‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 47 sur 193 · Il y a là un ou deux mots illisibles · texte numérisé non relu

Il y a là un ou deux mots illisibles

2. Voy. L'Intendant Foucault et la Révocation en Béarn par L. Soulice; Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, t. xiv.

. 3. « Logement d'une compagnie de dragons à Navarrenx (1685) » . Archives Départementales, C. 873.

les Révérends Pères avaient achetée (4,575 livres), le 6 février 1646, à MM. Pierre Lenfan et Jean Laillacar d'Oloron. Les Jésuites voulaient fonder une résidence dans cette ville. Ils en furent empêchés par une délibération des Etats de Béarn du 19 août de cette année. Sur l'avis du président de rassemblée, Mgr l'évoque de Lescar, il fut interdit aux Religieux, de quelque ordre qu'ils fussent, de s'établir dans n'importe quelle localité, sans l'assentiment des habitants ; il avait été d'abord question de l'établissement que les Jésuites se voulaient procurer à Oloron par l'achat qu'ils y avaient fait d'une maison (lous Jesuistes, dit le texte béarnais, se volen procurar per la crompe qui abenfeyte de une mayson) ^

Ce serait trop nous éloigner de notre sujet, que de parler ici des nombreuses missions qui furent faites ensuite par les Révérends Pères, de tout côté, dans le pays. Il y aura lieu de rappeler plus loin les fondations pieuses, dont les rentes constituées au profit du Collège de Pau servaient à maintenir les missionnaires en exercice.

Quant aux prédicateurs, si l'on en peut juger par un exemple que nous allons citer, il est à croire qu'il était d'usage, partout où l'on avait fait appel à eux, de les « bien traiter, de les bien régaler » dans les presbytères. Le curé d'une localité voisine de Pau, qui les connaissait bien — il avait été leur élève — écrivait, le mois de juillet 1727 :

« Le jour de Saint-Barthélémy, fête de Gan, ma paroisse, est le 24 du mois prochain. Je vous prie d'aller voir le R. P. Boniot,

1. Archives Départementales, C. 717. — D'après M. Dugenne, Panorama historique^ etc. y les Jurats d'Oloron avaient rejeté la demande des Jésuites pour la fondation d'un collège dans cotte ville, par ce motif que Tétude des lettres n'engendre que fainéantise, las estudis de las letres n'enyendren que gourrinè.

recteur du collège de Pau, de l'assurer de mes respects et de le supplier de ma part de vous donner pour ce jour-là un prédicateur. L'attachement qu'il n'ignore pas que j'ai pour la Société, me fait espérer qu'il ne me refusera pas cette grâce et ce secours.

» Vous me ferez plaisir d'accompagner le prédicateur et de le bien régaler dans mon presbytère, s'il est possible de l'y recevoir. Je vous tiendrai compte avec plaisir de la dépense que vous ferez ; mais n'oubliez rien pour le bien traiter * ». — Tristan.

On ignore si parmi les Révérends Pères qui allaient faire entendre leur parole du haut de la chaire, il y eut des orateurs de grand mérite. Ceux-là qui étaient désignés pour prêcher, quand lesEtats s'assemblaient, ne devaient pas être sans valeur. On paya 40 liv. au P. Saint-Pau, Jésuite du Collège royal, pour le sermon prononcé à l'ouverture des Etats de Béarn en 1735 ^. Le prédicateur avait été peut-être fort éloquent ; mais les Etats de Béarn n'étaient pas riches.

Neuf ans auparavant, le 25 mai 1726, un autre Jésuite du Collège, le P. Desplasses, avait prononcé V Oraison funèbre ^ d'Antoine duc de Gramont ^ « dans l'église des Cordeliers, en présence des Etats Généraux de Béarn ». Elle fut imprimée *; il y en a un exemplaire aux Archives Départementales, C. 1273.

Le P. Desplasses ne fut pas un médiocre orateur de la chaire. Il savait ce que vaut dans le discours une

1. Un curé béarnais au xviii* siècle (Correspondance de Tabbé Tristan) par V. Lespy ; Pau, 1879-80.

2. Archives Départementales, C. 913. — A l'ouverture des Etals de 1736, à celle de 1737, le sermon d'usage fut prononcé par le P. Pages, gardien (supérieur) des Cordeliers de Pau, par le P. Brigul, gardien des Cordeliers de Morlaas. L'un et l'autre reçurent, comme le P. Saint-Pau, la somme de 40 liv. Archives Dép. C. 914-15.

3. En 1715, lorsqu'on avait rendu à Pau les derniers honneurs à Louis XIV, une oraison funèbre avait été aussi prononcée par un Jésuite du Collège, le P. Broncot. Voy. Dugenne, Panorama historique^ etc.

4. Antoine IV, duc de Graraont, pair et maréchal de France, colonel des Gardes Françaises, gouverneur de Navarre et Béarn, décédé en septembre 1725.

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