‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 125 sur 193 · Archives Départementales, C · texte numérisé non relu

Archives Départementales, C

M. de Lasseube, seigneur commissaire des Etats, qui se trouvait alors à Bordeaux. — On pria M. l'abbé de Sauvelade et M. d'Andoins de s'enquérir auprès des R. P. Jésuites s'ils voulaient « donner dans leur maison un appartement convenable pour y tenir les Ecoles de l'Université ». — M. l'abbé d'Orin, qui était à la veille de son départ pour Paris, reçut mission de s'informer, pendant son séjour dans la capitale, s'il était nécessaire de demander un bref du Pape pour rinstitution de l'Université.

Sur ce point, M. de Navailles s'était déjà procuré des renseignements. Il avait écrit à Dijon, où des chaires de Facultés allaient aussi d'être instituées. M. Bouhier, doyen de la Sainte-Chapelle de Dijon, élu général du clergé aux Etats de Bourgogne, lui avait répondu :

Monsieur, on vient de me communiquer la lettre que vous avez pris la peine d'escrire à notre sindic, par laquelle il me paroist que vous estes indéterminé sur le party que vous devez prendre au sujet des bulles du Pape pour l'establissement des facultés de droit que vostre province vient d'obtenir en même temps que la nostre.

J*auray Thonneur de vous dire, Monsieur, que mon advis particulier a toujours esté que ces bulles n'estoient point nécessaires, parce que Tauthorité du prince et le consentement de l'évéque diocésain m'ont parus suffisant pour former un pareil establissement. Cependant, Monsieur, il faut advouer que, toutes les fois qu'on a voulu ériger de pareilles facultés en France, on a toujours eu recours au Pape, affin de leur donner plus de réputation dans les pays estrangers.

Ainsi, quoique nous soyons persuadés de la stabilité de notre establissement sans le secours des bulles, je croy, monsieur, que nous nous déterminerons à les demander, affin d'éviter toutes mauvaises chicanes, et prévenir les nouveaux obstacles que nous pourrions essuier de la part des autres Universités, qui ne voient qu'avec peine la grâce qui nous a esté accordée, et qui, dans l'envie de nous contredire, voudroient peut-éstre faire valoir ce prétendu

defîaut pour oster à nos gradués en droit canon le pouvoir de tenir les bénéfices qui exigent des degrés. — J'ay Thonneur d'estre avec beaucoup de respect, Monsieur, vostre très humble et très obéissant serviteur ^. — Bouhier.

Les Etats apprirent aussi de Paris par M. Tabbé d'Orin * qu'il importait d'obtenir un bref du Pape; ce qui était particulièrement nécessaire, si le droit canonique devait être enseigné à l'Université de Pau.

On se rappelle qu'il n'avait été rien dit de cet enseignement dans les premières lettres-pateptes.

L'Édit suivant, du mois de février 1724, montre que des représentations, à ce sujet, avaient été adressées au Roi :

Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir, Salut. — Les trois ordres des États de nostre Province et Pays Souverain de Béarn, Nous ayant fait

exposer qu'il avoit esté anciennement establi dans la ville

d'Orthez audit Pays une Université dont les exercices avoient cessé faute de payement des appointemens des professeurs causé par les guerres survenues entre la France et l'Espagne, que cependant il seroit du bien du Pays de restablir cette Université, même de l'intérest de la religion, Nous nous sommes volontiers portez à la

restablir Mais, sur ce que lesdits trois ordres des Etats de

nostre dite Province Nous ont fait représenter que pour faire un establissement solide, il seroit à propos que nous explicassions

plus particulièrement nos intentions que nous ne l'avons fait

Pour ces causes et autres à ce Nous mouvans en confirmant

nos lettres-patentes et en y augmentant, Nous avons, par le

présent Edit perpétuel et irrévocable, restabli, rcstablissons, créons et érigeons en notre Ville de Pau une Université composée d'une Faculté de droit canoîiig'ue, civil et François, et d'une faculté

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