‹ Histoire du MexiqueChapitre 106 sur 115 · CHAPITRE CI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CI

Après les funérailles de Neiahnalpilli , Mocteinma confoque le^ cbefs d*Acalhnacan poor choisir uo noateaa roi. Ce qui se passa à cette élection.

Moctezuma et Cihuacoatl ayant résolu de faire élire un nouveau roi d'Aculhuacan , ils envoyèrent quatre chefs mexicains pour convoquer ceux qui devaient prendre part i Télection. Les chefs aculhuas se rendirent tous à Mexico sans qu'il en numquAt un seul , ainsi que ceux de tout le pays qui s'étend jusqu'à Tulanizinco. Quand ils furent réunis, Moclexuma leur dit « 11 est nécessaire pour le bien de Tempire que vous choisissiez le roi sur la tète duquel vous voulez placer la couronne d'Aculhuacan. Combien de fils le roi Nezahualpilli a-t-il laissés, et que pensez-vous d'eux? » Le séna( d'Aculhuacan lui répondit : « Les fils du feu roi s*appellent Tocpacxuchiuh ( guirlande de roses) ^ Coanacoh ( serpent a%^c des pendants d'oreilles ) , Tlahttitel (4irc), Ixtlilxucbitl {fleur noire ) ^ Quet-

zalaxoyatl {fleur du sapin). Moctezama répliqaa : « Quel est celui qui vous convient le mieur? Quant à moi je vous propose Quetzalaxoyatl qui me paraît plus habile et plus intelligent que ses frères aînés, et j'enverrai mon frère Ciliuacoatl , accompagné de tout le sénat mexicain pour le placer sur le trône. » En effet , aussitôt que les chefs mexicains et nculhuas/urent arrivés à Tezcuco , ils convoquèrent tous les chefs vassaux de ce royaume, et firent orner non-seulement toute la ville , mais toutes les salles (lu palais, dans lesquelles îIb placèrent des siés;es sculptés et des estrades. Ils firent grande provision de vivres, de fleurs et de parfums; et les prêtres s^occupèrent h nettoyer et h emhellir le temple. Aussitôt que Cihuacoatl fut arrivé, il fit appeler le jeune Quetzalaxoyatl , et le conduisît auprès du feu qui brtilait au milieu de la grande salle. Il lui coupa les cheveux comme ceux des Tequihuaques , lui teignit le corps en noir , lui mit une pagne brodée . et sur les épaules un riche naanteau bleu. On loi perça ensuite le cartilage du nez , dans lequel cm fit passer le tuyau d'une fine émeraude. On lui mit ensuite à la main et au pied droit un bracelet en cuir qui servait à lancer le haizontedU ou javelot. On apporta ensuite un tepotzo yepalli, espèce de chaise basse recouverte d'une peau de tigre » sur laquelle on le fit asseoir , et Cihuacoatl lui plaça sur la tète un diadème bleu orné de pierreries ; il lui mit ensuite dans la main droite un arc et un carquois rempli de flèches, symbole de la justice qu'il devait

rendre. Quand cette cérémonie fut terminée , Gibuacoall lui dit : « Jeune roi , vous voilà assis sur le tr6ne de vos ancêtres. C'est le roi Moctezuma qui vous donne cette couronne, parce que le dieu Huitzilopochtii lui a révélé de vous choisir. N'oubliez pasTezemple des dieuz qui ont autrefois gouverné nos ancêtres quand ils habitaient le pays d'Aztlair Chicomoztoc, et surtout de ce Âcatl , Mexitin et QuetzalcoatI qui présidèrent aux destinées de la race mexicaine et régnèrent à Tula et à Cuauhtian. Rappelez-vous les victoires de nos ancêtres achetées au prix de leur sang et du fruit desquelles nous jouissons aujourd'hui ; car les Mexicains sont actuelle* ment les maîtres du monde. N'oubliez jamais ce que vous devez au puissant Mayocoja Titlacahuan , dout nous sommes tous les esclaves. N'oubliez pas surtout que vous devez rendre une égale justice à tous et protéger les petits comme les grands, les pauvres comme les riches » et par-dessus tout les vieillards. Forcez les oisifs à cultiver la terre pour vivre de leur travail , et à planter des arbres frui«tiers et des magueys. Veillez surtout à ce que les temples soient toujours bien tenus , que le feu y brûle jour et nuit , que les prêtres veillent , prient et fassent pénitence. Pénétrez dans les montagnes « examinez par vous-même les cavernes , les vallées et les sources ; mais surtout obéissez toujours sans difficulté au chef de l'empire , le roi de Mexico. » Le nouveau roi QueLzalaioyall ré|>ondit humblement qu'il seriiit toujours le serviteur de Moctezuma , au-

quel il baisait les pieds et les mains. La cérénuMiie se termina après plusieurs autres discours , et le lendemain Cihuacoatl retourna à Mexico et rendit compte à Moctezuma de la manière dont s'était passée la cérémonie.

Le lendemain il arriva des messagers de Tledi* quiaufaco qui dirent ceci à Moctezuma t « Pendant que les habitants de notre ville transportaient le tribut qu'ils le doivent , ils rencontrèrent des habitants de Coaxtijhuacan et de Huazacac qui leur dirent : t D'où éte»-vous et que portea^-vous? » Et quand ceux-ci eurent dit que c'était le tribut destiné à Moctezuma , les autres les battirent et leur enlevèrent tout ce qu'ils portaient. Moctezuma, et le sénat mexicain, quoique très^irrités, firent donner aux messagers des vivres et des vêtements. Ils envoyèrent aussitôt à tous les rois et chefs vaasanz de l'empire l'ordre de réunir leurs guerriers. Les Cbalcas devaient former Tavant-garde. L'armée se réanit à Acatopec. Moctezuma avait ordonné de mettre à mort la moitié des rebelles, de faire l'autre moitié prisonnière, et de ne laisser dans la ville que les vieillards, les femmes et les enfants. Vers BÛnait, les Mexicains firent examiner la position des ennemis et leurs espions leur rapportèrent qu'ils se livraient à une orgie pour encourager leurs vassaox qu'ils avaient conviés à résister hardiment aui Mexicains. Le général de ceux-ci fit faire un mouvement à ses guerriers pour attaquer la ville psr derrière, tandis que ceux d'Aculhuacan , de Ta-

cuba el de Chaleo, rattaqnaient par les tfois autres cùtés. Ils pénétrèrent à la fois dans la TiUe en se répondant rédproquenienl par de grands cris, virent le feu au temple ainsi qu'au tecpan ou palais pour montrer aux rebelles qu'ils étaient perdus. GevM«ci se réfugièrent sur une colliiie et commencèrent à implorer la pitié des Mexicains, en sonnant de la trompette pour demander le silence. Les Mézicaina s'écrièrent : « Scélérats ^ rendea*nou8 d'abord le tribut api^artenaot à l'eminre mexicain que vous airea volé. » Ceux-ci répondirent : € Seigneurs, nous vous rendrons tout sans qu'il y manque rien. Nous obéirons à tous tOs ordres; quand ^ons entreprendre* une campagne , nous vous fournirons des vîTrés et nous les transporterons. Nous tous fournirons des topAimalU ou forts boucliers en osier tressé , et d'autres boucliers d'un travail précieux, des épées tranchantes comme le fer, et de tout ce qui se fabrique dans le pays. -^Bh bien ! reprirent les Mexicains, apportes votre tribut ainsi que celui que* voua nous avex volé. »

Les habitants de Tlaquiahuacan s'étant ainsi re« connus tributaires de l'empire, le massacre cessa , et les chefs de Mexico, d'Aculhuacan, de Tacuba et de Chalco se réunirent dans un grand palais , où peu après on vit arriver les vieillards et les femmes apportant tous les objets qui avaient été volés , en disant: « Pardonnex-nous la faute que nous avons commise contre notre père et seigneur, et contre le puissant dieu Huitxilopochtli. > Ils apportèrent

ensuite les armes de dÎTerses espèces qa'ib avaient promis de fournir en tribut, et des vivres pour toute Tarmée mexicaine. Ils promirent également de recevoir et de respecter les personnes que Moctesuma pourrait leur envoyer comme leurs propres chefs , de laisser passer ceux qui apporteraient le tribut de Huaxacac et de Tebuantepec et de leur fournir des vivres. L*armée se remit ensuite en marche , précédée par des messagers qui devaient avertir Moctexuma de la prise de Tlachquîanhco et lui dire qu'on avait exécuté ses ordres en mettant k mort la moitié de la population et eu épargnant l'autre. Moctezuma se montra tris-satisfait de la manière dont on avait exécuté ses ordres. Selon l'usage, il envoya les vieillards au«devant de l'armée , et ks captifs furent ensuite présenté» au temple de Haitzilopochtli , puis au roi Moclexuma. Comme c'était précisément l'époque du renouvellement de l'année, ils furent sur-*le-^ainp 8acri6és ; ayant fait ensuite apporter par Petlacatl les objets précieux qn'il avait en garde , il chargea Tlacochcalcatl et Tlacatecatlde les distribuer à ceux qui avaient fait des prisonniers. Chacun reçut en outre une épée et un bouclier. Il recommanda à tons ceux auxquels il distribua ces présents de s'en rendre dignes par leur va* leur et de mériter qu'on leur en donnât un jour le double.

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