HISTOniE
Sainl-Cyr. Les campagnes d'Afrique et le siège de Scbastopol l'ont fait une des gloires militaires de nos jours.
Valette, — enfant-prodige comme virtuose, à rage de 9 ans, et clove du Conservaloire, fut pourtant envoyé au lycée de Versailles, et de là à Bourbon, puis à l'École de droit. Une brochure contre l'hérédité de la pairie, qu'il fit paraître en 1831, traijissait sur d'autres questions des principes phis avancés. Cependant il s'engageait magistralement, deux ans après, dans la carrière qu'il a suivie avec persévérance, en ajoutant à l'autorité de sa parole l'influence plus durable des leçons tracées dans les ouvrages de droit qui lui sont dus. Le professeur n'en demeurait |)as moins un excellent musicien, et ses opinions politiques ont trouvé lieu de se manifester à l'Assemblée, ou il représentait le département du Jura de 1848 à 1831.
SiDNEY ReNOUF.— «Mon cher monsieur Desportes, je vous prie do remercier en mon nom M. Sidney Renouf de l'empressement avec lequel il a accacilli nia réclamation. Les réflexions dont il Va fait précéder sont pleines de noblesse et de vérité. Je suis heureux de penser que la presse compte parmi ses membres un homme aussi estimable et si digne du rôle de rédacteur en chef, rôle si important et si rarement compris. « Louis Napoléon B. »
Nous pourrions vous citer d'autres lettres
que nous avons là, de la même écTrilure ferme et une à la fois et de la même date à peu près que la brochure faite par le prince, en réponse à M. de Lamartine, brochure dont la Patrie, rédigée par Siduey, avait rendu compte la première. Le prisonnier de Ham n'était donc pas toujours réduit à la correspondance qu'il entretenait avec les écrivains de récole socialiste, qui devint ensuite un parti. Il est d'un prisonnier d'écrire beaucoup, et d'un prisonnier politique de savoir gré de toutes les sympathies de la presse ; il appartient enfin à un prince, né sur les mar- ' ches d'un trône qu'il veut relever, d'ajouter aux remerciements quelques-uns de ces mots plus personnels qui annoncent ou remplacent une croix d'honneur. Le neveu de l'empereur écrivait dans la forteresse de Ham, en parlant de la Patrie :
« Journal que j'ai toujours lu avec grand plaisir, et dont l'habile et patriotique rédaction a su m'inspirer de profondes sympathies. »
Et cependant alors la Patrie avait pour mission expresse de représenter les principes et les tendances du parti politique désigné et reconnu sous la dénomination d'opposition constitutionnelle de gauche.
Ainsi parlait l'acte de société signé par une centaine de députés, et qui fût pour
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Sidney un titre de noblesse. C'est la seule fois qu'uti grand parti ait abdiqué exclusivemenl en faveur d'un seul homme^ lui ait donné mandat écrit, lui ait confié une direction sans en réserver les tendances. Il est vrai que déjà Rcnouf avait participé en 1836^ avec MM. Guillemot et Dutacq, à la fondation du Siècle, feuille qu'il avait quittée pour le Messager j acheté par H. Boulé et puis revendu aux ministres. La Patrie elle-même, lorsqu'elle passa au service du pouvoir^ dut se priver du concours de Renouf, et, s'il vous plaît, Renouf fut regretté^ tout haut, comme confrère, par M. Félix Pyat, dans le Chari^ varij et par M. Marrast, au National, à plus forte raison par d'autres. Ha, pour ainsi dire, une spécialité, celle de la retraite opportune : attaché au Journal de Xouen en 48, il n'a pas plus voulu faire de Topposition Tannée suivante à relu de tous les anciens partis, si malli ail par les nouveaux, qu'il n'avait consenti à être ministériel avant le 24 Février. C'était un premier accessitque l'élection du 10 décembre avait donné au prince-président ; la couronne était réservée pour une autre distribution, que devait précéder une composition, mais dont le jour a été avancé par les menaces des fruits-secs de tous les concours précédents.
Quant aux succès de Renouf au Lycée, ils
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datent de Pépoque où son père était chef du secrétariat-général du conseil d'État. Son frère, qui a fait des vaudevilles^ est mort jeune.
BegqueT; — Fauteur de ce fameux article «Pauvre roi r pauvre France! » par lequel fut inaugurée dans les Débats la révolution de Juillet^ fit partie du Collège^ ainsi que ses deux frères : leur père était adjoint au maire du II* arrondissement. La nouvelle du Mouchoir 'bleu avait attiré l'attention sur ce vif esprit. Restituons à Etienne Becquet un des jolis mots que Scribe lui a empruntés : — Mon père, qui me reproche de devoir à Dieu et au diable, cite justement là les deux seules personnes de ma connaissance auxquelles je n'aie jamais rien emprunté.
Seveste frères. — teur père, en 1818, fondait dans la banlieue ces théâtres où de jeunes acteurs trouvent encore leur premier engagement^ et dont le répertoire s'alimente, comme celui des théâtres de province, par la reproduction, bien que l'extension de Paris les ait englobés. Jules Séveste, né en 1803, a étudié en droit, après avoiroccupé dans ses classes le premier rang, et il a succédé depuis, comme directeur, à son père. Il a épousé une actrice, dansant dans la Sylphide, jouant aussi dans la Chercheuse d'es-
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prit, et qui; à force de chercher ce qu^elle avait cependant sous la main^ a déployé des ailes qu'enflait le souffle d^une séparalion judiciaire. L'aîné; Edmond Séveste, eu sortant du Lycée, est entré dans rintendance militaire^ il a fait la campagne de France et a vu de près Waterloo. Jusqu'en 1820, époque où il est devenu l'associé de son frère et de son père^ il a voyagé pour le commerce ; mais, comme membre du conseil^ il a rendu de bons offices à la municipalité de Montmartre, et il a mérité aussi la croix ' d'honneur^ par les preuves de dévouement qu'il a données pendant le choléra dans Tarrondissement de Saint-Denis. Sur ce, en 1840^ les grenouilles du Théâtre-Français demandent un roi : Edmond se présente quatrième. Mais le ministre, M. de Rémusat, à force de s^engager par des promesses envers chacun des quatre candidats^ ne peut plus se tirer d'affaire qu'en les écartant à la fois, et en rendant force de loi au décret de Moscou, dû à rinitiative de son père. Séveste a tout le temps d'étudier un projet de chemiu de fer du centre, et de songer ensuite à relier Montmartre et Saint-Ouen par un tunnel. Une grotte de Pausilippc allait être creusée ar- Uiiciellemcnt aux portes de Paris; mais la révolution de Février en fait abandonner
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le plan tout étudié* H. Lockroi est nommé directeur du Théâtre de la République, par le crédit de M. Etienne Arago^ auteur des Aristocraties f de Mlle Sarah Félix, dit- on, et d'un des tyrans provisoires qui font si bien regretter la monarchie constitutionnelle. Survient M. Sénartqui, en sa qualité de républicain de la veille, sait de reste combien il importe d'empêcher une société de se gouverner à sa guise; il nomme près dudil théâtre Edmond Séveste commissairedu gouvernement, en Pinvestissant d'un pouvoir exceptionnel. Séveste est installé; 48 heures s'écoulent, pendant lesquelles M. Dufaure succède à H. Sénart :
Séveste est disgracié. Les sociétaires lui offrent cependant, et il accepte, la direction des affaires pour leur compte, avec ce titre : régisseur-général. De son temps, rue de Richelieu, sont joués ou mis à Tétude le Testa-ment de César, le Caprice, Adrienne Lecovh vreur et Gabrielle. Mais une grande tragédienne, qui a chanté la Marseillaise dans un théâtre comblé la veille encore des faveurs de la famille précipitée du trône, a des passions que rien n'entrave. Mlle Rachel, pour laquelle plaide M* Delangle contre les sociétaires, dont H* Marie est l'avocat; Mlle Rachel a une envie qui presse, une envie de femme en procès. Elle veut faire un direc-
teur^ ni plus ni moins que sa sœur Sarah.
Pour changer, il le lui faut blond^ et un peu poëte^ pas beaucoup : un brin d'berbc de plus dans les Sentiers perdus, et Fauteur n'y retrouverait plus celui qui mène en plein Théâtre-Français ! il aura sous ses ordres, si tant est qu'un blond donne des ordres à un compère qu'il ne peut regarder sans rire; réblouissant auteur de Fortunio. Le style oriental de ce mamamouchj du xix^" siècle amuse l'œil^ exhibe des images Jongle adroitement avec des mots^ à la porte de la pensée; mais le soleil» dont le mamamouchi prend le clinquant pour un rayon^ y fane vite la soie et les glans d'or de sa robe et de son turban. Un directeur fourbu de rOdécï) complétera la trinité de la combinaison Rachel, et tous les feuilletons du lundi\ ou peu s'en faut^ seront écrits par ces trois personnages et leurs amis. Aussi bien les actrices de la rue de Richelieu jouent presque toutes un grand rôle à la ville, tant que dure la République, tant que tous les salons non-officiels demeurent porte close. L'une de ces comédiennes; autorisées par. l'expérience de l'ancien répertoire et par l'influence gracieuse de leurs avantages personnels, proclame dès les premiers jours de l'ère nouvelle, que les anciens partis, usés jusqu'à la corde, en-
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traînent dans leur déchéance les danseuses de rOpéra et les chanteuses de couplets; mais que Melpomène et Thalie ont voit consultative, par droit de conquête, à la Constituante et à l'Académie française. Une autre de ces dames ne se flattera-t-elle pas, un peu plus lard, d'avoir mis- en une seule année quatre ministres de l'Intérieur dans Tobligation de lui être agréables? Rien d'étonnant que vers le même temps, trois hommes de bonne volonté aient été introduits dans le sanctuaire de l'art dramatique par la grande-prêtresse de ce culte ! Une autre combinaison a avorté, dédaigneusement traitée d'intrigue de coulisses par les protégés de la tragédienne. Donc, un beau soir, Tbuissier Guillaume annonce rentrée en fonctions de M. Arsène Houssayey qu'il a fait asseoir au foyer, et il s'écrie à différentes reprises, en courant dans les corridors : — Toutes ces dames au salon I...
Ainsi la Comédie-Française perd Edmond Séveste, auquel on accorde, en mai 1851, le privilège de l'Opéra-National, depuis Théâtre-Lyrique. A la tête de ce théâtre, Séveste meurt; son frère ne lui survit qu'un ou deux ans.
De Corcelles, — fils d'un député die Lyon qui figurait sous la Restauration dans les rangs de l'opposition , fut député lui-môme sous
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Louis-Philippe^ puis membre des Assemblées constituante et légative, chargé d'une mission pràs du pape en 1848.
LiMATRAG y — dont le père fut préfet de la Haute-Garonne, fil son droit et devint substitut. Le comte de Limayrac appartenait, comme réprésentant du peuple, au parti catholique , ainsi que
PosTEL, — réprésentant de rille-et-Vilaine, ancien avocat à Vitré*
GoDSLLB, —-notaire à Guise, puis membre du conseil général de TAisne, représentant du peuple, est maintenant conseiller d'État.
Vogué, — né a Paris , le i mai 1805, souslieutenant de cavfilerie à 18 ans , agriculteur ensuite, et industriel, bien que marquis i fit partie de la Constituante et de TAssemblée législative de 1848 à 1851.
Requin. — Un prix de vers latins au grand concours annonçait-il un savant professeurà la Faculté de médecine? Apollon, dieu de la poésie, Tavai télé aussi de la médecine. De pUis> lorsque la poésie dévoile Ih nature et les symptômes du mal moral, ne se rapproche-t-elle pas de la pathologie? Le général Requin avait laissé si peu de fortune àson fils que celui-ci fut obligé, pour défrayer ses études médicales, de donner des répétitions dans une pensiou du Collège. 11 sortit d'un concours en 1829
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professeur agrégé y et puis il fit un cours de physiologie et d'hygiène à i^ Athénée, avant de reprendre, comme sq ppléant, celui d^bygiène et de thérapeutique à la Faculté, et de passer en 1851 professeur de pathologie interne. Auteur de bon nombre d'articles dans VEnçyclopédie nouvelle , il avait publié ses X^con^ cliniques de M. Chomel sur le rhumatisme et ses Eléments de pathologie. D'autre part, Re- .quin avait rempli une mission pendant le choléra dans le déparlement deVaucluse, et un vote spécial du conseil-général témoignait des services quMl y avait rendus. Médecin en titre de PHôtel-Dieu , de la maison Dubois et puis de la Pitié, il était doué d'une constitution qui promettait encore de longs services : à la force physique était due sa nomination de porte -drapeau dans la II* légion. Néanmoins une de ses thèses démontrait pourquoi les médecins n'occupent pas le premier rang sous le rapport de la longévité, dans les tables de la statistique , et jusqu'à quel point Texercice de leur profession est compatible avec les exigences de la gérocomique. Malheureusement un exemple de plus à Tappui de ses arguments a été donné par Requin, qui n'a vécu qu'un demi-siècle et un petit nombre d'années avec.
LHBRHmiBR et RoSSEEUVir-SAINT-HlUIlUi. —
En 1819^ au banquet de la Saint-Chariemagne^ H. Planche chante soncouplet^ des élèves récitent des vers de circonstance, on \ide un verre de Champagne à la santé du roi^ et tout se passe en bon ordre au collège Bourbon. Mais il n'en est pas de même à Louis-le-Grand, où trente élèves refuse§t de porter le toast royal, et l'exclusion de ces élèves en fait passer quelques-uns dans nos classes, notamment Eugène Lherminier el.
Eugène-François-AcbilleRosseeuw-Saint-Hllaire.
Le premier, comme publiciste, a débuté dans les colonnes du Globe, et il ne s'eM p^^ même séparé de cette feuille libérale quand les saiirt-simoniens l'ont achetée ; mais il a reculé devant la prise d'habit dans l'espèce de monastère fondé pour les deux sexes par le père Enfantin. Il a écrit dans le Bon-Sens, journal démocratique^ et il est monté au Collège de France dans la chaire de législation comparée, le front' ceint d'une couronne do popularité qui n'avait pas encore d'épines.
Le cours de Lherminier a été publié. Toute la presse a retenti des protestations tumultueuses qu'a soulevées en 1839 un revirement dans ses opinions, attribué à la vénalité, et qui ont rendu impossible la reprise de ses leçons, même après la révolution de Février.
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Llierminier n'en a pas moins laissé derrière lui, car il n'existe plus^ des livres et des articles dans la Revue des Deux-Mondes y et le jurisconsulte 7 devient souvent un philosophe^ analysant les facultés humaines avec une clarté assez rare dans Técole de Condilla^.
Né en 1 802^ un an avant son camarade^ Rosseeuw a également contribué à la rédaction du Globe, et il a publié une belle Histoire d'Espagne. Nommé à la chaire de rhétorique d'Ajaccio en 1825, professeur au collège Bourbon deux ans après, puis suppléant à la Faculté des lettres, pour y devenir titulaire de la chaire d'histoire ancienne, il a aussi donné des leçons d'histoire à Henri IV et de littérature à TEcole polytechnique^
Charles Lucas, — membre de. Tlnstilut, auteur d'ouvrages sur le système pénitentiaire, qu'il a contribué à rendre cellulaire, et sur la peine de mort, pour Tabolition de laquelle il s'est prononcé, naquit le 9 mai 1802. 11 composa, étant encore élève, des vers sur la naissance du duc de Bordeaux, et le proviseur les fit mettre sous les yeux du roi, ainsi que d'autres pièces sur le même sujet, parmi lesquelles il y en avait une signée par
Amédée Pommier. — 6e nom ne nous rap-
va HISTOIBE
pelle-t-il pas une publication périodiqoei comme on a tort de n'en plus faire, V Essor?
Cent Tingt jeunes gens de 20 à 35 ans, donnaient ou promettaient 6 francs par mois pour fournir aux dépenses matérielles de celte feuille littéraire ; et là ont fait leurs premières armes MoIé-Gentilhomme^ Gonzalès, Lurine, Paulin Limayrac, Eugène Labiche et beaucoup d'autres. Le plus jeune de la bande n'était pas Amédée Pommier^ déjà connu comme auteur de YExpédition de Russie, ode couronnée à Toulouse^ et d'un Hymne à la mémoire du général Foy et de beaucoup d'autres vers réimprimés depuis.
Le même poëte^ plusieurs fois lauréat de l'Académie française y a remporté le prix d'éloquence^ en 1849, avec son Eloge dAmyol. La nature de son talent lui interdit les succès populaires, et il en tombe d'accord dans les ColifichetSj nouveau recueil de vers, oii il sourit à tout ce que la vie lui a présenté d'agréable, et où il improvise jusqu'à de nouveaux rythmes, audacieusement lancés dans la circulation. Quand il se pique d'originalité, ce gaillard de. Pommier n'y va pas de main morte, et il passe à l'envers l'habit noir dont il ne s'est endimanché que par égard pour TAcademie et pour la croix d'honneur. On souffre tout d*un homme d'esprit, voire même un li-
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tre aussi fantasque que ce titre d'un liTre de Ponâmier : Recueil d'anecdotes violentes^ par un partisan de la littérature galvanique,
Carle LedhuY; — natif de Coucy-le-Château, épousait à 18 an^^ en sortant du Collège^ une cousine de Cbâleaubriand ; il s'est vu cinq fois père^ ou à la veille de l'être^ avant rage de raison légal. Ses journaux ont été : la Quotidienne d'abord^ V Union catholique et la Mode. De ses romans nombreux , Tun s'appelle Comment meurent les femmes. Ledhuy^ littérateur^ est resté attaché au ministère .de l'Instruction publique, après avoir été sténographe de la Chambre des pairs. La Mode est la seule feuille qui ait rendu compte de la dernière séance de cette Chambre, grâce à Ledhuy.
ËCGÉNE Sue. — Et d\abord ses prénoms au Lycée étaient Marie-Joseph. Les a-t-ilrépudiés^ en débutant dans la littérature pour s'affranchir d'un rapport baptismal avec le poëte républicain Marie-Joseph Cheriier? Ou bien at-il repris avec la robe virile un prénom que sa famille avaitjugé prudent de passer sous silence pendant la Restauration^ parce qu'il rappelait que l'enfant avait été tenu sur les fonts , en 1801 par la femmedu premier consul elpar Eugène^ son ûls du premier litî.Plusieurs membres de la famille d'Eugène Suc ont été
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des médecins en grande réputation; son père, chirurgien en chef de la garde impériale, l'a d'abord envoyé dans une des pensions du Lycée, et il s'y est montré avec délices relève le moins laborieux. Devenu ensuite externe libre, il né franchissait plus te seuil des classes qu'en bottes molles, une petite cravache à la main, quand il faisait acte de présence. Cet élève amateur a obtenu toutefois deux nominations au Collège, devinez en quoi : en dessin, et M. de Besselièvre père enseignait cet art d'agrément.
Eugène Sue entrait ensuite sous les ordres de son père, comme élève chirurgien, dans la maison militaire du roi, et il y avait pour collègue le docteur Véron, postérieurement directeur de l'Opéra et du Constitutionnel, Les distractions de la vie parisienne étant me- ^ nées à grandes guides par le fashionnable étudiant, sa famille fut loin de se montrer hostile à ce qu'il s'embarquât pour passer à Cadix, attaché comme sous-aide au service de santé pendant la campagne d'Espagne, et il ne reparut à Paris que passagèrement les années suivantes. Après avoir fait partie du personnel des officiers de santé de la marine à Toulon, il partit à bord d'une frégate qui deux fois le mena aux Antilles, et il passa quelques mois à la Martinique. Revenu à
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Brest, il monta sur le Breslaw, commandé par le capitaine La Bretonnière, et ce vaisseau rallia là flotte de l'amiral Rigny dans la Méditerranée.* Peu de temps après, le Breslaw prenait part à la bataille de Navarin : Eugène fit son devoir, comme chirurgien^ sous le feu des Ottomans. ,
Lorsqu'il reprit la route de Paris après avoir suffisamment navigué, son père avait cessé de vivre en lui laissant environ 700,006 fr. Renonçant à la médecine, il se souvint d^abord des deux accessits de Bourbon^ puisqu'il entra dans l'atelier de Picot. Comme son peu d'exactitude y donnait le mauvais exemple, il fréquenta bientôt;, de préférence, l'atelier de son ami Gudin. Gliez celui-ci, dont le talent remportait encore sur la réputation, la commande qui donnait le plus était celle des bonnes fortunes. Un jour qu'une femme inconnue n'avait pas craint d'écrire au maîtio pour lui indiquer un rendez-vous, l'élève ramassa la lettre (|ui traînait dans l'atelier, et il se rendit à l'appol de cette ardente amie des arts. Le faux Gudin se montra trop sensible an bon accueil de cette dame, pour qu'elle se fil scrupule de lui rendre visite elle-même le lendemain. Quel ne fut pas l'étonnement de celle-ci en présence d'un autre Gudin, qui lui parlait avec une froideur polie! Le plu6
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galant des deux, dès qu'il y ayait doute, lui paraissait le véritable. L'autre, qu'elle accucnsait d'imposture, lui proposa d'en appeler au témoignage d'un domestique, et il sonna.
Parut un grand jockey, étranglé dans sa veste bleue, que constellaient des boutons de métal. Mais la dame détourna la tête avec indignation, en reconnaissant Timpostear dans le jockey qui lui demandait pardon. — Ah ça!
John, s'écriait le maître, tu a donc fait encore des tiennes 1 Quand cesseras- ta, maraud, de décacheter mes lettres et de m'empmuter mes habits? Madame, il est impardonnable !..
Mais la dame, en sachant assez, s'était déjà retirée toute confuse. Chaque fois que, depuis, elle a rencontré Eugène Sue, elle lui a lancé un regard dédaigneux, en laissant échapper ces mots : — Quel incorrigible domestique!
On se moqua beaucoup, chez ses amis, de l'ancien sous-aide chirurgien, le jour où il parla d'écrire un livre ; mais ce livre fai Plick et Plocky deux nouvelles pleine de verve, d'originalité, et bientôt la Vigie de KotUven, laSa- /amandre, etc. firent d'Eugène Sue un romancier mariUmeàla mode. On jouadelui^au théâtre de Madame, un if. le marquis^ satire piqnante des exagérations libérales de ce temps, et puis, aux Nouveautés, leFils de F Homme: de Forges était son collaborateur. Cependant les
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auteurs d'alors vivaient avec un luxe qui, tout autant que le talent, les mettait en réputation : un libraire s'en allait craintif, sans dénouer les cordons de sa bourse, s'il n'avait pas été émerveillé par un train de maison somptueux. Eugène Sue , né pour la fortune, la portait avec plus d'aisance que tous les autres, bien qu'il n'eût pas le goût des réceptions nombreuses. Le tête à tête et Técurie lai coûtaient plus cher que tout le reste. Tout compte fait, le fils de famille à la place de son patrimoine trouvait un déficit de 50,000 écus, et le romancier les paya, grâce au talent qui justifiait la vogue de ses œuvres d'imagination.
Pour rétablir par le travail une balance à ce point dérangée, il avait été s'enfermer en Sologne, chez son beau-frère, M. Harck Gaillard. De là sovtireni M athilde, les Mystères de Paris yPaula Monli^ V Histoire de la Marine sous Louis XI Vy etc. Est-ce que, grâce à ces ouvrages, la seconde manière de Fauteur n'aura pas été la meilleure? Une simple nouvelle dans laquelle il raconte Tbisloire d'un cheval, quel chef-d'œuvre comme peinture de genre !
Mais la troisième et dernière manière qui continua les Mystères de Paris avec recrudescence de réalisme et de tendances socialisteSi fut une reculade en fait d'art; elle po-
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pularisa l'auteur du Juif errant el des Stfpl péchés capitaux , dont la vie he trahissait riea d'une conyersion, mais dont la. plume devenait dogmatique. Plus dramatiste que Balzac, sou émule était moins artiste, moins philosophe, moins de son temps; il excellait . à tenir en haleine la curiosité la plus vive, à la faire pal pi ter. d'impatience, à lui laisser la crainte et ^'espérance, quand il suspendait uu danger, comrfle Tépée de Damoclès, sur le feuilleton du lendemain ! Mais il n'ajoutait que trop souvent aux récits qui nous captivaient ces conclusions sentencieuses qui avaient mis les tragédies de Voltaire au-dessous de celles de Racine el de Corneille. Qui donc a remis renseignement à la remorque de l'imagination, en inventant le romanréquisitoire, en montrant dans la société une immense Cour des miracles? Celui-là, certes, n'est plus peintre, ni poëte : il passionne encore son public, s'il esthabire romancier, et la première révolution qui passe semble répondre à son appel. Soit cherchées, soit trouvées, les sentences répugnent aux confabulations romanesques ou dramatiques, dont le plus précieux droit est de ne pas conclure. Intéressez , touchez , amusez, terrifiez, ou par scènes ou par chapitres; mais que la leçon soil ailleurs l Les personnages raisonna-
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Mes devraient eux-mêmes rester au second plan, et il n'en faudrait pas de raisonneur, quelle que soil à cet égard Thérésie condamnable de quelques auteurs dramatiques, dont recelé porte comme un châtiment le nom d'école du bon sens! Eugène Sue a détaché des pièces de quelques-uns de ses romans, et fort bien lui a pris d*y dégager Faction des déclamations irritantes ; mais Eugène Sue, au théâtre, avait toujours un collaborateur. Seul, au contraire, il a porté au comble le défaut inhérent à ses plus grands ouvrages, en écrivant le Berger de Kràvan^ ou il donnait au peuple son catéchisme démocratique.
L'auteur du Èerger de Kravan, élu membre de l'Assemblée nationale en 1850, quitta la France après le coup d'Etat. La rupture d'un anévrisme mit fin à ses jours, en Savoie, le 3 juillet 1857.
D'Orsay, — qui a créé des modes à Paris et à Londres, lion international, cachait sous des dehors frivoles, qui toutefois mettaient d'accord le bon goût avec l'excentricité et le bon ton avec le genre, un fonds sérieux de caractère et de valeur toute personnelle. 11 a fait à la dette infiniment d'honneur, en se mesurant avec elle une grande partie de sa vie, et l'aristocratie anglaise n'y regardait pas de si près en fêtant avec lui ses heures d'in-
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dépendance après le coucher du soleil. Il a fondé à Londres une société française de secours mutuels, et un Parisien, homme d'esprit, n'avait rien vu dans celte ville, s'il n'avait pas eu le plaisir d'y rencontrer le comte d'Orsay. Ses chapeaux et ses voitures, ses rédingottes, sa façon de tenir les guides en conduisant un attelage, faisaient école ; mais il était aussi le protecteur des exilés, des deshérités, des artistes, et son apostille avait cours, plus longtemps que ses hiHets à ordre.
Les poursuites de ses créanciers ne le consignaient pas parfois dans son hôtel, pendant le jour, sans qu'il en profilât pour travailler. Il revint donc bon sculpteur à Paris, après les événements de 1848, et il y retrouva un illustre exîlé qui, l'ayant honoré aux mauvais jours d'une affection particulière, s'en souvenait au palais de l'Elysée. Plusieurs ouvrages du comte d'Orsay faisant partie de l'exposition, et notamment un buste de Lamartine, son ami d'ancienne date, ont acquis au nom du lion une célébrité artistique. Sa mort n'en a paru que plus prématurée, sans que personne se doutât de son âge. ^
Sainte-Beuve. —D'où vient l'impopularité dans laquelle est tombé Sainte-Beuve? Le moyen de le tirer de là ! Il fait le vide autour de lui, en repoussant toute solidarité, après
avoir été Tenfant gâlé des sympathies qu'il décourage l'une après l'autre. Il a voulu avoir uupied partout, et toutes les portes lui ont été ouvertes, parce qu'il avait du talent; mais depuis que des avantages honorifiques et autres lui sont acquis, il se croit encore à l'époque où il en avait les mains nettes, et le successeur de la Harpe rêve Tindépendance de Gilbert. Ses confrères de l'Académie lui reprochent une jalousie qui les empêche de dormir ; ses auditeurs au Collège de France, quand par hasard il a fait son cours, ont été plus exigeants que ses lecteurs; ses élèves à TEcole normale montrent une froideur extrême, mais que rachètent dès éloges au dehors, car tout ce qu'on dit de Sainte-Beuve dans les grands journaux part de là. Les petits journaux , au contraire , daubent le maître et ricadémicien, dont l'esprit tracassier a trop abusé de la férule pour qu'on ne la retourne pas un peu de son côté, mais dont la critique est subie parce qu'elle fait autorité.
La bibliothèque Mazarine, à laquelle MM. de Ucmusat et Cousin avaient attaché Sainte- Beuve en 1840, a certainement perdu un administrateur très -compétent lorsque M. de Vaulabelle a accepté sa démission spontanée ; mais le public y a beaucoup gagné, puisque jamais un bibliothécaire n'avait payé de sa
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personne avec plus de mauTaise grâce , quand le premier venu avait usé du droit de lui demander un livre en communication. On ne peut que louer un tel conservateur d'avoir renoncé à sa place.
Le lendemain de Taccomplissement du sacrifice, il apprend par M. Casimir Bonjour que M. Rogier^ ambassadeur belge^ demande un professeur de littérature française, pour l'université de Liège ; il se rend à Bruxelles, et il y dîna avec H. RoUin, ex-élève de Bourbon, ex-avocat à Gand, ministre du roi Léopold. Puis il prend possession de la chaire vacante, et il annexe à son cours principal un autre cours, qui a lieu le lundi, sur la littérature contemporaine. Le Constitutionnel publie ensuite ces Causeries du Lundi, qui d'encore en encore deviennent un grand ouvrage, et le calme de la lecture leur convient infiniment mieux que Taudition belge, qui ne les a pas accueillies sans opposition à Torigine. D'autres leçons données par Sainte- Beuve à Lausanne en 1838, n'ont-elles pas eu pour objet Thistoire de Port-Royal, et n'en est-il pas sorti également un beau livre?
Ck)urs immense de littérature que nous fait suivre le célèbre critique ! Le maitre s'y livre à une élude curieuse et pleine de surprises, pour n'élever de statues à personne;
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parfois même il écorne le piédestal de celles qu^il ne saurait atteindre parce qu'elles sont au-delà de sa portée. Il braque sur Fhistoire littéraire une lorgnette retournée, comme pour se grossir lui-même ^ en rappetissant les illusions flatteuses que les ouvrages d'un auteur favori avaient fait naître sur son compte. Les écrivains de second ordre, il ne les ressuscite qu'afln de dévoiler leurs infirmités personnelles, ou de trahir leurs secrets dé famille, et il ne loue jamais un vers, jamais cinq lignes de la prose du patient, sans ajouter bien vite : Ah 1 quel dommage qu'il ait si mal vécu, tendant la main par-ci par-là, que sa sœur ait fait pis encore, et^ que son frère ait presque ramé dans les galères du roi! On peut donc dire du studieux écrivain : Il n'a pas la foi qui transporte, mais il a celle qui rappetisse les montagnes. Des recherches nombreuses et un style magistral sons une apparence familière, justi tient le succès de ses travaux rétrospectifs , mais en ne lui conciliant la reconnaissance d'aucune école. Que si les protestants prennent le janséniste Sainte-Beuve pour un jésuite, et les jésuites pour un protestant, un autre scrutin de ballottage le fait considérer dans la littérature comme un faux-frère par les romantiques, bien que
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suspect encore plus aux classiques. D'autres enfin restiment réaliste , en appuyant leur opinion sur un de ses livres^ Volupté.
Comme il avait peu d'ennemis^ le poêle, alors qu'il écri?ait ses Pensées d^Août, et surtout à l'époque où il ne faisait qu'un avec Joseph Delorme ! Il combatlait en ce temps-là dans les rangs de la jeune école^ qui Tavait armé chevalier. Puis le romantique s'est rallié au parti universitaire par de larges concessions, qui commandaient la réciprocité. Après tout, les conquêtes ne se font pas seulement avec le glaive ou le canon : aux conventions de la diplomatie il appartient de les consolider en consentant des restrictions. Les classiques de 1&30 accusent leur ancien adversaire de se rejimber trop souvent ; mais le critique éminent ne s'est pas fait l'exécuteur des hautes- œuvres d'une école. Jamais le malcontent ne s'est bien amadoué^ et le champion avait gardé ses armes. Les parlis qui le désavouent en temps et lieu sont trop heureux qu'il ne les renie pas tout-à-fait el qu'il entretienne à lui seul le feu sacré de la comparaison. Quand l'apaisement des querelles politiques permettra de rouvrir la lice littéraire, les deux écoles retrouveront sur la brèche leur transfuge, qui mourra en les combattant à la fois, jet c'est alors qu'il lui sera
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beaucoup pardoimé pârc6 qu'il n'aura pas beaucoup aimé.
Fils posthume d'un directeur de roctroi de Boulogne-sur-Mer, le jeune Sainte-Beuve était déjà en rhétorique dans cette ville; il est descendu en troisième à Charlemagne, comme élève de la pension Landry, et le proviseur diidit collège, M. Dumas, a fait plus tard des vers contre le poêle romantique. Le maître de pension a changé de quartier. T»M. Large, Pierrot, Pouillet et Binet y ont gagné, au collège Bourbon, un élève distingué de plus.
Sainte-Beuve a obtenu au concours général le premier prix d'histoire en 1819, année ou a été fondée cette faculté; il a été couronné également pour sa composition en vers latins sur ce sujet : Visite de Pierre-le-Grand au tombeau de Richelieu à la Sorbonne, Le collège de la rue Saint-Antoine, où un professeur avait dicté une version sur la mort du général Foy, était ainsi que Louis-le-Grand beaucoup plus libéral, sous la Restauration, que rétablissement de la Chaussée d'Antin.
Dans ce dernier M. Pierrot lui-même tournait le frein bien plus que Taiguillon du côté des élèves, toul'engagé qu'il fût notoirement dans les voies de l'opposition. Sainte-Beuve, quant à lui, lisait déjà les feuilles libérales et les feuilles . littéraires du temps. Traité avec
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beaucoup d'égards par Mé Landry^ il avait une chambre à part, dînait à la table du maître, et rien ne Tempêchait de se rendre à la Bibliothèque, à TAthénée. Il portait en été un grand habit vert^ couleur chère aux blonds et aux poètes, avec un pantalon de nankin assez court : toilette que son petit oncle avait sans doute inaugurée dans le monde, tant les entournures étaient larges^ la queue de morde longue, le fond de culotte boursouflé l L'adolescent se destinait d'abord à TEcole polytechnique; c'est pourquoi il a pris de M. Binet jusqu'à des leçons parliculières, qui n'ont pas été inutiles à Técrivain dont le style mesuré compte si bien avec tous les mots I II a voulu aussi se faire médecin, et trop souvent le carabin reparaît sous le critique armé de son scalpel! Il reprend en sous-œuvre les cadavres de Thospice oii mène souvent l'amour sacré des lettres^ qu'il ne faut pas confondre avec la rage pédagogique, et qui nous fait encore réclamer ces cadavres pour rhonneur de l'esprit français.
Roger. -— Le comte Roger du Nord, attaché à la diplomatie sous la Restauration^ a été envoyé au palais-Bourbon eu 1831 par le département du Nord, qui l'y a maintenu vingt ans. Cet ami dé M. Thiers a voté contre le ministère pendant la seconde moitié du règne
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de Louis-Pbilippe, et il a protesté assez énergiquement contre la dissolution de TÂssemblée, en 1851, pour être momentanément privé de sa liberté.
Caulaincourt, —duc de Vicence,fils du général, est né en 1805. Il a rempli des fonctions diplomatiques, et il est membre du sénat.
Chasseloup-Laubat. — Le comte Prosper de Chasseloup-Laubat, ministre de la Marine, puis des Colonies^ puis de la Marine, n'a fait qu'une partie de ses études à Bourbon^ ainsi que son frère, lieutenant-général et représentant du peuple. Auditeur au conseil d'État, puis aide-de-camp de Lafayette en 1830, il était député six ans après ; nommé conseiller d'État Tannée suivante, il prouva toute la loyauté de son caractère, eu votant à la Chambre pour une proposition de M. de Rémusat, qui tendait à rendre incompatibles les deux fonctions qu'il remplissait, mais qui ne fut pas adoptée. Cotnme représentant du peuple, et même comme membre du Corps législatif, Chasseloup-Laubat n'a jamais transigé davantage avec sa conscience*
Benoit-Champy, — avocat estimé, membre du conseil de Tordre^ était républicain avant la République. On se corrigerait à moins* Ministre plénipotentiaire à Florence, nommé par le gouvernement provisoire, il a plaidé k