‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 113 sur 193 · Les EducateurSy los Messieurs de Saint-Denis · texte numérisé non relu

Les EducateurSy los Messieurs de Saint-Denis

quelques années et peu de services, magnifiquement récompensés ! Au contraire, celui qui repoussa leurs outrages, qui s'exposa à leur ressentiment, qui n'écouta que la voix de l'honneur et celle de la patrie, demeurait seul sans récompense et sans appui. « il suppliait donc les Etats, par justice et par reconnaissance, d'appliquer à sa subsistance, pour le reste de ses jours, une des bourses qui avaient été établies au Collège de Pau. Un enfant pauvre en sera privé pendant quelques années ; mais il a, lui, élevé gratuitement pendant cinquante ans, un grand nombre d'enfants pauvres, et il se propose de continuer ses travaux jusqu'au dernier soupir de sa vie. La Patrie lui doit la rétribution de ce qu'il a fait pour elle ^ »

Le patriotisme de ce vieux grammairien nous touche autant que sa misère. Lorsqu'il implore la pitié des Etats, nous le croyons encore capable de savoir faire accorder Vadjectif avec le substantifs mais il nous semble qu'il a un peu perdu de vue les règles de la syntaxe intellectuelle. Il n'en est que plus digne de nos respects. Res est sacra miser I

La lettre que les syndics de Béarn avaient adressée au ministre dans l'intérêt des Bénédictins, était restée sans réponse. Il fallut écrire de nouveau, et, cette fois, les syndics furent chargés d'insister auprès du ministre pour faire obtenir aux Bénédictins un accroissement de revenus, par une concession de terres à mettre en valeur, ou de quelques bénéfices, ou de la propriété des bâtiments et des biens du Collège.

Si l'on avait compté sur un heureux succès de l'intervention des Etats en faveur des Bénédictins, on dut éprouver un bien vif désappointement, lorsqu'on

1, Archives du Lycée.

eut reçu de M. de La Boullaye, intendant, la lettre suivante * :

A Messieurs les Syndics Généraux des Etats deBéarn.

Auch, le 11 février 1781,

Vous scavés, Messieurs, que le trésor royal payoit annuellement au Collège de Pau une pension de 12,000 livres. Les circonstances ne permettant pas de continuer ce don, il a été décidé que, pour y suppléer en partie, la Province seroit chargée du payement des professeurs de théologie et des pensions des cy-devant instituteurs de ce Collège. Ces deux objets de dépenses se montent à la somme de 3,600 livres. Mais celuy concernant les pensions est destiné à cesser à mesure de leur extinction ; ainsi, il ne restera définitivement que le payement des professeurs de théologie.

Si les Etats considèrent que le Collège de Pau n'a été principalement établi que pour l'utilité de la Province de Béarn, ils ne balanceront pas à se conformer aux intentions du Gouvernement. Il vous prie en conséquence de les mettre à portée de délibérer à ce sujet

Il sera pris d'autres mesures afin que ce Collège ne se ressente pas de la suppression de la pension de 12,000 livres sur le trésor royal : on se propose de faire contribuer à sa dotation le Collège d' Auch 2, et c'est encore une circonstance qui doit exciter la sensibilité des Etats, puisqu'on pourroit laisser en entier cet établissement à la charge de la Province sans qu'elle eût. droit de s'en plaindre.

La pension dont le Collège de Pau a joui jusqu'à présent est par conséquent une grâce que cette assemblée ne sçauroit mieux reconnoître qu'en délibérant unanimement de se charger des deux objets en question. — J'ai l'honneur d'être, avec un respectueux attachement, etc. — De La Boullaye.

De pareilles propositions ne pouvaient agréer aux Etats; on leur demandait de l'argent, ils tenaient à n'en pas donner. Ils étaient les amis des Bénédictins jusqu'à la bourse exclusivement. Le chevalier de Bêla

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