Vallet de Viri ville, Moyen âge et Renaissance
2. Les divers noms qui, à différentes époques, furent donnés aux rues de Pau, ont été recueillis et expliqués par M. Lacaze ; voy. Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et ArtSf t. xvii.
Les Jésuites mirent un assez grand nombre d'années
là élever cet ensemble de constructions qui devait
I former « un beau Collège », comme disait, mais en se
I trompant de date, Tauteur de V Histoire du Bêarn '.
■ M. Riciiaud, ancien proviseur du Lycée, l'a décrit
I ainsi : « Ces bâtiments d'un aspect un peu sombre au
I dehors, mais vastes et commodes au dedans, inondés
d'air et de jour, entourés de jardins et de bosquets,
regardant au midi les Pyrénées resplendissantes, sont
si grands, si beaux, si merveilleusement appropriés
à leur destination, qu'il semble que les Rois, ayant
déjà leur palais à l'une des extrémitésde la ville, aient
voulu que les Sciences eussent aussi le leur à l'autre
extrémité ^. » Cette description serait excellente, si
l'on y faisait quelque réduction dans le relief et dans
l certaines couleurs.
Nous avons déjà indiqué que sur l'un des bâtiments, I celui qui est, au sud, la façade principale du Lycée, I on voit en chiffres de fer la date de 1640 au-dessus du I premier étage, côté du midi, à laquelle date correspond, du côté opposé, celle de 1641.
Voici donc, pour l'histoire de notre établissement d'instruction publique, deux dates fondamentales, si cela peut se dire : — 1632, institution royale du Collège de Pau ; — 1640-41, Collège construit (moins l'Eglise St-Louis-de-Gonzague). Dans cet interyalle de près de vingt ans, le Collège fonction na-t-il, y eut-il des cours d'enseignement faits par les Jésuites ? On le peut conjecturer pour les années qui suivirent immédia-
Iteraent 1622 ; cela est incontestable pour les années gui précèdent de plus près 1640-41 : un de leurs élèves, çui (ut des plus célèbres et des plus renommés, mais pon le meilleur et le plus édifiant, le comte de
Gramont, dont nous aurons à parler bientôt, était sorti du Collège un ou deux ans avant 1639. Les Jésuites avaient dû avoir hâte de seconder les vues de Louis XIII, qui venait de rétablir le catholicisme en Béarn. On a dit qu'en instituant le Collège, le Roi avait voulu « exercer — par les Révérends Pères — une action sur les classes élevées du pays et pénétrer la jeunesse lettrée du sentiment catholique ^ ». Aussi peut-on croire que les Jésuites, immédiatement après qu'ils eurent obtenu l'institution royale d'un Collège, s'empressèrent d'approprier leur « résidence » primitive pour y installer quelques salles de classe ; des professeurs et des régents pouvaient y être déjà logés. En effet, dès 1622 fut perçue, en partie, la dotation de Louis XIII (rente annuelle de 12,000 liv.) On trouve aux Archives Départementales, B. 3658, la quittance autographe du P. Pierre Coton, provincial ^ de la Compagnie de Jésus, pour la pension du Collège de Pau. On y remarque, en fait d'orthographe, qu'il n'était guère orthodoxe ; c'était moins sa faute que celle de son temps.
Je soussigné Pierre Coton, Provincial de la Compagnie de Jésus an Guyenne, confesse avoir receu contant de M. Bernard de la Campagne, trésorier, par les mains de M. Isaao d'Alchimia (de Lechimia), commis an la recette générale des finances du Roy Navarre et Bearn, la somme de trois mille livres tournoises sur et an déduction de la somme de douze mille livres tournoises qu'il a pieu a Sa Maiesté ordonner pour la fondation qu'elle a fait de son Collège royal de notre Compagnie an la presante ville de Pau, de laquelle somme de trois mille livres j'aquitte le dit de la Campagne, de l'Achimia (de Lechimia), et tous autres par la presante que j'ay signé de ma main. Fait à Pau ce 13 de Septanhre 1622. — Pierre Coton Provincial.