Théâtre tacrè des Cévemes, p
religieuses du Vivarais, du Dauphiné et des Cévennes ne nous étonneront pas plus que ces filles du peuple qui, pendant la crise convulsionnaire, prononçaient de longs et beaux discours en l'honneur du grapd thaumaturge des jansénistes, et exprimaient des pensées bien au-dessus de leur portée dans l'état normal de leur intelligence. On peut citer un grand nombre d'exemples de cette exaltation extraordinaire des facultés intellectuelles sous l'influence de l'excitation cérébrale. Sans parler de la force de la mémoire chez certains fous, sans rappeler te Tasse, qui se sentait plus vivement inspiré pendant ses accès de folie que durant ses intervalles lucides, ni le jeune homme de Spolète dont parle Érasme, qui, dans le cours d'un délire occasionné par la présence de vers intestinaux, s'exprimait couramment dans la langue allemande, dont il n'avait qu'une faible teinture ; nous citerons le cas, rapporté par le médecin Van Swieten, d'une jeune couturière qui ne cessait de répéter des vers dans le délire de sa fièvre, bien qu'elle n'eût jamais manifesté la moindre disposition pour la poésie. M. le docteur Michéa a observé, à l'hospice de Bicêtre, un garçon boucher qui se mit à débiter, peudant un accès de folie, de longs passages de Plièdre, qu'il n'avait pourtant lu qu'une fois, et dont il ne put se rappeler un seul vers quand il eut recouvré la santé. M. Azam, dans un article des Archives générales de médecine* , parle d'une jeune fille de vingt ans, hystérique et somnambule, qui, pendant ses attaques d'hystérie, parlaitlatin. Or c'était une paysanne absolument ignorante, et comme les phrases qu'elle prononçait étaient empruntées à la liturgie, oncriaitaumiracle ; un pèlerinage s'était même organisé dans le pays