‹ Histoire du merveilleux dans les temps modernes (volume 2)Chapitre 10 sur 68 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Retour en arrière. — Aventures et exploits de Cayliostro avant sjii arrivée à StrasliourLi-

Puisque la justice met un temps d'arrêt dans la carrière de notre thaumaturge, nous profiterons de cette pause pour jeter un coup d'œil rétrospectif sur quelques-uns de ses exploits antérieurs à l'époque oîi nous l'avons vu paraître en France, et aussi pour répandre un peu de lumière sur le point de départ de cet homme extraordinaire, qui a voyaj^é presque autant que le Juif-Errant, et qui certainement a dépensé beaucoup plus d'argent que lui.

En cela nous suivrons une marche tracée par Joseph Balsamo lui-même, qui, en rédigeant un mémoire pour sa justification, pendant sa captivité à la Bastille, employa ses loisirs forcés à se fiibriquer une origine mystérieusement glorieuse, que nous discuterons, du reste, et des antécédenlsqui, pour èlre vrais, n'auront souvent liesoin (jue d'être complétés.

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Enfin, et ce ne sera pas là le moindre inlcret de celte course en arrière à la suite de Cagliostro, nous aurons occasion de rencontrer sur notre chemin un autic homme extraordinaire, qui Tavait préc(klé de quelques années dans le même genre de céléhrité. Nous voulons parler du fameux comte de Saint-Germain, à qui nous n'avons pas pu, dans cet ouvrage, consacrer un chapitre à part, l'histoire ni la tradition ne fournissant rien d'assez précis sur les œuvres merveilleuses qui ont, durant plusieurs années, rendu son nom si grand dans toutes les cours de l'Europe, et particulièrement à la cour de France.

« J'ignore, dit Cagliostro, le lieu qui m'a vu naître et les parents (jui m'ont donné le jour... Toutes mes reciierches n'ont abouti à cet égard qu'à me donner sur ma naissance des idées grandes à la vérité, mais vagues et incertaines. J'ai passé ma première enfance dans la ville de Médine en Arabie, J'y ai été élevé sous le nom à'Acharat, nom {\ne j'ai conservé dans mes voyages d'Afrique et d'Asie. J'étais logé dans le palais dumuphti. Je me rappelle parfaitement que j'avais autour de moi quatre personnes, un gouverneur, âgé de cinquante-cinq à soixante ans, nommîi Ali ota s, et. trois domestiques, un blanc et deux noirs; un blanc, qui me servait de valet de chambre, et deux noirs, dont l'un était nuit et jour avec moi. Mon gouverneur m'a toujonrs dit que j'étais resté orphelin à l'âge de trois mois et (jue mes parents étaient nobles et chrétiens; mais il a gardé ie silence le plus absolu sur leur nom et sur le lieu de ma naissance. Quelques mots dits au hasard m'ont fait soupçonner que j'étais né à Malte... Altotas se fit un plaisir de*cultiver les dispositions que j'annonçais pour les sciences. Je puis dire qu'il les possédait toutes, depuis les plus abstraites jus(|u'à celles de pur agrément. La botanique et la physique médicinales furent celles dans li'squelles je tis le plus de progrès... Je portais, ainsi que lui, l'habit musulman; nous pi'ofessions, en apparence, le mahoinétisme; mais la véritable religion était empreinte dans nos cteurs.

<{ Li; niupiiti venait me voir souvent; il me traitait avecI)onlé,

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