‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 7 sur 193 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

venait au lutrin, les dimanches, pendant les vêpres ; il était superbe lorsque, dans le psaume : Laudate, pueri, Dominum, il chantait : Suscitans a terra inoperriy et de stercore érigeas pauperem !

S'il arrivait que, par une espièglerie trop grande, par un mot de réponse impertinent, on se fît renvoyer (nous disions chasser) de la classe, on avait la certitude d'être miséricordieusement reçu chez M. Puyalet, professeur de cinquième. On se réfugiait dans sa classe, de peur qu'en restant dans la cour on ne fût recueilli par M. le censeur, dont la sévérité était redoutée. En donnant asile à l'élève chassé, M. Puyalet ne manquait jamais de lui adresser des reproches; mais il n'y mettait de rudesse que dans le ton. Avait-il lui-même à punir un paresseux trop endurci, un étourdi récidiviste, il employait, sans rire, pour prononcer l'arrêt, cette formule si bizarre : « Vous irez à la retenue jusqu'à nouvel ordre, c'est moi qui vous le dis, et je me nomme V Espérance ! » La classe de cinquième, vous le voyez, n'avait rien de l'enfer du Dante : — Voi ch'entrate, lasciate ogni speransa.

On lit dans la Correspondance d'un ancien élève du Collège, L. Delahaye : — « Notre respectable professeur de quatrième, M. Gouze, qui nous initiait à la mesure des vers latins et aux richesses des Bucoliques, dans ses rares moments de bonne humeur où il se plaisait à nous conter quelques historiettes du passé, ne manquait jamais d'ajouter en terminant son récit : « Croyez-le, mes chers enfants, le plus beau temps de la vie est celui que vous passez au

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