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Pau, Vignancour, frimaire an vi. — Bibliothèque do Pau

3. On sait (p. 297, ci-dessus) que les cours avaient commencé un an avant nnstallatioD Boienuelle de l'Ecole.

base de renseignement doit êti*e l'étude des langues, en commençant par celle de la langue françoise. Les observations faites sur cette dernière facilitent l'usage des langues mortes, ainsi que It connaissance des règles qui leur sont propres. Une fois fixés' sur ce point, les professeurs ont cru devoir adopter un plan gradué de telle sorte que les classes successives, oti Ton s'occupera de Tétode des langues, formassent un cours complet dont la durée seroit de quatre ans. En conséquence, quatre d'entr*eux se sont distribué le travail ainsi qu'il suit.

La première classe, qui doit, pour ainsi dire, former la pépinière de l'Ecole centrale, sera la classe des grammaires françoise et latine. Le professeur de cette classe, après avoir fait connoitre les premières règles de la langue françoise, appliquera ces premières connoissances aux élémens de la langue latine et initiera ses élèves à un rapprochement des deux langues (quant aux élémens du discours) très-propre à leur faciliter l'étude de l'une par Tautre. Il se mettra tellement à la portée des commençans, que tous les enfans qui sçauront lire et écrire pourront y être admis * ,

De cette première classe, les élèves passeront à celle proprement dite latine. Là, ils traduiront et analyseront les auteurs les plus aisés, et se formeront ainsi par l'usage, tandis que les observations du professeur leur feront distinguer les règles de la syntaxe ou construction latine et françoise. Une année entière, employée ainsi à ti'aduire ou analyser, les formera bien plus à la connoissance du latin et du françois que ne faisoient autrefois quatre années d'une étude machinale, 2)2tr laquelle les malheureux écoliers meubloient leur mémoire de mots, et se faisoient une routine qui, quoique péniblement acquise, les laissoit étrangers an génie de la langue latine et même de la françoise.

La troisième classe sera celle des humanités ; elle est réservée au professeur d'histoire. Celui-ci, pour remplir en même temps la tâche qui lui est propre et perfectionner les élèves qui passeront à sa classe dans l'usage du latin, leur expliquera les historiens latins, et les exercera dans des compositions latines et françoises. Mais comme les jeunes gens qui seront pai*venus à cette classe auront acquis de la facilité, il ne se bornera pas à cet enseigne-

1. En l'aa viii, il y avait à Pau 10 écoles primaires tenues par les « instituteurs » Bruno, Monluc, Pédezert, Labastide, Serres, Hourcade, Pèes, Mootespaa, Mousset, Cazalis . Calendrier du département, elc, ; Pau, G. Sisoi, impr. ^ En 1792, il n'y avait que 3 écoles, dont les « régents » étaient les citoyens Bassot, Labastide et Jean Soulé. Délibération du Corps municipal, 6 octobre 1792. — Pau avait alors une population de 10,000 habitants.

ment : il leur donnera en même temps un traité de géographie et un précis général et philosophique de Thistoire ancienne et moderne.

C'est ainsi que les élèves seront disposés à entrer, la quatrième année, dans la classe des belles-lettres ou rhétorique. Le professeur de cette partie réunira la littérature latine à la littérature françoise, et, en faisant connoitre les meilleurs modèles dans ces deux langues, il exercera ses élèves par des compositions latines et françoises sur les divers genres de littérature.

Des méthodes plus parfaites que celles adoptées jusqu'à présent font espérer que, dans quatre ans d'une étude ainsi graduée, les jeunes gens acquerront toutes les connoissances que l'on acquéroit autrefois dans les Collèges pendant un plus long espace de temps.

Les professeurs de toutes les parties entreront tous les jours, et les heures des classes seront distribuées de manière que les écoliers appliqués aux parties dont nous venons de parler puissent suivre en même temps, s'ils le désirent, les cours de mathématiques, de dessin, d'histoire naturelle.

C'est après ces premières études qu'ils seront suffisamment formés pour profiter des leçons du professeur de législation ^ .

Tous les cours commencés l'année dernière seront continués cette année ; et les professeurs en commenceront de nouveaux pour les élèves qui entreront cette année.

Enfin, pour remplir les vuides que l'interruption de l'enseignement a faits à l'instruction publique, les professeurs se chargeront d'un travail de surérogation ; ils se multiplieront, pour ainsi dire, afin que chaque élève, qui aura de la bonne volonté, trouve un enseignement à sa portée.

On peut espérer, d'après ces efforts que l'amour de la Patrie commande, des succès d'autant plus rapides que l'Administration centrale est disposée à encourager de tous ses moyens les professeurs et les élèves.

En conséquence, le bâtiment du ci-devant Collège va être exclusivement ^ rendu à sa première destination; et les parents éloignés du chef-lieu auront la faculté d'envoyer leurs enfans dans un pensionnat qui va être élevé près de l'Ecole centrale, et qui sera sous

1 . Dans les Ecoles centrales, « les professeurs de législation enseignaient tantêt la jurisprudence et le droit civil, tantôt le droit public et les principes généraux de la législation ; presque tous s'étendaient longuement sur la Constitution » .

2. La concession d'une partie du Collège fut alors retirée aux « entrepreneurs de la manufacture » .

la surveillance des professeurs * ; il sera fait sur cet objet un prospectus qu'on distribuera incessamment ; en attendant, les parens qui voudroient confier leurs enfans aux soins des professeurs, s'adresseront au Bureau administratif de l'Ecole centrale. — Signé: SiCABAiG, Secrétaire en Chef.

Aux termes de la loi du 3 brumaire an iv, Tensei-^ gnement dans les Ecoles centrales devait être divisé en trois sections : — P\ dessin, histoire naturelle, langues anciennes, langues vivantes; — 8; mathématiques, physique et chimie; — 3% grammaire générale, belles-lettres, histoire et législation. La durée de renseignement dans chaque section était de deux années. On n'était admis dans la 1" qu'à l'âge de 12 ans.

Dans le programme de l'Ecole centrale des Basses- Pyrénées (frimaire an vi), il n'est rien dit de l'enseignement de la grammaire générale. — Par la lettre suivante, on sait qu'une partie de ce cours fait par le citoyen Baradère formait un traité d'idéologie ou d'analyse de la pensée ; le ministre de l'intérieur, Quinette, écrivait au professeur :

Citoyen, j'ai reçu votre lettre du 15 fructidor dernier et avec elle les cinq cahiers qui y sont joints. Je les ai communiqués aa Conseil d'instruction publique 2. Le Conseil a vu cet ouvrage avec beaucoup d'intérêt.

1. On lit dans VAlmanacfi de l'an vu (Pau, Daumon, impr.) : « Lo citoyen Baradère, professeur à l'Ecole centrale du Département, prévient ses coDCitoyeos qu'en attendant l'organisation prochaine des pensionnats, 11 prendra étiez lui des élèves, et qu'il leur donnera les soins qui sont le but de cette espèce d'établissement. Pour assurer l'exactitude de la surveillance et des leçons, il aura pour collaborateur lo citoyen Urbain Busquôres, de Pau, siijet aussi recommandablo par sa moralité que par son instruction. — Les parens qui voudront donner leur confiance au citoyen Baradère, sont priés de l'en prévenir d'ici au 1" brumaire, et de lui donner en même temps la note exacte 1" de ràgo des enfans, 2<* des études qu'ils ont déjà faites, etenûn de celles qu'ils sont destinés à faire » .

2. Il était composé dos citoyens Palissot, Darcet, Ginguené, Lagrange, Jacquemont, Domerguo, Daunou, Tracy, etc.

Cependant, il a donné lieu à quelques réflexions dont je dois vous faire part. Premièrement, le Conseil a regretté que vous ayez donné à votre traité d'idéologie la forme du « Traité des sensations » de Condillac. . . Secondement, on croit qu'il serait convenable, pour bien des motifs, de ne pas parler de la prétendue preuve que donne Condillac de l'immortalité de l'âme et de rincompatibilité de la pensée et de l'étendue dans une même substance, et de ne pas entrer dans les détails des perfections de l'Etre Suprême. Ce sont choses qui dépassent nos moyens de connaître et qui ne pourront jamais être susceptibles de bonnes démonstrations. Or le caractère de la nouvelle métaphysique est et doit être de ne traiter que les sujets qui sont évidemment à la portée de notre intelligence ^ .

Après avoir cité cette lettre, dans son livre sur l'Instruction publique et la Révolution, M. Albert Duruy s'exprime ainsi : — « L'athéisme officiel s'en prenait aux idées qui forment le fonds commun de la philosophie spiritualiste et des religions. Singulière aberration de la part d'un gouvernement et qui n'était pas faite, à coup sûr, pour donner beaucoup de vogue aux Ecoles centrales. Déjà suspectes par leur origine, elles auraient eu besoin de rassurer l'opinion publique par des tendances et une tenue irréprochables....»

Les professeurs de l'Ecole centrale des Basses- Pyrénées étaient, en l'an vu, les citoyens : Dumont, pour le dessin ; Bergeret, médecin de Morlaas, histoire naturelle; h B. Mailhos^, langues anciennes; Dolhaberiague, mathématiques ; N., physique et chimie expérimentale ; Baradère, grammaire générale ; A. Sordes, belles-lettres; Gaud, histoire; Brun, aîné, législation; — Daigney, bibliothécaire.

L'année suivante, le professeur de mathématiques,

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