‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 93 sur 193 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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ce Collège dans le nombre de ceux où les élèves de TEcole militaire doivent être envoyés. Le Collège de Pau, fondé et doté par Louis XIII en considération de l'affection d'Henri IV pour le lieu de sa naissance, et de la vénération que les Béarnois conservoient pour sa mémoire, seroit précieux au pays, et particulièrement à la ville, par le seul motif de sa fondation. La modicité des fortunes qui ne permet pas à la plupart des pères de famille d'envoyer leurs enfans ailleurs, rend cet établissement nécessaire. Le feu Roy, de glorieuse mémoire, manifesta les mêmes vues que ses prédécesseurs, par ses lettres-patentes portant confirmation du Collège de Pau. Sa Majesté voulut procurer aux enfans de ses sujets de Béam l'éducation la meilleure et la plus complète.

« Le succès n'a pas répondu à ses intentions. Les laïques qui ont depuis cette époque la direction de ce Collège n'ont pu parvenir à se concilier la confiance du public. Il en résulte pour le bien du pays en général des inconvéniens qui ont été relevés par délibération des Etats. Ils sont encore plus préjudiciables à Tîntérêt particulier de la ville. Ses citoyens ne profitent pas des avantages de cet établissement. Les pères de famille qui ont quelque fortune, la dérangent pour procurer de l'éducation à leurs enfans dans d'autres Collèges. La distraction des fonds qu'ils y employent el de ceux que le concours des étrangers avant 1763 mettoit dans la circulation, portent un préjudice considérable au commerce et à l'industrie. Le quartier du Collège ressent plus particulièrement cette perte. Les propriétaires des maisons n'en retirent que des modiques loyers. Un grand nombre d'ai*tisans ont abandonné ce quartier, ceux qui y sont retenus ne peuvent acquitter les impositions ordinaires, et nous nous trouvons obligés de les soulager, en sur-

chargeant les autres classes des citoyens. La situation où la ville se trouve par la suite du fléau qui a porté ses ravages dans toute la Province*, et par les dépenses considérables occasionnées par le séjour des troupes, rend encore ces inconvéniens plus sensibles.

« Sur quoi, eue délibération, il a été arrêté que M. le maire est prié d'écrire par le, premier courrier à monseigneur Amelot, ministre et secrétaire d'Etat, pour le supplier, au nom de la ville, d'obtenir de Sa Majesté que la direction du Collège de Pau soit confiée à un ordre religieux; d'obtenir aussi de Monseigneur le comte de Saint-Germain, ministre et secrétaire d'Etat au département de la guerre, que ce Collège situé au centre de plusieurs provinces dont la noblesse pauvre a besoin des secours que Sa Majesté lui destine, soit compris dans le nombre de ceux où il doit être envoyé des élèves de l'Ecole militaire. M. le maire est aussi prié d'écrire à monseigneur le duc, madame la duchesse et madame la comtesse de Gramont, ainsi qu'à M. l'Intendant, pour les supplier d'accorder à la ville, dans cette occasion, un nouveau témoignage de leur protection 2. »

La faveur que demandait la Ville, d'avoir une Ecole militaire au Collège, ne lui fut pas accordée. Voici ce qui avait été répondu au Parlement, qui avait fait la même demande que la Ville.

Le 17 mai 1776, les chambres ayant été assemblées par ordre de M. Gillet de Lacaze, premier Président, la cour fut informée que le Roy, voulant remplir le projet qu'il avait annoncé d'améliorer l'éducation d'une partie de la jeune noblesse pauvre de son

1. Une épizootie. — Voy. Arch. Dép., C. 1315-19, les « Etats, dressés par commune, des bestiaux morts par suite de l'épizootie «.—Dans la sénéchaussée de Pau, C. 1318, le nombre total des animaux perdus s'élevait à : 2,130 bœufs, 3,620 vaches, 2,881 veaux, dont l'estimation montait à 697,014 liv.

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