XXII INTRODUCTION
peut s'en acquitter d'autant mieux, qu'on est plus éclairé. Aussi Lhomond insiste-t-il sur ce point : — « Je vous conseille de lire, — Je vous exhorte à lire. » Aujourd'hui, plus que jamais, il serait d'une nécessité absolue que de pareilles exhortations pussent être universellement suivies. Mais, après avoir fait de grands et de très louables efforts, on n'est pas encore parvenu à répandre partout les premières connaissances. Tâchons de réaliser enfin ce progrès ; que rien ne nous arrête ! . . . Un homme de bien, de l'esprit le plus distingué, membre de l'Académie française, écrivait naguère dans un très bon livre sur les Pères et les Enfants : — « S'il y a des insensés qui ne veulent pas recevoir la lumière, forcez-les à lui ouvrir leur porte ; imposez-leur l'éducation, expropriez-les de leur ignorance pour cause d'utilité publique. » C'est un avis salutaire. Apprenons donc h lire à tout le monde ; ainsi, tout le monde aura la faculté de s'instruire et de s'éclairer. . . — De là dépend. Messieurs, la sécurité des temps prochains. — Quand il n'y aura plus d'ignorance parmi nous, que de fautes seront évitées, que de vices et de folies disparaîtront ! Combien notre société, inquiète et troublée, deviendra plus calme pour achever les grandes choses qu'elle a si péniblement et si glorieusement commencées ! Pour vous. Jeunes Elèves, qui avez plus que le bonheur de savoir lire, vous qui avez déjà reçu une instruction puisée aux sources les plus pures, ne vous en tenez point là. Avec nous, au Lycée, loin de nous, dans le monde, que vous soyez disciples ou vos maîtres, continuez, n'abandonnez pas la culture intellectuelle de vous-mêmes. Pratiquez toujours cette maxime de Lhomond : — « Je me sers de livres, — Utor libris. » N'y cherchez point les frivoles hochets de l'oisiveté, les distractions malsaines du désœuvrement ; tous, vous y trouverez de vives lumières, des forces viriles, l'ornement de l'esprit et la santé de l'àme ; quelques-uns, peut-être, travailleurs plus heureux que les autres dans cet inépuisable et magnifique domaine de la Science, de la Littérature et de l'Art, en sauront tirer des œuvres utiles, éclatantes, qui seront fécondes pour l'avenir !
Notre amour, notre passion des livres ne doit pas avoir pour objet seulement les livres de l'antiquité, dont je parlais il y a quelques instants. On a marqué à ceux des sociétés modernes, aux nôtres en particulier, une large place, la place qu'ils méritent d'avoir dans l'enseignement public. Il importe de s'attacher aussi à l'étude de ces œuvres plus récentes, où les loisirs délicals trouvent ensuite tant de charme et de profit.
Les unes ont fait de l'Histoire une philosophie qui, montrant le