XXIV INTRODUCTION
encore à faire des efforts pour obtenir plus tard ces couronnes, je l'adresse à chacun des vainqueurs d'aujourd'hui, dont quelquesuns seront des hommes demain : — « Reposez-vous afin de mieux travailler, — Otiare quo melius labores. »
Dans V Histoire du Lycée de Pau, page 200, il a été rappelé qu'à la fin du siècle dernier on proclamait en France la nécessité de réorganiser Tinstruction publique.
Alors, ainsi que de nos jours, on détractait l'étude du latin et du grec ; on lui préférait, comme plus utile, celle des sciences. « Les réformistes — on les appela ensuite les utilitaires — trouvaient déplorable la prison qu'on faisait faire à l'esprit de la jeunesse dans l'étude des langues mortes; ils s'indignaient qu'on lui laissât ignorer tant de choses utiles, pour l'ennuyer de connaissances qui étaient, selon eux, sans application dans la vie. Ceux-là plaidaient pour que l'instruction commençât par les sciences. — On ne voulait même plus de collèges. Rousseau n'avait-il pas dit dans VÉmile : « Je n'envisage pas comme une institution publique ces risibles établissements qu'on nomme collèges. »
M. Patin, dans un discours prononcé à la Sorbonne, vers 1834, racontant que Voltaire s'était raillé * avec infiniment d'esprit et de sens des utilitaires de son temps, ajoutait : « Vutilité est un grand mot assurément, qui toutefois, comme les autres mots de la langue, n'a de valeur réelle que selon le sens plus ou moins juste qu'on y attache. Or, je ne crains pas de