‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 15 sur 193 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

on pourrait l'appeler — et c'est ce que lui donne à nos yeux le plus grand prix — on pourrait l'appeler le Commencement de la sagesse. En effet, avec les exemples qu'il a su choisir, Lhomond a mis dans son livre comme un code de préceptes qui mènent au bien et sont capables de nous y maintenir. Il en faut dire ce que Henri IV disait de Plutarque, « l'instituteur de son bas âge : — Il dicte à l'oreille beaucoup de bonnes honnêtetés et maximes excellentes pour la conduite ». Voyons donc quelle est la morale enseignée par les exemples de Lhomond. Je ne puis tous les citer ; quelques-uns suffisent pour donner des autres la meilleure idée.

Dernièrement, Jeunes Elèves, vous mettiez en pratique l'un de ses préceptes : — « Ayez pitié des pauvres. » L'hiver avait été longtemps rigoureux ; des vieillards souffraient dans leurs sombres réduits ; des mères affligées n'avaient pas assez de leur cœur pour réchauffer leurs petits enfants. . . Le dénûment, la faim, c'est affreux ! Et combien cette misère est plus affreuse encore, quand se prolongent les jours tristes et glacés de la bise et de la neige ! Vous avez été émus de toutes ces souffrances, et, compatissant à tant de maux, vous avez tenu à honneur de contribuer à les soulager autant qu'il vous était possible. Ingénieux cette fois pour la bienfaisance, vous avez su trouver de quoi ajouter aux sacrifices faits par vous les années précédentes... Hier encore, au premier bruit que la guerre avait éclaté, vous avez eu le même élan de cœur chaleureux, et, vite, vous avez recueilli parmi vous d'abondantes et sympathiques offrandes, pour apporter quelque adoucissement aux malheurs que causent les batailles. Je vous féliciterais de tant de généreuse humanité, si je ne savais qu'à toutes les félicitations publiques vous préférez le remerciment que vous adressent du fond du cœur et nos pauvres et les blessés de notre vaillante armée . . .

Je reviens à Lhomond. Il veut que vous ayez un — a corps accoutumé au travail, — Corpus assuetum labori ». Le travail est la grande loi de la vie ; il n'est permis à personne de s'y soustraire. Préparez donc votre corps à pouvoir supporter les fatigues qu'elle impose. Notre grammairien ne néglige point ce qui donne au corps du charme et de la grâce ; il constate, sans flatterie, que — « vous l'emportez en beauté ». Il y a là de quoi plaire, mais il faut prendre garde d'en tirer vanité, et mettre le soin d'un bel extérieur de beaucoup au-dessous de la culture de l'esprit. Lhomond ne manque pas de nous en avertir par cet exemple : — a Les qualités de l'âme sont bien préférables à celles du corps. »

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