillard de Pommier n'y va pas de main morte, et il passe à l'envers l'habit noir dont il ne s'est endimanché que par égard pour l'Académie et pour la croix d'honneur. On soufl're tout d'un homme d'esprit, voire même un ti-

tre aussi fantasque que ce titre d'un livre de Pommier : Recueil (Vanecdotes violentes^ par un partisan de la littérature galvanique.

Carle Ledhuy, — natif de Coucy-le-Clmteau, épousait à 18 ans, en sortant du Collège, une cousine de Cliâteaubriand ; il s'est \u cinq fois père, ou à la veille de l'être, avant l'âge de raison légal. Ses journaux ont été : la Quotidienne d'abord, V Union catholique et la Mode. De ses romans nombreux , l'un s'appelle Comment meurent les femmes. Ledhuy, littérateur, est resté altacbé au ministère de l'Instruction publique, après avoir été sténographe de la Chambre des pairs. La Mode est la seule feuille qui ait rendu compte de la dernière séance de celte Chambre, grâce à Ledhuy.

Eugène Sue. — Et d'abord ses prénoms au Lycée étaient Marie-Joseph. Les a-t-il répudiés en débutant dans la littérature pour s'affranchir d'un rapport baptismal avec le poëte républicain Marie-Joseph Chenier? Ou bien at-il repris avec la robe virile un prénom que sa famille avait jugé prudent de passer sous silence pendantla Restauration, parce qu'il rappelait que l'enfant avait été tenu sur les fonds en 1801 parla femmedu premier consul etpar Eugène, son fils du premier lit? Plusieurs membres de la famille d'Eugène Sue ont été

114 HISTOIEE

des médecins en grande réputation; son père, chirurgien en chef de la garde impériale, l'a d'abord envoyé dans une des pensions du Lycée, et il s'y est montré avec délices rélève le moins laborieux. Devenu ensuite externe libre, il ne franchissait plus le seuil des classes qu'en bottes molles, une petite cravache à la main, quand il faisait acte de présence. Cet élève amateur a obtenu toutefois deux nominations au Collège, devinez en quoi : en dessin, et M. de BesseUèvre père enseignait cet art d'agrément.

Eugène Sue entrait ensuite sous les ordres de son père, comme élève chirurgien, dans la maison militaire du roi, et il y avait pour collègue le docteur Véron, postérieurement directeur de l'Opéra et du Constitutionnel. Les distractions de la vie parisienne étant menées à grandes guides par le fashionnable étudiant, sa famille fut loin de se montrer hostile à ce qu'il s'embarquât pour passer à Cadix, attaché comme sous-aide au service de santé pendant la campagne d'Espagne, et il ne reparut à Paris que passagèrement les années suivantes. Après avoir fait partie du personnel des officiers de santé de la marine à Toulon, il partit à bord d'une frégate qui deux fois le mena aux Antilles, et il passa quelques mois à la Martinique. Revenu à

Brest, il monta sur le Breslaw, commandé l)ar le capitaine La Bretonnière, et ce vaisseau rallia la flotte de l'amiral Rigny dans la Méditerranée. Peu de temps après, le Breslaw prenait part à la bataille de Navarin : Eugène fit son devoir, comme chirurgien, sous le feu des Ottomans.

Lorsqu'il repritla route de Paris après avoir suffisamment navigué, son père avait cessé de vivre en lui laissant environ 700,000 fr. Renonçant à la médecine, il se souvint d'abord des deux accessits de Bourbon, puisqu'il entra dans l'atelier de Picot. Comme son peu d'exactitude y donnait le mauvais exemple, il fréquenta bientôt^, de préférence, l'atelier de son ami Gudin. Chez celui-ci, dont le talent l'emportait encore sur la réputation, la commande qui donnait le plus était celle des bonnes fortunes. Un jour qu'une femme inconnue n'avait pas craint d'écrire au maître pour lui indiquer un rendez-vous, l'élève ramassa la lettre qui traînait dans l'atelier, et il se rendit à l'appel de cette ardente amie des arts. Le faux Gudin se montra trop sensible au bon accueil de cette dame, pour qu'elle se fît scrupule de lui rendre visite elle-même le lendemain. Quel ne fut pas l'étonnement de celle-cï en présence d'un autre Gudin, qui lui parlait avec une froideur polie ! Le plus

galant des deux, dès qu'il y avait doute, lui paraissait le véritable. L'autre, qu'elle accucusait d'imposture, lui proposa d'en appeler au témoignage d'un domestique, et il sonna. Parut un grand jockey, étranglé dans sa veste bleue, que constellaient des boutons de métal. Mais la dame détourna la tête avec indignation, en reconnaissant l'imposteur dans le jockey qui lui demandait pardon. — Ah ça! John, s'écriait le maître, tu a donc fait encore des tiennes 1 Quand cesseras-tu, maraud, de décacheter mes lettres et de m'emprunler mes habits? Madame, il est impardonnable !.. Mais la dame, en sachant assez, s'était déjà retirée toute confuse. Chaque fois que, depuis, elle a rencontré Eugène Sue, elle lui a lancé un regard dédaigneux, en laissant échapper ces mots : — Quel incorrigible domestique!

On se moqua beaucoup, chez ses amis, de l'ancien sous-aide chirurgien, le jour où il parla d'écrire un livre ; mais ce livre iutPlick et Plock, deux nouvelles pleine de verve, d'originalité, et bientôt la P^î^f/e de ^oafym, /a 5a- /amflJidre, etc. firent d'Eugène Sue un romancier maritime àla mode. On joua de lui, au théâtre de Madame, un 31. le marquis, satire piquante des exagérations libérales de ce temps, etpuis,auxNouveautés,le/'î75rfe/'//omme;de Forges était son collaborateur. Cependant les

auteurs d'alors vivaient avec un luxe qui, tout autant que le talent, les mettait en réputation : un libraire s'en allait craintif, sans dénouer les cordons de sa bourse, s'il n'avait pas été émerveillé par un train de maison somptueux. Eugène Sue, né pour la fortune, la portail avec plus d'aisance que tous les autres, bien qu'il n'eût pas le goût des réceptions nombreuses. Le tôte à tête et l'écurie lui coûtaient plus cher que tout le reste. Tout compte fait, le fils de famille à la place de son patrimoine trouvait un déficit de 50,000 écus, et le romancier les paya, grâce au talent qui j ustifiait la vogue de ses œuvres d'imagination.

Pour rétablir par le travail une balance à ce point dérangée, il avait été s'enfermer en Sologne, chez son beau-frère, M. Marck Gaillard. De là sorilrent 3Iathilde, les 3Iystères de Paris, Paula Monti^ V Histoire de la Marine sous Louis XIV, etc. Est-ce que, grâce à ces ouvrages, la seconde manière de l'auteur n'aura pas été la meilleure? Une simple nouvelle dans laquelle il raconte l'histoire d'un cheval, quel chef-d'œuvre comme peinture de genre !

Mais la troisième et dernière manière qui coHtinua les Mystères de Paris avec recrudescence de réalisme et de tendances socialistes, fut une reculade en fait d'art; elle po-

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pularisa l'auteur du Juif errant et des Sept péchés capitaux , dont la vie ne trahissait rien d'une conversion, mais dont la plume devenait dogmatique. Plus dramatisie que Balzac, son émule était moins artiste;, moins philosophe;, moins de son temps; il excellait à tenir en haleine la curiosité la plus vive, à la faire palpiter d'impatience, à lui laisser la crainte et l'espérance, quand il suspendait un danger, comme l'épée de Damoclès, sur le feuilleton du lendemain ! Mais il n'ajoutait que trop souvent aux récits qui nous captivaient ces conclusions sentencieuses qui avaient mis les tragédies de Voltaire au-dessous de celles de Racine et de Corneille. Qui donc a remis l'enseignement à la remorque de l'imagination , en inventant le romanréquisitoire, en montrant dans la société une immense Cour des miracles? Celui-là, certes, n'est plus peintre, ni poëte : il passionne encore son public, s'il est habile romancier, et la première révolution qui passe semble répondre à son appel. Soit cherchées, soit trouvées, les sentences répugnent aux confabulations romanesques ou dramatiques, dont le plus précieux droit est de ne pas conclure. Intéressez , touchez , amusez, terrifiez, ou par scènes ou par chapitres; mais que la leçon soit ailleurs ! Les personnages raisonna-

bles devraient eux-mêmes rester au second plan, et il n'en faudrait pas de raisonneur, quelle que soit à cet égard l'hérésie condamnable de quelques auteurs dramatiques, dont l'école porte comme un chcâtiment le nom d'école du bon sons! Eugène Sue a détaché des pièces de quelques-uns de ses romans, et fort bien lui a pris d'y dégager l'action des déclamations irritantes ; mais Eugène Sue, au théâtre, avait toujours un collaborateur. Seul, au contraire, il a porté au comble le défaut inhérent à ses plus grands ouvrages, en écrivant le Berger de Kravan, ou il donnait au peuple son catéchisme démocratique.

L'auteur du Berger de Kravan, élu membre de l'Assemblée nationale en 1850, quitta la France après le coup d'Etat. La rupture d'un anévrisme mit fin à ses jours, en Savoie, le 3 juillet 1837.

D'Orsay^ — qui a créé -des modes à Paris et à Londres, lion international, cachait sous des dehors frivoles, qui toutefois mettaient d'accord le bon goût avec l'excentricité et le bon ton avec le genre, un fonds sérieux de caractère et de valeur toute personnelle. Il a fait à la dette infiniment d'honneur, en se mesurant avec elle une grande partie de sa vie, et l'aristocratie anglaise n'y regardait pas de si près en fêtant avec lui ses heures d'in-

dépendance après le coucher du soleil. 11 a fondé d Londres une société française de secours mutuels, et un Parisien, homme d'esprit, n'avait rien vu dans celte ville, s'il n'avait pas eu le plaisir d'y rencontrer le comte d'Orsay. Ses chapeaux et ses voitures, ses rédingoltes, sa façon de tenir les guides en conduisant un attelage, faisaient école; mais il était aussi le protecteur des exilés, des déshérités, des artistes, et son apostille avait cours, plus longtemps que ses billets à ordre. Les poursuites de ses créanciers ne le consignaient pas parfois dans son hôtel, pendant le jour, sans qu'il en profitât pour travailler. Il revint donc bon sculpteur à Paris, après les événements de 1848, et il y retrouva un illustre exilé qui, l'ayant honoré aux mauvais jours d'une affection particulière, s'en souvenait au palais de l'Elysée. Plusieurs ouvrages du comte d'Orsay faisant partie de l'exposition, et notamment un buste de Lamartine, son ami d'ancienne date, ont acquis au nom du lion une célébrité artistique. Sa mort n'en a paru que plus prématurée, sans que personne se doutât de son âge.

Sainte-Beuve. — D'oîi vient l'impopularité dans laquelle est tombé Sainte-Beuve? Le moyen de le tirer de là ! Il fait le vide autour de lui, en repoussant toute solidarité , après

avoir été l'enfant gâté des sympathies qu'il décourage l'une après l'autre. Il a voulu avoir un pied partout , et toutes les portes lui ont été ouvertes, parce qu'il avait du talent; mais depuis que des avantages honorifiques et autres lui sont acquis, il se croit encore à l'époque où il en avait les mains nettes^ et le successeur de la Harpe rêve l'indépendance de Gilbert. Ses confrères de l'Académie lui reprochent une jalousie qui les empêche de dormir ; ses auditeurs au Collège de France, quand par hasard il a fait son cours, ont été plus exigeants que ses lecteurs; ses élèves à TEcole normale montrent une froideur extrême, mais que rachètent des éloges au dehors, car tout ce qu'on dit de Sainte-Beuve dans les grands journaux part de là. Les petits journaux , au contraire , daubent le maître et l'académicien, dont l'esprit tracassier a trop abusé de la férule pour qu'on ne la retourne pas un peu de son côté, mais dont la critique est subie parce qu'elle fait autorité.

La bibliothèque Mazarine, à laquelle MM. de Rémusat et Cousin avaient attaché Sainte- Beuve en 1840, a certainement perdu un administrateur très -compétent lorsque M. de Vaulabelle a accepté sa démission spontanée ; mais le public y a beaucoup gagné, puisque jamais un bibliothécaire n'avait payé de sa

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personne avec plus de mauvaise grâce , quand le premier venu avait usé du droit de lui demander un livre en communication. On ne peut que louer un tel conservateur d'avoir renoncé à sa place.

Le lendemain de l'accomplissement du sacrifice, il apprend par M. Casimir Bonjour que M. Rogier, ambassadeur belge, demande un professeur de littérature française, pour l'université de Liège ; il se rend à Bruxelles, et il y dîne avec M. Rollin, ex-élève de Bourbon, ex -avocat à Gand, ministre du roi Léopold. Puis il prend possession de la chaire vacante, et il annexe à son cours principal un autre cours, qui a lieu le lundi, sur la littérature contemporaine. Le Constitutionnel publie ensuite ces Causeries du Lundi, qui d'encore en encore deviennent un grand ouvrage, et le calme de la lecture leur convient infiniment mieux que Taudition belge, qui ne les a pas accueillies sans opposition à l'origine. D'auties leçons données par Sainte- Beuve à Lausanne en 1838, n'ont-elles pas eu pour objet l'histoire de Port-Royal, et n'en est-il pas sorti également un beau livre ?

Cours immense de littérature que nous fait suivre le célèbre critique ! Le maître s'y livre à une élude curieuse et pleine de surprises, pour n'élever de statues à personne ;

parfois même il écorne le piédestal de celles qu'il ne saurait atteindre parce qu'elles sont au-delà de sa portée. Il braque sur l'histoire littéraire une lorgnette retournée, comme pour se grossir lui-même, en rappetissant les illusions flatteuses que les ouvrages d'un auteur favori avaient fait naître sur son compte. Les écrivains de second ordre, il ne les ressuscite qu'afin de dévoiler leurs infirmités personnelles, ou de trahir leurs secrets de famille, et il ne loue jamais un vers, jamais cinq lignes de la prose du patient , sans ajouter bien vite : Ah ! quel dommage qu'il ait si mal vécu, tendant la main par-ci par-là, que sa sœur ait fait pis encore, et que son frère ait presque ramé dans les galères du roi! On peut donc dire du studieux écrivain : Il n'a pas la foi qui transporte, mais il a celle qui rappetisse les montagnes. Des recherches nombreuses et un style magistral sous une apparence familière, justifient le succès de ses travaux rétrospectifs , mais en ne lui conciliant la reconnaissance d'aucune école. Que si les protestants prennent le janséniste Sainte - Beuve pour un jésuite, el les jésuites pour un protestant, un autre scrutin de ballottage le fait considérer dans la littérature comme un faux-frère par les romantiques, bien que

suspect encore plus aux classiques. D'autres enfin l'estiment réaliste , en appuyant leur opinion sur un de ses livres, Volupté.

Comme il avait peu d'ennemis, le poëte, alors qu'il écrivait ses Pensées d^Août, et surtout à l'époque où il ne faisait qu'un avec Joscpli Delorme ! 11 combattait en ce temps-là dans les rangs de la jeune école, qui l'avait armé chevalier. Puis le romantique s'est rallié au parti universitaire par de larges concessions, qui commandaient la réciprocité. Après tout, les conquêtes ne se font pas seulement avec le glaive ou le canon : aux conventions de la diplomatie il appartient de les consolider en consentant des restrictions. Les classiques de 1830 accusent leur ancien adversaire de se rejimber trop souvent ; mais le critique éminent ne s'est pas fait l'exécuteur des hautes-œuvres d'une école. Jamais le malcontent ne s'est bien amadoué, et le champion avait gardé ses armes. Les partis qui le désavouent en temps et lieu sont trop heureux qu'il ne les renie pas tout-à-fait et qu'il entretienne à lui seul le feu sacré de la comparaison. Quand l'apaisement des querelles politiques permettra de rouvrir la lice littéraire, les deux écoles retrouveront sur la brèche leur transfuge, qui mourra en les combattant à la fois, et c'est alors qu'il lui sera

DU LYCÉE BONAPARTK. 185

beaucoup panloiiné parce »|u'il n'aura pas beaucoup aimé.

Fils posthume d'un directeur de l'octroi de Boulogne-sur-Mer, le jeune Sainte-Beuve était déjà en rhétorique dans cette ville; il est descendu en troisième àCharlemngne, comme élève de la pension Landry, et le proviseur dudit collège, M. Dumas, a fait plus tard des vers contre le poëte romantique. Le maître de pension a changé de quartier. MM. Large, Pierrot, Pouillet et Binet y ont gagné, au collège Bourbon, un élève distingué de plus. Sainte-Beuve a obtenu au concours général le premier prix d'histoire en 1819, année ou a été fondée cette faculté; il a été couronné également pour sa composition en vers latins sur ce sujet : Visite de Pierre-le-Grand au tombeau de Richelieu à la Sorbonne. Le collège de la rue Saint-Antoine, où un professeur avait dicté une version sur la mort du général Foy, était ainsi que Louis-le-Grand beaucoup plus libéral, sous la Hcstanration, que l'établissement de la Chaussée d'Antin. Dans ce dernier M. Pierrot lui-même tournait le frein bien plus que l'aiguillon du côté des élèves, tout engagé qu'il fût notoirement dans les voies de l'opposition. Sainte-Beuve, quant à lui; lisait déjà les feuilles libérales et les feuilles littéraires du temps. Traité avec

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beaucoup d'égards par M. Landry, il avait une chambre à part, dînait à la table du maître, et rien ne rempèchait de se rendre à la Bibliothèque, à l'Athénée. 11 portait en été un grand habit vert, couleur chère aux blonds et aux poêles, avec un pantalon de nankin assez court : toilette que son petit oncle avait sans doute inaugurée dans le monde, tant les entournures étaient larges, la queue de morue longue, le fond de culotte boursouflé ! L'adolescent se destinait d'abord à l'Ecole polytechnique; c'est pourquoi il a pris de M. Binet jusqu'à des leçons particulières, qui n'ont pas été inutiles à l'écrivain dont le style mesuré compte si bien avec tous les mots ! 11 a voulu aussi se faire médecin, et trop souvent le carabin reparaît sous le critique armé de son scalpel 1 II reprend en sous-œuvre les cadavres de l'hospice où mène souvent l'amour sacré des lettres, qu'il ne faut pas confondre avec la rage pédagogique, et qui nous fait encore réclamer ces cadavres pour l'honneur de l'esprit français.

Roger. — Le comte Roger du Nord, attaché à la diplomatie sous la Restauration, a été envoyé au palais-Bourbon en 1831 par le département du Nord, qui l'y a maintenu vingt ans. Cet ami de M. Thiers a volé contre le ministère pendant la seconde moitié du règne

PU LYCÉE BONAPARTE. 18Tf

de Louis-Philippe, et il a proteste assez énergiquement contre la dissolution de l'Assemblée, en ISîll, pour être momentanément privé de sa liberté.

C.\ULAiNC0URT, — duc de Vicence, fils du général, est né en 1805. Il a rempli des fonctions diplomatiques, et il est membre du sénat.

Cbasseloip-Laubat. — Le comte Prosper de Cliasseloup-Laubat, ministre de la Marine, puis des Colonies, puis de la Marine, n'a fait qu'une partie de ses études à Bourbon, ainsi que son frère, lieutenant-général et représentant du peuple. Auditeur au conseil d'État, puis aidede-camp de Lafayelte en 1830, il était député six ans après; nommé conseiller d'État l'année suivante, il prouva toute la loyauté de son caractère, en votant à la Chambre pour une proposition de M. de Rémnsat, qui tendait à rendre incompatibles les deux fonctions qu'il remplissait, mais qui ne fut pas adoptée. Comme représentant du peuple, et même comme membre du Corps législatif, Chasseloup-Laubat n'a jamais transigé davantage avec sa conscience.

Benoit-Champy, — avocat estimé, membre du conseil de Tordre, était républicain avant la République. On se corrigerait à moins. Ministre plénipotentiaire à Florence, nommé par le gouvernement provisoire, il a plaidé la

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cause de la démocratie, dans un pays qui se contente aujourd'hui du régime constitutionnel, qu'à renversé cliez nous le 24 Février. Représentant à l'Assemblée législative, puis député au Corps législatif, Benoit-Clianij)y est président du tribunal civil de la Seine depuis 1856. Son fils est également des nôtres.

HoRTENSius DE S.\int-Albin , — conseillor a la cour impériale de Paris, débuta dans la magistrature en 1830, et il empêcha l'année suivante, le jour de la dévastation de Saint- Germain-l'Auxerrois et de l'archevêché, que la statue de Malesherbes fût jetée bas par le peuple dans la salle des Pas-Perdus. Nommé député de la Sarthe en 1837, il prit place dans les rangs de la gauche, et après chaque session il rendit exactement compte de ses voles à ses commettants. Membre de la Constituante, il l'eût été encore de la législative; mais la loi électorale étabhssait l'incompatibilité entre les fonctions de magistrat et le mandat parlementaire. D'autre part, Hortensius de Saint- Albin fait des vers et il on publie; il écrit aussi des articles sur des questions de droit et de politique ; il a donné une Jlistoire de Sulkowski. Ouanl à Championnet, ou les Campagnes de Hollande, de Rome et de Naples, qu'il éditait dernièrement, c'est un ouvrage posthume de son père, Alexandre de Saint-

Albin, leciuel fut un des fondateurs et des premiers rédacteurs du Constitutionnel, d'abord appelé \c Journal du Commerce.

William Duckett, — dont le père, maître d'anglais, tint aussi une pension, est l'éditeur du Dictionnaire de la Conversation, auquel il a fourni un grand nombre d'articles.

Lavalette. — Né à Senlis le 25 novembre 1806, le marquis de Lavalette, plusieurs fois ambassadeur à Constantinople, puis à Rome, est membre du sénat.

Emile Péan. — Un meunier grandement établi près d'Orléans envoya son fils, vers 1816, dans la pension Labbé, qui relevait du collège Bourbon. Les études de cet élève nommé Péan, furent bonnes et complètes.

Il conserva une chambre dans la pension, pour commencer son droit, tout en donnant des répétitions à déjeunes élèves de la maison dont il demeurait Tami. Plus tard l'étudiant devenait clerc d'avoué, puis avoué près la cour royale de Paris. Néanmoins ses opinions le rattachaient plus que jamais au parti des maîtres d'étude, et ceux-ci , qui rongeaient leur frein en attendant qu'une révolution leur permît d'aspirer à tout, virent le 24 Février réaliser le plus cher de leurs rêves Péan avait collaboré au Journal du Loiret , ainsi qu'au National; il fut nommé adjoint à l'un des

maires de l'aris, puis membre de la commission municipale, et il se fit élire représentant du peuple. Homme du monde, causeur agréable, spirituel et gai convive, il avait toujours eu moins de succès en affaires que dans les salons. La République lui metlait sur les bras beaucoup trop d'affaires à la fois, pour que les siennes n'en souffrissent pas. H avait eu la bonne fortune d'épouser uneOrléanaise, sa fiancée dès Tàge de 12 ans; mais les convictions politiques de cette belle personne étaient encore plus avancées que celles de son mari et du mari de sa sœur, commissaire du gouvernement provisoire, devenu préfet du Loiret. La femme du rel)résentant était déjà appelée Mme Roland, dans les salons de M. Marrasl; par bonheur, elle ne joua ce rôle qu'en passant, et le nouveau Roland ne s'illustra que comme interrupteur vers le sommet de la montagne. Réfugié à Bruxelles pendant plus de huit années, Emile Péan n'est rentré en France qu'après l'amnistie générale.

Henry Monnier. — U a écrit lui-même :

« Mes éludes fureat assez mauvaises , tranchons le mot; je quittai le lycée Bonaparte .sacliant foit mal le latin, et cela par ma faute, je le confesse, par mu trèsqrande faute ; peu de grec , point de mathématiques , pas l'ombre de géographie, écrivant assez tristement

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le français et mettant assez proprement l'orlhographe. »

Monnier, né en 1806, s'était trouvé sur nos bancs avec Ctiarlet, avec Bellangé, et peut-être même avec Grenier et Raffet, autres célébrités artistiques. D'abord clerc de notaire, puis employé aux écritures du ministère de la Justice, où sa calligrapbie fut fort goûtée, Monnier ambitionna d'être roulier; il aimait le grand air, l'odeur du foin et la vie des auberges; mais la rencontre d'un de ses condisciples , élève de Girodet, fit qu'il utilisa pour l'atelier de peinture une blouse achetée pour courir les grandes routes. Heureux changement de vocation! car il avait la main d'une grande finesse, et ses vignettes sont de |)etits tableaux, frappés d'un cachet bien à soi. La lithographie le fit vivre, ou tout au moins manger des épinards, à l'anglaise si ce n'est au beurre. Pourtant, en 1829, il eut assez de cette herbe potagère; il ajouta un plat à son dîner, je veux dire une corde à son arc, en publiant un ou deux volumes de ses Scènes populaires : l'artiste s'était fait homme de lettres. Les charges d'atelier qu'il inventait alors lui concilièrent bientôt l'admiration d'un certain nombre d'amateurs, parmi lesquels figuraient Homieu, Janles Rousseau, Gavarni, David le tragédien et d'autres viveurs ou artistes, qui ne

pouvaient plus s'en passer. Le 27 juillet 1830, au lieu de faire des barricades, Henry Monnier prenait un crayon rouge; il |)assait trois jours à écrire 10,000 fois sur les murs de Paris ces deux mots : Crédeville, voleur. Il vengeait ainsi ses amis d'un usurier qu'il obligea à changer de résidence : sa révolution était là.

« J'ajoutai un fleuron à naa couronne, dit-il encore dans le style de son fils Prudliorame, en prenant les qualités d'auteur et d'artiste dramati(iue. »

Il débutait effectivement avec de doubles risques à couiir, dans la Famille improvisée , au Vaudeville, et a cette pièce à tiroirs succédèrent 7o5c/)A Trubert, le Contrebandier et le Courrier de la malle. Lorsqu'il eut fait courir tout Paris rue de Chartres, il franchit luimême les distances , il fit son tour de France en qualité d'artiste en représentations , puis comme directeur d'une troupe ambulante. En 1842, il reparut au Vaude\ille; en 1848, il créa les Compatriotes, aux Variétés. Enfin, le 23 novembre 1852 , il donna et il joua à l'Odéon un ouvrage de plus longue haleine, Grandeur et décadence de M. Prudhomme. Le type admirable de bourgeois qui n'est dû qu'à Henry Monnier , n'eût pas été complet sans celte comédie, à laquelle ont collaboré MM. Alphonse Royer et Gu.slave Vaëz. Depuis lors le Roman chez la portière a été représenté

et maintes fois repris au théâtre du Palais- Royal : succès de rire inépuisable! Tlne autre pièce au même théâtre (!l une autre aux Variétés ont médiocrement réussi , bien que Tautcur y payât de sa personne comme toujours. Paris est le point de repère de ce cher artiste nomade , qui court encore la province et les pays environnants. Ce loulage dramatique perpétue son indépendance et sa gaieté : n'est-ce pas à peu près la réalisation de son rêve d'autrefois? La belle humeur et le talent l'un portant l'autre sont un léger bagage, plus commode à charrier que des balles de colon.

Elèves de la troisième péiuode : — Eugène Rendu, chef au ministère de l'Instruction publique, auteur de M. Ambroise Rendu et l' Université de France; Edmond lie Saint-Aignan , naguères conseiller d'Etat; Lalîon de Ladébat, qui a été conseiller de la préfecture de la Seine; A. Jamet, journaliste; P. de Mahou et Thévenin , magistrats; les Valton, dont un préfet; Rudolf, professeur à Strasbourg, et Gourgaud-Dugazon, à Versailles; les Mortier des Noyers ; Bon Pichon, fils d'un conseiller d'Etat, ex-intendant civil en Algérie, bibliographe, archéologue, président do la Société des bibliophiles; Edouard Delorme, chef au ministère de la Guerre; BouUay, ancien sous-préfet; Chabouillé, élève en 1813, professeur au Lycée de 1828 jusqu'à présent , auteur d'un Abrégé de l'Histoire sotnte, d'une Grammaire latine eld'auQ Grammaire française ; Théodore Bénazet, décédé, fils du fermier des jeux, rédacteur des Débats; Durille, professeur; Du-

coudray, chef au Dépôt central d artillerie; de Chabrol, banquier; Joltannot, anclou directeur des finances; Lodrcux, notaire à Vitry-le-Français, qui a remporté le prix d'honneur de rhétorique au concours général de 1828; Cle d'Alfaro, piix d'honneur de philosophie au concours de la même année; Janolin, autre lauréat, maintenant avocat; Carion frères; Auchard; d'Etchegoyen, mort; Louis Moi eau, bibliotliécairc, puis rédacteur de l'Univers et de l Union; Chanal, capitaine d'artillerie, ensuite préfet, (ils d'un officier de morinc qui a donné son nom à une île de la mer du ?ud ; les Pacini : l'un officier de marine, l'autre auteur des paroles de Slradella, de Freytschutz et d'autres grands opéras; Bon Monneval, fils du secrétaire de l'empereur, officier d'artillerie, officier d'ordonnance de l'empereur, et son frère, Eugène de Menneval, diplomate; Auguste et Edouard Bérard; Legendre, médecin des hôpitaux, auteur d'un travail remarquable sur les syphilides, de recherches anatomo-palhologiques et cliniques sur quelques maladies de l'enfance; Oddoul, sous-commissaire du gouvernement provisoire à Avallon en 1848, auteur d'un pamphlet bien écrit, mais pénible à lire pour les amis de M. Thiers; Hinoult, attaché à la préfecture de la Seine; les deux Perregaux, fils du banquier; Leguey, avoué; P. Guillot, avocat; Lorcndeau, Bigottini, C.-P. de Cambis, L -A. de Brigode, Ch. Hatry, A. Charpentier, E.-H. de Grouchy, de Varenne, Bézier, Valais, A.-N. Lebègue, Saint-Léger, Bréarl, A. Benoist, Ch. Robin, d'Ormesson, Aurélien, Hadengue, d'Astorg, Ch. de Guelfe, L.C. Uelescluse, Gavaudan, Coste, A. Brisset, Ch. Teste, Aurèle, C. Maldan, J.-E. Lutton, G.deBilling,P.-E. Véron, C. Lory, F. Lucas, G. Colomb, Dumont, G. d'Halmont, A. Petit, L. Rivet, les Héron de Villefosse ; E. de La Fontaine,

P, Perreaux, E. de Pavant, P. Castillon, J. Bouroii, Eugène Déjazet, 0. Ballard, L. Lcmuîtro, A. de Mon terme, H. Dagincourt. L. Saussino, E. de Gcsncs, Pclitpas, de Wall, E. Mascré, H. Macaire, L. Blaize, A. Mayaud, P. Corot, E. Guerry, R. Royer, !.. Capitaine, H. Dessarsin, E. Migneron, P. Pernct, Haudry de Soucy , A. Roussel , A. du Cauroy, L. Berson , A. Danline, E. Dolfus, Ligcrct frères, L. Orban , L. Jeanne, C. Desperrières, C. Thibault, II. Grand, T. Porchet, 0. Lelièvre, F. de Lavigne, John Vernon, J. de Mareuil, C. Chapelain, J. Guizot, J. Soulié, Léon Tripier, P. Dauriac, C. de Freytag, G. Barveaux, L. Brichet. C. Lecointe,J. Chouveroux,C. Pradel, C. de Marçay, F. Olive, L. Bressan, E. Burel, L. Arosa, Gimel, de Meaupoux, Coraly, Cottenet, de Fienne, Martin de Fray, Guillaume d'Oribeau, Bréa ; Levaux, avoué; Dr Malherbe; Porée, chef aux Travaux publics; Mis de Miramond et son frère; Da, avocat; Ctede La Grange; de la Hautière, poëte et auteur de livres socialistes; Débarbouiller, brillant lauréat, puis professeur de rhétorique à Orléans ; Louis Etienne, professeur de la Faculté des lettres de Rennes, qui a publié des études sur Lainothe-Levayer; Davillier, président de la Chambre de commerce; Constant Berrier, bibliothécaire; Valéry Hailot, de la bibliothèque du Louvre, lauréat qui a fait faire un jour à son maître de pension le calembour suivant : Le collège Bourbon naufragé s'est retiré sur un radeau; Bon Senez ; Th. de Varaignes ; Cte Andréossy ; Cte de la Panouze , F. Letellier; L. Masson, graveur et sculpteur; Edouard Fétis, fîls du compositeur, auteur de la Biographie des musiciens; Charles Rigaud, employé à la Guerre pendant douze ans, sous-préfet à Ribérac après les événements de 48; Eugène Donon ; Bon Devèze;

Vte de Beaumont; Servais, littérateur; Maicpeyre, avocat; Ctc dcTournon; Mis de Bongars; Clavel, trésorier actuel du Corps législatif et de l'Association amicale des anciens élèves du lycée Bonaparte, collège Bourbon; \. Bec((uerel, médecin dus hôpitaux de Paris et professeur, qui a écrit sur les maladies des enfants et un Traité de Séméiologie des urines, un Traité d'hygiène, etc.; Béhier, confrère et collègue de Becquerel, auteur des Eléments de pathologie interne et d'autres écrits sur la médecine ; Basscry, agent de change, et son frère ; 'filmant, chef d'orchestre au Théâtre-Italien, puis à l'Opéra-Comique; Landormy, élève d'Habeneck, un des premiers violons de l'Opéra ; Doche, ancien chef d'orchestre du Vaudeville et auteur d'airs nouveaux, qui a laissé son nom à une actrice; Lebrun, inspecteur de l'instruction primaire; H. Barbet, négociant; Edmond et Joseph Périer, anciens députés et banquiers; Froy z, référendaire au sceau; Blaze de Bury, fils et collaborateur de Castil- Blaze, beau-frèie de M. Buloz, littérateur et musicographe; Foureau de Lalour, avocat; Scherei , ingénieur des ponts et chaussées; Forestier, receveur général; Lechevalier, avocat; Forest, huissier; Foy, trois frères, fils du général : l'aîné, Fernand, est ancien pair de France, Maximilien officier d'état -major, Tiburce préfet; Cte d'Espinchal; Bon de Montbrun ; Bon Seillière, banquier; Girod (de l'Ain), lils du ministre; Becquet, magistrat; Philippe Panel, comédien de salon, attaché au ministère de la Guerre; Louveau, juge de paix à Paris; Cte de Forget, cousin de l'empereur, petit fils de M""* de Lavalette, qui sauva son mari, lors du procès du maréchal Ncy; Gendron ; CtedeGanay; Vilain , architecte ; de la Tour, chef de section aux Cultes; G. Jessé, négociant; Hé-

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relie, deux frères: l'aîné, ex-aucliteur au conseil d'Etat ; Bon de Marbot ; Panccllior, architecte; Vial et Isambert , magislrals; Duplan , PiUé , Dcipit, les Thomas, directeurs de compagnies d'assurance; Gervais, de Bcaumont; Hamelin, du Seuil, O'Donnell, Lambert, Lerat do Magnitot, Trubert, Bouchard, Freteau de Peny et G. do Laténa, référendaires à la Cour des comptes; Mallet , architecte; Payclle, avocat; Dupin, ci-devant référendaire ; Woidier, rentier; les deux Singer: l'un ancien agent de change , l'autre propriétaire, uni à Mlle Lablacho; Dartigues , Emile Garnot, Lagarde et Minoret, avocats; Emile Thomas, ex-directeur des ateliers nationaux; Pépin-Lehalleur, avocat; Lavielle ; Vigourel, banquier; de La Malle , ex-auditeur du conseil d'Etat ; Guessard, professeur à l'Ecole des chartes ; Mauguin, architecte; Vernières, chefà la préfecture de la Seine; Bouchez, avocat; le Vte Priant, officier d'ordonnance de l'empereur ; trois de Ségur, petits-neveux de l'académicien, et petits-fils de Rostopchin, qui a brûlé Moscou : l'un député au Corps législatif, un autre maître des requêtes, et le troisième, qui a été peintre, comme un de ses frères a fait des fables, chanoine-dignitaire de Saint-Denis ; Cte de la Perrière, député ; Cte d'Argout, maître des requêtes ; Cte d'Aygues-Vives, écuyer de l'empereur; Raillard, juge ; Excelmans, capitaine de frégate, qui a été officier d'ordonnance du prince- président; de Barrère, consul à Tiflis; Fabre, consul; Vte Gourgaud ; Guiard, fils d'un avoué d'Avallon, infatigable lauréat, auteur d'une parodie d'flernam lue un jour deSaint- Charlemagne : il a pourtant loué Victor Hugo dans les Luxioles, ' \o\nme devers, avant d'être professeur de seconde à Charlemagne, et il a fini tristement ; Mou-

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nier, professeur de rliélorique à Poitiers ; Burguières, professeur agr(*£!é à la Faculté de médorinc, puis médecin sanitaire on Orient ; ChAlelior, avocat à Cayennc ; Ruelle, ingénieur des chemins de for ; baron do Rothberg ; Sadous et Collet, professeurs; Gérard de Molcy, uni à Mlle Grisi ; Ménard, journaliste à la Martinique, frappé à mort dans un duel au fusil ; D'Escayrac-Lôture, qu'une mission scientifique a envoyé en Chine avec l'armée française; Morton, auteur dramatique anglais ; Serpeillo , journaliste ; Cto Lepic, aide de camp de l'empereur; Bon Lepic, préfet; les fils du maréchal Reille, desquels il en est un aide de camp de l'empereur et un député ; Vte de Septeuil ; Nitot; Gille, qui a écrit dans /a Presse; de Fontanelle, Michel et Mila deCabarrieu, préfets; Gentil de Saint- Alphonse, fils dugénéral : il figure dans letableaude la Smala; deux Houdaille : l'aîné au Trésor, l'autre substitut à Nancy, tous deux beanx-frères do M. Buffet ; Cte deTreillard, magistrat; Saint-Didier, inspecteur au Trésor: Chamiot, que l'île Bourbon a connu, journaliste; deux Brillant, l'aîné, ancien auditeur au conseil d'Etat; Goiset, associé d'agent de change; baron Regnauld, officier supérieur; Sibire, avoué, président du comité des fondateurs de l'Association amicale; Magnier, arbitre ; Margucrin, professeur de rhétorique supplémentaire à Bourbon, puis directeur de l'école Turgot, dont les recherches historiques et les écrits relatifs à renseignement de l'histoire sont venus ai>rès de nombreux articles du môme autour dans le Courrier français; Vivant Denoii ; Edouard Disant, consul, intendant, sous-préfet, homme do lettres; Roratain, professeur au Collège; Moissard, ingénieur de la marine ; Bourget, qui a été rédacteur en chef de l 'idAôar, journal d'Alger; Talma, capitaine de frégate; Monicault,

magistrat; Chatonoy et Pezzokl, ingénieurs des ponts et chaussées; les de Braycr ; Cavillier, élève de 1819 à 1825, ofQcier en sortant do Saint-Cyr jusqu'en 1833, professeur de mathématiques au Lycée postérieurement; Doullay, professeur de rhétorique à Orléans; Cahours, professeur de chimie à l'Ecole centrale, essayeur à la Monnaie, examinateur à l'École polytechnique; D' Contour, ancien interne des hôpitaux, décoré à la suite d'une mission du gouvernement on Russie, auteur de travaux sur le diabète sucré, sur le croup, sur les abcès du sein, sur le choléra ; Lestrelin, un dentiste à la mode, reçu docteur en 1836, ancien élève des hôpitaux de Paris ; Blaisot, intendant militaire; Joanet, professeur d'hydrographie; Hugon, officier d'artillerie; Chalan, prix d'honneur de philosophie au concours en 1829 ; Guépin, de Nantes, môme succès l'année d'après; Béhic, ex-député, inspecteur général des finances, puis conseiller d'Etat ; le colonel Marguenin; baron de Beauverger, littérateur et membre du Corps législatif; Hortus , chef d'institution et adjoint au maire du VU» arrondissement; Hubert , ancien avoué; Renart, professeur à Bourbon, puis à Saint-Louis; Darbonnens, du ministère de la Justice; Froyez, référendaire au sceau ; Cuffer, médecin à Soissoins; D"" Seguin, auteur d'un beau travail, lu à l'Académie, sur un nouveau moyen d'extraire des matières animales un gaz propre à l'éclairage ; D' Taupin, qui a publié des mémoires estimés sur les maladies des enfants; Ed. Hostein, caissier d'une maison de commerce, puis paysagiste, dont la réputation a commencé au salon 1833; Léon Fieury, fils d'artiste, revenu luimême dé Rome paysagiste distingué ; Favé, colonel d'artillerie, aide-de-camp de l'empereur; Ternaux, frère de l'ancien député ; feu Charles de Riancey , lit-

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