‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 105 sur 193 · C'était de 1' « abondance · texte numérisé non relu

C'était de 1' « abondance

Les malades avaient des appartements séparés et étaient servis par des domestiques particuliers.

Le prix de la pension était différent, selon que les élèves étaient entretenus par le Collège ou par leurs parents. Ceux de la première catégorie devaient payer 650 livres, et ceux de la seconde 450. Les uns et les autres avaient droit, outre la nourriture et l'enseignement, à la fourniture des livres classiques, des plumes, papier, encre, etc. ; de plus, chaque élève recevait par semaine, pour ses menus plaisirs, cinq sous, s'il avait moins de douze ans, et dix sous, au-dessus de cet âge. Cet argent leur était donné le jeudi. Le surplus servait à payer les honoraires des maîtres, du médecin et du chirurgien ordinaires, les gages des baigneurs, des peigneuses, etc.

Des femmes venaient chaque jour peigner les pensionnaires et accommoder leurs cheveux. Les dimanches et jours de fête ou de congé, ils étaient frisés et poudrés par des perruquiers. A la saison chaude, ils prenaient des bains dans TOusse, au bas de la métairie du Bois-Louis, sous la surveillance de baigneurs attitrés.

Dès que le pensionnat fut devenu plus nombreux, les prix de la pension furent augmentés chacun de cent livres \ l'un et l'autre toujours payables d'avance, en deux termes égaux, à la Toussaint et à Pâques, et sans aucune déduction pour le temps des vacances. Les payements étaient reçus soit en argent, soit en billets, sur Pau, Paris, Bayonne, Bordeaux et Toulouse.

Les ports de lettres et paquets adressés aux élèves, les remèdes fournis aux malades, les frais occasion-

1 . Prospectus de 1782 : prix do la peusion, 750 et 550 Jiv. — Le pensionnat ne fut dcflnitivement organisé que cette année-là. Il y avait eu jusqu'alors de grandes réparations à faire aux bâtiments du Collège.

nés par des maladies extraordinaires pour lesquelles il fallait appeler des médecins ou chirurgiens particuliers, étaient au compte des parents.

Recommandation expresse était faite aux parents de ne rien donner â leurs enfants, soit en argent, soit en présent, que par l'intermédiaire du Principal du Collège : sans quoi, comment répondre des inconvénients que peuvent entraîner les facilités et les moyens de dépenser?

Pour le maintien du bon ordre, on pratiquait un système excellent. Nous lisons dans le plan d'éducation * que les Bénédictins avaient présenté en 1764 : « On ne laisse aucun acte de vertu sans récompense. Le moindre service rendu, un trait de douceur, une réponse à propos, une saillie d'esprit, etc., tout cela est apprécié aux yeux du Directeur et des autres surveillans. Au contraire, les plus petits défauts sont relevés et corrigés, le plus ordinairement, par des représentations qui n'affectent que les sentimens^... Le Directeur fait une note de ce qui se passe d'un peu considérable en bien et en mal dans le cours de la semaine, et, les dimanches et fêtes, il fait une conférence à tous les écoliers sur les principes de la vraie et solide politesse. Ce qui s'est fait de bien étant prouvé conforme aux principes trouve sa récompense dans l'applaudissement général. Ce qui s'est fait de mal, au contraire, est reconnu blâmable par sa seule difformité et son opposition aux règles de la justice.... »

Loin d'être prodigues de vacances, les Bénédictins en étaient fort parcimonieux. On ne supprimait point

1. Il avait été présenlé, lorsque les BénédicliDs et les Harnabiles aspiraient à remplacer les Jésuites qui venaient d'èlre exclus du Collège. — Pau. impr. Desbaralz, 1764. '

2. On no dit rien du « fonclionnuirc » qui était, dans les Collèges des Jésuites, « lu fouulteur salarié ».

celles de fin d'année, mais on les déconseillait. « Il est, disaient-ils*, très essentiel au bon ordre d'un pensionnat et à ravancement des élèves que les parents ne les appellent point chez eux pendant le temps des vacances. Alors même, il y a dans le pensionnat une suite constante de leçons et d'exercices modérés, qui tiennent les élèves en haleine, et les disposent à passer avec plus de succès dans les classes supérieures. Les maîtres ne s'absentent qu'à l'alternative, de sorte qu'il en reste toujours la moitié dans le Collège pour donner des leçons; et les Préfets remplacent les professeurs pour les classes. Il est difficile d'évaluer ce que perd un élève, qui, pendant environ deux mois, est privé de ces secours, et ce qu'il doit lui en coûter ensuite de peine et de travail pour rejoindre ceux de ses compagnons dont tous les momens ont été mis à profit ; on ne parle pas d'autres inconvéniens qu'il est inutile de détailler, mais que l'on comprend sans peine. »

Voici quels étaient le mode et les matières d'enseignement au Collège de Pau, depuis que les Bénédictins y avaient été établis.

Les plus jeunes enfants apprenaient à lire et à prononcer correctement le français, au moyen du bureau typographique. C'était le système le plus à la mode au xviii* siècle pour apprendre à lire. « M. Du Mas, de Montpellier, en est l'auteur », dit Rollin. Ce bureau, comme son nom l'indique, était uqe table d'imprimeur avec un certain nombre de petites loges ; dans chacun de ces casiers se trouvaient les différentes lettres ou diphthongues écrites sur autant de cartes. Une étiquette indiquait la nature des lettres contenues dans chaque casier. L'enfant prenait peu à

Page 1