Archives du Lycée
renvoyait à leurs parents, au besoin, sans les prévenir, les enfants récalcitrants ou indisciplinés.
Tous les deux mois, des notes instruisaient les familles de tout ce qui pouvait concerner la conduite, le caractère, l'application et les progrès des enfants dans les diverses parties de l'éducation. On veillait à ce que tous les élèves écrivissent à leurs parents au moins une fois par mois.
Les pensionnaires étaient tous vêtus uniformément, même les jours ouvriers. Le vêtement ordinaire se composait d'un frac bleu, avec collet cramoisi, d'une veste et d'une culotte de couleur quelconque. L'étoffe en était plus fournie en hiver et plus légère en été. L'habit des jours de fête était de drap bleu de roi, avec parements, collet, veste et culotte cramoisis ; les boutons blancs, tels que ceux de l'Ecole militaire, et bas blancs*.
Le trousseau complet se composait de trois vestes et de trois culottes, d'une douzaine de chemises, d'autant de mouchoirs, de coiffes de nuit, de serretête, de cols et de paires de chaussons ; quatre paires de bas d'été, autant d'hiver, deux chapeaux, trois paires de souliers ; le tout neuf et bien conditionné. On exigeait aussi un couvert et un gobelet d'argent, armoriés ou marqués ; un Nouveau Testament français et des Heures.
Chaque pensionnaire avait ses habits et son linge à part ; le soin en était confié à un domestique, chargé de veiller à l'entretien des habits, de distribuer le linge régulièrement deux fois par semaine, de le faire
1 . « On ne souffre aux pensionnaires aucun meuble précieux, pas môme des boutons ou des boucles d'argent. Il serait inutile do les envoyer avec des habits galonnés; on ne leur permettrait pas ces sortes de distinctions. Les épées sont retirées à l'entrée du Collège et rendues à la sortie. ■ Plan d'éciucalion des Bénédictins ; Pau, Imp. Desbaratz, 17G4.
blanchir et raccommoder, et de conserver le tout avec autant d'ordre que de propreté.
Le pensionnaire qui se retirait du Collège à Texpiration de la première année remportait avec son uniforme, tout ce qu'il avait apporté en habits, linge, etc., et son couvert et son gobelet. S'il quittait après ce terme, on ne lui rendait que la moitié de ce qu'il avait apporté en linge, un habit, une veste, une culotte, le tout neuf et propre, un chapeau, deux paires de bas, une paire de souliers, son couvert, son gobelet et sa valise ou malle ; il emportait encore les instruments de musique et les livres de mathématiques ou autres qu'il s'était procurés pour étudier en particulier.
Pour les repas, les pensionnaires avaient : au dîner, un potage, du bouilli, une entrée et du dessert ; au souper, une entrée, du rôti et un dessert ; le pain et le vin * leur étaient fournis à discrétion. Chaque table était composée de six élèves, dont l'un découpait les viandes et servait les autres, sous les yeux des Préfets, qui présidaient aux repas, durant lesquels on faisait toujours la lecture. Le linge de table était changé deux fois par semaine.— Pour le déjeuner et le goûter on n'avait que du pain.
Les dortoirs étaient partagés en petits cabinets, où il y avait un lit et une petite table pour chaque élève. Ils étaient éclairés par des lampes qui restaient allumées jusqu'au jour; des domestiques étaient chargés de faire des rondes de nuit. Ces dortoirs, balayés et arrangés dès le matin, restaient fermés pendant la journée, et les élèves ne pouvaient y monter sans une permission expresse des Préfets, qui, depuis le lever jusqu'au coucher des pensionnaires, présidaient à tous les exercices.