‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 68 sur 193 · Archives Dôparteraentales, C · texte numérisé non relu

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dettes de ce Collège, ne veulent s'en charger qu'autant que ladite pension seroit continuée, ce qui suspend tout moyen de remplacement. » Aussi priait-on ces Messieurs de faire connaître à la cour, aussitôt qu'il serait possible, les intentions du roi à ce sujet. Au premier Président on envoya copie des lettres écrites à M. le contrôleur général et à M. de Saint-Florentin, ajoutant « que la Compagnie désireroit que M. l'évêque de Lescar agît de concert avec elle, qu'étant à portée de le voir à Paris il luy seroit facile de luy en parler, de sçavoir ses intentions et de leur en donner connoissance ».

Déjà, M. de Saint-Florentin avait adressé au Parlement un projet de lettres-patentes au sujet du « rétablissement des régens du Collège royal de Pau »; les nouveaux régents devaient être de la congrégation des Barnabites. Voici comment fut accueilli ce projet de lettres-patentes; on lit dans le Registre secret du Parlement de l'année 1763 :

« Les observations des hommes les plus éclairés ont averti depuis long tems des vices que contenoit l'éducation que les enfans reçoivent dans la plupart des collèges, et l'on n'a pas encore appliqué à ce mal le remède qui lui étoit propre malgré l'importance reconnue de l'objet d'après lequel doivent être formés des citoyens utiles dans tous les genres.

« Ces inconvéniens, qui subsistoient dans les principales villes du Royaume, étoient encore bien plus remarquables dans les provinces éloignées, et l'on peut assurer que l'insuffisance de l'éducation étoit plus sensible dans ce ressort que partout ailleurs, malgré le secours des deux Collèges de Lescar et de Pau, ressources uniques dans des Provinces où la médiocrité des fortunes ne permet point d'aller chercher ailleurs ce qu'on ne trouve pas dans sa patrie.

« Tout ce que les jeunes gens rapportoient du Collège, leur cours de philosophie fini, se réduisoit — à une légère connoissance de la langue latine qu'ils avoient prise d'une manière pénible, soit dans les vers techniques de Despautère, soit dans les autres auteurs classiques, — à quelques idées de détail sur la rhétorique et la poésie, bien éloignées des instructions nécessaires pour former des orateurs et des poètes, — et aux inutilités ténébreuses de la philosophie disputative substituées aux principes de l'art de raisonner, à la connoissance de soi-même, à celle des attributs des choses, à celle des règles des mœurs, et à celle de la nature ^

« Les derniers évènemens, en opérant la nécessité de changer les maîtres, fournissent l'occasion de procurer à ces Provinces l'avantage important d'une bonne éducation. Si on la laisse échapper sans que cet objet précieux soit rempli, c'en est fait pour jamais ; on doit s'attendre à voir perpétuer la barbarie du langage et l'ignorance qui les distingue d'une manière si humiliante ^

« Deux corps religieux se sont présentés aux magistrats pour le remplacement du Collège de Pau,

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