‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 69 sur 193 · Ce passajçe a élô cilé, p · texte numérisé non relu

Ce passajçe a élô cilé, p

2. M La barbarie du langage, TignoraDco qui les distingue d'une maniéro si humiliante » ; quelles duretés à l'adresse dos Provinces en général et du Béarn en particulier! Pour ce qui concerne les Béarnais, il y aurait, peut-ôtre, lieu de dire :

Comment en un plomb vil Tor pur s'est-il changé !

On lit, dans la Cosmographie Universelle de Françoys de Belle-Foresl (1575), qu'eu Héarn « le peuple est gaillard, dispost, acostâble, courtois, mais fin et subtil, bien disant en sa langue, vaillant aux armes, amy de liberté, et touts se disants eslre nobles, eu esgard à leurs grandes franchises; au reste hauts à la main, un peu tenants de leur réputation au mépris des autres, qui est le pis que je trouve de leurs façons de faire, lesquelles sont d'ailleurs louables. No sont malpropres aux lettres, veu le nombre des hommes de sçavoir qui en est sorty, et touts aymants à entendre, et ouyr, et à seavoir, et escôuter les estrangers... » — Seigneurie Souveraine... de Béarn (réimpression); Âuch, Ch. Lecocq, 1881 .

les Barnabites et les Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Chacun d'eux a remis des plans d'éducation qu'ils ont offert d'exécuter.

« Les Barnabites régissent depuis plus d'un siècle le Collège de Lescar par concordat de l'année 1624 passé entre eux, l'évêque, le chapitre et les officiers municipaux. Ils s'engagèrent à desservir à perpétuité le Collège, à fournir des professeurs pour les hautes classes, à surveiller les régens des basses classes qui seroient nommés et payés par l'évêque et chapitre fondateurs du Collège ; la ville leur fit don du Collège et d'autres maisons et places en considération de leurs engagemens. En l'année 1635 ils passèrent un nouveau concordat par lequel ils s'obligèrent à tenir à perpétuité le dit Collège, à faire leur résidence à Lescar, à fournir outre les professeurs tous les régens des basses classes, moyennant une augmentation de bienfaits de la part de la ville, et une rente annuelle, à laquelle contribuèrent l'évêque et le chapitre. Priver aujourd'hui cette petite ville de la ressource du Collège, unique pour elle, ce seroit presque prononcer sa destruction ; aussi ne paroit-il pas qu'il s'agisse dans le projet de détruire le Collège de Lescar, mais seulement de remplacer celui de 'Pau.

« On ne peut se dissimuler qu'en supposant ces deux Collèges régis par deux Congrégations différentes comme ils l'étoient du tems des ci-devant soi-disans Jésuites, le désir d'attirer des élèves, de donner de la célébrité à chacun de ces ètablissemens, de l'emporter sur le Collège voisin par la supériorité de sujets qu'on y formera, produira une émulation toujours avantageuse au bien public, et que cette émulation cessera si les deux Collèges se trouvent desservis par la même Congrégation. Si le Collège de Lescar étoit faible, comme c'est une vérité reconnue qu'il

l'étoit pendant la concurrence, qu'en peut-on espérer lorsqu'il n'existera plus de concurrent î

« L'article 2 du projet assujettit les Barnabites à fournir un principal, quatre régens pour les basses classes, un professeur de rhétorique, deux de théologie; ils avoicnt ajouté dans leur plan un professeur de mathématiques, dont le projet ne parle point. Ils en avoient un sans doute comme les Jésuites ; il étoit tout aussi inutile chez les uns qu'il l'étoit chez les autres, parce qu'il ne donnoit point ou presque point de leçons. Jamais on n'a entendu parler d'un sujet sorti des .Collèges de Pau et de Lescar avec la plus légère teinture des mathématiques \

« L'éducation des Barnabites sera donc réduite aux humanités, à la rhétorique, philosophie, mathématiques comme par le passé, et théologie ; ils avoient proposé dans le plan un professeur de morale, dont le projet ne parle point; ce qui donneroit trois professeurs de théologie ; les Jésuites en avoient un pareil nombre 2; quant aux principes de la langue françoise, géographie, histoire, ils en estiment les leçotis aux amusemens des jours de congé.

« En comparant cette éducation bornée à celle contenue dans les offres des Bénédictins, on ne peut s'empêcher de convenir que celle des Bénédictins mérite à tous égards la préférence.

« Les parties qui ne sont traitées pour ainsi dire qu'en passant dans le plan des Barnabites, sont un objet principal dans le plan des Bénédictins, telles que l'histoire, la géographie, etc. Des portions de ces connoissances sont attachées à chaque classe, elles sont récapitulées d'une année à l'autre, de manière

1. C'est trop dire. Voy. ci-dessus, p. C7 et 84 : le P. Pardies.

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