CHAPITRE VII
Personnel enseignant : professeurs et régents. — Le Préfet des classes. — Docteurs ès-Arts. — Les sept arts libéraux. — Deux catégories d'élèves : les scolastiques et les externes, — Professions de vœux. — Joseph Coquet. — Les externes dans le Collège. — « Le bien d'autrui tu ne prendras. » — Dommages payés. — Déclamations, lectures, discussions. — Thèses. — Premier prix de discours : La Pucelle, de Chapelain. — Représentations théâtrales. — La « salle de tragédie » du Collège. — Les comédiens de passage. — Le premier président du Parlement et les Jurats. — Le « prieur des écoliers ».
— La Salle de Comédie à Pau. — L'oiseau ravi. — Le docte chanoine Jean de Bordenave. — Panégyrique et diatribe. — Le registre secret du Parlement. — Le P. Pardies. — Palassou.
— Les Jésuites exclus du Collège en 1763.
Le personnel enseignant du Collège ^ se composait de professeurs pour les classes supérieures et de régents ou maîtres pour les classes de grammaire. Un préfet assistait le recteur pour la surveillance des études et des exercices. Il y avait parmi les professeurs des docteurs ès-arts. Il en sera question lorsque nous aurons à parler de PUniversité qui fut créée à Pau en 1724 et à laquelle le Collège fut agrégé comme Faculté des Lettres ; on disait alors Faculté des Arts.
L'acception du mot arts n'était pas anciennement celle qu'il a de nos jours. Les arts formaient l'en-
1. Le iiumbre des Jésuites au Collège de Pau, d'après l'Intendant Lebret, Mémoire ms. (1700-4), était de 62. C'est aussi le chiffre que donne M. Dugenné, Panorama historique, etc., en ajoutant qu'il y en avait 12 qui s'occupaient de l'enseignement et que le& autres étaient charges des conversions, missioas et prédications. — £n 1741, M. de Sérilly (voy. ci-dessus, p. 42) constatait que la maison du Collège de Pau était composée de 50 personnes.
semble des connaissances humaines et comprenaient à la fois les lettres et les sciences. On désignait sous le nom de sept arts libéraux la réunion du trivium et du quadrivium ^ c'est-à-dire à peu près tout ce qu'on enseignait. Le trivium comprenait la grammaire, la rhétorique, la dialectique; le quadrivium était composé des quatre sciences mathématiques, savoir : l'arithmétique, l'astronomie, la géométrie et la musique ^.
Il y avait au Collège deux catégories d'élèves : ceux qui se préparaient à entrer dans l'Ordre, appelés scoUistiques, demeuraient dans l'établissement; tous les autres étaient externes.
Du 22 décembre 1715 au 31 janvier 1762, cent vingtsept scolastiques prononcèrent devant le recteur ou un supérieur ou le provincial les premiers vœux d'obéissance, de pauvreté ^, de chasteté ; il y en eut treize qui firent profession des quatre vœux ^ — Qu'était-il arrivé à l'écolier, Joseph Coquet ? Son prénom était parfait; son nom de Coquet lui avait peut-être porté malheur; il lui fallut, une seconde fois, en venir aux premiers vœux. — Le quatrième vœu n'était prononcé que par ceux qui se destinaient à l'état ecclésiastique ; ils s'engageaient ainsi à vivre dans l'Ordre conformément aux statuts.
1. Trivium^ quadrivium, mots latins employés là, au figuré, pour signifier « réunion de frois, de quatre parties d'une science ».