‹ Histoire du merveilleux dans les temps modernesChapitre 6 sur 101 · Annales de l'abbé de Saint-Pierre · texte numérisé non relu

Annales de l'abbé de Saint-Pierre

LES PROPHÈTES PROTESTANTS. il)

«n gémissant, la fin prochaine de son culte, « le commissaire ropl l'interrompit brutalement, et lui cria que, s'il continuait de blâmer la volonté de son maître, il allait, de ses propres mains, le jeter en bas de la chaire 1 ».

Tant de violences, et surtout l'édit qui fermait aux protestants les carrières civiles, avaient déjà porté leurs fruits. Tous ceux qui pouvaient s'expatrier allaient chercher à l'étranger une patrie plus humaine et des lois plus clémentes. Ils y étaient, du reste, encouragés par des princes étrangers qui, toute sympathie religieuse mise à part, étaient heureux de profiter des fautes de Louis XIV. La Hollande, les rois d'Angleterre et de Danemark, offrirent un asile dans leurs États aux protestants français, en leur assurant la subsistance. La ville d'Amsterdam s'engagea même à bâtir mille maisons pour les réfugiés. Ceux-ci s'empressèrent de profiter de ces offres, et on les vit chaque jour porter à l'étranger les uns leur fortune, les autres leurs sciences et leurs arts, et le plus grand nombre' leurs bras.

H était impossible que le conseil de Louis XIV ne s'aperçût pas de la faute énorme qu'il avait faite. Pour en prévenir les conséquences, il eut recours à des actes aussi odieux et plus arbitraires encore que tous les autres. Des familles protestantes réalisaient leurs biens-fonds : déclaration qui confisquait ces biens si les vendeurs sortaient du royaume avant un an. Voilà pour les riches. — Le commerce et l'industrie, créés par le génie de Golbert, allaient retomber dans le néant faute d'ouvriers, et la marine, devenue puissante en

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