‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 8 sur 193 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Collège. » Ces paroles consolantes trouvaient peu d'écho dans l'auditoire, qui riait sous cape, ne partageant nullement l'opinion du vénérable M. Gouze*. » En troisième, nous avions un professeur qui était moins du passé que ses collègues. Le beau M. Fouquet, enthousiaste des Messéniennes de Casimir Delavigne, nous en faisait des lectures, et nous en marquait des strophes à traduire en vers latins. Il me souvient de celle-ci (La bataille de Waterloo) :

Les voilà ces héros si longtemps invincibles ! Ils menacent encor les vainqueurs étonnés. Glacés par le trépas que leurs yeux sont terribles ! Que de hauts faits écrits sur leurs fronts sillonnés ! Ils ont bravé les feux du soleil d'Italie ;

De la Castille ils ont franchi les monts ; Et le Nord les a vus marcher sur les glaçons Dont l'éternel rempart protège la Russie.

M. Lafïeuillade, en rhétorique, nous expliquait fort bien ce qu'il savait de Sophocle et de Démosthène, de Corneille et de Bossuet. Il avait, comme dit Montaigne, « plustost la teste bien faicte que bien pleine ». Mais, dans sa classe, il n'y avait rien que d'affreusement sévère; il était renfrogné, sourcilleux. Il ne parlait qu'avec dédain et mépris de ce qui n'était point des grands siècles classiques ; il s'indignait contre les nouveautés du Romantisme qui agitait alors tant de

1. Voy. [Lettre à Eug. Pelletan] Mémorial des Pyrénées, 14 juillet 1860.

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