XVII. — Méchain passe en Italie
La vie que Méchain menait en Espagne était extrêmement triste, depuis que sa mission terminée ne lui fournissait plus de distractions assez puissantes pour l'empêcher de se livrer aux inquiétudes que lui causaient sa femme et ses enfants, dont les lettres ne lui parvenaient que tard et à de longs intervalles. Ce que les journaux pouvaient lui apprendre des scènes sanglantes qui se passaient à Paris, augmentaient encore ses alarmes. Ce qui lui restait des fonds qu'il avait obtenus pour ses opérations, demeuré entre les mains des banquiers espagnols, était séquestré comme propriété française; il n'avait pour perspective qu'une captivité qui paraissait devoir durer autant que la guerre. Telle était sa situation lorsque le comte Ricardos mourut. Celui qui le remplaça dans le gouvernement de Catalogne se montra moins difficile. Méchain demanda des passeports pour ITtalie, n'espérant pas en obtenir pour la France • ils lui furent accordés. Vers le même temps , madame Méchain parvint à lui faire passer quelques secours en argent. Il s'embarqua pour l'Italie, aborda à Livourne avec beaucoup de peine, et se rendit à Gènes dans les premiers jours de l'an 3.