‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 71 sur 193 · Voyez ci-dessus, p. 92, note · texte numérisé non relu

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reprochées, ils paraissent vouloir leur donner une destination bien honorable, en les consacrant en partie à la plus grande utilité publique; leur nombre les met à portée d'offrir pour toutes les classes des maîtres déjà formés, puisqu'ils seront parvenus à l'état de prêtrise. Ce que n'ont point fait les Barnabites, les Bénédictins ne peuvent donner que des naturels françois, puisqu'ils n'ont pas d'autres sujets, ni même des établissemens hors le royaume. Il est difficile de se persuader que les Barnabites, dont le supérieur général fait sa résidence en Italie, puissent former un nouvel établissement sans dépouiller les anciens, ou du moins sans s'aider de la ressource de sujets étrangers; c'est sans doute la pénurie des sujets qui les force à salarier des régens séculiers pour les basses classes, qu'ils sont tenus de desservir en vertu du concordat de 1635. Et quoiqu'on n'ait rien à imputer à leur doctrine, il y a toujours plus de sûreté avec un régime pleinement françois qu'avec un autre en partie étranger à la France, et qui se trouve placé dans des contrées où l'on fait prévaloir des principes très opposés aux nôtres.

« Les Barnabites ont construit à Lescar depuis quelques années un bel édifice très propre à contenir toutes les commodités d'un Collège; il passe pour certain qu'ils ont emprunté pour remplir cet objet des sommes très considérables. Leur crédit n'est pas épuisé sans doute, mais suffira-t-il à leur procurer, au delà du prix d'achat, celles qui sont nécessaires pour l'arrangement du Collège de Pau, que ses anciens possesseurs ont laissé très délabré, et pour les augmentations indispensables pour former un pensionnat? N'est-il pas à craindre qu'ils soient dans l'impossibilié de remplir des objets qui demanderoient une sorte de magnificence? Les facultés abon-

dantes des Bénédictins écartent à leur égard tous ces inconvénients.

« Le choix de Sa Majesté décidé en faveur des Bénédictins comblera les vœux de son Parlement et de la plus saine partie de ces Provinces. La supériorité de l'éducation annoncée, par lé nombre des maîtres, par la multiplicité des exercices, même par la beauté et rétendue des édifices, attirera dans le Collège une foule d'étrangers du royaume placés à portée de ces frontières, qui ne pourront qu'en augmenter la célébrité, en contribuant à l'utilité générale ; et ce nouvel établissement procurera la décoration d'une ville que la mémoire d'Henry IV doit rendre infiniment chère au meilleur des rois. »

Sans tenir compte de ces représentations du Parlement, le Roi, par lettres-patentes du 24 novembre 1763, concéda le Collège de Pau aux Barnabites.

Ce n'était point l'affaire du Parlement. Après plusieurs délibérations, il arrêta, le 5 juin 1764, qu'il y avait lieu de surseoir à l'enregistrement de ces lettrespatentes, et c'est dans les termes suivants qu'il fit connaître les motifs de sa détermination * :

« La cour manqueroit au plus essentiel de ses devoirs si, dans le même moment où elle porte aux pieds du thrône les sentiments de reconnoissance qu'inspire à tous les ordres de la Province la continuation du bienfait de l'éducation publique, elle cessoit de représenter au Roy que la concession faite à la congrégation des Barnabites par les lettrespatentes du 24 novembre dernier ne sçauroit remplir les vues que sa sagesse se propose. Le supérieur du Collège de Lescar, appelé à l'assemblée des commis-

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