Relation des fanatiques, à la suite des Lettres choisies
pour y être jugé. Mais, d'abord, ce n'est point à Perpignan que Gabriel fut arrêté, c'est à Montpellier. M. Peyrat conjecture qu'il avait été envoyé secrètement dans cette dernière ville par un fameux prédicant, Vivens, récemment rentré en France, et qu'il s'agissait d'une conjuration de tous les protestants pour rétablir leur culte dans le Midi. Un jour que M. de Broglie passait en revue des troupes à Montpellier, sur le plateau où devait 's'élever plus tard la promenade du Peyrou, Gabriel s'y trouvait mêlé aux curieux. Un soldat, qui avait fait la guerre l'année précédente dans le Vivarais, reconnut parmi la foule le fameux prophète, qui fut arrêté, renfermé dans la citadelle et jugé par Bâ-^ ville. « Il déclara dans son interrogatoire que, lorsque la maladie de prophétiser lui prenait, et lui montait ; de la tête aux pieds, ce sont ses termes, il n'était pas en son pouvoir de se retenir 1 . » Gabriel Astier fut condamné, le 2 avril 4690, à être rompu vif. Il subit très-courageusement son supplice à Baix, dans ce même pays où il avait commencé, avec la vieille conseillère de Grenoble, l'insurrection du Vivarais.