XVIII INTRODUCTION
cette mauvaise habitude, quand vous viendrez à manier, non plus les paroles, mais les choses mêmes, vous en troublerez tout l'ordre. Vous parlez maintenant contre les lois de la grammaire, alors vous mépriserez les préceptes de la raison. Maintenant vous placez mal
les mots, alors vous placerez mal les choses Vous ferez tout
sans ordre, si vous ne vous accoutumez dès l'enfance à tenir votre esprit attentif. »
Un autre avantage, Messieurs, se tire de l'exercice dont je parle. Fait avec une méthode facile à suivre, grâce au livre de Lhomond, où l'on trouve « de la clarté dans l'exposition, de la netteté dans les règles, de la simplicité dans les exemples », l'exercice du Thème contribue, plus que tout autre, à pousser les élèves dans la connaissance de la langue latine. Je sais bien que des railleurs, qui ont d'étranges visées sur les questions d'enseignement, croient nous accabler sous leurs sarcasmes, en nous traitant de — Forts en thème /. . . Il faut retenir le mot, jeunes élèves, et surtout vous efforcer de mériter qu'on vous l'applique ; il vous fait honneur : il signifie que, de bonne heure, vous êtes en état d'avoir commerce avec les meilleurs génies que l'antiquité ait produits, apprenant dans Cicéron le devoir, dans Virgile la douceur, dans Horace la modération, dans Tite-Live le patriotisme, dans Sénèque la sagesse, et dans Tacite
les haines vigoureuses Que doit donner le vice aux âmes verlueuses.
Ce sont là d'excellents précepteurs de la jeunesse ! Ils ont enseigné dans un magnifique langage tous les bons sentiments de l'humanité, et lorsqu'avec ces grands esprits, avec ces nobles et fières âmes, vous vous serez entretenus de morale, de vertu et d'honneur, vous saurez tout ce qu'il faut savoir pour être, vous aussi, d'honnêtes gens. De tout ce qu'ils enseignent, vous ne retiendrez que les vérités humaines. La vérité divine que leur paganisme ne connaissait pas, d'autres vous l'ont apprise.... et Lhomond, se faisant chaque jour l'auxiliaire de l'enseignement chrétien, vous la rappelait en deux mots : — « J'aime Dieu, — Amo Deum, »
On a eu raison, Messieurs, de vanter la simplicité des exemples sur lesquels s'appuient les règles contenues dans l'ouvrage de notre auteur. Pour moi, ce qui, dans ces exemples, est simple jusqu'à la perfection, quant aux règles de la grammaire, je l'admire moins que ce qu'il y a de très heureusement utile, quant à la morale. On appelle le livre de Lhomond le Rudiment de la langue latine;