‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 112 sur 193 · Le Conseil (du Roi · texte numérisé non relu

Le Conseil (du Roi

« Il est de toute justice que des instituteurs trouvent dans le pays quMIs obligent par leurs travaux, un état honnête et proportionné, sinon à celui qu'ils avoient ailleurs, du moins aux services qu'ils rendent et qu'oti attend d'eux.

« Il seroit contre toute justice d'exiger que les Bénédictins fissent les frais d'un nouvel établissement, dont ils ne sont que desservans, et qu'aux dépens de leurs autres maisons, toutes étrangères au Béarn*, ils suppléassent à la pauvreté d'un Collège, qu'on dépouille de plus de la moitié de ses revenus en le leur confiant et en les prévenant qu'ils ne jouissent que précairement du peu qu'on leur laisse.

« Les Bénédictins n'oublieront jamais que la Province a exprimé plusieurs fois, de la façon la plus honorable pour eux, le désir qu'elle avoit de les

appeler à Pau La plus douce confiance dans la

justice de cette assemblée suspend dans leurs cœurs le sentiment douloureux de leur état actuel, et leur promet un avenir d'autant plus flatteur, qu'il sera en même tems plus conforme aux vues des Etats et à l'intérêt public

« C'est à l'assemblée des Etats à consommer son ouvrage, en proposant à Sa Majesté les moyens qu'elle estimera convenables pour faire jouir les nouveaux instituteurs d'un état honnête, et pour leur procurer la facilité de porter l'établissement qui leur

1. (Note des Bénédictins.) » Deux élablissemens des plus intéressans qui soient daus le Béarn, lo Collège de Lescar et le séminaire de Pau, ont été dotés aux dépens des deux seules abbayes de l'ordre de St-Benoit, qui fussent dans la Province, Lucq et La Reule, dont lus inenses conventuelîes ont été réunies à ces deux maisons, La destinée de l'ordre de St-Benoit seroit-elle donc do doter tous les établissemens de la Province où il a été le moins répandu ? Seroii-il juste d'enlever à l'une des Proviuces voisines et de transporter à celle-ci la jouissance des revenus de quelque autre maison du même ordre do Si-Benoît? Cette idée répugne. Il est naturel que la Province, qui produit et fournit les revenus, profile exclusivement à toute autre de la consommation qui s'en fait sur les lieux. »

est confié jusqu'au point de perfection dont il est susceptible. . . .

« Et ne cesseront les membres de la congrégation de St-Maur de s'appliquer à mériter de plus en plus la confiance de la Province par leur reconnaissance, leur dévouement, leur respect, et leur zèle pour réducation de la jeunesse confiée à leurs soins. Et ferez bien. — Les Religieux Bénédictins, de la Congrégation de Saint-Maur, établis dans le Collège Royal de Pau. »

Les Etats ayant délibéré sur cette supplique des Bénédictins, il fut décidé qu'il y avait lieu d'intercéder auprès du Roi en faveur de la Congrégation. MM. les syndics écrivirent au ministre pour le prier d'obtenir de Sa Majesté « qu'il luy plaise d'accorder aux Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur la propriété desbâtimens et biens dépendans du Collège de Pau, et de suspendre la nomination aux bourses ». Arch. Dép., C. 1380.

Aucune de ces bourses n'avait encore été accordée, bien que des sollicitations fort nombreuses se fussent déjà produites. Un vieillard, Cyprien Sens, de Pau, fut Tun des solliciteurs.

Ancien élève des Jésuites, il était grammairien de profession, et, depuis plus d'un demi-siècle, il vivait pauvrement du produit de quelques leçons qu'il pouvait donner. Il implora l'assistance des Etats, en leur faisant hommage d'un « poème patriotique », où il n'avait pas craint, disait-il, de défendre l'honneur de ses concitoyens contre des étrangers audacieux S qui avaient subi la peine de leur témérité. Et cependant ces étrangers, qui avaient si peu mérité du pays, et qu'on avait dû expulser, se retiraient après

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