II. — Base du système pris dans la nature
Il faut donc, pour former un système métrique, qui soit vraiment philosophique, qui soit digne
d'un siècle éclairé, ne rien admettre qui ne soit fondé sur des bases solides, rien qui ne soit intimement lié à des objets invariables, rien qui dépende, dans la suite du temps, des hommes ou des événements : il faut consulter la Nature même, puiser les bases du système métrique dans son sein^ et savoir y trouver encore des moyens de vérification.
Le globe que nous habitons, tel est le corps auquel la Nature même nous invite à rapporter toutes nos mesures : c'est de sa grandeur même qu'il faut en emprunter le type. C'est aussi le principe sur lequel l'Académie des Sciences a fondé le nouveau système métrique; elle a pris le quart du méridien terrestre, compris entre l'équateur et le pôle boréal, pour base, et sa dixmillionième partie, à laquelle elle a donné le nom de mètre, pour unité des mesures de longueurs. Il faut donc, pour savoir quelle est la grandeur du mètre, connaître l'étendue du quart du méridien de la Terre ; et Ton ne saurait la connaître à moins d'avoir fait une mesure exacte d'un arc quelconque de ce méridien, et d'être en état d'en conclure par le calcul, l'arc total que l'on cherche.
Quoique les différents arcs que l'on avait déjà mesurés en France, à différentes reprises, eussent pu servir à déterminer le quart du méridien avec assez d'exactitude, l'Académie a cru qu'il convenait à l'importance de l'objet, au perfectionne-
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ment des Sciences, et à la gloire nationale, d'en faire une nouvelle, plus remarquable qu'aucune de celles qui ont été faites précédemment, et dans laquelle on emploierait des moyens proportionnés à la perfection actuelle des Sciences.
Elle proposa, et ce projet fut adopté par l'Assemblée constituante, de mesurer l'arc du méridien compris entre Dunkerque et Barcelone, et la dixième partie de l'arc total qu'il s'agit de connaître. Les citoyens Méchain et Delambre furent chargés de cette opération si pénible , mais si glorieuse ; et il ne fallait pas moins que des hommes de cet ordre pour qu'elle pût être faite à travers tous les obstacles qu'ils ont eu à surmonter, et être portée à ce point de précision qui en fait le caractère.