‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 152 sur 193 · Séance du Conseil Général du 20 floréal an xi · texte numérisé non relu

Séance du Conseil Général du 20 floréal an xi

Cette autorisation fut-elle accordée?... Jugea-t-on que toutes les dépenses de premier établissement du Lycée incombaient plutôt à la commune qu'au département ?... — Voici ce qui fut arrêté par le Conseil municipal dans sa séance du 13 fructidor an XI (31 août 1803) :

« Le Conseil municipal, considérant que d'après les instructions recueillies par sa commission et les calculs auxquels elle s'est livrée, les frais de premier établissement du Lycée en réparations, appropriemens des bâtimens et ameublement, doivent s'élever à environ 50,000 fr.,

« Considérant que le crédit offert à la commune pour la fourniture du mobilier ne dispense pas de se mettre en mesure pour pourvoir aux réparations et à Tappropriement des bâtiments aussitôt que les plans et devis en auront été arrêtés et approuvés, et qu'il devient nécessaire de prélever dans cet objet une somme de 14,000 fr. sur les produits de l'octroi de Tan XII et de Tan xiii,

« Considérant qu'à cette somme viendra bientôt se joindre le produit des terrains communaux dont la vente a été déterminée (séance du 4 tloréal an xi) et sera probablement autorisée dès le commencement de la prochaine session du Corps législatif et dont l'estimation s'élève à 28,625 fr. 60 c. et que ce qui restera être dû aux fournisseurs pourra être acquitté sur les économies qui se feront dans le cours de l'an xiv,

« Considérant que, pour ne pas frustrer la commune des bonifications des produits de l'octroi qui doivent naturellement résulter de l'établissement du Lycée, ce que d'autres événements peuvent amener, il convient de restreindre autant qu'il est possible la durée du bail qui va être passé,

« Considérant enfin que la somme de 6,000 fr. offerte au Gouvernement pour les constructions navales par la délibération du Conseil municipal du 24 messidor, doit aussi être prélevée. Tan xii, sur le produit de l'octroi ;

« Arrête que le Préfet sera prié de faire la nouvelle adjudication de l'octroi pour deux années seulement et d'insérer dans le cahier des charges :

« Qu'il sera prélevé sur le prix du bail, pour les deux années, une somme de 20,000 fr. applicable à l'acquit de l'ofïrande faite au Gouvernement (6,000 fr.) par la délibération du Conseil municipal du 24 messidor, et aux frais de premier établissement du Lycée. »

11 importait « de ne point perdre de temps ». Le Conseil municipal attendit, cependant, près de trois mois avant de se réunir de nouveau. — Enfin, une commission fut nommée dans la séance du 5 frimaire an XII (26 novembre 1803).

« Vu l'arrêté du Gouvernement du 16 floréal dernier portant que dans le cours de l'an xii il sera établi un Lycée dans le local de l'Ecole centrale,

« Vu l'arrêté du Gouvernement du 8 pluviôse portant que la bibliothèque, sur laquelle les scellés ont été apposés, sera mise à la disposition et sous la surveillance de la Municipalité, qui nommera un conservateur,

« Vu l'état, par aperçu, des choses dont la commune doit faire pourvoir le Lycée, et la lettre écrite par le Préfet au Maire le 23 brumaire dernier,

« Sur les observations et la proposition du Maire,

« Le Conseil municipal, considérant qu'il importe de ne point perdre de tems, afin que l'exécution des arrêtés du Gouvernement n'éprouve aucun retard ; qu'il devient pressant de s'occuper des travaux à faire

pour mettre le local en état de recevoir sa destination, de manière que les dispositions intérieures qui seront déterminées par les inspecteurs, puissent être effectuées avant l'arrivée des élèves, qu'il est également nécessaire de prendre d'avance les mesures convenables pour procurer les meubles, ustensiles et autres fournitures dont l'établissement doit être pourvu; que le Maire, trop occupé du courant de l'administration, ne sauroit suffire seul à tous ces détails, et que le Conseil, en corps, peut encore moins s'en occuper,

« Considérant que la commission qui doit en être chargée ne peut manquer de tirer de grands secours du citoyen Estarac, Président de l'Ecole centrale, qui a provoqué et surveillé depuis trois ans avec un zèle infatigable toutes les réparations et améliorations qui ont été faites aux bâtiments et dans les dépendances de l'établissement,

« Arrête que les citoyens Claverie (d'Argagnon), Boizot, Lassus, Lavielle, Gachet, Dufau aîné, sont nommés commissaires pour s'occuper, conjointement avec le Maire, de tout ce qui peut être relatif à l'exécution des arrêtés du Gouvernement concernant l'établissement du Lycée, notamment pour faire mettre le local en état de recevoir sa destination et pour le faire pourvoir de meubles, ustensiles et autres choses nécessaires; —arrête aussi que la commission pourra s'adjoindre le citoyen Estarac, Président de l'Ecole centrale, et employer tels hommes de l'art qu'elle jugera convenable. »

Le 19 pluviôse an xii (8 février 1804), le Maire, rendant ses comptes administratifs, fit relativement à l'affaire du Lycée la déclaration suivante : « Vous avez été réunis plusieurs fois dans le cours de l'année et vous l'étiez naguère encore pour vous occuper de cet établissement. Les délibérations qui ont eu lieu à

ce sujet sont trop présentes à vos mémoires pour que je vous les rappelle dans ce moment. Je vous observerai seulement que la commission executive que vous avez nommée s'occupe avec zèle et activité de procurer et faire confectionner les objets nécessaires à son premier établissement. Le Préfet vient de m'informer que le ministre de l'Intérieur, auquel il avoit rappelé, d'après ma demande, l'autorisation sollicitée pour la vente des terrains dont le produit est destiné à pourvoir aux frais de premier établissement du Lycée, lui avoit marqué, par la lettre du 25 nivôse dernier, que le 16 frimaire précédent il avoit mis cette affaire sous les yeux du Gouvernement ; tout nous permet d'espérer que la vente desdits terrains sera autorisée pendant la session actuelle du Corps législatif. » Arch. Comm., D. 12.

Le Conseil Général, dans sa séance du 22 germinal suivant (11 avril 1804), s'exprimait ainsi par l'organe de son rapporteur :

« L'établissement d'un Lycée à Pau est à la veille d'être réalisé. — Par les soins du Préfet de ce département, les bâtiments de l'Ecole centrale seront disposés à le recevoir avant la fin de l'an xii. »

Reprenant alors un vœu émis dans la séance du 25 floréal an xi, le rapporteur continuait :

« Le complément de ce bienfait du Gouvernement serait une Ecole spéciale de droit placée dans la même ville. Les motifs de convenance et d'équité se réunissent en grand nombre pour lui faire accorder cet établissement.

« En l'an 1723 *, une Université fut établie à Pau; ce n'était que le renouvellement de l'ancienne Université qui avait existé en Béarn, avant sa réunion à la

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