‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 36 sur 193 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Maison de campagne des Jésuites. — Métairie noble de M. Henri de Tisnès, juge de Béarn. — Le Bois-Louis. — Vergers et vignes. — Le « Sépulcre ». — Maison de récréation. — Chênes et aulnes. — Les Jésuites devaient hommage au roi pour la possession noble du Bois- Louis. — Cérémonie de l'hommage.

— Jeanne de Tressens ; acte de donation de sa maison. — Deux femmes. — Les Jésuites et leurs voisins. — Affaires d'intérêts. — Le testament d'Antoine de Pujo de Lafitole.

— Lettre de l'évêque de Castres. — Legs de Madame de Mesplès ; opposition de sa fille. — Chance de plaider avec M. de Samsons .

Les Jésuites avaient acheté leur maison de campagne peu de mois après que Louis XIII eut institué le Collège.

Par un contrat passé le 15 septembre 1622, M. Henri de Tisnès, juge de Béarn au siège de Pau, s'était engagé à vendre pour la soiïime de neuf mille livres tournoises au R. P. Coton, provincial de la Compagnie de Jésus en Guyenne, une métairie noble ^ communément appelée de Tisnès.

Elle est depuis fort longtemps plus connue sous le nom de « Bois-Louis » ; on Ta aussi appelée « Beau-Louis » dans quelques pièces des Archives. M. Dugenne prétend, Panorama historique, etc., que le domaine s'étendant jusqu'au château de Bizanos

1. «Lettres patentes du mois de juillet 1616 contenant affranchissement de toutes sortes de rentes, et anuoblissement du Bois-Louis obtenu par M . de Tisnès. » Arch. Dép. D. 10.

fut donné par Louis XIII aux Jésuites ^ et que la belle allée d'arbres, comprise dans son enceinte, fut « sans doute baptisée du nom de Bois-Louis » par reconnaissance, en mémoire du « présent » que le roi leur avait fait. La reconnaissance part d'un bon naturel ; mais elle n'a que faire ici, puisqu'il est établi sur titres authentiques que le Bois-Louis fut acheté par les Révérends Pères à M. Henri de Tisnès.

D'après ces mêmes documents, il s'en faut de beaucoup que la propriété des Jésuites s'étendit jusqu'au château de Bizanos; elle ne dépassait guère, si elle y atteignait, le terrain sur lequel est actuellement l'usine à gaz.

Le R. P. Coton ayant été « obligé de s'en aller vers la province de Guienne » donna procuration au Père Gilbert Rousseau, prêtre, de la dite Compagnie, pour passer le contrat d'achat de la métairie que M. de Tisnès s'était engagé à vendre, et qu'il avait « baillée» au P. Coton « pour en faire les fruits siens » dès le 15 septembre.

Ce contrat d'achat fut passé le 7 octobre 1622. La métairie, y est-il dit ^, comprenait des maisons, bordes (granges) et murailles, le long du chemin public, pressoir, cours, jardin, verger, vigne, bois de haute futaie, taillis, champs et pré, tout en un tenant ; elle confrontait avec le chemin public qui va de la rue de La Codure ^ à Nay, avec le ruisseau appelé l'Ousse, avec le jardin et vigne de M" Auger d'Hereter, notaire,

t. C'est à M. d'Aine, Intendant, qu'il faut aussi imputer cette erreur; dans un rapport adressé à M. le ministre, le 29 août 1772, il parle d' « un terrain clos considérable qui fut donné par le feu Roy et qui est appelé le Beau-LouiSt affermé 1700 livres ». Arch. Dép.

Page 1