‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 122 sur 193 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Collège à Lescar et à Orthez. — Ancienne Université de Béarn.

— Demandes (1679-1718) du rétablissement de l'Université à Pau. — MM. de Navailles, l'abbé de Sauvelade et l'abbé d'Orin.

— Opposition du recteur de l'Université de Bordeaux. — Réponse des Etats de Béarn. — Lettres-patentes du 10 septembre 1722. — Edit de février 1724. — Le droit canon et le bref du Pape. — Les Cordeliers de Pau. — Choix du lieu des Écoles. — MM. de Labénésie, Destouet, de Saint-Martin et de Martineau, professeurs.

Avant de parler de la transformation de notre Collège en Ecole centrale, nous devons dire l'origine et l'existence de l'Université de Pau, à laquelle le Collège fut agrégé sous le régime des Jésuites et pendant tout le temps qu'il appartint aux Messieurs de Saint-Denis et aux Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur.

Comme il va être plus d'une fois question du rétablissement de l'Université en la province de Béarn, il est nécessaire de faire connaître succintement ce qu'il faut entendre par ces mots.

De 1549 à 1591, il y eut, tantôt à Lescar, tantôt à Orthez, un établissement d'instruction que l'on appelait indistinctement Collège, Université K

C'est à partir de 1583 que le nom d'Université lui appartient à juste titre.

Par un édit de cette année, Henri' III de Navarre

1 . Dans les titres ( Arch. Dép.) les mois Collège ou Universilé sont employés indifféremment. — P. Raymond, Inventaire^ t. III, Notice sur la série D,

IV de France) avait érigé en Université le Collège d'Orthez (ancien Collège de Lescar), lui donnant le pouvoir de conférer les grades de bachelier, licencié et docteur ès-sciences, droit, médecine et théologie'.

Transférée à Lescar en 1591, par ordre de CatherinO sœur d'Henri IV, et régente en Béarn et Navarre, l'Université resta dans cette ville jusqu'en 1601. A cett^ époque Henri IV la fit réinstaller à Orthez.

L'Université d'Orlhez ayant été supprimée par Louis XIII en 1620, il n'y eut plus en Béarn d'insli — tution du même ordre qu'en 1724, date de la créatior» de rUniversité de Pau. — Ce n'est point sans pein^ que cette Université fut établie.

Dès 1679, M. de Navailles, syndic des Etats de Béarn , avait communiqué à l'assemblée — Arch. Dép., 0.73*7 — que M. le premier Président lui avait tait par* d'une délibération de la cour relative au rétablisse — ment de l'ancienne Université, qui mettrait ■ diverses personnes en commodité de s'appliquer à Testude dix droit », et que le Parlement serait bien aise que les- Etats joignissent leur demande îi la sienne. Sur ce, par deux fois, les Etats avaient fait des demandes, restées sans heui'cux succès.

M, l'abbé de Sauvelade' reprit la proposition devaat l'assemblée en 1694.

11 ne se dissimule pas les embarras financiers oCt se trouve présentement la Province ; mais une Université lui est indispensable, * d'autant qu'il est notoire à tous que les enfans qui sont envoyés en pay^ étrangers pour y estudier, dépensent des sommes

l.Vor. AdrlBD PUnlé. L'Uniatrsilè ProteHante du Désrn ; Bullellndel* Socïi'li des ScienceB, Leltrei et Aria dB Pau.

2. Ssuveladu, arr. d'Orlhez. canlon de Lagor; nDcleaiia abbaye de Béoéiie^~ tlna, ordredeCUeaui. — L'abba deSauvelade pre^îdall les Elils cid I de Véiénae de Lbbcut.

considérables, s'abandonnent à toutes sortes de libertinage et donnent mille chagrins à leurs parens, soit par querelles ou par mariages clandestins qui ruinent les maisons et déshonorent les familles ». Et d'ailleurs, cette Université « ne pourra causer de grands frais à la Province, attendu que les RR. PP. Jésuites qui travaillent utilement à l'instruction de la jeunesse pour la plus grande gloire de Dieu, s'offrent d'enseigner les humanités, la philosophie, les mathématiques, la théologie et le droit canon, si bien que, pour mettre ladite Université en un état parfait, il ne faut qu'un docteur pour dicter les Institutes, deux docteurs pour le droit civil, et deux docteurs en médecine, auxquels seroit baillée par année la somme de 400 livres à chacun, faisant en tout' la somme de 2,000 livres ». Arch. Dép., C. 744.

Le 5 juillet de la même année, l'Intendant fit remarquer que, « cet establissement estant aussy utile à la Navarre qu'au Béarn, il seroit de son intérest d'agir concurremment avec le Béarn pour parvenir audit establissement ». Les Etats de Navarre chargèrent leur syndic d'intervenir pour eux dans le placet qui serait présenté à cet effet à Sa Majesté, « et de demander ledit establissement soubs le titre d'Université du Collège de la Navarre ; à quoy ils espèrent que les Estats de Béarn n'incisteront point, parce que desjà le Collège de Pau, où l'Université seroit establie et fondée, est en titre de Collège de Navarre, et que le Parlement mesme a esté créé soubs le mesme titre de Parlement de Navarre ». Arch. Dép., C. 1533.

Béarn et Navarre n'obtinrent rien. Trois ans après, on s'adressa au R. P. Lachaise *. Il répondit qu'il trouvait à propos « de différer pour quelque temps » la poursuite de cette affaire.

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