‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 37 sur 193 · Archives Départementales, E · texte numérisé non relu

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3. La Codure ; on écrivait aussi « Lacodure, Lacoudure et La Coudure ». Voyw ci-dessus, p. 10.

avec la vigne du sieur de Pardies^ conseiller en la cour de Parlement, et avec terre et champ du sieur de Salettes.

Dans la vente faite par M. de Tisnès, étaient aussi compris « terre, champ et taillis », au delà de l'Ousse, « confrontant avec ledit ruisseau, avec le canal de la rivière du Gave qui va au moulin de Pau, avec un pré et champ du sieur Ferran, avocat, avec terre et jardin de la Liguoa^ et avec chemin public qui tire à Nay ».

Il n'entre pas dans notre propos de rappeler par le détail les acquisitions successives par lesquelles les Jésuites agrandirent, après 1622, la métairie et autres terres qu'ils avaient achetées à M. de Tisnès. Ils laissèrent ces propriétés, quand ils furent dépossédés du Collège, en 1763, bien plus étendues qu'elles ne l'étaient lorsque M. de Tisnès les leur vendit ; ils en avaient fait un beau domaine ^.

C'est là que, dans la première moitié de ce siècle et tout récemment encore, ont été bâties, à partir du n*' 21 de la rue du Lycée et le long de l'ancienne côte de Bizanos jusqu'à la passerelle sur l'Ousse, tant de grandes et charmantes demeures, hôtels et maisons, d'où l'on a la vue merveilleuse, tout ensemble riante et grandiose, des bords du Gave, des coteaux et des Pyrénées.

Là, tout à côté de la rue de Nay (rue du Lycée), à quelques pas de leur Collège, les Jésuites avaient

1. Terrain altenant à la maison de M. de Pardies, laquelle se trouvait près de l'emplacement où a été bâti l'hôtel Saintrailles (hôtel Ldbre), n* 17 de la rue du Lycée. Voy. Dugeune, Panorama historique, etc.

2. Lecture douteuse. — Il est dit dans un autre texte (1778), Arch. Dép. D. 10, que les Jésuites possédaient au delà de l'Ousse (bout du pont) « une pièce, pré ou labourable, appelée Lignon, sur laquelle est une petite maison en torchis, un petit jardin et un petit coin de bois ».

3. Propriété Nationale après 1790, donnée à la Ville en 1808, vendue à des particuliers, par lots, en 1809-10. »

« neuf petites chambres » en plein midi, une grange de cent huit pieds de long, des pressoirs ; — sur le versant de la colline, des vergers, des vignobles, où mûrissaient aux chauds rayons du soleil les fruits savoureux, les grappes vermeilles; —ensuite venaient des viviers, des champs, des prés \ et « la maison de récréation sur la rive du bois » tout près de TOusse et du canal du moulin qui séparaient le domaine du Bois-Louis proprement dit des champs et des bois que les Révérends Pères possédaient au delà du ruisseau et du canal.

C'étaient, au delà de TOusse, à droite du canal dérivé du Gave, des taillis et champs jusqu'au chemin public de Bizanos ; à gauche de ce canal, vers le terrain où est actuellement la Gare, « une pièce de terre, bois, nouveau complant en chesnes de rage d'environ 25 ans, bien garni, et plantés à la main et à distances égales, parmi lequel il y a beaucoup d'arbustes en saules et alniers (aulnes) qui y croissent naturellement ».

Les Jésuites devaient « foi, hommage et serment de fidélité » au roi pour le domaine du Bois-Louis. Le document suivant est tiré des Archives Communales de Pau, G G. 211 :

Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, seigneur souverain de Béarn, à tous ceux qui ces présentes verront sçavoir faisons que, ce jour d'iiuy, date de ces présentes, s'est présenté au bureau de nostre Chambre des Comptes de Navarre François Le Maye (Lemaye), religieux de la Compagnie de Jésus et sindic des Pères Jésuites de la présente ville de Pau, lequel pour obéir aux arretz par elle rendus les 23® février, 21» avril, 5« juin,

1 . Il y avait, au fond du vignoble, n un bâtiment en mur contenant dix pieds carrés, qu'on appelait le Sépulcre». Rappelait-il le Saint-Sépulcre, était-ce un caveau? Nous avons vainement cherché ce que c'était. — Au bout du pont de l'Ousse, du côté de Pau, était une petite maison avec un petit jardin distrait du Bois-Louis ; on l'appelait la Lingerie.

7« sept, et 12« nov. 1664, et autres sur ce intervenus, Nous a fait et preste en nostre dite Chambre les foy, bornage et serment de fidélité qu'il Nous doibt à cause de la maison, cbamp, pré, bois et vigne, tout en tenent (en marge, appelle le Beau- Louis), qu'ils possèdent noblement en la présente ville, mouvans de Nous à cauze de nostre souvereneté de Béarn, en la forme ordinaire et accoustumée, estant teste nue, genous à terre, sans espée, ceinture, espérons, manteau et gans, tenant ses mains jointes sur les quatre saints Evangiles, et lui a esté ordonné de bailler son adveu * et dénombrement, et le faire vérifier dans le temps porté par l'Ordonnance ; à faute de ce, ledit homage demeurera pour non fait.

A ces causes, ordonnons que cy aucunes saisies avoient été faites contre luy, faute d'homage et devoir non rendus, elles demeurent pour non advenues, luy faisant en ce cas main-levée des biens saisis, avec inhibitions et deffances aus commissaires qui pourroient avoir esté establis au régime et gouvernement d'iceux de luy donner aucun trouble ny empescheraent en la jouissance, sauf en autres choses nostre droit et l'autrui en toutes. En foy de quoy, Nous avons fait mètre nostre scel à ces présentes. — Donné à Pau, en nostre Chambre des Comptes de Navarre, le onzième jour de juillet, l'an de grâce mil-six-cens-quatre-vingtz, et de nostre règne le trente-huitième. — Du Pont.

Le domaine du Bois-Louis n'était pas la seule propriété qu'eurent les Jésuites à proximité du Collège. Ils tenaient de la libéralité d'une vieille femme infirme une maison sise au canton, au coin de la « rue de Nay » et de la « rue devant du Collège ». Cette maison était désignée, en 1693, sous les noms de la femme à qui elle avait appartenu et de ceux à qui donation en avait été faite : « Jeanne de Tressens des Jésuites, rue de Nay ». Arch. Dép. C. 1047. — C'est là qu'est, de nos jours, le Café de Bordeaux, n° 2 de la rue du Lycée ^. — Voici comment les Révérends Pères en

1 . Aveu, acte par lequel un vassal énumérait les terres et droits quUl tenait de son seigneur. L'aveu devait être remis dans les quarante jours qui suivaient la cérémonie de l'tiommage. Voy. Chéruel, Dictionnaire historique^ etc.

2. En 1776, « la maison appelée au Canton (coin de rue) qui fait face à la rue de Nay (rue du Lycée), à celle de devant du Collège (rue Salnt-Louis-de-

étaient devenus possesseurs ; Archives Communales de Pau, G G. 213 :

Sçachcnt tous présents et advenir que, constituée personnellement devant moy notaire public de la ville de Pau et tesmoins bas nommés, Jeanne de Trescens, autrement de Teuler, qui a dit que depuis longtemps elle a esté secourue, en santé et maladie, par les R. P. Jésuites du Collège royal de cette ville, et dans espérance qu*elle a qu'ils continueront et fairont des prières pour elle, pendant sa vie et après sa mort, et, de plus, luy accorderont que son corps soit ensevely après son descès dans leur église, en reconnaissance de ce dit bienfait, considérant son âge et ses infirmités, et qu'elle est hors d'état de pourvoir aux choses qui luy sont nécessaires pour vivre et entretenir sa maison, de son bon gré et volonté fait donation de sa maison et jardin situés en cette ville, appelés communément de Teuler ; confronte d'oriant et midy avec rues publiques, du couchant et du nort avec maison et jardin de Jean de Forcade et de Arnaudine de Lamy et de Mandes. — Donation acceptée par le P. Ignace Tartas et Jacques Doyhenard, recteur et syndic du Collège. — Fait à Pau, au sallon de la porte * du dit Collège royal de la présente ville, le 26 novembre 1692.

Qu'il nous soit permis de relater ici— le rapprochement semblera peut-être curieux— la donation qu'une bourgeoise de Bordeaux fît en 1570 au Collège municipal de Guyenne. Naudine de Roustault, femme de Pierre d'Andrieu, possédait une maison enclavée dans les dépendances de cette institution ; on y avait établi des classes, et, depuis Tannée 1533, cet immeuble avait été loué par la Ville pour le service du Collège.

Par acte du 4 mars 1570, Naudine Roustault fît don aux Jurats de cette maison, à la condition qu'elle

Oonzague), à laquelle est joint un petit jardin, qui confronte d'orient avec la rue de devant du CoUoge, d'occident avec la maison do Lacroutz,du midy avec laruedeNay, et du septentrion avec la grange de Crozeillos ». Arch. Dép D. 10. — En 1790, celte maison, « appelée du coin », était louée par les Bénôdictins pour 175 liv. à Gaye, marcclial-ferrant, et à Bergoret, marchand. Compte des Bénédictins, etc.; voy. ci-dessus, p. 22, note 2.

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