‹ Histoire du Lycée BonaparteChapitre 4 sur 10 · HIST0IB · texte numérisé non relu

HIST0IB

longtemps de devoir tout à la faveur^ et la faveur aux intrigues incessantes de sa bellemëre, veuve du sculpteur Houdon.

M. DE Gbnoudb^ — qui se nommait Genoud au lycée Bonaparte^ y faisait seulement la sixième. Il émigra en Suisse pendant les Geni-Jours^ puis il fut officier des volontaires royaux^ maître des requêtes^ publiciste éminent et.député. Il se faisait appeler M. de Genoude^ depuis que Louis XVIII lui avait conféré le titre de baron. En lui il s'était' opéré une transformation plus importante^ quand un théologien de Saint-Sulpice Tavait converti et fait entrer au séminaire^ après ravoir rencontré incrédule.

M. Paul Binet. — Nom modeste et presque inconnu, à l'heure qu'il est, mais qui mériterait d'être gravé en caractères ineffaçables sur la porte des classes de mathématiques, au Collège! Pour les élèves qui s'y sont succédé de 1812 à 1837, Binet fut un hommede génie. 11 n'appartenait pas^ que nous sachions, à la famille du proviseur Binet; mais il avait pour frère H. Jacques Binet, de l'Institut et du Collège de France, ainsi que pour onck le général Lebreton.

L'élève de l'École polytechnique auquel nous consacrons ces lignes, est noauné professeur primitivementà Rennes. Là il s'éprend

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d'une demoiselley et TX de cet amour dont il poursuit les termes lui fait perdre la tôte : donc sa fête et son cœur se suivent. Le père de la jeune personne refusant d'être son beau-père, Paul Binet n'a plus qu'à mourir, et il serend^ malgré le double froid de la Bretagne et du mois de janvier^ au confluent de riUe et de la Vilaine, au fond desquelles s'étudie assea; mal même la théorie des flui-* des. Là venait de tomber^ par accident, un patineur âgé de dix-huit ans, au secours duquel un autre s^était jeté, et tous deux avaient disparu sous des glaçons menaçant fort de les ensevelir. Il plait à l'amoureux transi de trouver dans la glace un trou déjàtout fait, et il y donne tête baissée. Mais un des patineurs reparaissant au même moment^ saisit par un effort suprême un des pans de Thabit de Binet, qui veut bien se noyer^ mais seul, sans entra!ner la mort d'un innocent, et qui se voit forcé de vivre pour ne pas être le bourreau du malheureux attaché à son sort. Chargé d'un pré-, cieux fardeau, il remet pied à terre, et il ap* prend alors qu'Edouard Hounier^ fils du préfet, est le jeune homme qu'il a sauvé. Père et fils le remercient tant qu'il se réconcilie luimême avec la vie.

U s'absente par congé pour remplir les fonctions àe répétiteur à l'École et se^ faire

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recevoir lui-même docteur ès-sciences ; puis il est professeur à rAcàdémie d^Orléans. Il est appelé enfin à remplacer d'office, au lycée Bonaparte^ M. Lacroix, momentanément en disgrâce; il s'y prend assez bien, par extraordinaire, pour ne pas se faire un ennemi de celui qu'il vient suppléer, et toutefois le titulaire n'abandonne que plus tard une portion de son traitement de 3,000 fr. à Tagrégé, qui conserve pareillement son traitement à Orléans. De plus, Binet reçoit une part de ce que payent les externes libres au Collège, droits attribués alors aux professeurs. Il fait même quelque temps, indépendamment de la classe de mathématiques transcendantes, celle de mathématiques spéciales, où il supplée M.Poinsot. N'y a-t-il pas gros à parier qu'il passera bientôt titulaire? Ce n'est pas un homme ordinaire que Paul Binet. Laplace, tout le premier, a reconnu en lui le feu sacré. Lagrange, peu de jours avant de mourir, avait promis d'être son protecteur. Mais Paul Binet, loin d'être un courtisan, affiche des opinions tellement indépendantes que sa fortune à faire est un problème dont il ne verra pas la solution. Jamais un plus mauva^is coucheur n'a fait et défait son lit à l'Université! Ce prpfesseur est en querelle réglée avec le <;;éomèhre Poisson, qui signé les nominations,

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et les deux adversaires n'y vont pas de mainmorte. — M. Poisson, dit l'un^ est trop gourmand, trop buveur et trop libertin pour qu^on croie à sa probité ; il connaît sa géométrie aussi peu que la langue française. — H. Binet^ dit Tautre, est joueur comme les cartes; il faut que ce fruit sec de TÉcole polytechnique reste encore bouche-trou à TUniversité.

Qu'on parle encore des haines entre dévots, entre chanoines, entre évêquesl L'académie des Sciences est houspillée/dans la personne d'un de ses membres, par un maître au cachet. Ce lieutenant remplace provisoirement, même à TEcole polytechnique, M. Poinsot.

Leurs élèves du Lycée^ examinés par M. du Chayla, sont jugés incapables de passer dans la classe de mathématiques transcendantes^ et le suppléant honoraire est envoyé en tournée d'inspection dans les écoles militaires. Puis il revient, et c'est pour suppléer au même collège M. du Chayla, qui en 1815 passe recteur en province. D'autre part, pendant les Cent-Jours^ M. Lacroix, appartenant sous cape à l'opinion démocratique, prévient M. Binet que, pour être au Collège de France, il va donner sa démission de professeur au lycée Bonaparte, sans qu'un crédit borné lui permette d'être utile à un successeur de son

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choix. Ainsi il voit deux chaires disponibles à la fois : Celle des mathématiques spéciales, où il siège par le fait, et celle des mattiématiques transcendantes, que M. deSacy, reeteur, lui a antérieurement promise, mais qui ne tardera pas à être supprimée/ Edouard Mounier; au retour de Louis XVIII, est de* venu intendant des bâtiments de la couronne, et il remplit aussi les fonctions d'intendant de la liste civile. De plus, M. de Barante, ancien camarade à FEcole polytechnique de notre candidat, signe par intérim pour M. de Vaubianc, ministre de Tlntérieur. Sans l'iatervention de ces deux protecteurs, Binet resterait encore assis par terre entre deux selles; mais enfin il l'emporte sur son compétiteur^ M. Lefébure de Fourcy, préférence qui lui est . donnée par Royer-GoUard, président du conseil de TUniversité.

M. Peyrard remplit au collège Bourbon une seconde chaire de mathématiques spéciales; ses élèves alors ne sont pas très*nombreux« M. Binet en compte moins encore; on lui reproche, pour la première année, de n'avoir fait admettre que deux élèves à TEcole polytechnique, et il s'écrie : — Mais mon prédécesseur ne m'a laissé que deux élèves.

De ce point de dépait infiniment modeste, le professeur arrivera à faire recevoir autant

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d'élèt^s de Bourbon à TEcole quêtons les antres collèges à la fois^ et il remportera, par exemple^ en 1834, au concours général, un prix avec cinq accessits. Il est vrai que ses procédés diffèrent essentiellement de la routine de ses devanciers, qui ne quittaient la chaire qu'avec peine pour aller au tableau^ et qui avaient un livre sous les yeux presque toujours, plus réellement lecteurs que professeurs. Les leçons de Binet sont des démonstrations ; il use plus de craie que ses prédécesseurs/ et il ne passe l'éponge sur le tableau qu'après avoir donné au résultat acquis révidence la plus éclatante. En outre^ il parle aussi purement qu'a écrit d'Alembert.

Quant aux livres, souvent défectueux^ que l'Université impose aux élèves mathématiciens^ il n'en ouvre jamais un seul sans 7 biffer des mots mal appliqués. Un jour, il fait passer de main en main une Statique de Poinsot, criblée de 1,000 ratures^ dont il conseille de prendre note ; un élève Tavertil alors que quelqu'un écoute à la porte, et en effet deux pieds sont aperçus entre le carreau et la porte, où ils tiennent lieu de bourrelet. — Messieurs, s'écrie le maître, ouvrez à votre proviseur, afin qu'il entre tout à fait dans la classe» — Je vous*y prends, monsieur, dit en entrant Cbambry^ à critiquer les vivants et

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les morts. — Je ne juge pas les hommes^ réplique le professeur ; mais j'examine leurs ouTrages.

Lorsqu'on 1816, à la suite de troubles, l'Ecole polytechnique est licenciée^ M. Binet habite/ayec sa femme et ses enfantSi un pavillon rue Notre-Dame-des-Champs ^ et la jouissance d'un jardin s'y rattache. Il ofDre gratuitement d'y continuer son cours de mécanique^ pour 40 élèves congédiés qui, sans lui, perdraient tout leur temps et le fruit des leçons précédentes^ et parmi lesquels se trouve l'ex-élève du lycée Bonaparte Marey-Monge, plus tard général. Un jour^ à Theure de la leçon, la porte du jardin est forcée , et un commissaire de police fait entrer des officiers l'épée hors du fourreau, entre autres le grand prévit, M. de Messe. H. Binet, debout en face d'un tableau, qu'encadrent des lilasen fleur, poursuit une démonstration dont l'importance absorbe son attention, et ne s'arrête qu'après avoir conclu. — D'où vient^ demande enfin le le grand-prevôt, que vous vous permettez de rouvrir une école dont le roi a jugé nécessaire d'interrompre les exercices î — Il est vrai, M. de Hessé, répond le professeur^ que l'École est fermée à juste titre; mais les jeunes gens font mieux de poursuivre leurs études utiles que de chercher ailleurs un aliment à l'espé-

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rance et au regret Vous voulez savoir de qu^el droit je continue mon cours? Du même droit que j'avais, il y a quatre ans, pendant rémigraiion^ d'accueillir chez moi votre fils, que madame sa mère, en votre absence^ voulait faire entrer à l'Ecole polytechnique.

On .craint en ce temps-là les conspirations bonapartistes^» qui menacent en même temps le roi et toutes les libertés que la Charte a re • connues; seulement H. Binet se figure à tort que son voisin^ Tabbé Liautard^ Ta dénoncé à la police du pavillon Marsan% On fouille les 40 élèves licenciés ; mais on ne fait subir aucune inspection à ce qui appartient au maitre. M. Angles^ le préfet de police^ se trouve son ancien condisciple à l'Ecole, et d'ailleurs son frère, Jacques Binet^ n'est-il pas bien en cour? Paul obtient Tautorisation dont il s'était d'abord passé. MM. Gay-Lussac^ Arago et les autres professeurs de l'Ecole en demandent tous de pareilles. Les élèves licenciés doivent^ par conséquent, à l'initiative de Binet leur aptitude à se placer ensuite dans les services publics. Le duc de Doudeauville ne le rappelle pas à l'Ecole, dont la réouverture a lieu à la fin de la même année ; mais M. Ampère, professeur^ tombe malade en 1822^ et forceest de rendre à Binet son cours de mécanique pour les élèves sortants. En 1832, nou-

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veau licenciement de TEcole polytechnique ; mais le congé du professeur, pour cette fois, est définitif.

A partir de 1820 il a son logement au collège de Bourbon, et il s'y querelle d'une façon plus dh'ecte avec Legrand, successeur de Chambry. Une année, il offre lui-même de laisser à M. de Fiers, professeur de mathématiques élémentaires, les élèves que ce professeur suivra lui-même en spéciales, pendant que lui, Binel, formera les nouveaux sujets.

Aussitôtque M. Poisson, dont M. de Fiers a été le suppléant à la Faculté des.sciences, connaît leur arrangement, il fait ériger en système, par un arrêté au conseil, cet alternat improvisé. Cela prouve au moins que Poisson et Binet ont une fois la mêine manière de voir.

Le professeur gagne beaucoup d'argent, grâce aux. répétitions particulières; mais tout ce qu^ipporte la science dés nombres, il le lui restitue parfois à Frascati, avec un désintéressement qui satiisfail sa^ passion dominante^ mais qui dérange constamment ses affaires.

Poursuivi plusieurs fois pour dettes, il ne fait en prison qu'un séjour assez long pour y réaliser des découvertes, qui d'ailleurs font Fobjet de mémoires présentés par Fauteur à FAcadémie des sciences. Des élèves le suivent Jusque sous les verroux. En 1836, sur un f^ap-

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port de IL Duchayla, qui avait eu à faire officiellement sa tournée d'inspecteur^ il est cité par-devant le conseil académique. Le savant fait absoudre non sans difficulté le professeur, auquel après l'audience M. Villemain, président^ conseille en vain de prendre sa retraite, xromme le parti le plus sage. En 18«)7 seulement il se décide à déposer sa démission entre les mains du ministre^ H. Cousin^ mais après avoir épuisé une série de ré^ criminations* contre M. Alexandre, proviseur. On a bien résolu que sa pension de retraite irait à 2^500 francs; mais quand H. Binet vient la faire régulariser^ il trouve une rature encore fraîche^ qui en réduit le chiffre à 2,250 francs^ et il a la douleur suprême de reconnaître la main même de Poisson, dans la . surcharge qui diminue ses droits.

La république de 48, au lieu de décerner des ovations au vieux savant qui s'est cru un ilote sous les deux régimes précédents, bien qu'il ait su y prendre des licences qu'aucun Etat démocratique ne souffre ; la République le laisse aux Ternes, dans un petit logement, où il donne toujours des> leçons. Tous les matins aussi il joue du violon ; puis il va faire un tour au bois de Boulogne, où le sable lui tient . lieu de tableau noir, et une canne de blanc. Tous les passants remarquent cet homme pe-.

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tit et lîeux, mais plus vert et plus droit qu'aucun sapin du bois, et combien peu se doutent que c'est là un des hommes les plus forts de son temps 1

M. Patin, —né en 1793, n'est qu'à peine majeur au moment où il entre au collège Bourbon comme agrégé de cinquième. Il passe ensuite à Henri IV, pour y faire la rhétorique, tout en écrivant dans le Globe; il supplée, en 1830, M. Vyiemainà la Sorbonne, avant d'être nommé à la chaire de poésie latine de la Faculté. Puis il devient l'un des quarante.

M. Andkïeux — n'occupait la chaire de rhétorique en 1817 que par intérim : déjà il était remplacé par M. Aimé Martin, comme professeur de belles-lettres à l'École polytechnique, et il faisait déjà au Collège de France le cours de littérature auquel sa mort seule a tnisfln en 1833; Mais cet auteur des j&fowrdw, prédécesseur de M. Thiers à l'Académie française, avait joué aussi un rôle au conseil des Cinq- Cents et au Trrbunat. Quand le premier consul s'était plaint au tribun des dispositions hostiles du corps auquel il appartenait , Andrieux avait répondu : — Vous êtes à l'Institut de la section de mécanique, et vous devez savoir qu'on ne s'appuie que sur ce qui résiste.

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M. Fabius de Galonné — n'avait guères que 24 ans en montant dans la chaire de cinquième au collège Bourbon : Tan II ou III Tavait vu naître. Le collège Henri IV a gardé beaucoup plus longtemps ce traducteur de Cornélius Nepos et de Velleius Patercnlus^ rimeur aussi de chansons agréables, chantées par lui-même au Caveau.

M. JouFFROY, — marquis de Joufifroy, était entré au régiment de Bburbon dès 1772 ; il avait sollicité en TanX un brevet d'invention pour les bateaux à vapeur : tels étaient les antécédents du philosophe^ ami de M. Cousin^ qui devint haut dignitaire à l'Instruction publique et qui fut aussi député. RoyerCollard chargea Jouflroy en 1817 de deux cours, Tun à l'Ecole normale, l'autre au collège Bourbon, où il resta plusieurs années suppléant de M. de Cardaillac. Les leçons de ce maître se trouvent presque toutes dans ceux de ses ouvrages qui ont pour titre : Cours d'esthétique^ Mélanges philosophiques y Cours de droit naturel professé à la Faculté dés lettres.

M. Pierrot. — D'octobre 1819 à octobre 1824, il a été titulaire de rhétorique à Bourbon; son nom y demeure attaché au souvenir d'une distribution de prix qui a été tout à fait orageuse.

Des protestations éclataient à Foocasion

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d'un prix que les élèves ne trouvaient pas donné à qui de droit ; pendant que le censeur Legrand proclamait un nom indiqué sur la liste des récompenses, les jeunes gens en criaient un autre. Huées, sifflets et trépignements n'ayant pas empêché le couronnement du lauréat, des banquettes renversées mirent le comble au désordre. Le proviseur Ghambry, afin d'y couper court, ordonna d^appeler la garde. M. Pierrot, se levant tout à coup^ descendit les degrés de Pestrade et s'écria : — Je m'oppose formellement à ce que la police de TUniversité soit faite par la force publique !

La présence d'esprit du professeur maîtrisa le désordre ; il y gagna une popularité, dont témoignèrent des salves d'applaudissements, mais qui ne laissa pas que d*être à charge à l'autorité méconnue. Rappelons-nous, au reste, que la hiérarchie des pouvoirs suit trèssouvent l'ordre inverse du crédit, sous un régime constitutionnel. H. Pierrot, beaufrère de M. Persil, avait prononcé le discours au concours général, la veille, et il avait été autorisé à y parler de Mirabeau avec beaucoup d'indépendance. La mise en disponibilité provisoire du professeur fut une satisfaction donnée pour la forme à la discipline. 11 alla faire en 1824 la rhétorique à Louis-le.

Grand, jlbur y passer avant peu proviseur.

M. PouiLLET — entre au Collège en 1821 pour y enseigner la physique ; en même temps il est maître de conférences à TEcole normale. Ce savant donnedes leçons au duc de Chartres, sous Charles X, et puis aux autres fils du duc d'Orléans, devenu roi. A celle famille, à cette monarchie, il a voué un attachement que lui permet de montrer au grand jour Télection qui Ten voie à la Chambre. L'académie des Sciences reçoit M. Pouillet dans son sein vers la fin du même règne.

M. Damiron. — Il supplée M. de Cardaillac en philosophie, après M. Jouffroy, année 1822. Pendant les derniers temps de son cours à Bourbon, il publie dans le Globe une série d'articles qui le mettent en disgrâce, parce qu'il ajoute aux doctrines de son ami Laromiguière le couronnement de Téclectisme, romantisme philo^phique. Mis pour deux ou trois ans en disponibilité, M. Damiron rentre en chaire à Louis-le-Grand, après la révolution de Juillet. Plus tard il fait l'histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres. Son Histoire de la Philosophie du dix-neumême siècle n'est que le corrigé de ses articles dans le Globe.

M. FoY, — agrégé de sixième, dans la suite professeur de seconde, puis bibliothécaire à }a

Sorbonne, est enfin l'un des secrétairesdu gouvernement provisoire en 1818.

M. Langlois^ — orientaliste^ professeur de quatrième à Louis-le-Grand en 1819, de rhétorique ensuite à Bourbon et à Charlemagne, puis inspecteur, est mort en 1854. Il a collaboré au (/omp/^m^n^ du Dictionnaire de l'Académie.

M. Ledrut. — Le père Ledrut, dont le nom figurait déjà dans les cadres du Collège en 1824, ne s'y éleva jamais au-dessus de la sixième; mais il était membre du corps enseignant depuis 1798, Partisan exclusif de la Restauration, comme gouvernement national, il repoussa la copie d^un élève qui , le 2 août 1830, portait ces mots en tête : Collège National : — Croyez-vous, disait M. Ledrut à cet élève, aujourd'hui député. Petit de Beauverger; croyez-vous que des chiffonniers ivres changent un collège, en ciéposant les ordures de leurs mains sur le nom inscrit à la porte?

M. Desmichels— étaitnéen 1793, avecOvide etChrysanthepour prénoms. Il entraàHenri IV en 1818, après avoir écrit sur la liberté de la presse, qu'il regardait comme la seule garantie des libertés publiques, et qu'il voulait sans aucune restriction ; il passa ensuite à Bourbon en qualité de professeur d'histoire , et il publia son Précis de V histoire du moyen âge.

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En quittant le Cdllége^ M. Desmichels administra rAcadémie d'Âix.

H. JuLBs Janin . — De foire toujours Técole buissonnière en restant un bon écolier, quel secret Janin a trouvé ! 11 a ôté sa plume à l'aile d' u ne caille priseau miroir. Cette petite plume, bien qu'elle se taille souvent, ne s^usera jV mais ; elle aligne à ravir de jolies pattes de mouche , sous la rubrique fallacieuse de roman y de nouvelle ou de compte-^rendu dramatique, et c'est toujours an bel esprit qu'elle fait patte de velours^ le réveillant quand d'autres l'ont assoupi , le rattrapant toujours si elle vole à sa poursuite, et elle se Tiiltacbe à force de caresses si chatouilleuses et si familières qu'on ne fait pliis où y commence , où y finit la réciprocité. Mais j'entends, il nie semble, le prince des critiques se récrier et dire qu'il appartient, comme élève , au lycée de Lyon et àLouis-le-Grand. Toutefois, vers 1827, un maître a surchargé de corrections et de ratures bon nombre de copies faites par des élèves de Bourbon, et dans les notes que ce maître a hérissées de points d'exclamation oh reconnaît le style de Janin.

Omne Mit punctum qui miscuit utile dulci.

L'auteur de VAne mort a donné des répétitions , pendant plus d'un an, aux élèves de la pensionBimar, suivant les cours du collège

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Bourbon. Les affaires de M. Bimar^ à cette époque^ n'allaient pas bien^ et comme un jour il s'attendait , pensif et attristé ^ à la saisie qu'un commandement timbré lui avait annoncée^ on frappa à sa porte , et il ouvrit luimême ; ce n'était pas encore à rhuissier, mais c'était à un créancier encore plus pressé d'obtenir satisfaction. Le jeune répétiteur auquel il promettait 50 francs par mois depuis plusieurs mois, avait besoin d'argent, et la caisse était vide. Heureusement la cave ne l'était pas. Le maître de pension d'offrir une pièce de vin au créancier privilégié , qu'il prend à cœur de désintéresser. Mais impossible d'enlever la barrique quand l'apposition des scellés en aura fait un gage po^ d'autres dettes : il n'y a donc pas une minute à perdre l Janin loue un baquet, aide à charger le vin, pousse à la roue, et la porte est franchie avant Tarrivée de l'huissier. Une demi - heure après^ Chalantre donne 50 écus de la barrique au répétiteur essoufflé, qui va dîner avec plus d'appétit que s'il s'était borné à corriger des thèmes ou des versions dans la pension Bimar.

Aussi bien nous préférons tous que le spirituel écrivain ait eu pour condisciple à Lyon le fameux Lacenaire à ce qu'il l'ait connu rue Caumartin. Ce redoutable camarade lui a rendu

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une ^'site matinale, àTépoque où de brillants succès lui permettaient de mener assez grand train. C'était le lendemain d^un bal, dont une jolie marquise avait fait les honneurs chez Jules Janin^ rue de Tournon. A cette fête il y avait eu foule ; un seul invité H. Scribe avait manqué^ tant il gardait rancune au critique des Débats, qui avait bien raison de le chicaner sur son style! Un bal laisse toujours à sasuite^ dans une maison , quelque désordre; Lacenaire en profite, pour sMnlroduire plus librement dans une salle de billard , puis dans un cabinet où Tamphytrion de la veille s'est assoupi au coin du feu^ en relisant son dernier feuilleton. Réveillé en sursaut, il prend d'abord cet homme , dont les regards sont peu rassurants j pour un des collaborateurs def H. Scribe^ ou pour un rival malheureux que lui a donné la marquise ; il ne reconnaît son ancien camarade qu'après avoir appris de sa bouche quel est l'objet de sa visite. — Lacenaire^ lui répond-il, si tu n'en veux qu'à ma bourse, partageons: j'ai cent francs, prends-en la moitié.

Le criminel avouait plus tard qu'il avait été désarmé par la bonne grâce de cette concession , et qu'il était entré chez Jules Janin avec l'intention dene rien lui laisser, pas même la vie. Si Lacenaire avait eu tous les jours ,

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comme cette fois^ le cœur sur la main , on ne lui en voudrait plus de s'être cru poëte!

Les professeurs en 1831.^ Saphary, philosophie; Cazalis, physique ;Binely mathématiques spéciales; (^mnSjmatltémaliques élémentaires ; Loupot^ agrégé , suppléant de mathématiques ; Planche et Ragon, rhétorique ; Legay et Pottier, seconde; Garnier, de Neufforge et Raynaud^ troisième ; Guillaume et Chappûyzi , quatrième ; Girod et Valatour, cinquième ; Ledru et Pilay, sixième; Herbette et Chabouillé, classe élémentaire ; Corbin , histoire naturelle; Liehbaber, allemand ; Lynch, anglais.

M. Lynch a quitté l^enseignement en 1832 pour aller recueillir et gérer en Irlande l'héritage de son père. Le baron Liehbaber, que nous nommions avec joie les Bas vertSy a eu pour successeur M, Doctor Dondorf, qui a perdu sa chaire et la raison en même temps.

M. Corbin n'a pas fait beaucoup moins, car il a parsemé ses leçons , vers la un > de prédications révolutionnaires. De la septième à la seconde a monté successivement en grade M. Herbette, ancien élève de TEcole normale , auteur d'un abrégé de la grammaire grecque de Burnouf. M. Valçitour, traducteur de saint Grégoire d&Nazianze, annotateur;dePluiarque et dTÈlien, aura régenté à Bourbon près de

40 ans. Un livre intitulé : Comparaison des monnaies, poids et mesures chez les Romains, chez les Grecs et chez les Français , a pour auteur M. Girod, homme du monde, qui faisait sa classe en amateur ; si TUniversité lui a cherché noise un beau jour, c'est qu'elle était jalouse de la Bourse , et celle-ci néan* moins a ruiné le fonctionnaire déclassé.

M. Chappûyzi commence en 1826 ses longues années de service au Lycée; l'accomplissement sérieux de ses devoirs n'empêche pas ce traducteur d'Ovide d^acquérir au dehors la réputation de maître au jeu de dominos. Le père Guillaume , que son âge faisait prendre pour un des professeurs de la création, n'avait pourtant revêtu sa robe noire que vers 1830 ; il a été après censeur au collège de Versailles. QuantàM.deNeufforge, il professait plus tard à Cbarlemagne, et M. Hagin,dont les livres ont circulé dans toutes les mains , devenait vers la même époque chef de l'Académie de Versailles. M. Jarry de Mancy, dans la suite professeur d'histoire et bibliothécaire de l'École des Beaux-Arts, a toujours eu la passion des tableaux ; il a donc publié une Iconogra^ phie , un Atlas de littérature et un 'Livre cThonneur > dans lequel sont passés en revue les prix du concours général , et M""» Jarry de Mancy a toujours fait de la peinture.

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Le père Loupot a signé une Géométrie.

M. Camus^ élève de TÉcole polytechnique, en est sorti lors du licenciement généralde 1816; précepteur à Trieste des deux fils de Jérôme Bonaparte^ il a été ensuite répétiteur à Saint- Cyr» professeur à Louis-le-Grand, puis à Bourbon. Comme maître de physique, H. Cazalis succédait à M. Meissas en 1829; il a quitté en 1844; après avoir été en même temps maître de conférences pendant quatre ans à l'École normale, et puis cet inspecteur de TAcadémie de Paris a été nommé inspecteur-général en janvier 1 848 , M. Saphary, natif de Vic-sur-Seine, professeur à Nancy, puis à Saint-Louis, et maître de conférences, est entré à Bourbon en 1830, et il a demandé un congé une semaine avant la révolution de Février; quelques années après il était encore titulaire, bien qu'il nY'ûl pas repris ses fonctions: cet adversaire de réclectisme avait remporté un prix acadé* mique, vers 1840, avec Y Éloge de Laromiiuière.

H. Davbluy. — Nouveau venu en 1832, ce suppléant de rhétorique avait tenu la même classe à Dijon, où il s'était montré chaud partisan de la révolution de Juillet. Il a collaboré avec M. Quicherat à dès ouvrages classiques; c'est aussi un archéologue distingué. H. de Salvandy a confié à H. Daveluy en 1846 Tor-

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ganisation et la direction de TÉcole française d'Athènes.

MM. SÉDiLLOT^ Prieur pe la Comble^ Le-

MAIRE^ BoURJOT-SaINT-HiLAIRE et RODOLPHE Cu-

YiER^ — dont les nominations y à titre de suppléants^ correspondent aux années 1832 et 1S33, portent également des noms à ne pas passer sous silence. M. Bourjot-Saint-Hilaire, dont le cours d'histoire naturelle s'est prolongé vingt ans rue Caumarlia, avait d'abord voyagé en Sicile, pour le compte du gouvernement, comme élève du Muséum, et il poursuit ses recherches savantes en Afrique : il a fait paraître une thèse médicale sur réducation de la jeunesse, un mémoire sur les poissons de la Méditerranée, et un ouvrage sur les perroquets, avec des collaborateurs.

M. Lemaire professait la rhétorique : il a collaboré à rédition des classiques faite par son oncle, la coUection-Lemaire; il a donné aussi une édition particulièrement estimée de la Grammaire des Grammaires de Girault-Duvivier. Oii doit à M. Prieur une traduction du Gonciones, de plusieurs vies de Plutarque et de tragédies grecques, ainsi qu'une édition de classiques latins à l'usage, des classes de grartimaire. M. Sédillol, secrétaire générale au Collège de France, fait encore à Saint- Louis son cours d'histoire, et son savoir ne

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âérneot pas le sang de Sédillot, l'astronome et rorienlaliste.

M. AifToiNB Delatour, — qui signe aussi Tenant de la Tour^ et qui a eu pour maître à Dijon M. Daveluy^ se trouvait déjà à la tête d'une classe élémentaire^ à Bourbon^ avant Juillet 1830^ avec M. Lehûeron pour collègue; il faisait la sixième un an après. Puis il passait à Henri lY, et il devenait précepteur du jeune duc de Montpensier. Le prince fit son ancien précepteur secrétaire de ses commandements, et celui-<;i^ dont le tour était venu de se montrer reconnaissant^ suivit son élève en exil après le 2i Février. Antoine Delatour a donc autant de cœur et autant de mémoire ' que ses productions en décèlent. Il était poëte^ il est bibliophile; il a écrit souvent dans les Débats; il a traduit Sylvie Pellico et Manzoni. Son premier livre s'appelait : La Vie intime; dans ce joli volume de vers une âme tendre se révèle, que Tamour enveloppe et • développe, mais que 'centriste l'adultère, et i qui s'ouvre facilement aux impressions de la jeunesse pour en savourer le charme toute la vie.

M. Charles Merrcau , — conseiller d'État, naguère secrétaire-général de la préfecture de la Seine, avait été le rédacteur en chef du Constitutionnel et du Temps. Dans ce dernier

journal il écrivait déjà^ quand il n'était que professeur d'histoire. Or, il avait quitté, en 1833, le collège Louis-le-Grand pour le nôtre; son prédécesseur, M. Ruelle était passé à Henri IV pour devenir recteur deTAcadéraie de Bordeaux. On avait confié auparavant à M. Merruau une chaire d'histoire à Metz, une de rhétorique à Evreux, une de troisième à Tulle pour commencer. L'administration a valu un rang élevé à cet homme d'esprit si actif, dont la presse avait fait la réputation, et que d'iabord l'enseignement avait toujours montré de bon conseil.

M. Petit de Barôncourt, — qui est mort en démence, comme M. Prieur, avait inauguré ses leçons d'histoire sous le provisorat de M. Alexandre; c'est Fauteur de lettres adressées à M. le duc de Broglie sur l'émancipation des noirs, d'un Tableau politique et statistique de l'empirebritanniquedans rinde, d'une Histoire résumée du moyen âge, d'une Histoire de France.

M. Haugou — a mis à profit, en septième et en sixième, son Cours de Thèmes, son Analyse logique, etc.

M. Fleutelot, — agrégé des classes supérieures, est resté au Collège une quinzaine d'années : on a de lui une brochure sur la Grèce et une édition de Phèdre. -

102 HI8T0IBB

MM. DuMONTy Tarannb^ Landois et Rihodet

— ont également coiffé la toque magistrale daa$ Tancien couvent des capucins. Le premier a donné plusieurs précis d'histoire. Le second^ né en 1795, a enseigné Thistoire et la rhétorique; il a traduit le Siège de Paris par les Normands en 885, pôëme d'Abbon, et VHistoire des Francs de saint Grégoire de Tours; la mort l'a trouvé attaché à la bibliothèque Mazarine. Une chaire de quatrième était acceptée en 1840 par M. Landois gui^ plus tard inspecteur de l'Académie de Paris^ a été chargé de la direction du bureau de Pinstruction primaire à PHôtel-de-Ville. La classe des mathématiques préparatoires était faite, dès 1847, par M. Rihouey, auteur d'une Arithmétique.

M. Bacharach, —maître d'allemand, a été plus heureux que son prédécesseur Liehbaber, lequel était retourné fou à Francfort, sa ville natale, en se prenant pour le roi Louis- Philippe. Auteur d'une Grammaire allemande, d'un Cours de Thèmes^ d'un Cours de Versions et d'un Cours de Saint-Cyr, l'israélite M. Bacharach est devenu professeur de l'École des ponts-et-chaussées et de l'École polytechnique, exai^ninateur de Saint-Cyr pour la littérature, l'histoire de France, la géographie et l'allemand.

DU LYOÉB BONAPABTB. 103

M. SpiÈRS, — qui montre Tanglais depuis Tannée 1833^ a publié : Étude raisonnée de la langue anglaisey Cours de Thèmes^ Étude de la poésie anglaise, Manuel des termes du commerce anglais et français y un Bacon et un Robertson l'historien, avec notes , un grand dictionnaire anglais -français et français -anglais.

Les professeurs en 1850 : — Barni^ philO' Sophie; Bénard et Desains^ physique; Briot^ mathématiques spéciales ; Camus et Amiot, mathématiques élémentaires; Miet, mathématiques accessoires; Nisard et Durand, rhétorique; Jarry de Mancy, Weiss et Petit, histoire et géographie: Hubert et Chappiiyzi^ seconde; Raynaud et Herbetle, troisième; Yalatour et Romtain, quatrième; Leprévost et Buzy, cin-* quième; Masimbert et Haugou^ sixième; Chabouille^ Robert, Patry et Bousquet, classes élémentaires; Bourjol-Saint-Hilaire, histoire naturelle; Marguenin, rhétorique supplément taire; Bacbarach, Spiers etTleming, langues étrangères; Deligny, dessin,

M. Fleming afait paraître en 1844 nuRoyal-^ Dictionnaire français -anglais , de concert avec H. Tibbins; la librairie Didot en avait donné 14,000 francs aux deux auteurs : c'est plus que ne rapportera V Histoire du Lycée Bonapatte, et il ^tait pourtwl plus diffiGite

104 HISTOIBE

d'en réunir les éléments. Un complément de la grammaire latine de Lhomond porte la signature Robert. H. Leprévost a inventé un système de traduction juxtalinéaire conformément auquel il a traduit ligne pour ligne Homère et d'autres grands auteurs. Rappelons de H. Ch. Weiss, élève de TEcole normale et docteur èS'letlve&yVHistoire de la décadence de r Espagne, depuis le règne de Philippe II jusqu'à l'avènement des Bourbons et un mémoire lu à l'Institut sur les protestants de France au xyu**siècle. H. Miet figurait parmi les examinateurs des candidats à l'Ecole de Saint-Cyr^ à l'Ecole norniale et à PÉcole forestière, tout en donnant ses leçons au Lycée. M. Briot, neveu d'un membre du conseil des Cinq-Cents^ eût été simple agriculteur sans Taccident qui, lui cassant un bras, obligea sa famille à ne plus s'opposera ce qu'il éludiât.En sortant de l'École normale, il fut nommé professeur de mathématiques à Orléans, et puis d'astronomie à la Faculté des sciences de Lyon ; il eutaussi dans celle ville la direction d'un petit observatoire^ et il fut le premier membre' d'une société pluviomélrique, prévoyant quelques jours d'avanfce les crues de la Saône. Parmi les livres de M. Briot se distinguent ses Leçons nouvelles de géométrie analytique, composées en société avec

DU LYO&S BONAPARTE. 105

H. Bouquet^ son successeur à Bonaparte^ et un Traité d'arithmétique. H. Paul Desains, professeur à Saint-Louis en même temps qu'à Bonaparte, avait été à Stanislas; il succédait rue Caumartin à H. de la Provostaye, neveu de Tamiral Algan , inspecteur de TAcadémie de Paris en 1847^ inspecteur-général trois ans plas tard. Des mémoires gros de solutions savantes ont été insérés en collaboration par MH. de la Provostaye et Desains, dans les An-nales de chimie et de physique. H. Barni^ dont les ouvrages nous présentent l'ensemble de la philosophie de Kant^ naquit en 1818^ âl ses études au collège Bourbon, et il fut secrétaire de H. Cousin en 1841-42.

L'année même qui a précédé le rétablissement de l'Empire nVt-elle pas amené dans les collèges encore plus de mutations que le commencement de l'interrègne î MM. Desboves et Hoynier s'asseyaient dans deux chaires de mathématiques au lycée Bonaparte, pendant que M. Deniset, ancien comptable de la caisse Lafûtte, éiai}l chargé, par innovation, d'enseigner la tenue des livres. M. Gavet, qui venait deCharlemagneetde Saint-Louis, était mis à la tête d'une classe élémentaire : il avait contribué en 1848, coinme artilleur de la 8« batterie de la garde nationale, à l'arresr tatiorï de Barbes et de Louis-Blanc, en ra-:

massant laî'-inéine la lettre compromettante qui a servi de principale pièce de conviction dans le procès fait à la République représen* tée par ces républicains. M. AUaire, pourvu d'une autre chaire, la quittait sans demander son reste, pour devenir à Çlaremont sousprécepteur du comte de Paris. H. Schlesinger, agrégé, prenait la place de M. Bacharach.

M. Bouteville, comme suppléant, montrait également Tallemand, après avoir été mis eu disponibilité par M. Carnot, comme maître de rhétorique et de philosophie à Nantes.

M. Witcomb suppléait M. Spiers.

D'autres professeurs, dont les titres honorables ne figurent pas tous sur leurs états de service» ne tardèrent à prendre part à la direction des exercices du Lycée : HH. Bigourdan, Tombeck etVacquant, pour les mathématiques pures et appliquées ; H. de Luynes, pour la physique ; H. Doyère, pour rhistoire naturelle; M. Rousset, pour Thistoire ; H. Perrens, pour la troisième, et ces deux derniers noms nous rappellent des livres que nous serions fâché de n'avoir pas lus avec attention.

Les professeurs en 1862. — • Ventéjol, mathématiques spédales'j Desboves, Bigourdan, Tombeck et Mauduit, mathématiques pures et appliquées; Marié-Davy, Troost et Fargues de Taschereau, physique et histoire m-

DU LYOÉB BONAPABTB. lOTf

turelle; Lemoine, logique; Weiss, Rousset, Desjârdins et Bonnetonli histoire; Durand, Girard , Deltour et Perrens , rhétorique; Herbette, flelleu et Gaucher, seconde; Manuel, ttéaume, Cucheval et Gidel, troisième; Valalour, Legouez et Bary, quatrième ; Romtain, Bouillon et Debout, cinquième} Masimbert, Evrat et Parquet, ^m^m^; Spîers, anglais; Charles, allemand; Robert et Debray, classes élémentaires ; Chazal, dessin; Delîgny, travaux graphiques.

Élèves db la pbemière période : — Camusat, postérieurement notaire, lequel a obtenu le premier prix de version latine en rhétorique au concours général , année 1805; Hippoly te Honoré, prix unique de mathématiques transcendantes, même année ; Lapipef, prix de mathématiques au concours de 1806; Laîmand, oontrôleur en chef de la marine beaucoup plus tard; Pinel, né en 1797; de la Malle, né en 1791; Ferrère, prix de version au concours, 1806 ; Godard, accessit, id.; Coiffier, Ménétrier et Moure-Maillard, qui ont remporté des succès du même genre l'année suivante; Lebeau, lauréat en 1808, classe de belles-lettres; Hercule Cadet de Gassicourt, très- fort en grec, professeur au même collège, puis juge ; de Metz, qui a quitté ensuite une position élevée dans la magistrature pour se mettre à la tête de la colonie de Mettray; Dupond, plus tard maire de Gorbeil ; Margueron, Lavoine et de la Ferté, lauréats. en 1809, ainsi qu'Antoine Prumier, mattre ensuite de mathématiques, puis de harpe au Conservatoire; Daussy, devenu ingénieur hydrographe

en chef, astt^nome du bureau des longitudes; Do^ea ; Raiset; Aubornon frères» l'un pair de France dans la suite; le Mis de Saint-Mars, neveu du général ; de Mendoza, dont la famille tenait un rang élevé en Portugal, réduit sous la Restauration à une place dans une pensioii ; les frères Marey-Monge ; Mas de Saint- Maurice, postérieurement capitaine de port à Tife Bourbon; Yte de Coruudet, maintenant membre du conseil général de la Creuse; Labat, vétéran de rhétorique en 1811; Dannery, Américain; Cotignie et Déculleville, môme époque; Giraudeau, négociant, père d'élève ; les deux Troupenas, musiciens, éditeurs de musique ; Favier, inspecteur général des ponts et chaussées; Arthur Féline, beau-père de M. Girod (de l'Ain); Mallet, régent de la Banque, ou son frère ou tous deux, suivis de fils et de petits-fils au même lycée ; trois Maison, fils dti maréchal, dont un est devenu colonel, un autre préfet; Harrouard, rbétoricien de 1812; Buret ou Burel, faisant à la même date sa â« année de grammaire; André Haussmann, en mathématiques élémentaires, toujours la même année; Rogier, td., puis ambassadeur du roi des Belges à Paris, et Duchayla, en classe supérieure, élève de l'Ecole polytechnique en 1814, ultérieurement chef de bataillon du génie; Duflos et de Rihouot, de la Cour des comptes; le Cte de Neurchâteau, fils du ministre; lePce Théodore de Bauffremont; Dutrey, ensuite professeur au Collège, puis inspecteur d*Académie, président officiel de la distribution des prix en 1833; Lacasse, notable entrepreneur de bâtiments, dont le fils a suivi les cours du même lycée ; Rougevin, architecte des Invalides, et père d'élève également; le colonel Pontécoulant, astronome; Hua, juge ; Garât, secrétaire général de la Banque ; les deux Jurr ien , celui-ci con-

BXJ LYCÊB BONAPABTB. 109

seiller à la cour, celui-là directeur des services administratifs à la Marine; le Gte du Barry de Grandval, pair avant juillet 1830; le baron Silvestre; Genâier. chef de division à l'AssistaDce publique; Biling, ambassadeur; Jauge, banquier de la duchesse de Berry, et ayant eu depuis ses deux fils au Collège ; les deux Philippe, l'un traducteur de VJrt d'aimer d'Ovide, l'autre colonel; Riault, procureur général à l'île Bourbon; Anfray, magistrat au Mans; Alexis Wolf, général; Foaché, duc d'Otrante, fils du ministre de la police, mari d'une jolie duchesse, qui a brillé sans lui dans la Chaassée-d'Antin; Douville, garde-du-co];ps sous la Restauration ; le duCd'Abrantès, fils de Junot; les trois Cerfbeer, le premier colonel et député, le second bien placé dans Tadministration, le troisième capitaine d'artillerie, puis auteur dramatique et commanditaire de ropéra-Comique, sans compter les Cerfbeer de la génération suivante, qui ont suivi les mêmes classes; le Mis de Strada, écuyer-cavalcadour de Charles X, écujer de Louis-Philippe ensuite, et dont le fils fut aussi des nôtres; les trois Boucly, l'un i«r président de la Cour d'appel de Rennes ; le Bon Denois, consul à Milan; Carpenlier, architecte; Emile Dosages, chef du bureau politique au ministère des Afi^aires étrangères, et son frère ; Jacquemin, commissaire de police à Paris; Morard de Galles, fils de l'amiral; de Yitt, le descendant du célèbre pensionnaire; Sépolina, consul de Belgique à Naples; Adrien Moncey, fils du maréchal; Barbary, chef du bureau du génie au ministère de la Guerre; le colonel d'état- major Leroux, littérateur; BeaudemoHlin, ingénieur en chef des ponts et chaussées; Janaes Rousseau, spirituel viveur, qui a écrit avec moins de succès; Crétu, employé supérieur du ministère de la Guerre, fils de Crétu, directeur des Variétés, et de

110 mmoïSE

Mme Gfétti» actrice brillante à rOpéra-€k»miqae; MaroeliD de Fregne, secrétaire général de la préfecture de la Seine, pais conseiller d'Etat; L. A. Richy, correspondant littéraire d'un journal belge , et enfin Perpigna, ce père d'un autre élève, cet auteur du Manuel deê Inventeurs et des Brevetés, qui jadis obtenait en philosophie le prix d'honneur du Lycée, bien qu'il eût composé en latin et tout le reste de la classe en français. Plus de la moitié des élèves que nous venons de passer si rapidement en revue ont cessé de vivre. Évoquons d'autres noms qui ne se rattachent pas moins à ce qu'oitt peut appeler l'histoire ancienne du Lycée. '

RiNN.— De tons les pauvres locatairesque la Révolution avait logés dans le ci-devant cloître des capucins, un seul parvint à conserver un gîte dans le nouveau lycée, en s'y faisant garçon de classe. Ce brave homme, qu'on appelait Jacob^ fut attaché par Lakanal au bureau de l'économat, bien qu'il eût à reconduire, comme Michel et les autres garçons, les élèves que lés professeurs renvoyaient par punition pendant la classe, service qui rapportait six sous par élève renvoyé à la caisse commune desdits garçons. L'enfant de Jacob avait moins de sept ans, lors de l'ouverture du Collège^ et sa figure annonçait une intelligence qu'il eût été cruel de ne pas développer par Pins- Iruction; les professeurs, afin de consacrer par une bonne action la destination nouvelle

DU LYOâB BONAPABTB. 111

du local; adoptèrent en quelque sorte le petit Rinn^ fils de Jacob, et puis le placèrent à leurs frais dans la pension Bintot. Ce grain^ trop bien semé pour ne pas porter fruits produisit au Lycée neuf moissons plantureuses de nominations au concours, depuis 1808 jusqu'à 1816, et la principale gerbe de la dernière récolte était un prix d'honneur.

Rinn entra à l'Ecole normale, fut professeur à Orléans, à Saînte-Barbe-RoUin, maître de conférences à TEcole, suppléant de M. Le Clerc à la Faculté, pour le cours d'éloquence latine, professeur de rhétorique à Louis-le-Grand, proviseur à Versailles, puis à Louis-le-Grand, et c'est dans son appartement de proviseur que mourait le père de Rinn, bien qu'il n'eût cessé d'être garçon de classe au collège Bourbon que du temps de M. Alexandre.

D'AuDiFFMT.— Deux frères s'asseyaient sur les bancs du Lycée, le jour même de l'ouveriuré : le plus jeune qui, l'année suivante> était le plus fort de sa classe en discours français, devint avec le temps receveur général à Nantes; la présence officielle de l'autre, maintenant membre de l'Institut, président honoraire de la Cour des comptes et sénateur, à la distribution des prix de 1861, rappelait sa qualité de membre du comité de haut pa-

llî^ HISTOm

tronage du Lycée, institué par le ministre en 1855. Le marquis d'Audiffret, d'une famille frès-ancîenne du Dauphiné, entra à 18 ans dans radministration des finances, soos les auspices du comte Mollien. Les Cent-Joùrs n'ébranlèrent pas sa prédilection pour le gouvernement de la Reslauration, et qui s'en douterait aujourd'hui ? Mais la révolution de Juillet a laissé des illusions, auxquelles une autre révolution a porté ensuite le coup de grâce. De premier commis des finances, d'Audiflfret passait président à la cour des comjptes en 1829 ; huit ans après il devenait pair de: France. Le plus important de ses ouvrages a pour iiivex Système finan^ cier de la France.

Làcave,— représentant du peuple et maire d'Orléans, appartenait au parti de l'ordre sous la dernière république. Uavait fait de bonnes études, et il était entré à l'Ecole polytechnique, pour devenir ingénieur des ponts-etchaussées. Son père, comédien ordinaire de l'empereur, comme Talma et Mlle Mars, était pourtant d'une médiocrité à indisposer le public chaque fois qu'il entrait en scène.

Be»rter. — Paris a donné le jour à Pierre- Antoine Berryer le i janvier 1790. Son père, jurisconsulte distingué, lui a fait faire la moitié de ses études à Juilly, et l'autre à Bo-

DU LYCÉB BONAPABTB. 113

naparte : chez nous les plus hautes classes.

Enrôlé en 1815 parmi les volontaires royaux, rélève du lycée Bonaparte était dès lors sincèrement libéral, car le roi rendait la parole au parlement et à la presse, et ce volontaire royal n'a pas laissé de mettre son talent d'avocat au service du maréchal Ney, du général Dibelle et de Cambronne. Il a plaidé aussi pourMichaud, de la Quptidienne,Vl. Decazes étant ministre, et contre les rédacteurs de la Gazette de France dans le procès La Chalotais. Ah 1 si la liberté n'a pas 'd'autre adversaire que réloquence, ses affaires vont au mieux. La parole qui sait persuader et passionner exerce peu d'empire qnandrauditoire n'est pas nombreux ; arme hier, bouclier demain, ellej)erdrait la moitié de sa force à ne suivre qu'un parti pris, et jamais elle ne grandit qu'en abaissant Torgueil, en démasquant la perfidie, en honorant le dévouement, en résistante l'oppression et en sauvegardant . une idée, un sentimentou une gloire ! L'orateur politique Berryer, tout en demeurant l'avocat d'une dynastie exilée, est depuis longtemps une gloire nationale. L'Académie française, en 1854, lui a décerné le fauteuil de M. de Saint-Priest.

Augustin Giracd et Savalette.— Les deux prix de version et les deux prix de thème au

114 mSTOIBB

' concours général firent du bruit en 189S.

Deux lauréats, qui se les partageaient^ étaient au lycée Bonaparte les élèves de M. Barbie- Weymar, rédacteur de Vffermes romanuSy journal en latin. On accusait ce professeur^ qui avait été de service lors des deux compositions^ d'avoir fait choisir des sujets traités en devoirs et corrigés quelques jours avant dans sa classe. Aussi bien le nom des vainqueurs fut proclamé au milieu des murmu* res ; les autres lycées protestaient. La quatrième proclamation fut surtout très-mal ac* cueillie et fit dégénérer les bruits sourds en vacarme ; néanmoins la couronne de cbêne^ à laquelle Topinion ajoutait des épines, fut maintenue par le président sur le front de rélève nommé : le jugement était sans appel.

L'un des deux lauréats s'appelait Savalette ; il est mort chef de division aux finances. Deux frères^ qui lui ont survécu, ayant été élèves du même collège, sont devenus : le premier, conseiller-maitre à la cour des comptes, et le second, entrepreneur du pavage de Paris.

L'autre élève de Barbié-Weymar était Augustin Giraud, maire d'Angers, destitué par M. Mole et rétabli par M. Duchâtel, souvent en lutte avec M. Freslon dans le sein du conseil municipal. Giraud qui fut, en outr«, député, et nuis rejorésentaiit diipeii-

DU LYOÉB BONAPABTE. 115

pie, a donné de jolis bals à ses compatriotes.

Létang. — Le général baron de Létang, sénateur, était déjà sous-lieuten$^nt de cavalerie en 1807, et déjà il avait suivi les cours de MM. Poinsot et Delacroix au Lycée. Les faits d^armes de Dresde et de Leipsick lui valurent le grade de chef d'escadron, et il ar* riva plus tard colonel en Afrique, pour en sortir lieutenant-général. Le frère du sénateur a souventécrit dans les journaux, et quelquefois pour le théâtre^ sous le nom de Marville.

Bbvsabd. — A qui donc fut donné le premier pensum du Collège? A Brusard^ par H. Dumouchel, que cet ancien élève de récoledes Quatre-Nationsavaitappelé V Apostat. Un économe intérimaire du même nom, et qui pouvait bien ne pas être autre^ a fait le service de M. Lakanaï^ que les plus mauvaises langues surnommaient la Canaille^ avant Tinstallation officielle de M. Rendu.

CHARtET, — fils d'un dragon de Sambreet^Meuse, fut dans les cancres au Lycée, et au lieu de passer notaire, professeur ou ingénieur, comme la plupart des lauréats, il s'ouvrit un autre champ d'études au bout duquel il arriva célèbre. Le bureau du recrutement, À la n^rie du I^ arrondissement^ étajit' $on premier at^er ; il y croquait tous le9 oins-

110 HI8T0IBE

crits dont il avait à prendre le signalement, en sa qualité d'employé. Gharlet, eu 1814, combattit bravement à la barrière de Clichy^ et il perdit sa place, comme bonapartiste^ à la seconde rentrée des Bourbons. C'est alors qu'il entra dans l'atelier de Gros. Il n'eut besoin, pour se faire connaître^ que d'une lithographie : La garde meurt y et ne 9e rend pas. Géricault devint son ami. Les gamins, les enfants de troupe et les grognards de cet autre Callot^ dont l'ironie elle-même est un éloge^ composent une galerie de types populaires qui ont fait créer le mot chic. Ses héros avaient existé^ et il est allé les rejoindre en 1846.

Lassagne, — né en 1792^ entra des premiers au lycée Bonaparte; il en sortit pour faire des vaudevilles qu'il signait Hippolyte^ notamment les Singes y au Vaudeville^ et ileut Désaugiers parmi ses collaborateurs. Il fit aussi La Noce et l'Enterrement eu société avec Alexandre Dumas, pièce en trois actes^ àscouplets, jouée sous la Restauration au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Lassagne^ attaché aux bureaux de la maison du duc d'Orléans^ devint, après 1830, sous-ser crétaire du cabinet du roi.

ARCEAU et DouY, — lauréats de 1811 et de plusiemb autres années^ sont entrés du même

DU LYOfe BONAPAETE 117

pas d^abord dans rUniversité, comme professeurs au Collège. Mais le premier est mort dix ans plus tard au lycée de Versailles. Le second, professeur à Bayeux et à Cabors, n'avait pas mis assez d'eau dans son vin : il est devenu prôte.

F- Ragon, --* élève de la pension Hix, y rapporte six fois du concours général et du Lycée couronnes et mentions honorables, avant de suivre la carrière de renseignement, qui le ramène pour longtemps au berceau mêipe de ses études. Yingt-trois ans professeur d'histoire et de rhétorique à Bourbon, il n^ea quitte à la. fin les classes que pour reparaître, plus tard, comme proviseur intérimaire, bien que déjà inspecteur-général.

Des ouvrages de Ragon sont un peu partout, soiiV Aàrégé de Vhistoire des temps modernes^ soit les autres précis d'histoire qu'il a écrits, soit sa traduction de Florus, soit enfin de ses vers, ses Poésies bibliques, la traduction d'Horace, celle d'un poëme de Byron ou celle du Camoëns. Son homonyme et son parent, ancien élève d'un temps plus -i*approché, brillant officier en Criil(>ée, est aide ' de camp du prince Napoléon.

Paul de Bourooin^. ~ Fils d^^^ ambassadeur, qui l'initiait lui-même à l'étude des langues étrangères età la science ethnographie

118 mâToiBB

que^ il débuta comme officier des tirailleurs de la garde et fit la campagne de Russie. Diplomate sous les règnes suivants^ et ambassadeur à Madrid en 1850^ le baron de Bourgoing est actuellement sénateur, comme il a été pair de France.

Magnan. — Un des élèves du premier jour, qui eut pour condisciple son frère, blessé à Waterloo, exilé volontaire ensuite, est aujourd'hui le maréchal Magnan, grand-veneur de Fempereur, commandant supérieur du P' arrondissement militaire. Il naquit à Paris en octobre 1791, s'engagea en 1809, fut en Espagne soldat, sous-officier, sous-lieutenant, lieutenant et capitaine, sous les généraux Ney, Masséna, Marmont, Reille et Soult; entra dans la garde impériale, et déjà officier de la Légion d'honneur, pour y faire la campagne de Waterloo; dans la garde royale, capitaine adjudant-major; chef de bataillon dans la ligne en 1817; au 60' régiment, comme lieutenant-colonel en 1822; en Espagne de nouveau, en 1823, aux ordres du maréchal Moncey, et il y gagna la croix de Saint-Louis; colonel au 49«, où il fut nommé commandeur, et cité pour la troisième fois à Tordre du jour de Tarmée, pour sa conduite à la bataille de Staoûii et sous les murs de Bone. Quelle filière himorable

DU LYCBBB BONAPABTE. 119

de betles actions et de senrices assidus^ a fait passer io soldat général en 1839, et à la tête d'une division en 1845 seulement!

Cette magnifique feuille d'états de service n'a pas de couleur politique^ et c'est pourquoi il n'a pas fallu moins de 36 ans pour là remplir, sansque Infaveury ait tracé une ligne. Il est vrai que Ifagnan a des opinions libérales^ mais comme le général Foy et Roy er-Col lard, Harligjiac, Laffltte, Casimir-Périor. A Lyon, en 1831, ne perd-il pas un commandement, pour avoir apaisé, au lieu de la punir, une première émeute dans cette ville, émeute amenée an surplus par unequestion de salaire dont les brouillons ont profilé pour arrêter le travail des canuts? Il est, quelques années après, à ]i\ tête d'un corps d'armée belge, en vertu d'une mission, et c'est pendant qu'il tient tête glorieusement aux Hollandais, qu'on lui confère en France le titre de maréchal-decamp* La l)elle occasion pour Magnan de s'afficher comme bonapartiste, lorsque son témoignage est demandé à l'occasion de l'échaufTonrée de Boulogne ! Mais il ne transige pas avec 'les idées d^ordre^ qui lui vaudront jusqu'à Testlmedu prince contre lequel il dépose d'une voix ferme.

Le 24 février, il se trouve, à Paris, après une ^kmgue tournée d'inspection départe-

198 HISTOIBB

mentale, et il va se ranger sous le commandement du général Rulbière :il accompagne ainsi, en uniforme, la duchesse d'Orléans jusqu'à la Chambre^ et il ne se sépare de la princesse qu'à rentrée de cet hémicycle où, pour entrer, il faut être député, ministre, membre de la famille royale, ou laRévolotion. Le gouveroement provisoire «nvoie donc, par disgrâce, Tofficier-général commander en Corse une division sans soldats. Mais M. Arago, ministre, le rappelle, et lui confie la troisième divisian d'infanterie de l'armée des Alpes : division qui fait 120 lieues en sept jours au mois de juin 1848. L'année suivante, une semaine avant la bataille de No* varo, Charles-Albert fait offrir le oommandément en chef de son armée à notre général ; mais cet honneur, qu'il a sollicité plus tôt, il doit à son grand regret le refuser, tant il est dangereux de mener au combat une armée qui connaît à peine le nom de son chef ! De nouveau, Lyon s*insurge la même année, et cette fois, comme tant d'autres, il faut nécessairement recourir à la force poor mettre fin au plus affreux désordre. Hagnan, pendant Fabsence du maréchal Bugeaud, est à la tête de 55,000 soldais ', il les va mtettre avec abnégation, et poiir que l'unité préside aux mesures à preiidre, sous les ordres du

DU LTCÉ« *etràPARTE. 121

général Géttieau qai commande le teftritoire. Le maréchal a dit à Magnan : En cas d'insurrection à Lyon, je m'étais réservé l'attaque delà Croix-Rousse; prenez mon rôle.

Donc ilau0e Toute tracée^etillasuit, lui, général en chef^ comme 11 s^est conformé, soldat, à la consigne. La Croix-Rousse cède après 400 coups de canon ; sur d'antres points les barrïcades sont prîses, et 200 insurgés se rendent. Cette rapide victoire, dont Paris lui sait gré, vaut 150,000 voix au général, qui est élu représentant. A la même date, il se voit investi du commandement d'une nouvelle armée de 30,000 hommes, envoyée aux frontières du Rhin.

Puis, général en chef de Varmée de Paris, le représentant démissionnaire a pris la plus grande part au coup ^'Etat qui a réduit les factions au silence, après quatre ans d'une surexcitation tellement vive, il faut en convenir) qu'on était las de toutes les li^ bertés.

Magnan fils, que son père s'est bien gardé de mettre dans un collège difiSérent, en fera sans doute autant pour les enfants que son mariage récent fait espérer.

Bbaovau. — Charles de Beauvau, prince du Saint-Empire et grand d'Espagne ^ recevait en 1810 une sous-lieutenance dans la cavale-

laSi HIBTOIBE

rie. D'une antre génération^ le prince BEarc de Beauvau^ député de la Sarthe au Ck>rp8 lé-, gislatift est des nôtres depuis moinslongiemps.

LcBBERT — dut à la protection de son oncle Gara'l^ le sénateur^ un emploi d'inspecteur de la loterie; mais il dut également à Garât; le chanteur» le goût de la musique^ et il en corn posa ; il voyagea, il devint l'ami de Rossini : Amour et Cûlère, dont il avait écrit la partition, fut joué à Feydeau. Directeur de rOpéra pour le compte de FÉtat en 1827, Lubbert y monta Guillaume Tell. Quelques années plus tard il prenait TOpéra-Comique à ses risques et périls : Tentreprise ne réussit pas. On le revit ensuite à la Renaissance.

Puis quel fut le nom, s'il vous plaiti du directeur des Menus-Plaisirs du pacha d'Egypte?

Emile-Timolhée Lubbert.

Lévis. — Après toutes les expériences que les révolutions et les restaurations nous ont fait faire depuis 89, il n'est permis d'avoir des préférences pour une forme de gouvernement qu'à la condition de respecter les prédilections opposées. C'est pourquoi lé duc de Lévis doit inspirer à tout le monde beaucoup d'estime pour son caractère et beaucoup d'admiration pour son dévouement inaltérable à la cause d'un proscrit^ dont l'éloignement ne saurait faire un. paria.

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La poésie de Texil et du martyre a décerné^ en d'autres temps^ une véritable apothéose au grand capitaine désarmé qtii avait tout sacrifié à la gloire, et. trois rois ont subi successivement une comparaison qui n'était à leur avantage que par les concessions libérales de la Charte. Depuis la chute du premier empire, d'autres vides se sont creusés, se sont approfondis, sans euf gloutir le souvenir d'une race trop ancienne dans rhistoire de France pour que son rej^ ton direct n'ait pas emporté avec lui un peu du sol de la patrie.

La fortune du duc de Lévis assurait son indépendance; mais il a quitté son hôtel et son château volontairement pour se contenter, à Kirchberg, des deux pièces mansardées dont son appartement se composait chez le comte de Chambord. La résidence de Frohsdorff, plus spacieuse, avait pourtant suffi antérieurement à la veuve de Joachim Murât.

Gaston de Lévis, né une année après la mort de Louis XVI, recevait sous TEmpire un brevet de sous-lieutenant, comme d'autres héritiers d'un grand nom. Le duc d'Angoulême L'avait pour aide-de-camp ^i 1814, et il faisait la campagne d'Espagne en 1823, celle de Morée en 1828, avec le grade de oolonel.

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Pair de Fmnce démissioanàtre en 1830, il avait épousé^ neuf aus anparavaiit^ M^ie de la Fenillade.

Le duc de Lévig assistait aux réunions annuelles d'anciens élèyes du Collège, qui eurent lieu chez Champeaux pendant dix on douze ans.

Gaspard de Pons <--* publiait dernièrement un nombreux recueil de Vers^ qu'il avait longtemps hésité à réunir. Linàécision paraît être son défaut : a-t-on le droit de lui en vouloir dans une époque versatile comme la nôtre? Il n'appartient résolument à aucune des opinions de ce temps-ci ; il blâme à tour de rôle tous les partis : l'histoire n'en fera pas d'autres. Dans le monde, où souvent nous avons rencontré ce vétéran du bel esprit, que de fois il ouvrait la bouche^ comme pour prendre la parole^ heureux quand on la lui coupait I Mais il écoutait avec tant d'animation, avec une pantomime si expressive, et il souriait si à propos^ il tournait si bien les talons quand on parlait pour ne rien dire, qu'il prenait part au dialogue sans donner prise à la réplique. La seconde moitié de sa vie aura été probablement la contre-partie de la première. Le Mercure du X/X« siècle et VOriflafnme ont eu du comte de Pons un courrier de Paris, intitulé Sabbat, qui parais-

DU LYOlSfi ^lilOfllPABTB. 1S5

sait te satiK^di) et d^utres articles spirituels. Le plus goûté de ses livres, sous la Restauration, était Charles i'Albtet ou l'Êcuyer^du connétable de Bourbon. L'auteur avait été précédemment capitaine d'infanterie et fort en grec au lycée Bonaparte.

BiGNAN, '— né à Lyon te 3 août 1796, est entré au Lycée à 13 ans, comme externe libre; il y a pris Tbabitude des couronnes.

L^ Académie française n'a pas eu trop de quatre grands prix pour répondre à ces vers corrects et bien tournés qui ' ont fait corps ensuite avec des Poésies en deux volumes.

Le même auteur a traduit en vers bien carrés V Iliade, V Odyssée et tous les petits poèmes qu'on attribue à tort ou à raison au géant de la poésie grecque. Notre célèbre lauréat apublioencore des poèmes évangéliques et divers romans historiques très-bien écrits, tels que Une Fantaisie de Louis XIV, Louis XV et Fleury, Le dernier des Carlovingiens; il a inséré des articles de critique littéraire dans le Moniteur et les Débats. Notre critique, quant à nous, s^est bornée, <]ans une édition précédente, à une observation soumise au traducteur d'Homère : il est classique, remarquions-nous, et cependant il est imbu d^une idée des plus romantiques lorsqu'il veut que le poète, au lieu de fouler des roses

i;^ HZSTOmB

âous ses pas, aille s'atteler au char de l'État. Nous ayons vu à l'œuvre, sous la dernière république, le plus grand poêle lyrique des temps modernes^ et nous n'avons trouvé en lui ni un pilote parlementaire, ni un prophète politique, Bignan, selon nous, a eu tort, en 1845, de comprendre la mission du poëte au xix* siècle de' la manière que voici :

La lyre est aujourd'hui le fanal populaire Qui, dominant de haut sur de libres chemins,

Doit à sa clarté séculaire Vers un autre avenir diriger les humains.

Que la Muse enhardie aspire aux grandes choses l Les ans ont desséché les myrtes et les roses

Que les jeux semaient sous ses pas ; Les rois flattés par elle ont vu briser leur trône; Qu'elle chante le peuple, afin qu'il la couronne

De palmes qui ne mourront t>as I

L^école nouvelle accablait de ses mépris un poëte généreux^ qui pardonnait sans récriminations, mais qui sortait vainqueur des tournois réguliers de la littérature^ non-seulement à Paris, mais encore à Cambrai^ à Liège, à Lyon, à Avignon et à Toulouse. La province, comme on le sait, avait moins de confiance que Paris dans un romantisme effréné qui a fini par s'y mettre aux affaires.

Que si Bignan a pris une couleur politique, ce n'est pas dans les rangs de ce qu'on consi-

DU LYCÉB BOMAPABTB. 121

dère comme le parti rétrograde. En fautril une preu'vel la voilà ;

De vertus, de raison, de talents susceptible, S il n'est pas né parfait, l'homme est né perfectible, Et voit, à chaque siècle, un nouveau grain jeté Sur le sol du génie et de la liberté.

Si ce ne sont pas là de très-beaux vers, c'est qu'il vous les faut creux.

Sans la chute de Charles X, que Victor Hugo et Bignan avaieat couronné de leurs vers^ celui-ci avant celui-là aurait été un des quarante. Heureux les poêles quand ils ne prévoient pas une catastrophe politique ! Est-ce que Ronsard et Charles IX lui-même, eu échangeant de jolis vers^ avaient songé à la Saint-Barthélémy ? D'où vient-il , au contraire, que le moins littéraire de tous les règnes ait suivi l'avènement au trône du plus grand homme des temps modernes ? Règne plein de vie et d'éclat ! Mais pas un écrivain un peu bien inspiré n'y croyait au lendems^in. La révolution de Juillet n'aurait pas arrêté l'essor académique de Bignan , sans la consisiance impérieuse que prenait à la même époque la nouvelle école littéraire. Part est faite, et trèslarge part, aux novateurs de ce temps-là, et les questions soulevées par eux avec audace, avec talent, ne passionnent plus âme qui vive.

ISS smomn '

Ces oonsidéiattons ooas ont fait dir« : Pottrquoi TAcadémie ne penouerait^eUe pas ia chaîne des temps^ en rappelant dans son sein reniant sublime de ses anciennes prédilec* tions?

M. Houssaye a bien parlé d'an quarante et unième fauteuil, qui nous paraît un faateuil à bascule, et il y a fait asseoir Hégésippe Moreau, Béranger et Gérard de Nerval, pour lui tenir la place chaude. Mais ces trois poètes, quel que soit leur mérite, ont-ils jamais rien eu d'académique ! Molière lui-même, premier génie du monde, et Piron, et Jean-Jacques Rousseau étaient populaires de bonne heure :

pour le péage académique ce n'était pas la somme qui leur manquait, c'était Tappoint, payable en une motinaie qui n^a pas cours chez tous les écrivains. Si vous voulez un Panthéon vivant, ne frappez pas uniquement à la porte de cette illustre compagnie, dans laquelle Richelieu a fondé un conservatoire.

Alexandre Dumas, par exemple, a voulu en franchir le seuil , dans les meilleures années de sa vie littéraire, et il fait encore quarantaine au lieu de passer quarantième : est-*ce à dire que Dumas manque d'élévation comme auteur dramatique, d'imagination comme romancier, et d'esprit à tout bout de champ?

La loi salique n'est pas là sâule raison qui

DU LTOilS BOKAPARTE. }]^

tiendra toujours éloignée 4u même sanctuaire Mate Sand^ bien qu'elle réunisse ailleurs tani de suffrages au scrutin secret ! 11 ne suffit donc pas <l'un beau nom littéraire pour être cautionné par la majorité qui fait les académiciens : il faut au candidat des ancêtres littéraires qui Tapparentent avec la compagnie, ou de nombreux disciples qui Paient fait maître. Dans ce dernier cas seulement il peut enlever d'assaut une place défendue par des traditions qui ne doivent résister à Tintroduction de traditions nouvelles que comme une fille bonnête résiste à Tinconnu qu'elle adore peu de temps après. L'babitaux palmes vertes, qui ne sied pas à tout le moude^ est aussi, à certains égards^ une affaire d'étiquette eï de cérémonies; ceux qui le portent sont les gardes-du-corps de la langue et de Tesprit qui régnent en France et qui gouvernent le inonde. Est-ce que les grands écrivains sont toujours disposés^ d'une part^ à payer'ainsi de leur pm'sonne, et, d'autre part, à abdiquer en quelque chose leur personnalité au profit d'un ordre moins libre, communauté rétrospective, arrière^arde des idées et des mots dont elle fixe la valeur ? Le génie, au contraire, peut dédaigner isolément, et même avec affectation, ces prétentions, cette vigilancei et ce décorum hérédîtaire3> dont on a

laO HISTOraB

toujours pris à cœur de perpétuer la tradition \ariable, mais inflnimeut moins prompte à se déjuger que Topinion publique. L'institution plusieurs fois séculaire perpétue, en revanche, Tempire intellectuel exercé par Tesprit français. Tout doit être permis au géïiie, sans que TAcadémie française bouleverse sa raison d'être, aréopage supérieur qui ne relient aucun élan à sauvegarder toutes les conquêtes. Les quarante sénateurs de la république des lettres seraient bien moins autorisés s'il ne se pressait pa$ autour de leur enceinte un nombre illimité de littérateurs et de lettrés, qui osent davantage, qui s'aventurent à loisir par l'inspiration surmenés^ et qui discutent sans contrôle jusqu'aux votes de la compagnie. L'opinion générale, ajoutions-nous^ désigne depuis longtemps aux suffrages de l'élection académique le poète Bignan, bien qu'il ne les ait pas brigués.

P. S. En ces termes nous parlions d'un poète dont le courage, pour, être relevé, avait encore besoin d'éloges; mais il suffit de <juelques lignes ajoutées à cette notice pour en faire lout à coup un article nécrologique.

On a lu dans le Journal des Débats du58 no vembre 1861 :

« Nous recevons à l'instant de Pau, par le lélégra phe, uiio bien triste nonvelle : notre collaborateor, no-

DU LTOÉB BONAPABTE. 131

tre ami, M. Bignan, vient d'y succomber aux suites d'une maladie du larynx. Il s'était fait an nom très> distingué dans les letlres ; la société avait pour lui autant d'estime que d'affection. Les quelques mots de souvenir que nous lui consacrerons plus tard seront , nous en sommes certains , devancés par les regrets universellement donnés à sa mémoire. »

Paul Duport. —Cet auteur dramatique a fait jouer Kettly, composée avec M. Ouvert; Une Dame de P Empire, avec Ancelot; le CAaperony avec Scribe, V Auteur et V Avocat^ en trois actes et en vers au Théâtre-Français ; Marie Mignot , Dieu vous bénisse et 200 autres actes. Il signait d'abord ses ouvrages du nom de Paulin ; mais le directeur du Gymnase fit imprimer son vrai nom sur Taffiche le lendemain de la première représentation de la Fille de PAvare, et comrpe Fauteur s'en plaignait : — Faiies-moi un procès^ lui dit IMmpressario... Au même théâtre Duport donna la Vendéenne, pour le début de Mlle Rachel, avec le Prix de Rome, pour le début de Mlle Davenay. Ces deux jeunes ac'rices, dès les premières répétitions, avaient été jugées aussi mauvaises Tune que Tautre. Il avait pourtant fallu disputer au Théâtre-Français Mlle Savenay, qui avait joué chez M. de Castellane^ et qui plus tard passa au Cirque : personne élégante y mais de

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