‹ Histoire du Mexique (volume 3)Chapitre 29 sur 39 · CHAPITRE XCIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIX

Ii6 sénat mexicain fait inviter les chefii de Haexotnooo à la noce d*one sUtae qu'avait fait faire le roi Moctetama; mais ceax-€Î se révoltent après avoir fait alliance avec les habi* tants de Gholola.

Les Huexotzincas voyant les Mexicains , leur demandèrent : «Qui étes*vous? » Ceux-ci leur répondirent : « Nous sommes des Mexicains char^^és d'une mission pour leschefs de H uexotzinco.» «Malheureux que TOUS êtes, répondirent les Huexotzincas , vous vous croyez en sûreté parce que vos chefs ont fait alliance avec nous , mais nos compatriotes viennent de se confédérer avec les habitants de Cholula pour vous faire la guerre. » Les Mexicains ayant persisté dans leur intention, les autres leur dirent: « Au moins faites attention à ce que vous faites, et tenezvous sur vos gardes. » Quand ils furent arrivés au palais de Tecuan Ebuatl les portiers les firent entrer. Ils lui dirent que Moctezuma venait de faire construire une maison pour y placer sa statue et

qa4] les avait chargés de le convier à venir secrÀ^ tement assister à cette cérémonie. Le roi leur répondit à voix basse , afin que ceux qui renviron*» naient ne l'entendissent pas. « Dites à mon cousin Moctezuma que je le salue et que je lui enverrai quelques-uns- de mes chefs. Àtaintenant je crains qu'on ne nous écoute , et je n'ose pas en dire davan-* tage. •

Moctezuma ayant reçu cette réponse eut soin . au jour désigné , d'envoyer une escorte au milieu des montagnes aux chefs de Huexotzinco qui devaient venir à Tenuchtitlan. Quand ils forent en présence de Moctezuma , ils lui racontèrent qu'en arrivant à Huexotzinco les chefs avaient trouvé tout le peuple soulevé contre eux parce que ceux dé Ghoiula les avaient menacés , s'ils se soumettaient aux Mexicains , de s'allier aux Tiaxcaltéques et de les massacrer tous en un seul jour et que les chefs, par crainte d'être mis à mort par le peuple irrité , avaient été forcés de promettre de faire une guerre éternelle aux Mexicains comme, ils l'avaient ùAi jusqu'alors. Moctezuma répondit aux envoyés : « J'avais pensé que les Huexotzhacas seraient ton* jours mes alliés ; mais puisque ce sont eux qui rom« pent le traité, qu'il en soit comme ils l'ont voulu. Portez de ma part à vos chefs ce bouclier et cette épée tranchante , afin qu'ils se défendent de leur mieux y et prenez pour vous ces vêtements. Bientôt nous nous reverrons. »

' Mocteznma fit^ aussi tôt ^appeler les deux rois Ne-»

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kabualpilli et Tiatecatain et leur raconU la condaîte des Huexotzincas. Nezafaualpilli lui dit alors : «Sftche^ ô moh fils chéri, que cette révolte de Huescot*- «nco est Ifeffet de la volonté du ciel. Quand même nous aurions l'appui du roi de Mechoacan , jamais nous n'aurons Tappui des rois de Huexotzinco , de Cholula, de Tlaxcallan et deTliliuhquitepec. D'ici à dix et à vingt ans noualne réussirons dans aucune entreprise contre les habitants de la côte. Les Mexicains, les Âoulhuas et les Tecpanèques seront défaits dans toutes les guerres qu'ils entreprendront. Voilà ce que je lis dans le ciel et dans les étoiles. » Gela eut lieu en effet : les Mexicains ne purent réussir à rien et ne firent pas de prisonniers pour leurs sacrifices. Ils s'estimaient déjà très-beuréux quand toute l'armée en avait fait une vingtaine ou au plus> i^ne quarantaine. Ils perdaient au contraire beaucoup de monde. Quand Moctezuma recevait la nouvelle de ces * désastres, il se mettait d'une colère épouvantable contre les messagers , en disant : < Je crois en vérité que les Mexicains n'osent plus attaquer l'ennemi ; ce ne ^ont plus des tigres mais des lâches ; qu'ils quittent les titres de cua» chics y d'oiomis et de tequîhuaques qu^ls ne savent plus soutenir. Qu'ils renoncent à leurs anciens nooïs, puisque les Mexicains, qui étaient lefiroi du monde, ea sont devenus ila risée. » Il défendit à Cibuacoatl d'envoyer personne au devant de l'armée quand elle revenait à Teniichtitlau et de faire exécuter une musique guerrière comme cela était l'usage. Il en^

voyait chacun cacher ta hoote dans sa maison* Il disait h Cihnacoatl : • Je suis vraiment honteux d'avoir élevé tant de guerriers au grade de cuachic et de tequibuaqne. Dites aux TIatilolcas, que je leur donne leurs maisons pour prison et que si Tun d'eux ose en sortir je le ferai mettre à mort. • Gihuacoatl le voyant si irrité n'osa lui répliquer et en» voya quelques chefs signifier cet ordre aux habitants de Tlatilolco. Ceux-ci, ayant convoqué lés vieillards et les guerriers, leur dirent : « Moclezuma , irrité de votre lâcheté et de ce que vous n*avez fait aucun prisonnier , vous défend de porter aux lèvres et aux oreilles des ornements dor, de porter des vêtements brochés et d'entrer dans son palais. Allés chercher des cailloux tranchants , car la volonté de Moctezuma est que nous vous coupions la touffe de cheveux qui distingue les otomis , les cuachics et le» tequihuaques. » Guauhnotli et Tilancalqui prirent alors les couteaux et commencèrent à les raser tous sans en épargner un seul.

Quand ils furent de retour à Tenuchtitlan y il» rendirent compte à Moctezuma de ce qu'ils avaient fait , et celui-ci se montra très-satisfait. Le lendemain il fit ôter à Teozi une plate^forme sur laquelle brûlait une lumière qui faisait la gloire de TozitlaUr et qui éclairait les voyageurs , de sorte que cet endroit étant plongé dans les ténèbres ils n'osaient plus y passer. Cette plate-forme était au pied d'une colline que l'on appelle aujourd'hui de Sant'-Ësteban, avant d'arriver à Acuchinanco. Le lendemain.

il n'en restait plus que les cendres. Moctezuma irrité envoya aussitôt douze chefs pour rechercher ceux qui avaient brûlé le tozicuahuilL II fit ensuite appeler tous les prêtres , et les renferma dans une prison appelée Cuaucalco , dans laquelle on leur donnait à peine à manger, a Car, leur dit-il » à quoi sert que vous veilliez dans les temples , que vous invoquiez les étoiles , que vous vous semiez sur le corps des petits morceaux de cailloux piquants pour vous empêcher de dormir , que vous passiez les nuits en oraison , si le lendemain je ne reçois pas la nouvelle que les Mexicains ont vaincu les ennemis et fait un grand nombre de prisonniers ? • Il ordonna donc à Cuauhnoctli de ne leur donner que très-peu à boire et à manger.

Les recherches que Moctezuma avait fait faire à Mexico pour découvrir celui qui avait brûlé le tozi^ cuahuitl n'aysLDi abouti à rien, il en fit faire également dans les villes d'AIzcaputzalco, de Tacuba , de Cuspacan , de Huitzilopochco , de Mexicalzinco, de Izlacpalapan , de Gulhuacan, de Mizquic , de Cuitlahuac, de Chalco , de Xochimilco , d'Aculhuacan et de Tezcuco, mais il n'eut pas plus de succès. Il résolut alors d'attaquer les Tlaxcaltèques. Les deux armées se livrèrent un combat sanglant à Ahuayacan , et un grand nombre de guerriers succombèrent de part et d autre. Mais les Mexicains firent quantité de prisonniers. Moctezuma ayant été prévenu qu'un grand nombre de ses guerriers avaient succombé , mais que les siens avaient beau-

comp d« prisonnicrB , B^ëcria : « A la bonoe heure ! Jt êikis bien que- dans ce xochàyaoyotl xochiqai' miztli ou ({lierre civile entre t:eu« qui sont du même sang , nous devons perdre beaucoup de guerriers. Nous leur rendrons les honneurs funèbres. » U arriva alors un uulre messager qui annonça que les Tlatilolcas s'étaicfnt distingués etavaientfail à eus seuls cent prisonniers tlaxcaltèques ; mais qu'ils avaient laissé trois cent soixante des leurs sur le champ de bataille.* Moctezuma dit alors à ceui qui Tenvironnaient : « Rappèlez-vous ce que nous ont dit nos ancêtres: que dans un combat, le soleil et le dieu des batailles lAangent sur les deux armées. Maintenant il ne nous reste plus qu'à pleurer sur ceux qui ont succombé et à venger leur mort sur les captifs. »

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