INTRODUCTION XVII
chérir, de leur bonté. Dans les premières pages, il répète que — « la mère est bonne » ; il ajoute que — « la mère et sa fille sont bonnes, — Mater et filia bonae ». Sans doute, vous le saviez déjà, vous l'aviez éprouvé tant de fois ! . . . Mais, le redire encore quand on est à l'étude, n'est-ce pas se soutenir dans le ferme dessein de bien apprendre la leçon, pour être agréable à une mère, à une sœur, et leur témoigner ainsi qu'on est reconnaissant de toutes leurs bontés? Ensuite, lorsqu'à certains mauvais jours, des distractions importunes, ou l'irrésistible attrait d'une récréation, vous ont fait commettre quelque négligence, Lhomond vous prête le langage qui traduit si bien ce que vous ressentez aussitôt après avoir failli : — « Je me repens de ma faute. » Cet aveu ne peut qu'être sincère, parce que vous savez qu' — « il est honteux de mentir, — Turpe est mentiri ». Alors, Lhomond intervient au nom de la mère indulgente ; il dit au maître : — « La mère vous prie de pardonner à son fils, — ...... flliolo ignoscas suo » ;
et la sévérité du maître est désarmée ; ce qui n'est pas un mal
à la condition toutefois que la bonté de la mère n'ait pas trop souvent recours à la complaisance de Lhomond.
Vous voyez, Messieurs, que je ne me suis point proposé de montrer que notre auteur a parfaitement suivi dans son livre le programme qu'il s'était tracé en écrivant cette règle : — « J'enseigne la grammaire aux enfants. » Certes, n'eùt-il que ce mérite, Lhomond aurait encore droit au témoignage public de notre reconnaissance.
Le Thème, que les élèves apprennent à faire en étudiant sa grammaire, n'est point ce travail sans portée, si décrié par des novateurs plus hardis que sensés ; ce n'est point cet exercice ingrat que des esprits à courte vue regardent comme stérile.... On en peut retirer les meilleurs fruits. Il n'y a pas jusqu'aux fautes qu'on y fait relever, qui ne soient l'occasion d'une excellente gymnastique pour l'esprit, et cette gymnastique est une des meilleures préparations pour une conduite bien réglée lorsqu'on est homme. En m'exprimant ainsi, je suis heureux de pouvoir invoquer l'autorité souveraine de Bossuet. Le grand évêque s'adressait à son élève en ces termes : — a Ne croyez pas qu'on vous reprenne si sévèrement pendant vos études, pour avoir simplement violé les règles de la grammaire. Il est sans doute honteux de tomber en de telles fautes ; mais nous regardons plus haut, quand nous sommes si fâchés ; car nous ne blâmons pas tant la faute elle-même, que le défaut d'attention qui en est la cause. Ce défaut d'attention vous fait maintenant confondre l'ordre des mots; si nous laissons vieillir et fortifier