‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 9 sur 193 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

jeunes esprits; la langue de Victor Hugo n'était pour lui que celle des barbarismes K

Il y avait eu en rhétorique, avant M. Laffeuillade, un professeur d'un rare mérite; c'était M. Ducondut, qui fut nommé, en 1833, inspecteur de l'Académie de Pau. Son extérieur — tête baissée, hautes épaules, allure gauche — ne prévenait pas à son avantage. Mais on n'y pensait plus, dès qu'on avait entendu sa parole douce, instructive, qui était facile, nette, toute faite d'esprit délicat et de savoir abondant et pur.

On a dit, dans VHistoire du Lycée de Pau, p. 367, qu'il était « docteur ès-lettres de la Faculté de Paris (1812), et qu'il avait été formé aux leçons de Villemain, maître de conférences à l'Ecole normale ». C'était grand plaisir et tout profit d'écouter notre inspecteur d'Académie, lorsqu'avec un accent de vive admiration il nous parlait de l'enseignement de ce jeune maître, qui préludait de la façon la plus brillante aux succès par lesquels, dans les dernières années de la Restauration, il devait illustrer à la Sorbonne la chaire d'Éloquence française.

Les hommes les meilleurs ne sont pas sans faiblesses, et les esprits les plus éclairés voient trouble quelquefois. M. Ducondut croyait que M. Villemain avait, à son égard, un sentiment de rancune, depuis le jour où, à propos de néologismes, le jeune maître de conférences ayant dit que le mot énergie datait

1 . «La langue de Victor Hugo, qui est ce que l'on a le plus contesté en lui,

restera sa gloire dans la postérité comme elle est sa conquête Il a créé

à profusion des formes, des couleurs, des rhylhmes et des sons. Il a été peintre avec le mot et musicien avec le vers. » J.-J. Weis, Le Théâtre et les Mœurs,

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