Archives Déparfeinentales, C
2. Le 19 octobre 1723, M. de Vitau avait transmis le résultat de la consultation faite par M. l'abbé d'Orin et par lui-même, ainsi qu'ils en avaient été priés par les Etats. — M. de Vitau se trouvait alors à Paris, chargé depuis quelque temps de poursuivre une affaire de dîmes dans rinlérét de la noblesse. — Voy. Un curé Béarnais au XTiii*stéc/e (Correspondance de l'abbé Tristan), par V. Lespy Pau, 1879-80.
des arts. . . Nommons cinq Professeurs pour la Faculté de droit... Ordonnons que les Estats de nostre Province de Béarn seront tenus, suivant leurs offres, de fournir aux frais de l'establissement desdites Facultés. — Données à Versailles, le mois de février de Tan 1724, et de nostre rôffne le neuvième. — Louis.
Dans cet édit de 1724, dont nous n'avons reproduit qu'une partie extraite du texte imprimé en 1726 S se trouvent plus d'une fois mentionnées les « lettrespatentes du 10 septembre de l'année dernière (1723) ». Cette date est erronée. Les premières lettres-patentes, par lesquelles Louis XV rétablit notre Université, sont du 10 septembre 1722 ; voy. ci-dessus, p. 254.
Ainsi, l'Université de Pau fut « créée et érigée », d'abord, par les lettres-patentes du 10 septembre 1722, ensuite par l'Édit du mois de février 1724.
Le bref, que l'on jugeait nécessaire pour la perfection du rétablissement de l'Université avait été demandé. Le 14 novembre 1724, l'abbé d'Orin dit à l'assemblée des Etats qu'il avait fait écrire en cour de Rome par M. de Morville et par M. le marquis de La Vrillière, secrétaire d'Etat, pour en obtenir une plus prompte expédition. M. de Lépineau, qui avait bien voulu se charger de retirer les bulles, lui avait mandé, le 15 septembre dernier, que les lettres de MM. de Morville et de La Vrillière avaient été envoyées. M. d'Orin ne doute donc pas que le bref n'ait été expédié; peut-être même M. de Lépineau l'a-t-il déjà reçu, dans lequel cas il n'aura pas négligé d'en faire ordonner l'enregistrement. Comme il y a des frais à payer pour toutes ces expéditions, M. l'abbé d'Orin croit qu'il conviendrait de faire compter à M. de Lépineau la somme nécessaire pour tous ces frais. — L'assemblée vota des
1. Arcb. Dép., D. 2.— Edita et Règlements^ etc; Pau,Isaac Desbaratz, impr. ordinaire du Roy el de l'Université, I72G.
remercîments à M. Tabbé d'Orin. Arch. Dép., C. 1272.
Dans cette même séance, fut approuvé un traité conclu entre M. de Martineau, avocat à Paris, et M. d'Orin. M. de Martineau s'était engagé à venir en rUniversité de Pau « dicter le droit civil ou canonique » aux conditions suivantes : il recevrait des Etats 700 liv. par an, plus 500 liv. annuellement pendant six années en manière d'indemnité, et 300 liv. pour frais de voyage.
A Pau, l'un des plus actifs compétiteurs pour les cliaires de l'Université ', fut le très peu modeste Daniel de Labénésie, « sieur de la domenjadure de Rivchaute, advocat en la Cour ». Fort de sa « noble extraction », des nombreux témoignages « complaisans et non équivoques » qu'il avait souvent reçus (lo MM. les membres des Etats ses collègues, « il oso avancer qu'il a tout l'avantage sur ses rivaux ». MAturité de l'âge, certificats de bonnes et longues études à TUniversité de Toulouse S expérience des alTairos, art consommé d'enseigner le droit, tout le i'(Mul digne d'occuper la première place dans TUniv(M'sité que Ton vient de créer; les autres ne sont, pour ainsi dire encore à l'égard de lui, que des u (»onnncnçans ». Arch. Dép., C. 1380.
Un autre candidat était le sieur Destouet. « Il suivait li^ liai'Fcau au Parlement de Toulouse, où il portoit la pan^lo très souvent, et où, il ne craint pas de le dire l»uis(|uMl est contraint déparier de soy mesme, il a aiMiuis (luolquc réputation; son employ augmentoit lims h*s jours, lorsqu'on le fit penser à une chaire de l»l■ol■lvss^^ur dans la nouvelle Université de Pau. »
\ h(>3 ihiiUt^^t furonl inisus au concours plus tard, pour le remplacoment des (iiivmuiia uuil.Ui'ot, dont lo Roi s'était réservu ia nomination sur la propos!-
J \ iiii lia lUioi i«l forlillculs, Arch. Dép., C. 079.
M. Destouet fut choisi par les commissaires des Etats, qui le proposèrent à la nomination de Sa Majesté *.
Les Cordeliers établis à Pau désiraient se faire attribuer Tune au moins des deux chaires de philosophie que, selon toute probabilité, on allait créer à la Faculté des arts. « L'ancienneté de leur ordre, — leur science, qui les a fait admettre des premiers dans toutes les yniversités, même à la Sorbonne, dont ils ont formé pour ainsi dire Tenfance, et la pureté de la doctrine de laquelle ils se sont toujours nourris depuis, — le grand nombre de leurs sujets brillants, — les grades dont ils sont tous pourvus, sont autant de titres qui militent en leur faveur. »
Leur couvent ^ discrètement situé, loin du bruit et du tumulte, sans être dans un trop grand éloignement, offrirait peut-être un asile assez propre pour y placer les chaires à dicter. Les suppliants offrent généreusement toute leur maison : « ils se feront beaucoup d'honneur de pouvoir contribuer à Texécution d'un si louable dessein ^ ».
Grave question que celle du choix du lieu où devait être établie la nouvelle Université. Les avis étaient sur ce point très partagés au sein de la commission des Etats de Béarn. Le parti en faveur des Cordeliers était assez nombreux; la parfaite convenance du local chez les Pères Jésuites était aussi fort appréciée. D'aucuns voulaient que l'on s'en remît à la ville pour le choix du lieu des Ecoles, sous prétexte qu'elle devait