La délibération des Etats
l'Université, un de ses membres les plus illustres, en a fait réloge à Mgr Tévêque de Lescar. M. l'abbé Delille, un des plus grands poètes sans contredit qui soit à présent en Europe \ a dit hautement ^ue ce Mémoire étoit la meilleure réfutation, une réfutation sans réplique de tous ces systèmes éphémères qui tendent à anéantir en France la solide littérature. Il s'est même offert de le produire à deux ministres ^, hommes de lettres, qui l'aiment autant qu'ils l'estiment. Un autre homme de lettres ^, connu surtout par la haine d'un écrivain célèbre, et chargé de fournir à l'assemblée générale du Clergé des mémoires sur l'Education, a voulu y présenter un exemplaire de celui-ci, quoique les vues qu'il renferme sur l'enseignement des corps religieux, fussent contraires à celles que le Clergé sembloit vouloir adopter \ »
M. Gerboux repousse ensuite l'imputation qu'on lui a faite d'avoir voulu déprécier l'esprit des Béarnais. La partie du Supplément où il s'explique est à citer pour les qualités littéraires qu'on y remarque :
« Fontenelle, dit-il, a peint la frivolité des Français dans l'histoire des Tyrinthiens, et ce morceau a été applaudi. Montesquieu a voulu décrire dans l'histoire de Sybaris la corruption des mœurs de la cour et de la capitale, et cette description a paru charmante à la
1. (Note du manuscrit,) « Ce n'est pas que M. Delille ait tout approuvé sans restriction dans ce Mémoire. Il y a trouvé quelques négligences de style, des détails trop minutieux sur le tems qu'on donne à l'étude à Sorèze et dans rUniversité. Il auroit voulu surtout que l'auteur, pour mieux justifler l'étude suivie des anciens, eût tiré parti de ces grands principes de morale qui ne se trouvent nulle part en si grand nombre, ni sentis avec tant de profondeur que chez eux. » — L'abbé Delille, grand poète ! Sic transit gloria