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leurs oreilles que des discours de religion ou des invoquions bibliques destinées à consoler dans leur infortune les religionnaires persécutés. Les mêmes idées et les mêmes paroles sortirent tout naturellement de la bouche deces enfants quand ils participèrent aux crises <de la maladie épidémique qui sévissait dans leurs contrées, et à la surexcitation intellectuelle dont elle était accompagnée.
Les enfants qui tombaient, selon l'expression encore en usage dans les Cévennes, étaient généralement de Fâge de dix à douze ans; mais on a noté quelquefois les mêmes manifestations chez des enfants beaucoup plus jeunes.
On lit ce qui suit dans la déposition de Jacques Dubois :
c Dès Tan 1704, j*ai tu des personnes inspirées en divers en- •droits du pays... J'ai tu entre autres un garçon de quinze mois, •entre les bras de sa mère, à Quissac, qui avait de grandes agitations de tout le corps, et particulièrement de la poitrine. Il parlait avec sanglots, en bon français, distinctement et à voix liante 1 . >
Déposition de Durand Fage :
« Le plus jeune des enfants que j'ai vus parlant dans l'extase -était une petite fille de cinq ans, au village de Saint -Maurice. Mais il est notoire dans le pays que l'Esprit a été répandu sur quantité de petits enfants, dont quelques-uns même étaient encore à la mamelle, et qui ne pouvaient parler dans cet âge si tendre que quand il plaisait à Dieu de faire annoncer ses mer- Teilles par la bouche de ces innocents 2 . *
Déposition de Pierre Ghaman :
« J'ai vu, dans l'année i 701, quantité de personnes qui avaient