Ouvrage cité, t. IT, p
Gard, fit preuve devant ses juges d'une fermeté héroïque.
« Je comparus, dit ce prédicant, devant l'intendant et le comte 4e Broglie, qui me reçurent d'un visage ouvert et me promirent Ja vie, si je leur indiquais la retraite de Vivens et de Broussoo. « S'il n'y a pas d'autre moyen de sauver ma vie, leur répondis-je, i faites-moi exécuter tout à l'heure ; car, si telle est la volont4 de ^ Dieu, je suis aussi prêt à mourir que vous à me condamner. > .Sur cela le comte de Broglie me saisit par les cheveux, et, m'ayanl donné deux ou trois secousses, me dit que, s'il n'y avait pas de bourreau, il me pendrait lui-même *. »
Cependant Bâville, qui se contentait de faire traquer partout l'introuvable Brousson, avait mis à prix la tête de Vivens, qu'il regardait comme le plus dangereux des deux prophètes. Vivens ne paraissait pas beaucoup s'en émouvoir ; mais ayant appris que plusieurs personnes, sur le simple soupçon de lui avoir donné asile, avaient été mises à mort par Bâville, il jugea qu'il était temps de lui donner de ses nouvelles. Il voulut •Venger ses malheureux hôtes et effrayer leurs tyrans par une justice mystérieuse. Il sort de sa caverne, rassemble une troupe de ses hommes, et au bout de quelques jours il a fait la terrible besogne que voici : le curé de Conquérac, celui de Saint-Marcel, tués; le vicaire de Soudorgues frappé d'un coup de poignard, en plein midi, comme il portait le saint sacrement; «Gautier, Claparède, Séverac, officiers des milices, et Bayard, ministre apostat devenu premier consul de Lassalle, assassinés, les uns dans leurs maisons, les autres sur les chemins, par des mains inconnues. Les ecclésiastiques qu'avait choisis la vengeance de Yivens étaient de ceux qui s'étaient le plus signalés parmi les