XII. — Observations de méchain en Espagne
Nos observations commencées au Panthéon, le lo février, ne furent terminées que ie 28. Ainsi, en huit mois, sans avoir perdu volontairement un seul instant, nous n'avions pu terminer que quatorze stations, tandis que Méchain, en Espagne, favorisé par un plus beau ciel et ne rencontrant que les obstacles qui tiennent à la nature du travail, avait pu faire neufs stations en moins de deux mois. Il avait ensuite déterminé, avec tout le succès et l'agrément possible, la latitude de Montjouy et la direction des côtés de ses triangles par rapport à la méridienne.
Ces observations employèrent les mois de
Des miquelets vinrent renlever...(page79)
décembre, janvier et février. Au commencement du mois de mars, Méchain détermina Tazimut du signal de Matas par les observations du soleil levant et du soleil couchant ; le 7 et le 9, par les distances de l'étoile polaire à un réverbère placé sur le pic de las Agujas.
Dans les intervalles, il trouva encore le temps de suivre la marche de la comète de 1793, qu'il avait aperçue le 10 janvier, d'observer le solstice d'hiver de 1792, et diverses occultations d'étoiles, et enfin l'éclipsé de lune du 25 février 1793.
Après avoir si heureusement terminé sa mission en Espagne, et, avant dereprendre le chemin des Pyrénées, où il avait deux stations à faire sur la frontière, Méchain paraît s'être occupé de son projet pour prolonger la méridienne jusqu'aux îles Baléares,
Il n'a laissé aucun renseignement bien précis sur ce plan, dont il a depuis exécuté, avec quelques changements avantageux , la partie qui s'étend de Barcelone à Tortose.
Une note de sa main m'apprend que, dès le mois de novembre 1792, M. Tranchot lui avait remis des angles observés au graphomètre sur la Sierra-Morella, à la Chapelle-Saint-Jean, au Montsia, dans la course qu'il avait faite jusqu'à Tortose, pour reconnaître les points qui devaient servir à la jonction de Mayorque à la côte de Catalogne; et, parmi les brouillons de ses observations, je trouve encore que, le 2 avril 1793, il
avait pris seize distances de la plus haute des montagnes de Mayorque au zénith de Montjouy. Après cette observation, on voit dans ses manuscrits une lacune de cinq mois, occasionnée par un accident terrible dont les suites le retinrent deux mois au lit et le privèrent pendant un an de Tusage de son bras droit (i). Il fit pourtant, au solstice d'été de 1793, un effort pour observer l'obliquité de l'écliptique; mais ce pénible essai lui prouva qu'il était hors d'état de reprendre la suite de ses travaux^ et il alla prendre les eaux et les douches de Caldas. Le bonheur qui l'avait accompagné pendant neuf mois parut l'avoir abandonné pour toujours, et les quatre années qui suivirent son accident offrent une continuité de contre-temps, de traverses et de chagrins qui le rendirent extrêmement malheureux. Je n'ai connu dans toute mon opération aucun de ces excès ni de bonne ni de mauvaise fortune.