Voy. ci-dessus, p. 210, note
H'4 HfHTOÏRE DU LYCÉE DE PAU
fi\iS\mnQtui\ «rOrtUcz, et lui donner la mense abbatiale <l(i «ordo''.
\ Tappul (loR plaintes qu'ils adressèrent en 1779 aux mUH (In lii^iirri - Arch. Dép., C. 1324 — les Bénédictins tMiiblIriuit un r^tat comparatif très détaillé des revenus tlu C'tillt^Ko ot (lOH charges qui lui étaient imposées par \m lottroH-putontos du 16 septembre 1777.
Hir^ns î'f revenus du Collège royal de Pau :
\^ IV»\«ion iMvule 12,000 liv.
V^ IViMNUi^ nppolO lo Uois-lii>uis, aflfermé 1,670
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revenus ci-dessus (17,084 liv.), les fonds destinés aux Missions (1,590 liv.), il restoit net 15,494 liv.
«( Tel a été l'état des revenus affectés à la desserte et entretien du Collège, pendant le tems qu'il a été régi par des laïques.
« Ces revenus suffisoient à peine aux charges et à l'entretien des professeurs. On peut en juger par les réparations considérables qu'ont exigées les bâtimens, lorsque les Bénédictins ont été mis en possession ; sur le rapport des experts, elles ont été estimées monter à plus de 44,000 livres.
« Comment le Conseil (du Roi) a-t-il pu croire que ces mêmes revenus, en passant dans les mains des Bénédictins, deviendroient sufflsans pour acquitter les mêmes charges, pour l'entretien d'un plus grand nombre de professeurs, et pour supporter des pensions et des bourses, dont leurs prédécesseurs étoient exempts ?
« Les revenus actuels, sans y comprendre les fonds des Missions que les Bénédictins sont tenus de faire acquitter, montent à 15,494 liv.— Les charges qu'il en faut déduire sont de 8,856 liv., savoir :
l« Pension des anciens maîtres 1,600 liv.
2* Pour les professeurs de théologie 2,000
3» Pour huit bourses, à raison de 400 1. 3,200
4» Pour les réparations annuelles*, environ 2,000 5» Pour les décimes, droits de quittance et de
retenue sur les rentes et pensions à percevoir 56
« Il ne reste donc aux nouveaux Instituteurs, employés au nombre de treize, conformément à Farticle 2 des lettres-patentes, que la somme de
1. (Note des Bénédictins.) « On ne parle pas des grandes réparations qui •eroient indispensableâ, et dont le devis estimatif, dressé le 2 avril 1778, se montoit à la somme de 32,282 livres. »
6,638 liv., pour leur nourriture et entretien tant en santé qu'en maladie ; — pour entretenir ou plutôt pour fournir la sacristie de linges et d'ornemens ; — pour meubler et garnir de linge et d'ustensiles nécessaires une maison des plus vastes, et qui s'est trouvée, pour ainsi dire, dépourvue de tout ; — pour former une bibliothèque dans le Collège, où il ne restoit pas un seul livre de littérature^ ; — pour payer les honoraires d'un médecin et d'un chirurgien, les gages des domestiques ; — enfin, pour faire face à toutes les affaires et à tous les événemens qui peuvent survenir.
« Les Bénédictins ne sçauroient se persuader que l'intention du Conseil (du Roi) et celle des Etats, ait été de leur imposer des conditions aussi dures.
« En effet, le vœu de la Province du Béarn a été d'établir à Pau, sous le gouvernement des Bénédictins, un Collège et un pensionnat, qui, semblable à celui de Sorèze, réunît à l'enseignement de la religion et des lettres, l'étude des langues vivantes, et tous les exercices convenables à la jeune noblesse.
« Or, il est impossible que les Bénédictins établis à Pau, réduits à une pension si modique, qu'elle ne peut suffire à leur nourriture et à leur vestiaire, rassemblent dans leur nouveau Collège des maîtres externes et des artistes choisis, dont les honoraires coûtent annuellement au Collège de Sorèze trente mille livres, somme que cinq années du revenu
1. Il est dit dans la préface du catalogue de la Bibliothèque do Pau que, l'arrêt d'expulsion des Jésuites mettant tous leurs biens sous le séquestre, ces religieux voulurent soustraire leur bibliothèque à la confiscation et qu'ils remirent leurs livres aux Révérends Pures Capucins en dépôt « pour les rendre si leur Société vient jamais à être rétablie». Ces livres sont aujourd'hui disséminés dans des collections particuliùros ; quelques-uns se trouvent à la Bibliothèque de la ville. L. Soulicc. — Il importe de rappeler, à ce sujet, un fait bien précis : Los Jésuites furent exclus du Collège eu 1763, et les Educateurs qui vinrent les remplacer en 1766, trouvèrent à la bibliothèque de l'établissement « 2,300 volumes, grands et petits ». — Voy. ci-dessus, p. 133, note 3.
total qui reste au Collège de Pau pourroient à peine égaler.
« C'est donc une erreur de fait sur la consistance des revenus du Collège, qui seule a pu induire le Conseil (du Roi) à imposer, de son propre mouvement, aux Bénédictins les charges portées par les lettres-patentes.
« Il est assez probable que, parmi les divers états des biens et revenus du Collège, qui ont été envoyés à la Cour, il s'en soit glissé un, dont copie a été remise, on ignore par quelle voie, au général de la congrégation de Saint-Maur, et dans lequel on fait monter ces revenus à plus de vingt-trois mille livres ^ A la vue d'un pareil état, la Cour ^ persuadée qu'une pension de 1,000 livres quitte de toute charge est suffisante pour chaque instituteur, aura imposé sur le Collège les charges portées dans les lettres-patentes, et aura cru par là réduire le revenu à environ 16,000 livres, dont 1,000 liv. pour chacun de treize religieux, et le restant, pour les réparations et autres charges annuelles. Les Bénédictins, contens de trouver une subsistance honnête, en se rendant utiles à la Patrie, auront souscrit à ces conditions. Mais, après une vérification exacte des objets sur lesquels on avoit compté, il ne reste de clair que des charges et un revenu très insuffisant.
1. (Note des Bénédictins.) « On demandera peut-cire comment on a pu porter le revenu du Collège à 23,000 liv. Le voici : Contre la teneur des baux, on évalue le fiois-Louis et dépendances à 2,(550 liv. Pour la fondation de Rébénac, oo donne 3,000 liv. de rente, au lieu que celte somme éloit le capital d'une reole de 150 liv. qui depuis plusieurs années n'existe plus. On emploie les objets aliénés comme étant encore possédés par le Collège, et on les évalue à 2,750 liv. de rente au lieu de 482 liv. que le Collège en retire. On évalue l'enclos et jardin à 800 liv. Enfin, on produit comme revenus du Collège les rentes affectées aux Missions ; et qui, employées en totalité à leur destination, sont parfaitement étrangères au Collège. Les Bénédictins n'ont garde d'imputer cet état à aucune personne autorisée par la Province. On pouvoit également porter le revenu du Collège à 50,000 livres, et il n'en seroit pas plus aisé. »