IV. — li
duiraient. Bien des jours se sont écoulés depuis lors, et la commission n'a pas reçu d'avertissement. Nous avons appris cependant que Mlle Angélique Cottin est journellement conduite dans des salons oit elle répète ses expériences.
D Après avoir pesé toutes ces circonstances, la commission est d'avis que les communications transmises à l'Académie au sujet de Mlle Angélique Cottin doivent être considérées comme non avenues.
Signé : Ar.u.o, lîEr.QUKitEr., IsiDoaE Geoffuoy-Salxt- Hii.Aini:, D.VBiNET, Uayeu, pAriiSET^»
Malgi'é toute.l'autorité des savants qui l'ont sip^né, nous ne croyons pas que ce rapport prouve, comme on l'a dit, que la jeune villageoise de Bouvigny ne fût qu'une adroite faiseuse de tours d'adresse,- qui aurait sciemment trompé le public. Si les phénomènes d'attraction et de déplacement mécanique ne se produisirent point dans les deux séances de la commission acadéiTiique tenues au Jardin des plantes, ce résultat négatif ne peut infirmer le témoignage de milliers de personnes qui avaient constaté ce fait dans le déparlement de l'Orne. Nous ne pouvons admettre que tant d'observateurs, dont on a lu les récits consciencieux et détaillés, aient été dupes de la rouerie d'une fille, dont l'intelligence était fort bornée. Il est plus simple d'admettre que le phénomène anormal qui s'était produit dans son économie, après s'être manifesté au début avec une certaine violence, avait [)erdu peu à peu de son intensité et avait fini par disparaître'.
1. Comptes rendus de V Académie îles sciences, séiincc du 9 mars 1846.
2. Babinet, dans un article do la Revue des Deux-Mondes (15 mai 1854), a racunlé un fait dont il no fut point témoin, car il s'était retiré avant la fin de la séance tlont il parle, et dans laquelle nu amateur « vieillard ocloi^énaiie » déclara avoir vu Anijélique Cotlin pousser le guéridon d'un cmip de geimu. Cet « octogénaire « est le
On pourrait croire à une supercherie si le fait d'Angélique Cotlin était unique dans la science; mais les ouvrages de physiologie publiés depuis 1846 , en citent plusieurs analogues. Ces faits prouvent que l'état électrique, qui existe naturellement chez certains poissons, peut se montrer passagèrement chez Thomme, à l'état pathologique.
Nous n'irons pas emprunter aux ouvrages de physiologie, les cas dont il s'agit; mais nous croyons devoir citer une observation de ce genre, tout à fait inédite, qui nous a été communiquée, et qui reproduit, trait pour trait, les phénomènes que l'Académie des sciences de Paris a niés chez Angélique Cottin.
M. le docteur G. Pineau, médecin auxPeluies (Cher), a bien voulu nous adresser en 1858 la relation qui va suivre d'une maladie qu'il a observée chez une jeune liUe du même Age qu'Angélique Cottin, et qui demeurait à la Haye, dans le département d'Indre-et-Loire.
Cette jeune fille, nommée Honorine Séguin, âgée de treize ans et demi, et appartenant à une famille de cultivateurs aisés, était placée en apprentissage chez une lingère de la Haye. Un jour, au commencement du mois de décembre 1857, pendant qu'elle travaillait à côté de sa maîtresse, la table qui lui servait éprouva une secousse violente, sans cause appréciable. Les
seul sur le millier de témoins ayant assiste à ce genre d'expériences qui ait surpris en délit de fraude la fille électrique Son autorité sulTit-elle pour annuler tant observations positives? Nous laissons à nos iiîctcurs le s;iin de répondre à cette question. Nous dirons seulement qu'en supposant que cet observateur ait bien vu, malgré sou g-rand îvj.(i, la supercberie, dans ce cas, n'excluait pas la réalité des phénomènes antérieurs. On peut croire, en effet, que dans la séance dont il s'agit, et sans que cela tire à grande conséquence, Angélique Cottin ait voulu suppléer par un peu d'adresse à la faculté extraordinaire qu'elle regrettait d'avoir perdue.
deux femmes, effrayées, se retirent; la table suit Honorine dans tous ses mouvements, enlin elle s'éloigne et se renverse brusquement. Les rnéincs elTets se reproduisent sur tous les meubles qui se trouvaient en contact avec les vêtements de la jeune fille, chaises, tables, bois de lit, etc.
Il y avait déjà plus de deux mois que ces phénomènes curieux se renouvelaient journellement, sous les yeux d'une multitude de témoins appartenant à toutes les classes de la société quand le docteur Pineau se décida à s'y transporter à son tour, le 10 février 1858, et voici ce qu'il put constater.
La jeune fille était douée de beaucoup d'intelligence, et avait reçu chez ses parents une certaine éducation. Quand le docteur fut arrivé, elle s'assit près de lui, sur une chaise, et plaça près d'elle une autre chaise, en contact avec le bord inférieur de sa robe, qui traînait sur le parquet. Après une demi-heure d'attente, on vit tout à coup son jupon se gonfler et s'appliquer sur l'un des barreaux de la chaise vide, qui fit aussitôt un léger mouvement de rotation, accompagné d'un craquement caract('rislique. A partir de ce moment, la chaise parut ol)éir à tous les ordres qu'il plut à Honorine de lui adresser. Elle tournait en glissant sur le parquet, elle frappait le nombre de coups demandés, elle se soulevait sur deux pieds et y restait en équilibre, elle battait la mesure pendant qu'Honorine chantait, enfin, elle se renversait avec violence. Si l'on approchait alors la main du jupon, il perdait aussitôt son état de rigidité; mais un instant après, on le voyait se gonfler de nouveau, s'approcher de la chaise et y adhérer, comme s'il avait été attiré par une force analogue à celle de l'électricité.
Pendant toute la durée de l'expérience, qui dura deux heures, les pieds et les mains de la jeune fille rcstèi'ent immobiles et en évidence, ce c^ui éloigne tout soupçon de supercherie de sa part. Au reste, cette supposition paraît entièrement inadmissible à l'observateur, qui mit, ainsi que les personnes présentes, la plus minutieuse attention à surveiller les mouvements du sujet.
Il paraît cjue dans l'origine ces phénomènes offraient une intensité beaucoup plus grande. Ainsi, l'étoffe de la robe devenait tellement rigide qu'elle résonnait comme du carton lorsqu'on la frappait avec un corps dur. De plus, les meubles auraient continué à effectuer leurs mouvements h distance, après avoir été toutefois préalablement soumis au contacl du jupon. L'auteur de la relîttion, où nous trouvons ces détails, n'a pu vérifier lui-môme ce dernier fait. Toutes les fois que, sous ses yeux, le contact des vêtements venait à cesser, la chaise devenait complètement inerte.
Le docteur Pineau présenta au corps de la jeune fille un petit appareil composé de deux boules de sureau suspendues à un fil de soie, pour reconnaître si ces petits corps seraient attirés comme ils le sont par l'électricité. Mais le résultat fut entièrement négatif; les boules restèrent immobiles à l'approche du jupon, qui, en ce moment, soulevait et renversait une chaise en bois de noyer fort pesante. La robe était d'un tissu de laine et de coton.
Cet état remarquable se produisit dans l'origine d'une manière toute spontanée, et l'apparition des phénomènes auxquels il donnait lieu était complètenicnl involontaire; leur fréquence était même incommode pour la jeune fille. Mais plus tard, ils dimi-
nuèrent graduellement de fréquence et d'intensité.
Quand le docteur Pineau l'examina, il y avait treize jours que les phénomènes d'attraction ne s'étaient manifestés, et il fallut un effort prolongé de volonté de la part du sujet pour les faire reparaître. Finalement, ils disparurent, et depuis celte époque Honorine Séguin n'a plus rien présenté d'insolite.
Celte observation nous semble propre à confirmer la réalité des facultés électriques d'Angélique Cotlin, et à prouver qu'il n'y avait dans le fait delà jeune fille de Bouvigny ni supercherie, ni compérage, mais seulement un état pathologique, qui disparut spontanément comme il était venu, et comme disparaissent les troubles anormaux qui ont agité le système nerveux.
Par cette explication, nous croyons qu'il est plus facile d'enlever aux partisans du surnaturel, qui l'ont exploité à cette époque, le fait d'Angélique Cotlin. Dans ce cas, comme dans tant d'autres, il nous semble que l'explication scientifique vaut mieux que le scepticisme systématique et la négation.
En 1880 les journaux américains ont l'ait mention d'une nouvelle fiUe électrique, observée au Canada.
On lisait l'article suivant, au moisde juin 4880, dans le Plirenological Magazine.
« On sait depuis longtemps que certaines personnes sont fortement électriques, c'est-à-dire qu'elles sont à un tel point chargées d'électricité qu'elles peuvent donner des chocs comme le font le gymnote et d'autres poissons.
Le cas de la jeune lille électrique de Londres (Canada) est cependant le plus extraordinaire dont nous ayons connaissance. Elle a été malade pendant deux ans, mais elle est maintenant en bonne santé. Les médecins ne pouvaient pas s'exjdiquer ce
qu'elle avait , mais depuis sa guérison elle semble être une batterie ambulante.
A moins d'être très nerveux, personne ne peut lui toucher la main, ni mettre sa main avec la sienne dans un seau d'eau. En joignant les mains, elle peut donner un violent choc à quinze ou vingt personnes se trouvant dans une chambre, et elle possède le pouvoir d'attraction de l'aimant.
Si elle veut saisir un couteau, la lame lui saule dans la main. Des aiguilles renfermées dans leur enveloppe de papier restent suspendues au bout de ses doigts.
Si elle entre dans un salon, toutes les personnes présentes éprouvent une inlluence perceptible; les unes sont assoupies, d'autres indisposées et énervées jusqu'à son départ.
Un enfant s'éveille à so!i approche, mais une légère caresse de sa main le rendort de nouveau .
Les animaux sont également sujets à être influencés par elle, et le chien favori de la maison reste pendant des heures entières à ses pieds aussi immobile que s'il était mort.
Ce cas est réellement trop extraordinaire, croyons-nous, j)our que les savants spécialistes américains ne s'empressent pas de l'étudier et de l'expliquer.
On trouve dans l'observalion de la jeune fille électrique du Canada tous les ti^aits que nous ont présentés les observations d'Angélique Gottin et dllonoiinc Séguin. Il n'y a donc pas à insister davantage sur la réalité de ce phénomène, et sur sa véritable nature, consistant en une exagération anormale et pathologique de l'électricité qui existe à un li^ès faible degré chez l'homme et quelques animaux, et avec une excessive .surabondance chez les poissons dhs électriques, c'està-dire chez le gymnote, la torpille, le silure et la raie.
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Faciamus exiierimentun in anima vili.
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ESCARGOTS SYiMPAÏHIQUES
M. Jules Allix annonce l;i prétendue découverle faite par Benoit (de l'Hérault) de la communication de la pensée à de grandes distances au moyen d'escargots vivants. — Benoît accueilli par M. Triât, dans son gymnase, pour construire son appareil. — L'expérience des escargots sympathiques est reconnue l'œuvre d'un liuUuciiié.
Parmi les faits qui doivent être considérés comme les préludes ou les avant-coureurs du phénomène des tables tournantes, en France, nous ne devons pas oublier les escargots sympathiques, qui pendant tout le mois d'octobre 1850, intriguèrent les Parisiens de la manière la plus bizarre. Beaucoup de personnes, et des plus éclairées, ont ajouté foi, à cette époque, aux résultats merveilleux attribués au pauvre mollusque, qui n'a guère pour attribut la rapidité de locomotion, et dont on voulait pourtant faire le miraculeux agent d'une correspondance se transmettant avec la rapidité de la pensée, c'est-à-dire avec une vitesse encore supérieure à celle de l'électricité.
Pour expliquer la singulière aberration dans laquelle tombèrent alors beaucoup d'hommes distingués, d'ailleurs, par leur intelligence et leurs lumières spéciales, il faut se rappeler que, de nos jours, la science a produit, par ses applications pratiques.
tant d'étonnants résultats, que l'on a fini par croire qu'il n'y a plus rien d'impossible au génie de l'homme. Si l'on affirmait à certaines gens que l'on vient de découvrir le moyen de nous mettre en rapport avec les habitants de la lune, cette annonce aurait de grandes chances d'être sérieusement accueillie.
Le fait mis en avant dans le cas des escargots sympathiques était de la famille du précédent. Il constituait une violation tout aussi flagrante des lois de la nature, lesquelles empêchent d'admettre qu'une communication physique puisse s'établir d'un lieu à l'autre, sans aucun moyen matériel intermédiaire. Ceux qui croyaient à la réalité des escargots si/mpaULiques faisaient preuve sans doute d'une cnthousiasteadmiration pour les procédés de la science, mais les connaissances scientifiques les plus élémentaires les auraient mises à l'abri d'une aussi grossière erreur. On peut dire, à leur décharge, qu'à fépoque où les escargots sympathiques firent leur apparition dans les feuilles parisiennes, le télégraphe électrique venait d'être inauguré en France et que l'on avait découvert, peu d'années auparavant, que le fil de retour du télégraphe électrique peut être supprimé sans nuire à la transmission de l'électricité, la terre servant alors de conducteur de retour. Comme, dans ce cas, l'électricité se transmet d'un point à l'au- Irc sans moyen spécial bien appréciable de propagation, il y avait dans ce phénomène physique une considération qui, mal interprétée d'ailleurs, pouvait venir en aide aux i)artisans de la transmission occulte de la pensée par l'intermédiaire du tardif animal dont il s'agit.
C'est dans les feuilletons de la Presse des 45 et 40
octobre 1850 que le phénomène des escarrjois sympathiques fut annoncé au monde par un publiciste qui n'était pas tout à fait ignoré, M. Jules Allix. Une lettre du même écrivain, publiée, le 3 octobre dans quelques journaux, avait déjà donné aux curieux un avant-goût de cette merveille; mais le mémoire dont M. de Girardin autorisa l'insertion dans la Presse, exposait les faits plus compendieusement.
Nous allons reproduire les principaux passages de ce mémoire de M. Jules Allix, le seul document écrit qui soit resté sur cette question. Ce mémoire, qui fut reproduit dans divers journaux ou revues, en particulier dans la Démocratie pacifique \ avait pour litre Communication universelle et instantanée de la pensée, à quelque distance que ce soit, à l'aide d'un appareil portatif appelé boussole pasilalinique sympathique, par MM. Benoît (de l'Hérault) et Bial-Ghrétien (Américain).
« Depuis que j'ai eu l'iioimeur, dit M. Jules Allix, d'annoncer la découverte de MM. Jacques Toussaint Benoît (de l'Héraull) et Biat-dlirctien (Américain), mon admiration pour leur nouveau syslème de communication universelle et instantanée de la pensée n'a fait que s'accroître.
» Il en sera d'ailleurs ainsi de tout le monde, car, plus ou songe aux conséquences, plus on les trouve sublimes. Mais ce n'est pas aujourd'hui d'admiration et d'enthousiasme qu'il s'agit; je veux au contraire m'en défendre.
» .\ussi bien, les explications et les documents de toutes sortes qu'a bien voulu me communiquer M. lîenoît, l'un des inventeurs, me permettant de toucher pour ainsi dire du doigt le phénomène et ses causes, c'est à ce point de vue piiissanl, mais cainK!, que je désire avant tout me placer, afin d'évil<!r
i. Numéro (lu 27 oclolirc tS.'SO. '
ainsi, dans la relation qui va suivre, jusqu'à la plus petite apparence d'illusion de ma part.
» Mais arrivons au fait lui-même et à l'expérience dont je dois vous parler.
î Le fait c'est la découverte d'un nouveau système de communication de lapensée, par suileduiiuel tous leshommes vont pouvoir correspondre instantanément entre eux, à quelque distance qu'ils soient placés les uns des autres, d'homme à homme, ou plusieurs ensemble simultanément, à toutes les extrémités du monde, et cela sans recourir au fil conducteur de la communication électrique, mais à l'aide seulement d'une machine essentiellement portative, que les inventeurs nomment boussole pasilnluiirjne si/mpathiquc, et qui peut d'ailleurs accepter toutes les dimensions et revêtir toutes les formes.
» Et quant à l'expérience, je pourrais sans doute me borner à la raconter pour en constater le succès; mais comme dans ce mémoire, qui ne s'adresse pas seulement à la France, mais au monde, je me propose en même temps de la faire comprendre, autant que possible, dans ses moyens et dans ses causes, je vais établir d'abord l'origine de la découverte au double point de vue de la science et de la pratique. »
Après un fort long })réambule, oi'i viennent se mêler, avec peti d'harmonie, les phénomènes physiques relatifs à rélectricité et des citations de la Bible, la découverte de Galvani et le magnétisme animal, les prédications du P. Lacordaire et l'expérience faite en 18i5 pour la suppression du fil de retour du télégraphe électrique, rauteur se décide à aborder son sujet. Comme nous serions hors d'état de résumer les idées de M. Allix, nous les citerons textuellement, laissant au lecteur le soin de deviner si c'est involontairement ou à dessein que le nouveau révélateur laisse subsister dans son exposé tant de nuages et d'incertitude.
« Ainsi que j'ai dû déjà le faire pressentir, contiiiue M. Jules Allix, la découverte de MM. lîenoit et Riat repose à la fois sur
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le galvanisme, sur le magnétisme minéral et animal, et sur la sympathie naturelle, c'est-à-dire que la base de la communication nouvelle est une sorte de fluide sympatliique particulier provenant de la combinaison des fluides galvanique, magnétique et sympathique, mariés tous les trois ensemble, par des opérations et des procédés qui seront décrits plus tard.
» Et comme les diflërents fluides dont il s'agit varient en raison des êtres organiques ou inorgani(|ues qu'on considère, il faut encore dire que les fluides diflërents qu'il s'agit de marier ensemble sont : le fluide minéral-galvanique d'une part, le fluide animal-sympathique des escargots de l'autre, et eu troisième lieu, entiu, le fluide magnétique minéral et adamique ou humain, c'est-à-dire le fluide magnétique-minéral de l'aimant et le fluide magnétique-animal de l'homme, ce qui fait que, pour caractériser nettement la base du système de la nouvelle communication, il faudrait dire qu'elle se fait par l'intermédiaire de la sympathie galvaHO-magnetique-tntnéraie animale et adamique (!!'.).
» iMM. Benoit et Biat ont en effet découvert que certains escargots possèdent une propriété remarquable, celle de rester continuellement sous l'influence sympathi(iue l'un de l'autre, lorsqu'après les avoir mariés ensemble et mis ensuite en rapport, par une opération particulière, avec le fluide magnétique, minéral et adamique, on les place dans les conditions nécessaires à l'entretien de cette sympathie. Et pour tous ces résultats, ils n'ont besoin que de l'appareil très portatif de leur invention, qu'ils ont nommé boussole pasilalinique sympathique, à l'aide duquel ils obtiennent ensuite instantanémerit, et à quelque distance que soient placés l'un de l'autre les escargots sympathiques, une commotion très sensible qu'ils ont appelée la commotion escargotique, laquelle se manifeste et se comnuuiique toutes les fois que la sympathie de deux escargots est excitée par l'approche de deux autres escargots, également sympathiques entre eux et avec tous les autres, absolument comme la conmiotion électri(iue se manifeste au physicien chaque fois qu'il ap[)roche sou doigt d'un corps qu(dconque électrisé.
» Pour la sympathie, il est assez facile à l'homme de s'en rendre compte, car il est lui-même un être essentiellement sympathique. Comment se rendrait-on raison autrement de l'amour candide, de celte attraction pure et sainte, dépouivue de tout désir des sens, qui tend à unir entre eux tous les hommes,
par la hienveillance naturelle et générale qu'on remarque d'un sexe envers l'autre, depuis l'enfant jusqu'à l'homme fait, si on ne le considérait pas comme un effet de celle sympathie naturelle providentielleinent destinée à l'harmonie universelle de tonte la nature? L'homme seul et isolé n'est en effet qu'un être incomplet par lui-même, c'est l'une des deux parties d'un être supérieur qui, pour se compléter et remplir ainsi le but de sa destinée, a besoin de trouver, et par conséquent cherche sans cesse, jusqu'à ce qu'il l'ait rencontrée, l'autre partie avec laquelle il est en sympathie. Eh bien! il on est de même de tous les êtres, et notamment des escargots, avec cette différence cependant que les escargots, au lieu de se compléter l'un l'autre comme l'homme, peuvent sympathiser plusieurs ensemble, les uns avec les autres, en même temps.
» On c«mprend bien aussi que la sympathie puisse se manifester à distance pour les êtres sympathiques entre eux; mais maintenant, comment se fait-il que la sympathie existant entre deux escargots éloignés l'un de l'autre, comme si l'un était en France et l'autre en Amérique, puisse être rendue sensible à ce point que d'une part elle fournisse à volonté la commotion escargolique , et que de l'autre on puisse communiquer de même à volonté cette commotion à quelque distance que ce soit? Or, il est clair que la commotion escargutique, qui n'est que l'expression pour ainsi dire électrique du désir de l'animal, est rendue sensible, comme je l'ai dit, par le mariage des lluides, et que la propriété de permanence de sympathie dont j'ai parlé suffit à expliquer comment on peut l'obtenir à volonté dans tous les temps, et il s'ensuit qu'il ne reste plus alors qu'une seule et unique difficulté, celle de savoir comment et par quel conducteur se fait la communication à distance de cette commotion.
» D'abord les expériences faites à cet égard ))ar MM. Benoît et Biat ne laissent pas de doute sur le fait en lui-même, qui est certain, et même elles établissent de plus qu'il en est de cette communication comme de celle de l'électricité, puisqu'on peut l'intercepter et l'interrompre de la même manière, à l'aide d'un corps mauvais conducteur de l'électricité, ce qui s'ex(dique naturellement par la présence dans le fluide sympathique combiné dont il s'agit, du fluide galvanique-minéral, qui n'est pas autre chose en effet ([ue l'électricité.
» Et quant à la manière dont a lieu cette conununicalion, il paraîtrait qu'après la séparation des escargots, qui ont sympa-
thisé ensemble, il se dégage entre eux une espèce de fluide dont la terre est le conducteur, lequel se dévelopoe et se déroule, pour ainsi dire, comme le fil presque invisible de l'araignée ou celui du ver à soie, que l'on pourrait de même dérouler et prolonger dans un espace indéfini sans le casser, mais avec cette différence seulement que le fiuide escargotique est complètement invisible et qu'il a autant de vitesse dans l'espace que le fluide électrique, et que ce serait par ce fluide que les escargots produisent et communiquent la commotion dont j'ai parlé; or, comme tout le monde sait que les escargots sont hermapbrodites ou des deux sexes, c'est-à-dire mâle et femelle à la fois, on doit concevoir alors comment il se fait que la sympathie pouvant ainsi partir de l'an des deux escargots pour aller à l'autre instantanément, la commotion escargotique peut, de même, se transmettre instantanément de l'un à l'autre. et réciproquement.
» Mais, dira-t-on, en supposant ce fluide sympathique, il doit en être de ce fluide comme des fluides électrique, galvanique et magnétique, qui à la vérité se répandent bien instantanément à distance, mais par irradiation dans tous les sens, à moins qu'on ne fasse usage d'un fil conducteur particulier, et l'on ne voit pas clairement comment il se peut que la communication se fasse directement et à volonté, d'un endroit précis à un autre, par le moyen du fluide sympathique lui-même. Cette objection pourrait, au premier aperçu, avoir quelque valeur, mais elle n'est cependant que spécieuse, car dès qu'on dit fluide sympathique ou sympathie, il faut nécessairement supposer deux êtres, et ces deux êtres sont naturellement et forcément les deux extrêmes de la ligne ou du fluide sympathique, que cette ligne soit droite ou courbe! Elle ne pourrait donc valoir alors qu'à l'effet d'établir seulement l'influence que peut avoir la distance sur l'intensité de la commotion escargotique; mais, d'une part, l'intensité de cette commotion n'a pas d'importance pourvu qu'elle existe, et de l'autre, en fait, quelles que soient les distances expérimentées, JIM. Benoît et Biat n'ont jamais remarqué de différence dans l'intensité de la commotion.
» Mais il y a mieux, c'est que si l'on veut considérer encore ce qui a été dit du mariage des différents fluides, on se convaincra, par l'exemple de ce qui arrive pour le lin, le chanvre, le coton et la laine, dont les fils naturellement courts, déliés et sans attache entre eux, peuvent cependant produire, étant