A Pau, chez Jérôme et Jean Dupoux
ordonnance correcte. L'oraison funèbre qu'il prononça est divisée en deux parties qui sont parfaitement rattachées l'une à l'autre, et chacune d'elles est développée dans de justes proportions. On peut dire que le Révérend Père serait disert, s'il n'était souvent trop pompeux. On doit lui reprocher d'avoir été excessif dans ses louanges, outré dans ses métaphores. Il a le souffle, le mouvement oratoires; la véritable éloquence lui manque; mais il en a parfois les apparences.
Dans son exorde, après avoir cité ces paroles du Livre des Rois, 1,25 : — Mortuus est.,, et congregatus est universus Israël et planxerunt eum, il mourut. . . et tout Israël s'assembla pour pleurer sa perte, — le P. Desplasses s'exprime ainsi :
« Monseigneur \ c'est tout l'éloge que l'Ecriture fait d'un des plus grands hommes qui furent à la tête du peuple de Dieu ; sans doute, parce que rien ne pouvait donner une plus haute idée de son mérite que de dire que tout Israël s'assembla pour lui donner des marques universelles et publiques de ses regrets. Quoy de plus glorieux, en effet, que de voir toutes les Tribus désolées se couvrir de deuil et venir arroser de leurs larmes celui qu'elles avoient perdu ! Ce concert unanime dit que tous les Etats sont également frappez de cette perte ; et une perte qui se fait généralement sentir, doit être grande. Les cœurs des hommes, divisez par tant d'intérests différents, ne sçauroient se réunir que par l'intérest commun. Rien de médiocre n'excite un mouvement universel. »
L'orateur rend ensuite à son auditoire (l'évêque de Lescar et l'assemblée des Etats) l'hommage qui lui est dû ; cet auditoire est pour lui « tout ce que la Pro-