M. Lofobure ip.-<>., Lcfebvroi
observons, Monsieur, que nous n'avons point de Bénéidictins dans cette ville. M. Vévêque de Lescar est si opposé aux vues des États, que les Bénédictins qui sont établis aux environs de son diocèse et qui seroient sans doute transférés à Pau, si l'arrangement avoit lieu, aiment mieux rester où ils se trouvent que de s'exposer à être mal vus de l'évêque diocésain, quoiqu'ils n'ayent pas de grands rapports avec lui.
C'est donc, Monsieur, auprès du prieur de cette Congrégation qu'il conviendrait d'agir. Quoique les affaires de la Province vous ayent déjà occasionné des courses bien multipliées, le succès de celle-ci est si intéressant que nous vous proposons de nouveau de prendre la peine de conférer avec ce religieux. Les Bénédictins de Cluny ont fait quelques démarches auprès du ministre pour obtenir ce Collège; mais, comme ils sont peu riches, le retranchement que le ministre a voulu faire à la pension royale les a déterminés, à leur dernier chapitre, à y renoncer, et ils se sont chargés d'un autre Collège. Cette Congrégation est beaucoup moins nombreuse que celle de St-Maur; elle a aussi beaucoup moins de réputation; c'est celle-ci que les Etats ont demandée ; elle est riche et pourroit se prêter plus facilement aux vues du ministre.
Nous vous prions, Monsieur, de vouloir bien leur faire part de la délibération des Etats que nous avons adressée à M. le duc de Gramont. Vous pourriez leur dire qu'il n'est point de Collège qu'il leur fût plus utile d'acquérir.
Situé à l'extrémité de la partie méridionale de la France, dénuée de tout secours de ce genre, ils auroient bientôt le pensionnat le plus nombreux. Ils attireroient toute la noblesse espagnole; le bâtiment est magnifique et dans la plus belle situation ; le revenu, indépendant de la pension royale, est de 4 à 5,000 livres, il est susceptible d'un accroissement considérable. Toute une longue rue, dans le quartier le plus agréable de la ville, appartient au Collège; on pourroit y bâtir des maisons, qui se vendroient ou se loueroient fort chèrement, ou bien la vente des emplacemens produiroit, sans rien diminuer du revenu, une somme considérable.
Si le ministre persistait à vouloir absolument retrancher quelque chose de la pension royale de 12,000 livres, les Etats demanderoient avec ardeur un dédommagement au moyen de quelque bénéfice, et cette grâce, qui ne coùteroit rien au Roy, ne leur seroit pas vraisemblablement refusée.
C'est rendre un grand service à la Province, Monsieur, que de concourir à lever les obstacles qui peuvent s'opposer à cet arran-
gement. Nous ne pouvions mieux faire que de nous en remettre à votre zèle, et nous sommes bien assurés que, si vous voulez en faire votre affaire, vous engagerez ces religieux à faire promptement les démarches convenables pour un établissement également utile pour eux et pour nous. *
On Ta certainement remarqué : dans cette lettre de 1774, les syndics de Béarn, parlant du quartier le plus agréable de Pau, celui où se trouvait la propriété du « Bois-Louis », exprimaient des prévisions qui ont été réalisées dans ces derniers temps pour Tembellissement et le profit de la ville.