‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 92 sur 193 · M. Coger. » — Maltraité par Voltaire · texte numérisé non relu

M. Coger. » — Maltraité par Voltaire

4. (Note du manuscrit.) « Le Clergé a abandonné le projet de proposer des religieux au Roi pour les Collèges de province. 11 a également rejette un plan d'études que les Bénédictins avaient proposé. »

cour et dans Paris comme dans le reste de TEurope. Un étranger fixé en France *, écrivain aussi célèbre, semble n'avoir pris la plume que pour décrier la nation*qui lui a donné un asile, et cependant ses écrits y sont goûtés, sa personne même y est aimée. Cest que cette force de raison nationale que les lettres nous ont donnée, faisoit goûter la hardiesse de leurs allusions et la dureté de leur censure en faveur de la vérité qui nous les offroit.

« D'après ces exemples, l'auteur du Mémoire ne s'attendoit guère qu'on pût lui faire un reproche d^une définition du génie Béarnois, si flatteuse, que plusieurs hommes célèbres ont trouvé qu'il étoit peu de Provinces en France auxquelles on pût l'appliquer. Comme homme de lettres, et placé à la tête de l'éducation, il avoit droit d'envisager l'esprit des Béarnois relativement à leurs dispositions pour la littérature. Mais de peur qu'on ne l'accusât de prendre, à l'exemple des rivaux du Collège, un ton de flatterie que le vrai respect défend, que les lettres proscrivent, il crut devoir motiver son jugement et leur rendre raison de son estime. Enfin, à moins que d'assembler pour eux des qualités contraires, il semble qu'il étoit impossible de leur mieux prouver à eux-mêmes combien, dès qu'il leur plairoit, leurs succès dans les lettres seroient rapides.

« Qu'on permette à l'auteur, en finissant, une réflexion aussi singulière qu'elle est affligeante pour le corps : c'est que, tant que ce Collège a resté dans l'anarchie et la langueur, la voix publique ne s'est point élevée contre lui. Il semble qu'il ait été protégé par son obscurité. Enfin, après six ans d'inaction, un

1. Grimm. — Voltaire disait de lui : « De quoi s'avise donc ce Bohémien, d'avoir plus d'esprit que nous ? »

prélat \ ami des lettres qu'il cultive, ayant répandu dans cette maison le mouvement littéraire, l'émulation gagna tous les esprits; on vit paroître des exercices dans le vrai goût de la littérature. Le président annonça même aux Etats qu'un des membres du Collège s'occupoit d'un ouvrage élémentaire sur l'enseignement, et à l'usage des maîtres, qu'il se faisoit fort de faire approuver par l'Académie françoise et par l'Université de Paris. Ce fut dans cette même séance qu'on ouvrit et qu'on arrêta le projet de leur destruction. Aujourd'hui qu'ils ont fait connoître leurs principes sur l'enseignement, que leurs vues sur la littérature sont avouées par les gens les plus célèbres, et que, par le choix des nouveaux professeurs qui leur viennent de la Capitale, leur Collège est regardé dans l'Université de Paris comme un des meilleurs Collèges qu'il y ait à présent en province, c'est alors que l'orage augmente, et qu'on se concerte pour accélérer leur ruine... »

L'orage augmente , — et M. Gerboux n'est qu' « un faible roseau », comme il disait lui-même dans son langage qui n'était pas alors le meilleur^; le roseau sera rompu, il n'aura point plié.

Le 14 juin 1776, MM. les officiers municipaux étaient assemblés. Le maire, M. Véguier, s'exprima ainsi : « Les Etats généraux du pays demandent depuis deux ans qu'il plaise au Roy de confier la direction du Collège de cette ville à un ordre religieux. Le Parlement a joint sa réclamation à celle des Etats; il a demandé aussi qu'il plût à Sa Majesté de comprendre

1. (Note du manuscrit.) « L'évoque de Lescar, qui se chargea lui-même des dépenses extraordinaires et du traitement particulier qu'il fallut faire aux nouveaux Educateurs, jusqu'à ce qu'il eût fait réussir les moyens infaillibles qu'il imagina pour augmenter les revenus du Collège. »

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