INTRODUCTION XXIII
passé tel qu'on n'avait pas encore su le voir, peut se permettre de prédire les destinées futures des nations.
Les autres nous mettent à même de saisir les procédés merveilleux à l'aide desquels la Science, si puissante aujourd'hui, arrache à. la nature ses secrets, pour le bien-être et la richesse de l'humanité.
Ce que l'Italie, l'Angleterre et l'Allemagne ont produit de plus, admirable, stimule en nous la curiosité des langues vivantes, et par là prépare un des éléments de la fraternité qui un jour unira les peuples, au moins je l'espère !
Parmi tant d'œuvres diverses des sociétés modernes, combien n'y en a-t-il pas aussi qui enchantent l'imagination, épurent le sentiment, enthousiasment le cœur, ou élèvent la pensée jusqu'aux hauteurs les plus sereines du Vrai, du Beau et du Bien !
— Instruments de progrès, ainsi que l'ont constaté de plus autorisés que nous, toutes ces œuvres agissent profondément sur
les intelligences qu'elles aspirent à gouverner Nos livres^
par exemple, depuis les Fabliaux des Trouvères jusqu!aux Méditations de Lamartine, depuis Montaigne jusqu'à Chateaubriand, nos livres nous présentent une Littérature exerçant à travers les âges une sorte de magistrature morale, quelle que soit d'ailleurs la forme qu'elle revête, tour à tour grave et légère, enthousiaste et badine, élogieuse et satirique. Il ne faut point la considérer comme l'expression passagère de la vie d'un seul peuple. Malgré ses franches allures et sa physionomie fortement empreinte des couleurs locales, bien que, pour l'ordinaire, elle porte le vêtement français, par les types qu'elle a créés, par les idées qu'elle a su propager, elle est humaine, universelle, et, à ce titre, l'héritière directe des Lettres grecques et latines, dont elle a recueilli les traditions, marchant toujours comme elles dans une voie de
progrès, de redressement social et de haute civilisation —
Servons-nous de ces livres : nous ne pouvons qu'y gagner et pour notre propre dignité et pour l'honneur de notre temps !
J'en ai dit assez. Messieurs, afin de montrer qu'il y a dans Lhomond autre chose que ce qu'on y voit d'ordinaire ; heureux si, en expliquant, comme j'ai essayé de le faire, quelques-uns des exemples tirés de ce livre, j'ai pu vous convaincre que jamais on n'en mit de meilleur entre les mains des élèves !
Aux conseils que j'y ai puisés pour les donner à ces jeunes gens, je veux en ajouter un dernier, et je ne puis m'empêcher de le prendre dans Lhomond. C'est un conseil bon à suivre au milieu de toutes les occupations de la vie, il a tout son à-propos le jour où commencent les vacances ; je l'adresse à chacun des élèves qui ont