‹ Histoire du Lycée BonaparteChapitre 5 sur 10 · HIST0IB · texte numérisé non relu

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glace l Quant à Tautre débutante^ on ne la jugeait bonne qu'à jouer à la fayousse.

Né le 22 avril 1790, Duport avait pour père un auteur dramatique et pour oncle un dauseur fameux. Il a d'abord écrit des Essais sur Shakspearey et il gardait pour soi le feu sacré de la haute littérature tout en brochant des vaudevilles lucratifs. Â Tentendre lire à h^ute voix, on reconnaissait un élève d'Ândrieux, dont il avait peut-être suivi les leçons au Collège même^ bien qu'il eût fait plus de classes à Charlemagne qu'à Bourbon. Toutefois il était sur nos bancs lorsque le roi de Rome vit le jour. Au vingt-unième coup de ce canon qui annonçait un héritier à la Couronne et un congé à l'Université^ tous les élèves se levèrent à la fois, et aucune classe ne put être terminé^ .

Gide — est le fils d'un libraire du passage des Panoramas. La librairie, heur ou malheur, s'attache fréquemment plusieurs générations de la même famille. Casimir Gide, bien qu'éditeur d'ouvrages importants, a une autre corde à son arc. De sa composition est la musique du ballet la Tentation, et de plusieurs romances qui ont fait les délices des salons. Son neveu^ peintre d'bisV)ire, n'a suivi qu'une partie des classes au même lycée.

Edquard Au«tz, — né à Paris eu 1798,

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devait le jour à un commissaire de police, auteur d'un Dictionnaire de la Police. AUelz fit des vers^ bien des vers, en sortant de pension : par exemple, Walpole, poëme dramatique en trois chants; la Nouvelle Messiade^ poëme encore; Y Institution du jury en FrancCy poëme quand même. Ce rédacteur en chef dé l'ancienùe Revue européennCy écrivit aussi dans d'autres recueils périodiques. L'Académie française décerna un prix de 4,000 francs à son ouvrage intitulé ^e la Démocratie nouvelle, ou des Mœurs et de la puissance des classes moyennes en France. Les Aventures d'Alphonse Dorta, roman, el Essai sur l'homme, ou Accord de la philosophie et de la religion, sont des productions du même auteur; mais voici son chef d'oeuvre : Esquisses de la souffrance tworale. M. Guizot nomma Edouard AUelz consul à Venise; la révolution de Février le révoqua de ses fonctions, et le journal Le Pays Peut pour rédacteur assidu ; enfin le prince-président le renvoya, comme consul, à Livourne.

Il mourut là.

Vivien. — Avocat à Paris et procureur-général à Amiens, membre du conseil d'État et puis de rinstitut, il a éclairé par un traité particulier la législation eu matière de théâtre. Bien que le dernier roi l'ait nommé pré-

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fel de police et garde-des-sceaux, il a marqué, comme député, par l'indépendance de ses votes. Représentant du peuple ensuite.

Greslan,— né àTile de la Réunion en 1799, est fait prisonnier parles Anglais à l'âge de 8 ans; son éducation commence parla boxe au milieu d'enfants plus âgés, et il devient de force à restituer un peu plus tard à d'autres jeunes Anglais, ses condisciples au lycée Bonaparte, les coups de poing de la captivité. Le comte du Greslan, qui a eu des prix au concours, est mousquetaire en 1814; il fait son droit ensuite, et il franchit dans son pavf plusieurs degrés de la hiérarchie judiciaire, en traduisant pour son plaisir et Horace et Anacréon. Magistrat démissionnaire en 1848, il se fait rédacteur en chef d'un journal du cru, organe libéralement contraire aux idées révolutionnaires, et le profit le plus clair qu'il en tire consiste en plusieurs coups d'épée sur le terrain. 11 présente sa candidature de représentant colonial à l'Assemblée ; ses concurrents répandent parmi les noirs qu'il travaille un projet de loi pour le rétablissement de la traite, ce qui met en danger sa vie.

Mais sa profession de foi l'emporte, et le nouvel élu s'embarque.

Paresseux comme une couleuvre quand il n'est pas vif comme la poudre, le créole à

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Paris élonne beaucoup de monde : on se demande comment une existence aussi active que la sienne a pu être compatible avec les habitudes d'un gentilhomme qui se lève toujours après l'heure où rAsseinblée entre en séance, et qui y grelotte à sa place, quand ses collègues ont trop chaud ! Néanmoins Tancien mousquetaire et quelques autres volontaires du même corps, devenus également représentants du peuple, sont a leur poste, les jours de grande mêlée, avant que la montagne et le centre gauche se soient coalisés contre le parti catholique, et parfois leurs efforts suprêmes rappellent encore qu'une bataille n'est jamais perdue tant que la maison du roi n'a pas donné.

Greslan, qui interrompt souvent, n'est pas ravi qu'on lui rende la pareille. Un jour qu'il a pris la parole, et qu'un interrupteur de l'extrême gauche la lui a coupée plusieurs fois en des termes très-médiocrement parlementaires, l'orateur après la séance rencontre cet adversaire dans un couloir et lui dit poliment : — Faites-moi donc le plaisir, monsieur, de m'apprendre quel est votre nom. — Je m'appelle un bon boifgrc, répond l'autre sans porter la main à son chapeau. — Ma foi, monsieur, réplique le créole en lui tirant une profonde révérence, j'aime bien mieux que ce soit vous que moi.

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Un autre jour/ le citoyen Pelletier^ représentant connu comme peu lettré, recite un discours énergique» et la montagne d'applaudir à outrance, pour le dénouement de la pièce. On se croirait à la Porte-Saint-Martin, quand Frederick Lemaitre y joue le Chiffonnier. Le député des colonies, pour augmenter Fillusion, crie à lue4ête : L'auteur, Tauteurî... Un de ses voisins donne alors le secret de la comédie» en répondant du même ton:— Félix Pyatî

Un ancien pion, membre de TAssemblée, dit à Greslandans une autre circonstance :— Vous Tavez tous saluée celte République aujourd'hui détestée ! — Si je Tavais saluée, répond le comte, ce serait à recommencer ; mais je lui ai toujours gardé cette itiarque de déférence pour la fin.

Le nom de Greslan figure effectivement sur le tableau de la commission consultative, nommée par le prince-président après le coup-d'Ëtat.

Chégarat. — Antoine-Amédée Ghégaray et Charles Ghégaray ont été presque condisciples. Ge dernier, procurem* du roi à Lyon, procureur-général à Rennes, avait une parole facile et pleine de lucidité, comme on a pu en juger à la .Ghambre de 1837 à 1848.

Ghégaray, en se retirant dans sa propriété

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près de Bayonne, sur la route de Saint- Jeande-Luz^ vit son arrondissement administré, après les journées de juin^ par deux souspréfets à la fois : le dernier venu était envoyé par un nouveau ministre, M.Du£aur<{^ qui avait oublié de révoquer le fonctionnaire nommé par son prédécesseur, H. Sénart.

Bbllangé. — Né sous le Consulat, ûls d'un fabricant de meubtes, Josepb-Louis-Hippolyte Bellangé quitte les bancs du Lycée pour entrer dans l'atelier du baron Gros, où il se retrouve avec Cbarlet. L'élève y dessine des académies, tout en recevant d'autre part les conseils de Saint» peintre en miniature. Géricault et Horace Vernet deviennent aussi les parrains de ce talent, moins heurté, moins tranchant que celui de Charlet, mais d'une touche plus élégante jusque dans les scènes familières. Des lithographies de Bellangé paraissent dans la Silhotiette, dans V Artiste et dans la Caricature, avant que sa peinture, donnant le dernier mot de ses progrès, sMmmatricnle au musée de Versailles. Les bonshommes de sa création n'ont, en général, que six pouces, et derrière eux s'étale là cam- [)agne ei se carre Tintérieur d'une ferme, ou s'alignent des soldats,^ des tentes, quand il s'agit d'une scène militaire. Le Retour de Vtle d'Elbe, la Veille de la bataille de la

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Moskowaj et une Charge de cavalerie dans les blés^ ne sonl-ce pas des chefs-d'œuvre ?

Ghampesme. — Quel drôle de corps que le docteur Champesme, nous disait un de ses anciens condisciples en 1851 ! Figurez-vous, mon cher historiographe, *qu'il y a environ trente ans, un pass3-droit lit recevoir avant lui, bien que sa thèse fût la meilleure, un candidat plus homme du monde, plus élégant, pins insinuant, recommandé par la dauphine, et que l'étudiant distancé en devint aussitôt d'une misanthropie cynique.

Il jura de ne plus s'habiller que comme un poète dénué de patronage; il jeta par la fenêtre avec malédiction son miroir, son peigne et sa brosse; il leva les deux mûns au ciel, en promettant de ne plus les laver, et cela fait il prit la fuite. Lisfranc, qui avait pour Ghnmposme de Tostime et de l'atfection, Taviil invité à diner, et bien qu'il réunît à sa table dos sommités de la science , il y laissait ordinairement la place d'honneur à son obscur ami ; pour cette fois la place resta vide,, et le grand praticien apprit le mois suivmt que l'absent était retourné dans son village, au département de la Creuse. Ce village, près de Pontarion, n'était même qu'un hameau avant l'installalion complète de Champesme, héritier de

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son père et dé son oncle. Il y pratique avec une grande anlorité la médecine et la chirurgie : on prétend même qu'il emploie contre la pierre un vinaigre dont il a retrouvé la recelte, et qui servait à fendre les rochers des Alpes du temps d'Annibal. Des aubergistes, se sont établis dans le voisinage du docteur, qui reçoit tous lès samedis 300 malades étrangers tin canton, et qui conserve dans de vastes glacières une ample provision de simples. Il met à un prix très-élevé ses herbes médicinales et ses services, quand les bourgeois y ont recours, et d'abord il ne répond pas à leur appel hors de chez lui, s'ils ne lui ont pas envoyé une voilure pour le doplacemenl. Beaucoup d'argent entre donc chez Champesmo, outre qu'il a de la fortune.

Seulement une bienfaisance inépuisable attire chez lui tous les pauvres, qu'il ne se contente pas de soigner sans frais, et lorsqu'il en Yoitur^cncore plus dépenaillé que lui-même, sacrifiant moins encore à Tidolâlrie du miroir et à la tyrannie des ablutions, il éprouve une satisfaction inespérée à le choyer. Le médecin de campagne, quand il reparaît à Paris, y rappelle Chodruc-Duclos. C'est pourtant là (|u*il s'est marié un jour, à l'église Saint-Roch, M. Olivier étant curé. Mais il ne fait pas allusion à un fruit de cette union , qui n'a pas

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eu de conséquences heureuses^ lorsquMl dit :

— Ma fille compte sur moi, et je lui fais une pension... La presse démocratique est la fille adoptive du docteur Champesme, qui la subventionne de son mieux.

Bertin de Vaux, — général, est fils unique d'un des directeurs du Journal des Débats ^ mort pair de France en 1842. Il a été officier d'ordonnance du comte de Paris.

Théodore Gcdin. — Les cours du lycée Bonaparte étant suivis par les deux fils d'une maîtresse couturière, qui les élève du fruit de son travail, la même vocation pousse ensuite les deux jeunes gens dans Tatelier de Girodet. Théodore s'embarque isolément à bord d'un bâtiment marchand ; sa brouille avec le capitaine le fait rester en Amérique un peif plus qu'il ne le voudrait. Au retour il travaille encore près de son frère Louis, que déjà un tableau d'histoire signale à l'attention publique : Dubois à Vambulance. Par malheur un triste accident vient les séparer pour jamais. Ils font un jour une promenade en canot, avec un aspirant de marine, et ils naviguent entre le quai d'Orsay et les Tuileries, lorsqu'un violent coup de vent les assaillant, la frêle embarcation chavire. On recueille Théodore sur la rive, mais sans connaissance, tant il a fait d'efforts pour porter secours à son

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frère» que la Seine rejette seulement trois jours après au pont d'Asnières !

Le survivant travaille pour deux, et sa gloire n'en souffrira pas. Notre grand peintre de marine a cent tableaux au Musée de Versailles, qui ne représentent que douze ans de sacarrière admirablement laborieuse. Que s'il a beaucoup retenu, c'est la preuve qu'il a beaucoup vu. La plupart de ses toiles rappellent autant de voyages. Dans un canot, pendant le siège d'Anvers, l'artiste n'a-t-il pas dessiné sous le feu même des batteries? La mer sera toujours le maître de cet élève infatigable, et les secrets qu'il lui dérobe pour reproduire ses aspects innombrables, semblent en élargir encore les horizons illimités.

Une fois, Gudin s'était cassé la jambe en tombant de cheval, et comment faire, à peine convalescent, pour assister au milieu de la foule à Touverlure de l'exposition? Une voi^ lure de la cour et un fauteuil roulant ont été mis à sa disposition, par une attention délicate de Louis-Philippe, et il a pu visiter le salon, en même temps que la famille royale. Louis- Philippe, dont le règne demeurera marquant I dans l'histoire des lettres et des arts, rendait justice à notre artiste, et lui avait donné un atelier au Louvre. Gudin a si bien failles honneurs de cet atelier, par un beau jour, à

lord Shey, pair d'Angleterre, et à s«i fille, nièce de Wellington, filleule de la reine Amélie, que cette noble visiteuse est devenue Mme Gudin.

L'hôtel de Gudin, rue Balzac, est lancien pavillon du financier Beaujon, le fondateur de rhôpital voisin : des peintures à fresque y ont été reprises par M. Charles MuUer. De grandes fcles se sont données dans cette jolie résidence, que IVrapereur Napoléon III a honorée de sa visite à Theure où le peintre travaille.

J. J. Ampère. — Le savant géomètre et physicien, qui a été aussi rhonimc de France le plus sujet aux distraclions,.en a commis une fort heureuse en donnant le jour à un poêle, journaliste, philologue, archéologue, professeur de littérature française au Collège de France. M. de Loménie, suppléant de ce professeur souvent absent, adonne en 1847 la biographie deM. Ampère père, inventeurd'une science, la cœnolbologie, qui se proposait pour objet la félicité générale, et qui nous eût épargné, mieux connue, d'aventureuses expériences du socialisme, science encore moins exacte. Nous avons à parler, pour nous, de Jean- Jacques Ampère, lequel a obtenu au concours général un prix de discours français en rhétorique et un prix de philosophie. Honorable

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sortie de collège! Mais un ami du père insère

bientôt dans une lettre ces quelques mots :

« Lo fils de M. Ampère le désole; il écrit, dit-on»

des tragédies et une comédie en trois actes et envers. »

Nous en devons conclure que le savant résiste à la vocation impérieuse du littérateur, et toutefois ce fils unique^ avec une tragédie de Rosemonde sous le bras, est présenté à Talma par son père. Celte tragédie et une autre, intitulée Rachel, demeurent inédites; seulement ne nous en prenons qu^au Saint-Esprit, carie père, par distraction, n'a fait qu'une seule et même personne avec le nis, pour soustraire Rosemonde aux peines éternelles de l'oubli.

Le jeune homme gagne Tltalie en 1823, altéré d'une soif d'inspirations nouvelles que n'a pas étanchée son admiration pour les génies des siècles précédents. A son retour, il écrit dans le Globe, et il est assidu aux représcntntioris des Petites-Danaïdes de la Porte- Saint-Martin, auxquelles son père ne cherche à l'arracher qu'en y perdant lui-même un préjugé de plus. Ampère fils part avec 600 fr., dont Paris n'aurajt fait qu'une bouchée , et il passe en Allemagne, au moment où Goethe et Schlegel attirent l'attention de la France httéraire sur des doctrines qui ne sont pas d'accord avecles tradilionsfrançaises,

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et d'où vâ naitré le romantisme. Ampère, qui compte un des premiers avec les deux grands esprits germaniques, s*installe à Bonn pendant six mois, s'y naturalise étudiant en coiffant la casquette jaune ou verte des universités allemandes, et il tient la presse parisienne au courant de ses découvertes. Lorsqu'il se sent de force à se présenter devant Goethe, il se rend à Weymar, et quel accueil flatteur Ty attendait! L'auteur de Fat(«f, dès qu'il apprend son nom, lui donne connaissance d'un article que lui-même vient de traduire, et dont le titre est Goethe, la signature, Ampère.

Que de voyages font suite à ces voyages!

Le génie de l'écrivain y gagne une imposante universalité. Il se trompe une fois de bateau à vapeur, en voulant remonter le Rhin, et au lieu de se raviser au débarcadère le plus proche, pour reprendre son itinéraire et pour revoir la flèche de Strasbourg, il ne met tout à fait pied à terre qu'à Stockolm. De là un beau travail sur la Scandinavie. Mais toutes les latitudes ne paient-elles pas à Ampère un tribut de notions imprévues en échange d'aperçus qui les francisent? Le théâtre chinois n'est plus loin, depuis qu'il nous y fait entrer par la grande porte et par celle des coulisses. Presquetousles ouvrages decet explorateur, avant

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de paraître en volumes^ ont été des articles de la Revue des Deux-Mondes, nom de journal qu'il a du inventer. Qu'on trouve donc un professeur qui en dise autant dans sa chaire ! Le romantique des premiers jours n'a pas eu à se démentir; mais il a reconcilié la résistance avec le mouvement, en franchissant de bien autres distances!

Dans renseignement oral Ampère a débuté avec éclat à TAthénée de Marseille, et M. Cousin Ta nommé professeur de littérature étrangère à l'Ecole normale. C'est en 1833 qu'il est entré au Collège de France, comme successeur d'Andrieux, et son vieux père est venu Py entendre avec Chateaubriand. La vie nomade de notre écrivain a donc eu ses temps de repos, et il est devenu l'un des hôr tes du salon de Mme Récamier, sous le^ auspices de Fauteur S'Antigone. L'académie. des Inscriptions et belles-lettres lui a ouvert ses portes en 1842. Le fauteuil que lui a donné cinq ans après l'Académie française doit être un fauteuil à roulettes. Les jetons de présence de l'académicien marquent des points le moins possible , puisque la malle de l'auteur de VHistoire Romaine à Rome est toujours faite, même pour la postérité.

Élèves de la seconde période : — Gte de Cholet ; Eagène Sala, quelque temps propriétaire du bazar

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Bonno Nouvelle; de Beliegardi^ receveur général; A. do Roissy; A. Leroy; Albert Jourdan, fabricant de cliàles ; Salleron ; Ciiarles Laffitte, député et banquier; d« DaYmns, directeur des alîaires civiles et du sceau au niinistôre do la Justice, cl do Dalmas, député, suaschef du cabinet de Tcnnpcreur; J. Charpentier, marchand de i)0is et de charbons; Magnier, arbitre; les deux Delalleau, dont le père était député sous la Restauration, Tun des doux peintre; lo Cte de Cbabrillan; Auiédée Palmery, lungtemps mallre-clcrc de notaire, après avoir remporté des succès dans toutes ses classes; Falcmpin, directeur de la partie artistique de VUlustration; G. A. Lemoine ; L. Delestrée, maître de pension, puis préparateur aux deux examens de baccalauréat ; Ddssailly, Cuulure, Boselli et firault, magistrats ; Chauvcau-Lagarde, maintenant juge bonoraire, ancien mem))re du conseil des avocats de la Cour de cassation, fils de Chauveau-Lagardc, le défenseur de Marie-Antoinette, de la princesse Elisabeth et de Charlotte Corday ; A. P. Méry ; Monod, chirurgien ; A. Bourdon, négociant ; Garnerin, ûls de Taéronaute ; Alphonse Pépin, signataire d*une brochure attribuée à f .011 is-Phi lippe, avec ce titre : Diœ ans de règne; Gioa, jt»gu d • i)aix ; Bastrèche, receveur général ; trois Duméril, dont l'un avocat général à Caen en 184S ; deux Marchais (Alphonse, chef i la Marine, et André, président de la société Âide-toi, le ciel t'aidera^ puis préfet en 1848); Duroc,fils du maréchal; feu Léon deLaborde, lieutenant-colonel de luâ« légion de la garde nationale; Bary; les deux Mécbin, pjréfets; Gharié-Marsaines, inspecteur général des ponts et chaussées ; Armand Dumesnil , littérateur, attaché au ministère de Tlas- Iruclion publique; Ernest Simons, administrateur du chemin de fer de Strasbourg; Mathieu frères, banquiers

JL/U XtXyjCiJDà DKJViJXïTAai:!!,»

D' Subervic, fils du général; Caussin do Perceval et Jaubert , conseillers à la Cour de cassation; Voisso , président de chambre à la même cour; Frémy, frère du gouverneur du Crédit foncier; Bon-Louis Berlholin , magistrat ; Desclozeaux, id.; Renaud , fils d*un commissaire de police , bibliothécaire du conseil d'Etat, auteur do V Histoire du Conseil d'Etat ; Casimir Broussais, mort médecin en chef de Tarmée d'Afrique ; Paul Huet, paysagiste; A. Régnier, artiste lilhogra- ]>he; le général Dumas, aidc-de-camp de Louis-Philippe; Bodin; Fabrod'Olivet, romancier qui a été rédacteur de VUlustration et sous-chef à THÔtel-de- Ville ; Pinsard, avoué à Vouziers ; G. G. Zacharie ; F. Michelet; Giraudeau, négociant; Justin, élève souvent couronné, puis* organisateur de la loterie du Lingot d'or et restaurateur au Biner de Paris; Morissct , graveur sur bois, de qui bien des rébus ont paru dans ri/?i*5(rarto/i; de Saint-Hilaire, blessé aîi service du roi Don Miguel; Barillon, avocat, mari d'une cogsine de la reioe de Portugal et parent de la famille Bonaparte. Avec ces noms ont été accolés, sur les listes des professeurs , les noms qui suivent :

RoGUET. — Le général comte Roguet, sénateur, un des aides-de-eamp de Tempereur, est fils d'un lieutenant-général et père d'un député enlevé jeune aux plus brillantes espérances, ainsi qu'à raffection d'une autre génération de camarades. Le plus illustre membre de cette famille a figuré parmi les bons élèves de M. Binet, bien qu'il *soit entré de i)onne heure au prytanée de Saint-Cyr, puis dans les pages de Tempereur aux Gent-Jours,

puis à rÉcole polytechnique. Ses grades ont été gagnés en Afrique, et Louis-Napoléon, président de la République, n'a pas eu d'autre aide-de-camp. Mme Roguet, grande et belle personne, née Ladoucette, aidait alors son mari à faire les honneurs des réceptions de TElysée, dans lesquelles beaucoup d'imprévu jetait une animation qpe n^ont plus celles des Tuileries. Lesofflcierssupérieurs, fraîchement arrivés d'Afrique, le général les présentait au prince, et dans un monde où tout s'improvisait, ils étaient quelquefois assez dépaysés pour aller aux informations. Un soir Tun d'eux prend Roguet par le bras, en lui posant la question que voici : — Pourrais-tu me dire.quel est le grenadier superbe qui est en train de parler à ma femme, tout là bas en face de nous?' — Très-volontieft, répond le général, et je t'apprendrai même qu'il prie ta femme à dîner pour demain. — Ah ça mais, général, et de quelle part? — De la mienne, mon ami, attendu que ton grenadier s'appelle ordinairement Mme Roguet.

FiLOTf — (Charles-Auguste-Désiré), est né à Paris en 18C0. Aucun élève n'a été plus souvent couronno, et aucun n'a fait parvenir de meilleurs vers latins jusqu'au roi Louis XVlil, qui a gratifié Filon d'un Horace et d'un Virgile, avec des reliures armoriées. Se destinant

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d^abord au barreau^ il Ht son droit; mais il entraen 1823 dansTUniversilé, commeagrégé reçu pour les classes supérieures; il se voua après cela à l'enseignement spécial de Thisloire, et la professa successivement à Louisle-Grand, à Bourbon, à Charlemagne , à Henri IV, à l'Athénée, à Saint-Louis, à TÉcolc normale. Que si nous ne pûmes être personnellement qu'une seule année Télève de M. Filon, voilà ses livres pour nous en consoler : Narrations françaises, Éléments de rhétorique, Histoire comparée de France et d'Angleterre , L'Europe au seizième siècle.

Histoire du Sénat romain et Traité du pouvoir spirituel dans ses rapports avec l'État^ ouvrage couronné par TAcadémie française.

M. Filon prononça un discours à la fin d'une année scolaire; celte œuvre de moins longue haleine est aussi mipins connue. On oubha peut-être d'y remarquer que plusieurs remontrances à l'adresse des Grecs conviendraient non moins aux Français.

« Ce qui domine toujours, disait M. PUod, ctest le génie inné des Grecs, le besoin d'agir par soi-même et à son gré, la crainte de courber sa volonté devant une volonté étrangère. De là ces variétés d'^opi nions, causes lie» guerres publiques et privées, cette mobilité d'iml rossions, trait distinctif des Grecs, dont ils ont élé trop punis. »

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Dk Charencey, — Charles-Léonce Gk)uhier de Oharencey et son frère, également ancien élève, étaient fils d'un député de la Restauration : les classes leur ont valu des nominations, ^^particulièrement en 1817. Son droit fait, Léonce est avocat; juge-auditeur en 1828, juge-suppléant en 1830, et substitut du parquet de Paris de 1838 à 1848. Destitué par M. Crémieux, il n'en reste pas moins conseiller général du département de FOrne, qui l'envoie à la Constituante avec 40,000 voix ; à la Législative avec.43,986. Enfin Charencey est au nombre des représentants qui protestent contre le coup d'Etat du 2 décembre.

Les trois JPèdre-Lacazb. — Un d'eux a été député; un autre, jeune magistrat sous la Restauration, député et puis pair de France sous Louis-Philippe, enfin représentant à la Législative, et partisan de l'ordre avec la liberté.

Charma, — professeur de philosophie, auteur d'ouvrages qui se rattachent à l'objet de son enseignement, faisait partie de l'Ecole normale lors du licenciement de 1822. M. Cousin, après 1830, le plaça au collège de Caen.

Duc, — architecte des lycées et collèges de Paris, est entré à l'école des Beaux-Arts en 1821, et il a remporté quatre ans après le

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grand prix d'architecture : le plan d'un hôtelde-ville pour Paris était le sujet du concours. inic est l'auteur de la colonne de Juillet

Ratignan le célèbre prédicateur,' qui s est éteint 11 y a peu d'années, n'avait fait au Lycée que peu de classes. Substitut à Paris en 1843. Il ne renonça au monde qu'en parfaite connaissance de cause, et après avoir mesuré comme magistrat les abîmes de la fortune etde l'honneur. Par des avances d'hoirie il se débarrassa d'un bien héréditaire, et il en tenait compte comme d'un dépôt que l'on eût fait entre ses mains ; il entra ensuite au séminaire Saint-Sulpice, puis dans la maison professe de Montroiige. Le néophyte ne reçut pas la tonsure des mains de-M.deFrayssinous sans que cet orateur sacré ne devinât en lui un successeur. La première conférence publique du nouveau membre de la compagnie de Jésus eut lieu à Notre-Dame le 12 février

Aohenzouern-Hbchingen. — La défunte pension Butet a fait suivre les cours du lycée Bonaparte à un jeune prince allemand, qu'elle hébergeait dans une chambre particulière, près de celle de son précepteur. S. A. notre' ancien camarade, qui a succédé àson père Frédéric-Hermann-Othon, prince régnant de Aohenzollern-Hechingen, duc de Lagen, le

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13 septembre de Tannée 1838, porte dans Talmanach de Gotha les prénoms de Frédéric- Guillaume-Hermann-Constantin. Le prince que son éducation a francisé était né le 16 février 1801 ; sa femme, Eu^énie-Hortense de Beauiiarnais, né en 1808 et fille du prince Eugène duc de Leuchlenberg, à cessé de vivre le 1*' septembre 1848. Constantin^ cousin du roi de Prusse, a reçu dans sa principauté de Aohenzollern-Hechingen , quelques - uns de ses anciens condisciples, et la garde de son palais leur a rendu les honneurs militaires, par surcroit de gracieuseté hospitalière. Mais ce n'était qu'une garde d'honneur, et le prince, bon chasseur, causeur aimable, joueur aux quilles remarquable, dînait quelquefois à rhôtel vis-a-vis du palais, comme un simple baron allemand, sans aide-de-camp et sans incognito. En 1848, Constantin a quitté sal principauté, pour y rentrer en même temps] que le roi à Berlin ; puis un arrangement da famille a remis entre les mains de ce derniei Texercice du pouvoir, dans les Etats de son cousin.

ViTET. — Son père, médecin à Lyon, y enseigna Tanatomie et la chimie, et fut ensuit mairedc cette ville, puis membre du consei dont le général Bonaparte jeta Tautorité pau les fenêtres à Saint-Cloud. Le fils, né en 1802

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était admis dans sa 19« année à l'Ecole normale ;l il fit pourtant son droit et il passa ensuite maître des requêtes, secrétaire général du ministère du Commerce, membre et vice-président du conseil d'Etat, inspecteur des monuments historiques, etc. On pourrait dire aussi que ce député de Fécamp avait écrit dans le Globe, un journal libéral, école des doctrinaires. Mais aurnit-on raison de ne voir dans Vîlet qu^m fonctionnaire public et un homme politique? Il s'est souvent rasé avant le jour, pour passer une cravate blanche, et quand il a cessé de sonner matines chez les amis, chez les personnages influents qu'il ne craignait pas d'éveiller, il a donné audience, comme protecteur à son tour et comme ami, à la même heure. La première fois qu'on lui rendait visite, la dignité était son bouclier contre une ouverture indiscrète ou inopportune ; mais prévenant à la seconde vue, quand il avait à qui parler, il devenîwt bientôt un Mécène. Le temps gagné sur la journée était donné aux travaux remarquables qui ont fait (k leur auteur, déjà membre de Tlnstitut, le succei^seur d'Alexandre Soumet à TAcadémie française. Avec M. Gavé il a écrit les Soirées de Neuilly, ouvrage plein d'esprit. On distingue également parmi les livres deVitel, des drames qu'il n'a pas composés pour la

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scëne^ mais qui ont donné le signal de Témancipation du théâtre moderne.

FoRNiER DE Saint-Lart^ — représentant des Hautes-Pyrénées, colonel d'état>major et chef du cabinet du ministère de la Guerre en 1851^ avait été condisciple de Ragoa.

Félix et François de Bourqueney. — L'un des deux, à la fin de sa rhétorique, a lu un dis- ] cours latin de sa composition avant qu'on pro- i clamât les prix et accessits dans lesquels il i avait sa part. Félix de Bourqueney, dont le I fils a suivi les traces comme élève> remplis* ' sait encore il nty a pas longtemps les fonc- ' tions de receveur- particulier à Paris. Le baron François de Bourqueney^ illustre diplomate, a été envoyé d'abord aux États-Unis, en Suisse et puis à Londres, où il a partagé volontairement en 1824 la disgrâce de H. de Chateaubriand, pour devenir au Journal des Débats un des collaborateurs de Bertin de Vaux. Nommé ambassadeur à Constantinople en 1843, il a de nouveau donné sa démission après le 24 Février, et il n'est rentré en fonctions que pendant la guerre de Crimée , comme ambassadeur à Vienne, où il a si bien réussi à éviter un rapprochement entre TAutriche et la Russie. Plénipotentiaire de France au congrès de Paris en 1856, il signait deux années plus tard un autre traité de paix à

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Zurich. Le nom de Bourqueney appartient à rhistoire.

Adolphe Garnier — s'est fait recevoir avocat en 1822; puis il a remonté le courant du droit à la philosophie^ qui en est la source éternelle, plus limpide que Tembouchure, et à la suite d'un concours il a été nommé professeur de philosophie à Versailles, plus tard à Saint-Louijs. Suppléant de M. Jquffroy, son prenciîer maître, et de Royer-CoUard à la Faculté, il y est depuis longtemps professeur titulaire, et ses leçons à l'Ecole ont formé d'autres professeurs. L'Académie française a couronné en 1851 son Traité ie morale sociale ^ qui venait contribuer au raffermissement d'une société bien démoralisée, et il donnait Tannée suivante son Traité des facultés de rame. La Psychologie et la Phrénologie comparées sont aussi un très-grand service rendu par Adolphe Garnier à la doctrine de l'Université. Il est membre de l'académie des Sciences morales et politiques.

Maret de Bassano. — Le ministre qui a signé un décret relatif à la fondation du lycée Bonaparte, y a placé ses fils, le duc et le marquis actuels. Né en 1803, le duc de Bassano, diplomate, sénateur et grand chambellan de l'empereur, ne pouvait manquer d'être membre du comité qui patronne l&Lycée*

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Ernest de Girardin, — marquis, sénateur, ancien représentant du peuple, a débuté sur la scène parlementaire comme député. Siégeant à Tcxtrême gauche sous le gouvernement de Louis-Philippe, il s'est trouvé, sans changer d'opinion, de l'autre côté dans les rangs de FAssemblée. Nul n'a mieux indiqué par ses votes où finissent les plus libérales tendances de Topposilion raisonnable et où commence Tesprit de vertige révolutionnaire.

ADOLPHE Adam. — Louis Adam, pianiste, professeur au Conservatoire, n'est mort qu'en 1818; son fils, Alphonse-Hippolyte, qui était peintre, a cessé de vivre en 1855, et Adolphe Adam, son autre fils, a été enlevé subitement, au mois de mai de l'année suivante, après avoir perdu lui-même sa femme et son fils presque en même temps que son père. Celte hécatombe humaine dont une seule famille faisait les frais, mettait le crêpe sur le crêpe. L'illustre Adolphe Adam, ainsi que son frère, avait fait ses classes au Lycée, et peu de semaines encore avant de quitter ce monde, il contribuait à la fondation d'un déjeûner annuel d'anciens élèves, dont la tradition se maintient, sans faire concurrence au dîner de l'Association amicale, instituée postérieurement.

De 1809 à 1814 Adam fut des pensions Hix

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el Bulet, rivales Tune de Tautre au lycée Bonaparte. Quoique très-paresseux, il faisait déjà des élèves : lorsque les versa soie cachés dans son pupitre ne donnaient plus, il y alimentait des cochons d'Inde. 11 passa chez le sieur Gcrsin, maître de pension à Belleville, où ses rencontres avec M. Deleuze le convertirent nu • ïiiagnétisme, et puis il rentra comme externe au Collège Bourhon, où le suivit son frèrb dont il était l'aîné. Mais une fois au Conservatoire il travailla d'arrache-pied, étudia les grands maîtres de Tart, en devenant luimême un homme de talent.

Musique vive et spirituelle, essentiellement française, que celle d'Adolphe Adam ! f^a Reine d^un jour, le Chalet, le Postillon de LonjumeaUyle Toréador eiSi fêtais roi, chefsd'œuvre de ce compositeur, ne l'ont pas empêché de faire la musique de bien d'autres opéras-comiques et de plusieurs ballets.

De plus, il a été musicographe dans ses moments perdus. Les catastrophes politiques font entonner la Mar^e/Z/a/^e, mais déchanter à Funisson les musiciens de profession, tant qu'on parle plus haut dans la rue qu'au théâtre. C'est pourquoi la révolution de Juillet à forcé Adam, la première, à recourir aux minces profils d'une collaboration improvisée. It écrivait dans V Impartial et dans la Ga-

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zette musicale, yers le commencement d'un règne dont la fin fut pour lui encore plus désastreuse.

Le privilège de TOpéra-National ne lui avait été procuré par une coterie influente qu'à la condition de verser 100^000 francs dans la caisse d'un nouveau journal ministériel; à une époque où la presse était libre de se vendre ou de rester pleinement indépendante. Pourtant Tentreprise dramatique n'est devenue une mauvaise affaire que grfice à Tavénement de la République^ trois mois après l'ouverture du théâtre. Les piècesjouées les premières avaient été Castilbelza^ de M. Marillart, et les Monténégrins, de M. Limnander^ qui donnaient une idée favorable de l'avenir du troisième théâtre lyrique. On avait promis^ autant qu'on peut promettre Targent des contribuables sous un gouvernement représentatif, une subvention annuelle de 100,000 francs à POpéra-National, pour le moment ou deux compositeurs entièrement nouveaux, y auraient mérité les suffrages du public; mais la révolution, mais la révolution I Elle fit tomber la moyenne des recettes à 1,200 francs par jour au-dessous des frais, au lieu de 600 francs de bénéfices qu'avait réalisés chaque soipée, Tune dans l'autre, depuis le 27 novembre jusqu'au 24 février.

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Si bien qa'en mars 1848 Vimpressario dans la déconfiture devait 90,000 francs, outre qu'il en avait perdu 86,000 de mise de fonds. Les droits d'auteur du musicien ^ bien que devenus presque nuls/ étaient frappés d^une retenue par saisie; un bail l'enracinait dans un appartement de 1,000 écus, qui n'en valait plus que le tiers, et sa famille alors était nombreuse. Pour tout potage il avait 1,200 francs de traitement^ comme membre- de rinstitut. H. Véron^ dans cette extrémité, offrità Adam 50 francs d'une notice sur Donizetti, pour le Constitutionnel; d'autres feuilletons du même auteur parurent danâ le même journal et dans V Assemblée nationale.

L'Institut, en octobre 1848, rendit officiellement visite au général Cavaignac^ et c'est alors que le chef du pouvoir exécutif fit nommer le musicien, quelque réactionnaire qu'il se montrât, professeur de composition au Conservatoire. Dans la messe en musique d'Adam, composée sous la république, il n'y avait pas eu de Domine, salvam.

De Salles. — Il est des noms maintenant si connue comme inséparables d^un grade élevé ou d'un titre, qu'on ne les reconnaît pas à première vue en les trouvant ainsi ramenés à la petite tenue de collège. Le général comte de Salles, sénateur, entrait en 1822 à

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